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Le procès Krstic, qui a commencé à La Haye, voit enfin
coinparaître devant le T.P.I. un instigateur direct et de haut
rang du crime de Srebrenica. Au-delà de l'individu jugé, c'est
toute la politique serbe de destruction de la Bosnie-Herzégovine
et des autres les pays de l'exYougoslavie, qui se trouvera
officiellement mise en cause et dans son prolongement, la
responsabilité des puissances internationales parmi lesquelles,
en bonne place, celle de la France. Le refus des autorités françaises
d'affronter cette réalité, confirmé par le rejet de la
proposition Brana de créer une commission d'enquête
parlementaire sur le sujet n ' y changera rien, sinon qu'à
repousser à plus tard l'opération vérité qui finira par
s'imposer un jour. |
La vie du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie
La France a signé un accord avec TPIY le 25 février, s'engageant à "appliquer les décisions du Tribunal sur le sol français". JACQUES CHIRAC, en visite au Tribunal, s'est déclaré prêt à faire tout son possible pour obtenir l'arrestation des inculpés et surtout de celui qui personnifie la purification ethnique - R. KARADZIC.
Le 28 février s'est ouvert le procès de 4 bosno-serbes pour crimes commis dans les camps de détention d'Omarska, Keraterm et Trnopolje. MIROSLAV KVOCKA, MILOJICA KOS, MLADJO RADIC ET ZORAN ZIGIC sont accusés de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Un 5ème inculpé dans ce contexte, DRAGOLJUB PRCAC, a été arrêté quelques jours plus tard. Selon le procureur, ces camps ont été créés dans le cadre du projet bosno-serbe de nettoyage de la ville de Prijedor de sa population non-Serbe,
Le général TIHOMIR BLASKIC, ancien
commandant des forces du HVO en Bosnie centrale, a été condamné le 3 mars à
45 ans de prison. C'est la peine la plus
longue prononcée par le TPIY à ce jour.
BLASKIC a été reconnu coupable d'avoir
organisé la persécution de la population
musulmane. Il a ordonné des attaques systématiques sur 20 villes et villages et a
dirigé 8 centres de détention où les détenus étaient soumis à des abus physiques
et psychologiques. Le Tribunal a conclu
que l'implication directe de l'armée croate (HV ) dans la guerre a donné à celle-ci
un caractère international, de sorte que
l'accusation de violations graves des
Conventions de Genève est applicable
BLASKIC est le plus haut gradé condamné par le Tribunal. Le procès a duré 25
mois. Parmi les 158 témoins entendus : PHILIPPE MORILLON et STIPE.MESIC.
Le 13 mars a vu le début du procès de RADISLAV KRSTIC. Arrêté
le 2 décembre 1998 par des membres de la SFOR, il figurait sur
la liste confidentielle des inculpations. Accusé de crimes de
guerre, crimes contre l'humanité et génocide pour son rôle
dans le massacre de quelque 7500 musulmans bosniaques à Srebrenica en juillet 1995, KRSTIC est le plus haut gradé à
comparaître devant le Tribunal
Ses deux supérieurs hiérarchiques et co-inculpés pour ce crime, MLADIC et KARADZIC, sont toujours en liberté. Pour prouver un génocide,
le procureur doit démontrer que l'accusé participait en toute
connaissance de cause à une opération visant la destruction,
en tout ou en partie, d'un groupe ethnique, national, racial ou
religieux.
Le 20 mars c'est l'ouverture du premier procès à traiter exclusivement de crimes sexuels. DRAGOLJUB KUNARAC, RADOMIR KOVAC ET ZORAN VUKOVIC sont inculpés pour crimes contre l'humanité, torture et réduction en esclavage. Ils sont accusés d'avoir entretenus des "camps de viol" à Foca, ville tombée aux forces serbes en 1992. Le témoignage de dix musulmanes de Foca est attendu.
Bilan du TPIY à ce jour: 25 inculpés en attente de jugement, 29 autres (inculpations publiques) toujours en liberté, 13 condamnations. Peine moyenne, 17 ans.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 25 MARS 2000
DE L'ASSOCIATION SARAJEVO
Ordre du jour: approbation du rapport d'activité et du rapport financier, proposition des orientations pour l'année 2000 et du budget prévisionnel, l'élection d'un nouveau Conseil d'Administration.
