| Lettre d'information de
l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 60 mars 1998 Abonnement: 1 an 100 F 17 rue de l'Avre -75015 PARIS tél : 01 45 79 38 66 - fax : 01 44 23 76 79 |
| Editorial Au-delà
de dissemblances qui tiennent à des contextes d'ordre
historique, linguistique, sociétal, très diffërents,
la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo partagent en commun
le sort de victimes privilégiées de la politique de
Milosevic. Celui-ci a conquis et assis son pouvoir en
Serbie, dans la deuxième moitié des années 80, par la
manipulation de mythes d'un autre âge et l'exploitation
de frustrations qui ont ainsi trouvé un exutoire tout
désigné. La première cible du nationalisme grand-serbe
a été le Kosovo, dont la "reconquête" avec
l'exaltation des esprits et l'exacerbation des passions
qu'elle a provoquées, a ouvert la spirale des conflits
qui a finalement amené à la désintégration de la
Yougoslavie et à la guerre. |
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| LE RAPPORT
D'ACTIVITE DE L'ASSOCIATION POUR 1997 ET LES PRINCIPALES ORIENTATIONS POUR 1998 Le
rapport d'activité pour 1997 et les principales
orientations pour 1998 ont été adoptés par
l'Assemblée Générale, de l'Association qui s'est tenue
le 14, mars sous, la présidence de Francis JEANSON. Nous
reprenons ici les points forts de ces documents |
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| COMPTE RENDU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DU 13 MARS 1998 La séance est ouverte par Francis Jeanson qui évoque la mémoire de ceux qui nous ont quittés : Claude Bourdet, Cornelius Castoriadis, Ivan Djuric et Eugène Guillevic. C'est par une réflexion sur les aspects spécifiques de la situation que Francis Jeanson introduit le rapport d'activité de !'Association : - l'existence d'une lassitude prévisible, mais qui appelle à un véritable examen de conscience de ceux qui se