1 - Le rapport d'activité est présenté par Faïk Dizdarevic,
Secrétaire Général, qui rentre de Bosnie et de Croatie.Il
rappelle les évènements survenus cette année et qui ont
profondément changé la situation des pays de l'ex-Yougoslavie. Le plus dramatique a été l'explosion du Kosovo avec l'enchaînement
de la répression de masse contre les Albanais, les bombardements
de l'OTAN et le redoublement de la terreur exercée par le pouvoir de Belgrade, allant
jusqu'à l'expulsion de la moitié de la population. L'Association Sarajevo a clairement et publiquement pris parti
dans le débat qui a opposé partisans et adversaires de
l'intervention armée, l'approuvant dans sa nécessité tout en
critiquant la stratégie politique et militaire des puissances
occidentales dont la défaillance remonte au début des guerres
yougoslaves. Laisser faire Belgrade aurait vraisemblablement
abouti à la destruction du Kosovo et au vidage de sa population
albanaise, avec toutes ses conséquences sur la Macédoine,
l'Albanie et toute la région
- L'autre événement a été le tournant politique opéré à
Zagreb qui a mis fin au projet de " Grande Croatie"
obstinément poursuivi par Tudjman à travers son plan de dépeçage
de la Bosnie-Herzégovine. Contrairement à la Serbie, ce
changement de cap a été décidé de l'intérieur et par les électeurs,
lassés d'une politique qui ne leur offrait aucune perspective d'
avenir. Après bien des vicissitudes, l'opposition qui a remporté
les élections avait compris qu'il ne s'agissait pas seulement de
rompre avec un homme, mais avec une idéologie et des
comportements incompatibles avec l'ouverture à l'Europe. C'est
une deuxième différence avec la Serbie.
Ces évènements devraient entraîner des changements en
Bosnie-Herzégovine bien qu'il ne faille s'attendre à aucun
automatisme. Tout le monde s'accorde à dénoncer les équipes au
pouvoir comme incapables de favoriser le retour à une vie
normale dans une Bosnie-Herzégovine unifiée. (cf. "retour
de Sarajevo et Zagreb)" Dans ce contexte l'Association
Sarajevo ne peut que réclamer une fois de plus l'arrestation de
Karadzic, toujours présent en Bosnie et de Mladic, qui n'y est
sans doute plus. L'envoi devant le T.P.I. de plusieurs
responsables serbes de haut rang n'a guère provoqué de remous
en R.S. pas plus d'ailleurs que les bombardements de l'OTAN sur
la Serbie. Cela n'est-il pas le signe que la résistance du clan
ultra nationaliste serbe est bien émoussée?
Puis Faïk Dizdarevic présente les activités de l'Association
en 1999
A.- En Bosnie
L'Association a poursuivi, sur la base des orientations fixées
par l'A.G. de mars 1999, ses activités de soutien aux forces qui
se prévalent du pluralisme politique, culturel et national, de
la démocratie, la sauvegarde des droits de l'homme, la laïcité,
la réunification et la reconstruction du pays. Favorisant un
regroupement des forces démocratiques dans l'ensemble de la BH,
l'Association a entretenu des rapports réguliers et directs avec l'Alternative Démocratique,
dont elle a relayé les messages en France, en partie aussi dans
d'autres pays, ceci en collaboration avec le CERCLE 99, le Forum
des Citoyens de Tuzla et le Comité Helsinki pour les droits de l'homme en BH.
Le bureau de l'Association à Sarajevo a soutenu l'activité du
Parlement des citoyens pour constituer des associations de
citoyens dans différentes régions de BH, Elle a favorisé le
rapprochement entre les partis à tendance social-démocrate.
Cette orientation s'est avérée juste, comme l'ont démontré
les résultats des élections générales en B-H, en septembre
1998, confirmant la présence, et un léger renforcement des
forces citoyennes dans l'ensemble du pays. C'est après ces élections
qu'est intervenue l'unification des deux partis socio-démocrates
- SDP et SD-BH.
L'Association Sarajevo a aussi oeuvré pour soutenir la demande
présentée par le Mouvement citoyen pour l'égalité - MCE
(ancien Conseil civique serbe)- en vue d'amender les
constitutions de la B-H, afin que toutes les nations et tous les
citoyens soient mis sur un pied d'égalité. Elle a également
favorisé la campagne pour la constitution d'une Commission pour
la vérité et la réconciliation en BH, demande à laquelle
s'opposent à la fois les milieux nationalistes et, aussi étrange
que cela puisse paraître, le TPI (sous prétexte que cela équivaudrait
à faire son travail).
L'Association a soutenu l'initiative de ses partenaires en BH en
vue d'engager les forces de l'Alternative démocratique à
participer activement à la mise en oeuvre du Pacte de stabilité
pour le sud-est européen et à constituer un Conseil de
l'initiative démocratique (CID). Un contact régulier a été établi
avec le CID, et avec le South East european political institutes
network, dont le CID fait partie. Elle a établi des contacts
avec le réseau des jeunes de l"AEC en B-H.
Du côté des médias, l'activité de l'Association a été menée
avant tout en collaboration avec MEDIAPLAN, ainsi qu'avec le
quotidien Oslobodjenje, les hebdomadaires Svijet (qui a
malheureusement disparu en été 99, faute de moyens) et Front slobode, les revues
Dani, Slobodna Bosna, Ogledalo. L'Association
a assisté MEDIAPLAN dans l'élaboration du projet "Pour un
journalisme indépendant et professionnel dans le Sud-Est européen"
et dans sa présentation à L'UNESCO, qui lui a accordé une
subvention. La collaboration s'est poursuivie sur le projet
"Une école franco-bosniaque de journalisme". Cette
Ecole a accueilli en 1999 des étudiants venus de toutes les régions
de BH, et se propose de s'élargir au plan régional (Sud-Est
européen) dès l'automne 2000.
B- En France
Avec des moyens de plus en plus réduits, l'A.S. a concentré ses
interventions sur les événements forts comme le Kosovo, profité
de l'occasion des élections européennes pour interpeller les
candidats. Elle a agi seule ou en relation avec ses partenaires
habituels de l'A.I,B.H. et du Comité Kosovo auxquels se sont
joints l' I.C.E. et "Confrontations", animé par
Philippe Herzog. La publication du bulletin a été régulièrement
assurée.
L'A.S. a fait connaître sa position sur le Kosovo à maintes
reprises, non seulement dans le milieu militant mais aussi par
une déclaration signée Faïk Dizdarevic et Francis Jeanson
parue dans Le Monde et dans El Pais (Madrid). Elle a co-organisé
des manifestations et participé à l'élaboration de textes avec
ces organisations. Elle a été à l'origine de l'invitation à
Paris de Sonja Biserko, Présidente du Comité Helsinki de
Belgrade, qui a pu exprimer le point de vue le plus critique et
le plus lucide sur la situation en Serbie.
La lettre que l'A.S. a adressée aux candidats aux élections
européennes n' a suscité qu'une réponse, dogmatique, d'ARLETTE- LAGUILLIER, La seule personnalité politique qui ait
en réalité fait de l'ex-Yougoslavie un thème important de sa
campagne a été DANIEL-COHN-BENDIT. C'est pourquoi, avec les
partenaires déjà cités, l'A.S. a demandé à le rencontrer
pour l'entretenir des moyens de mobiliser les parlementaires
européens sur les problèmes des Balkans et la mise en oeuvre du
Pacte de stabilité du Sud-est européen. La réunion a eu lieu
en janvier avec la participation de Nenad CANAK, président de la
Ligue sociale-démocrate de Vojvodine et SASO ORDANOSKI,
Coordinateur du South East European Policy Institute Network. L'
engagement de COHN-BENDIT ne fait pas de doute, mais il ne
saurait, lui seul, prendre en charge une action politique à l'échelle
européenne pour faire bouger une opinion et des responsables qui
ne répondent qu'aux impulsions du moment. Le contact avec COHN-BENDIT a néanmoins été établi et il devrait avoir des
suites.
L'AS a enfin questionné le président du Groupe Socialiste de
l'Assemblée Nationale sur le manque de soutien apporté à
PIERRE BRANA, Président du groupe d'amitié parlementaire
France- Bosnie-Herzégovine,qui avait pris l'initiative de
demander la création d'une Commission d'enquête parlementaire
sur les responsabilités françaises dans les massacres de
Srebrenica dans la suite et la logique du rapport de KOFI ANNAN.
Ce manque de soutien avait contraint Pierre Brana à retirer sa
proposition. Le Président de ce groupe a répondu que le Président
de la Commission de la Défense PAUL QUILES allait demander la
"constitution d'un groupe d'études sur les Nations
Unies", ce qui n'a rien à voir avec les responsabilités
françaises.
Cet épisode est révélateur, entre bien d'autres, de l'indifférence
que le milieu politique porte à la politique étrangère en général,
aux Balkans en particulier, sauf lorsque des événements brûlants
l'obligent à tenir compte de l'opinion publique. C'est un aspect
de la crise de la citoyenneté dans un monde globalisé qui ne
sera pas résolue dans le court terme qui est l'horizon de
l'Association Sarajevo. Celle-ci W échappe pas à la perte de
substance continue qui affecte l'ensemble du mouvement qui s'était
constitué autour de la défense de la Bosnie. Ce constat doit être
un des éléments de la détermination de nos objectifs pour
l'année à venir.
Après un échange de vues sur les différents points évoqués,
ce rapport a été adopté à l'unanimité.
2- Le rapport financier est présenté par MAURICE LAZAR, trésorier.
Celui-ci fait apparaître une double diminution des recettes et
des dépenses. Compte tenu de la baisse constante des recettes
(fin de la subvention de UE liée à la Collaboration avec MEDIAPLAN, baisse des abonnements à La Lettre et faible
renouvellement des adhésions), il a fallu se séparer en cours
d'année de la seule permanente de l'AS. Ce sacrifice permet à
l'association de présenter un compte de résultat déficitaire
de 112.345,37 FRF, déficit financé par le fonds de réserve
constitué les années précédentes et qui se trouve ainsi réduit
à 118.000 FRF. Les orientations de l'Association et le budget prévisionnel
tiennent compte de ces difficultés. Ce budget est ramené à
111.000 FRF pour 2000, les postes principaux étant d'une part le
Bulletin (36.000 FRF) d'autre part des frais de fonctionnement
(location, tel/fax, courrier) qui ne peuvent être réduits
davantage. L'assemblée générale a approuvé à l'unanimité
les comptes de l'Association et décidé l'affectation au fonds
de réserve de l'insuffisance de l'exercice 1999 - 112 347 Frs
3. FAÏK DIZDAREVIC ET FRANCIS JEANSON interviennent tour à tour
pour présenter les Orientations 2000 que le CA soumet à
l'Assemblée Générale. Celles-ci intègrent plusieurs considérations
sur la situation actuelle de l'AS: les buts que l'AS s'était fixés
lors de sa création, en 1992, restent valides et réalisables, même
si les huit années écoulées ont profondément modifié les
données de la situation de la Bosnie Herzégovine; l' A S
souligne toujours le caractère exemplaire de la défense d'une
B-H plurielle pour la constitution d'une conscience européenne
citoyenne et la nécessité d'une prise en compte globale des
problèmes du Sud-est européen Elle n'a toutefois jamais eu la
prétention d'embrasser tous les problèmes qui s'y posent. Dans ce contexte, l'AS
mener une action qui ne peut guère, cela doit être affirmé
avec modestie, qu' une production d'information en direction des
milieux intéressés ou susceptibles d'avoir une influence dans
la prise de décisions à tous les niveaux et dans tous les
secteurs de la vie sociale et politique.
Dans cette perspective et compte tenu de la disparition prochaine
de "Convergences", un effort devra être fait pour améliorer
quantitativement et qualitativement le bulletin de l'Association.
Il faudra par ailleurs, ce qui sera facile, maintenir nos
relations avec nos correspondants en Bosnie, et ce qui sera
difficile, parvenir à convaincre nos décideurs nationaux de la
nécessité de fixer et de mener à bien une politique active et
positive en Bosnie-Herzégovine et dans les Balkans.
Le Président propose donc de s'engager pour cette année dans
une tentative de faire de la Lettre de Sarajevo, un bulletin
incontournable pour comprendre ce qui se passe dans cette région,
tout en sachant qu'investir dans cette voie peut amener à une
disparition plus rapide de l'Association, si cet essai ne
rencontre pas le succès escompté.
La discussion qui s'ensuit est très animée et presque tous les
adhérents présents s'expriment. Il en résulte de nombreuses
pistes pour le développement qualitatif de la Lettre : recherche
d'un emploi jeune pour assurer le lien avec les collectifs et
associations. création de nouvelles rubriques (vie quotidienne,
analyses socio-économiques, vie des collectifs, reprise et développement
du calendrier culturel tant en France qu'en Bosnie, etc..), amélioration
du support, recherche systématique d'un nouveau lectorat,
diffusion sur le net., recherche active de nouvelles sources
d'information et de nouveaux rédacteurs, et. Le Bureau de l'AS
est chargé d'explorer rapidement ces différentes pistes. Cette
proposition ainsi que les orientations générales de l'AS pour
2000 sont adoptées à l'unanimité.
4 - Renouvellement du CA
Le Conseil actuel comprend 19 membres, qui se représentent tous.
Le Conseil soumet à l'Assemblée la nomination de MÉRIMA SABO,
qui n'étant plus salariée de l'AS, pourrait ainsi garder un
lien privilégié et opérationnel avec l'Association qu'elle a
tant contribué à faire vivre. Le Conseil demande enfin à
l'Assemblée si d'autres candidatures se font jour. Personne ne
s'étant porté candidat les deux propositions suivantes sont
donc soumises aux voix et adoptées toutes deux à l'unanimité :
reconduction du Conseil actuel dans ses fonctions, nomination de MERIMA SABO au CA. Anne de Seynes est nommée vice présidente
chargée des relations extérieures.
A 17h30, plus rien n'étant à l'ordre du jour, l'Assemblée générale
est dissoute.
CONFÉRENCE DES DONATEURS POUR LE PACTE DE STABILITÉ
Selon l'agence SENSE, la majeure partie des fonds devant être alloués au cours de la Conférence des donateurs pour le Pacte de stabilité, qui doit se tenir les 28 et 29 mars à Bruxelles, seront orientés vers le Kosovo, considéré comme le véritable projet de l'Europe; c'est du moins ce qda déclaré un des fonctionnaires de la Commission européenne à la veille d'une rencontre entre BODE HOMBACH, coordinateur du Pacte de stabilité et CHRIS PATTEN, commissaire pour la politique étrangère. Les projets soumis à la Conférence par les pays de la région seront répartis en trois Tables rondes, selon les sujets et les délais de réalisation - à brève, moyenne ou longue échéance. "Les différences entre les pays de la région sont très importantes. Nous notons, en Bosnie par exemple, une certaine inertie politique, sociale et économique. Il s'agit surtout du fait qu'ici le Haut représentant, WOLFGANG PETRISCH, est lassé de devoir toujours s'imposer en tant que dernier arbitre, il aimerait qu'il y ait plus d'initiative sur le plan local ( ... ) Ils n'arrivent pas (en B-H) à se mettre d'accord sur l'infrastructure, sur la loi électorale, les communautés ethniques se mettent mutuellement des bâtons dans les roues, et tout ceci réduit fortement les chances de la B-H à la Conférence des donateurs. ( ... ) Les chances du Monténégro sont tout aussi réduites, car Milosevic déstabilise la région. Il faut dire aussi que les éventuels investisseurs ne considèrent pas le Monténégro comme un Etat indépendant par rapport à la Serbie. Soulignons pourtant que cette Conférence ne sera pas la seule et dernière chance pour ce pays et certains de ses programmes - les programmes à court terme - ont des chances d'être approuvés. ( ... ) En ce qui concerne la Serbie, pour le moment il n'en est pas question" a déclaré ce fonctionnaire, qui a souhaité rester anonyme. Il a poursuivi : "On attend de la Macédoine qu'elle fasse un geste politique symbolique vis-à-vis de la communauté albanaise, laquelle, semble-t-il, fait preuve d'impatience - dans le domaine de l'éducation, par exemple ( ... ) Ce sont les Croates qui sont allés le plus loin. Ils ont su tirer le meilleur parti de la maladie, puis de la mort de TUDJMAN, et du changement du régime. Leurs chances sont beaucoup plus grandes. Ils n'ont rien demandé aux donateurs, se sont contentés de présenter leurs projets, évaluations, et premiers résultats. Nous avons été vraiment impressionnés. ( ... ) Les organisateurs auraient préféré que les pays de la région se concentrent sur des projets liés au développement de leurs institutions, plutôt que de se contenter de réclamer une aide strictement financière. Il sera procédé, au cours de la Conférence, au choix des projets les plus dynamiques et ceux dont le niveau de "coopération régionale" sera le plus élevé seront certainement favorisés".
Exposition Florence Lazar
La Galerie, 1,rue Jean Jaurès Noisy-le-Sec RER ligne E station
Noisy-le-Sec "Ja volini vasja volini vlasV (Je vous aime,
j'aime le pouvoir) Paroles et images recueillies en Serbie en
novembre 1999
photos et vidéos)
Jusqu'au 29-4-2000, le mardi de 14 à 19 h. je mercredi de 10 à
18 h; le jeudi et le vendredi de 14 à 18 h. le samedi de 10 à
12h 30 et de 14 à 18 h. Fermé le dimanche, le lundi et les
jours fériés.
Vient de paraître : Srebrenica 1995, L'été d'une agonie,
Des femmes témoignent, co-édition. L'Esprit des péninsules-Arte, 304 p., 140 F. Recueil de témoignages par
l'ONG LES FEMMES DE SREBRENICA, sa lecture est une épreuve nécessaire
pour bien comprendre l'ampleur inhumaine des souffrances causées
par ce massacre largement annoncé. Il serait bon d'en imposer
l'apprentissage par coeur et la récitation publique à M. Akashi
et Mme Ogata, ainsi qu'aux généraux Janvier ou Smith,
fonctionnaires internationaux et militaires dont la nullité
insondable et l'incompétence criminelle se manifestent
clairement dans les deux films diffusés sur Arte ce mois ci. Pour
ce qui est des auteurs du crime, la lecture de ce livre est
inutile, puisqu'ils ont prémédité et exécuté ces atrocités.
Qu'ils soient jugés et condamnés par le TPIY, c'est tout ce
qu'il faut, et ce combat-là est loin d'être achevé. Quand aux
rescapés, qu'ils puissent être rétablis dans leurs droits et
mener une vie décente dans le lieu de leur choix serait une
réparation minimale.
NATACHA KANDIC, directrice du Fonds pour le droit humanitaire de
Belgrade et VETON SUROI, éditeur du journal Koha editore de
Pristina, ont obtenu le prix annuel pour la défense des droits
de l'homme décerné par la Fondation hollandaise Geuzenverzet/Heresebening. A l'occasion de la remise des prix,
NATACHA KANDIc a déclaré que la situation, dans sa région,
était dramatique. "Nous vous prions de nous aider à sortir
de cette situation, qui menace le monde entier". VETON SUROI
a déclaré pour sa part que le problème du Kosovo ne serait
réglé "que lorsque les objectifs pour lesquels l'Occident
est intervenu - à savoir la sécurité et les droits de l'homme,
pour tous, minorités y comprises, seront devenus
réalité".
L'association des vétérans antifascistes bosniaques, anciens
combattants de la 26 guerre mondiale, se sont adressés à
l'Association Sarajevo pour demander une aide humanitaire pour
leurs adhérents. Nous faisons appel aux collectifs de France
pour qu'ils organisent une collecte à envoyer à: l'Union des
Anciens combattants de la Guerre de libération antifasciste, 7a
Marsala Tita, 71000, Sarajevo, Bosnie Herzégovine, tel/fax:
(+387 71) 664-637.
Un groupe d'architectes de Suède, Slovaquie, Italie, Inde et Grande-Bretagne, regroupés dans la firme B FLAT ont remporté le concours pour la construction d'une salle de concert à Sarajevo. L'initiative de cette action revient à la ville de Rome, et les moyens financiers (36 millions d'Euros), devraient être réunis fin 2001. Les résultats de ce concours ont été annoncés à Bruxelles par ROMANO PRODI , président de la Commission Européenne.
Bosnie si je t'oublie ... Sous ce titre l'association
"Reconstruire Ensemble la Paix" organise à Caen et à
Hérouville-Saint-Clair du 24 mars au 15 avril une rencontre
culturelle consacrée à la Bosnie. Outre des tables rondes avec
des journalistes, des écrivains et des cinéates, (J Hatzfeld, E Musabasic, V
Naoum Grappe, S Dizdarevic, O Kebo, P Matvéjévitch,
V Colic, P Garde, V Stevanovic, F Hartmann) il est prévu des
soirées vidéo-documentaires, une rencontre avec Max Ophuls, des
expositions de dessins, de peintures, de photos, des projections du Film de A
Kenovic, "Le cercle parfait", de courts métrages de N Dizdarevic, et des soirées musicales.
S'adresser à l'Association "Reconstruire Ensemble la
Paix" 38 quai Hamelin 14000 Caen-Tel/Fax: 02 31 52 90 71 ou
à Laurent Porée organisateur de Bosnie si je f oublie... Tél:
02 3193 40 31
A Nancy Demain les Balkans
Le Forum-Irt de Lorraine et le Centre dramatique national de
Nancy-Lorraine ont décidé d'organiser ensemble un cycle de
conférences-débats du 3 au ~ mai 2000 sur l'Europe du Sud-Est
qui aura soutenu, entre autres, par la Commission européenne de
Bruxelles, le Centre national du Livre, la ville de Nancy, et le
C.G. de Meurthe et Moselle Le programme est le suivant:
Mercredi 3 mai : Retour sur une décennie: espoirs et
désillusions avec D Bensaïd, F Hartmann, J-Y Potel, M Dereta,
et Z Dizdarevic..
Jeudi 4 mai : Guerre et nettoyage ethnique. Quelle justice pour
quelle Paix? avec V Naoum-Grappe, B Chosnelong, J-F Narodetzki, S
Biserko et Y Yaka Vendredi 5 mai: La question du retour des
réfugiés avec L Perpette, J-B.Drieux.
Samedi 6 mai : Médias et société civile avec M-FAIlain, H Erceg
de Ferai Tribune de Zagreb, Z Grebo, S Zanic, du club 99 de
Sarajevo,et M Zovic.
Dimanche 7 mai : Ecriture et réécriture de lHistoi re avec A Fuga, M
Kullaschi, S Inic, B Magas.
Lundi 8 mai : Quelles formes d'intégration régionale? Quels
liens avec l'Europe? Quel projet économique et social? avec M Dereta, S
Dizdarevic, P Ercole Ago, ambassadeur d'Italie auprès
du Conseil de l'Europe.
Président:
Francis Jeanson |
|||
Abonnement simple |
| Imprimerie : 1000 Copies Beaubourg 8 passage des Ménestriers 75003 Paris Tél: 01 48 87 45 99 |
LES ÉLECTIONS MUNICIPALES
Les élections municipales en Bosnie-Herzégovine auront lieu le
8 avril prochain. Il y aura 21.000 candidats, appartenant à 68
partis politiques, 7 coalitions et 18 candidats indépendants
seront en compétition pour 3.300 sièges. Les élections
n'auront pas lieu dans le district spécial de Brcko, alors que
les élections à Srebrenica, ville martyre, auront lieu en
octobre 2.000. La Commission électorale a interdit la
participation au parti extrémiste SRS de VOJISLAV SESELJ,
vice-premier ministre de Serbie. De même, les fonctionnaires
locaux qui s'opposaient à l'application des accords de Dayton,
et que le Haut Représentant de la communauté internationale
avait récemment destitués, ne pourront pas être candidats.
Enfin, les membres des conseils d'administrations des compagnies
détenues à plus de 25% par l'Etat, ne sont pas non plus
autorisées à se présenter. Les élections sont attendues avec
grand intérêt parce qu'elles se situent peu après la défaite
électorale du parti HDZ (de Tudjman) en Croatie. Cette nouvelle
donne en Croatie a provoqué une différenciation au sein du bloc
croate en BH, alors que les luttes à l'issue incertaine
continuent en Republika srpska. On estime que la grande bataille
aura lieu en Bosnie centrale entre SDA (le parti D'IZETBEGOVIC,
actuellement au pouvoir) et SPD (de LAGUMDZIJA, le grand parti
d'opposition). Les observateurs estiment que le parti SDP
pourrait gagner plusieurs villes, dont la capitale Sarajevo.
L'alternative démocratique, représentée par le Forum des
citoyens de Tuzla a fait appel aux citoyens de BH en leur
demandant de voter contre les nationalistes et pour l'opposition
citoyenne. "Suivons l'exemple des citoyens de Croatie et
votons pour une Bosnie pacifique, démocratique, sans haines et
sans vengeance", est-il déclaré dans cet appel.
LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
Une commission internationale d'experts a réfuté l'affirmation du "New York Times" selon laquelle 1 milliard de dollars aurait été englouti en Bosnie depuis Dayton, en raison de la corruption. Cette commission, créée en septembre dernier à la demande du gouvernement fédéral, a estimé que les allégations du "New York Times" étaient erronées, mais qu'il était néanmoins vrai qu'il y avait eu un certain abus de pouvoir. Les experts de la firme MC DERMOTT, WILL AND EMERY ont ainsi souligné la nécessité de lutter contre la corruption, et proposé la constitution d'un nouveau service fédéral, dirigé par un "procureur fédéral spécial".
UN CONSEIL DE LA PRESSE ÉCRITE
Média Plan rapporte de Sarajevo que les préparatifs visant
à la constitution
d'un Conseil de la presse écrite pour l'ensemble de l'Etat de BH
tirent à leur fin. Ce Conseil aurait le pouvoir de réglementer
le comportement des journaux, comme le fait l'actuelle Commission
indépendante pour l'audiovisuel. C'est cette commission,
précisément, qui avait proposé, lors d'une conférence
organisée par l'OSCE le 13 mars dernier, de créer un Conseil de
la presse. Il faudrait pourtant qu'au préalable les associations
et syndicats de journalistes acceptent cette proposition. L'idée
est généralement bien vue, mais la difficulté vient de
certains groupes, qui exigent que le Conseil soit formé sur la
base de la "parité nationale", ce qui implique le droit de
veto. Un représentant de la "communauté
internationale" a déclaré que le Conseil ne saurait être
efficace s'il devait être basé sur le consensus.
LA CANTONISATION - NOUVELLES PROPOSITIONS
ANTE JELAVIC, membre de la présidence bosniaque et leader du
parti HDZ (Communauté démocratique croate) a récemment
proposé la dissolution de la Fédération de B-H et le transfert
de ses compétences à l'Etat de B-H, tout en respectant les
pouvoirs des cantons. Suivrait la dissolution de la Republika srpska, deuxième entité de
B-H. ainsi que la cantonisation de
l'ensemble de l'Etat de BH (actuellement seule la Fédération est
divisée en cantons, la RS étant composée de communes). Cette
cantonisation avait déjà était envisagée par IVO KOMSIC,
président du Conseil populaire croate (HNV), puis proposée en
février 1994 lors des premières assises du HNV et réaffirmée
tout récemment. aux troisièmes assises de ce Conseil. Ce qui
est intéressant, selon le quotidien Oslobodjenje, c'est
l'attitude plutôt tolérante des représentants de la
"communauté internationale" vis-àvis de la
proposition de JELAVIC, malgré le fait que cela équivaudrait à
une révision des accords de Dayton. L'un de ces représentants a
d'ailleurs exprimé son étonnement devant le fait que cette
proposition vienne d'un parti (HDZ) ayant réclamé jusqu'à
présent la constitution d'une troisième entité (croate) et
l'affaiblissement systématique de l'Etat central.
Oslobodjenje considère qu'il s'agit d'un geste tactique
préélectoral, visant à empêcher la dislocation du HDZ en BH.
Il n'empêche que l'idée d'une cantonisation fait son chemin
dans le pays et que la majorité des gens semble estimer qu'elle
ne devrait pas être basée sur l'ethnicité.
SARAJEVO, ZAGREB - MARS 2.000
On a l'impression, à Sarajevo, de se retrouver dans le paysage de Potemkine : beaucoup de façades reconstruites, mais aussi de maisons en ruines. Le trafic, dans les rues, est presque hallucinant, alors que des quartiers entiers restent détruits. Il y a un semblant d'activité, mais on se rend vite compte que l'économie n'a pas redémarré, car cette activité est partielle : elle se situe au niveau des petites entreprises. Les grands secteurs comme les chemins de fer, l'industrie de transformation, la sidérurgie, etc.. en sont toujours au point mort. La privatisation avance à pas d'escargot et il faudra, un jour, s'y attaquer à nouveau (comme en Croatie), essayer d'échapper au capitalisme sauvage et à la "tycoonisation" ' qui menacent toute la région. Cinq ans après Dayton, la Bosnie semble n'avoir guère progressé. La guerre est terminée, mais le pays n'a pas été reconstruit. On a d'ailleurs l'impression que les protecteurs internationaux ne s'intéressent pas réellement à l'avenir de ce pays, ils regrettent que les problèmes ne soient pas encore résolus, mais sans plus. La scène politique a été secouée par les changements intervenus en Croatie après les élections. Lorsque vous demandez si la même chose pourrait se passer en Bosnie, vous obtenez deux sortes de réponses. NON disent les sceptiques. PEUT-ETRE, répliquent les réalistes. Les premiers estiment qu'on ne pourra n'en faire tant que les partis nationalistes resteront au pouvoir et que cet état de chose, en fait, convient à la Communauté internationale dont la véritable stratégie (si elle en a une!) échappe à la majorité. C'est dans cet esprit que le Forum des citoyens de Tuzla vient de lancer un appel demandant aux citoyens de voter "CONTRE les partis nationalistes et POUR les partis citoyens" (cf plus loin). Pour les spécialistes, les élections municipales et cantonales d'avril prochain pourraient permettre, dans les villes, une percée intéressante - mais non décisive - de l'opposition (du Parti social-démocrate en premier lieu). Un pas plus important pourrait être effectué lors des élections générales d'octobre 2.000, mais l'OSCE vient d'annoncer que la date n'en était pas encore vraiment fixée. On pense qu'elles pourraient avoir lieu comme prévu si l'opposition obtenait un certain avantage aux élections municipales. Celle-ci peut compter sur le désarroi dans lequel est plongé le HDZ (Communauté démocratique croate, dirigée par Zagreb), sur l'affaiblissement permanent des nationalistes en République serbe et sur les luttes intestines qui minent le SDA (Parti d'action démocratique d'IZETBEGOVIC). Le problème, c'est que ces trois blocs nationalistes sont toujours au pouvoir et que la "communauté internationale" maintient sa position sur la partition de fait de la Bosnie, sur des bases ethniques. Fait intéressant, une nouvelle coalition vient de se constituer en Bosnie, appelée "Elections 2.000". Elle englobe un grand nombre d'associations non-gouvernementales qui oeuvrent en faveur de la démocratisation de la société et les droits de l'homme. Cette coalition s'occupera de problèmes liés à la loi électorale, à la préparation des électeurs et leur engagement avant et pendant les élections; elle surveillera le scrutin et le respect des résultats. Elle s'appuiera sur la très intéressante et récente expérience d'associations similaires en Croatie (GONG et la Voix). Le but étant de créer une société civile compétente, capable de promouvoir la citoyenneté et de contrôler le pouvoir. Tout en sachant que le chemin sera long. Pour le moment, l'atmosphère à Sarajevo est bien déprimante. Nous avons appris que 50.000 jeunes ont quitté le pays en 1999, alors que 40.000 attendent leur visa de sortie.
Zagreb : A la question de savoir comment pourrait évoluer la situation en Croatie, après la récente et éclatante victoire de l'opposition et compte tenu de l'immensité des problèmes, un politicien, à Zagreb, nous a répondu :"Pour le moment, il nous faut survivre au cours de cette année! Ensuite, garder un oeil critique!" Ce qui nous intéressait particulièrement, c'était la politique des nouveaux pouvoirs par rapport à la Bosnie-Herzégovine. La Croatie a annoncé, dès le départ, qu'elle respecterait l'intégrité territoriale et la souveraineté de la B-H. Ce qui sonnerait le glas des extrémistes croates en B-H, autrement dit de la partition de ce pays et de l'exigence d'une "entité croate". Cela a été suivi de l'annonce que l'aide de la Croatie aux Croates de BH Q'aide de l'extérieur continuera donc!) sera transparente et passera par le Haut Représentant. Cela a provoqué un véritable tollé dans les partis nationalistes en Croatie (HDZ) et au sein du bloc croate de Bosnie (HDZ essentiellement). Ils parlent de "trahison", organisent des manifestations (en Herzégovine surtout). Ce qui nous semble plus grave est le fait que les nouveaux pouvoirs - exception faite du président MESIC - ont condamné, ou du moiti.; exprimé leur mécontentement devant le verdict du TPI qui a condamné TIHOMIR BLASKIC, général croate, l'un des grands responsables des massacres perpétrés en 1993 dans le village D'AHMICI, en Bosnie centrale - à 45 ans de prison. C'est autour de ce débat que la droite fidèle à TUDJMAN essaye de regrouper ses forces et de s'opposer au nouveau pouvoir. Mais la défaite du HDZ aux élections a provoqué des fissures dans ce parti, tant en Croatie qu'en BH. De nouveaux partis vont se constituer, ils seront plus modérés que le HDZ de Tudjman, mais il est peu probable qu'ils renoncent à leur politique de partition de la B-H. Et. dans cette option, une nouvelle entente avec Belgrade (avec ou sans MILOSEVIC!) n'est pas à exclure. Il est encore très difficile de répondre à la question : quelle sera, dans la pratique, la politique du gouvernement Racan vis-à-vis de la Bosnie ? Une seule chose est certaine, si la "communauté internationale" opte vraiment pour une Bosnie unie, alors le gouvernement croate suivra!
PROCLAMATION DU FORUM DES CITOYENS DE TUZLA
Le Forum fait appel à tous les citoyens de Bosnie-Herzégovine pour qu'ils s'engagent au maximum afin de répandre la vérité sur les perspectives réelles de ce pays, qui dépendront des résultats des élections municipales de l'an 2000. "L'opinion publique internationale attend de nous que nous suivions l'exemple des électeurs de la République de Croatie qui, en votant pour les forces anti-nationalistes ont retrouvé-leur dignité et de véritables perspectives d'avenir. Une décennie entière, faite d'humiliations et de souffrances, de pillage et de domination, de mensonges et d'arrogance, devraient convaincre les citoyens de Bosnie-Herzégovine qu'il leur faut s'assurer que ce pays ne tombera plus jamais sous la coupe des nationalistes. Le nationalisme est un fléau qui frappe les intérêts nationaux de tous les citoyens et de tous les peuples, leur vie et leur bonheur, leur droit à l'avenir. Le message du Forum des citoyens de Tuzla est clair : Citoyens, votez pour les partis citoyens de l'opposition, votez pour une Bosnie-Herzégovine pacifique, démocratique et prospère! Votons pour un futur sans haines et sans vengeance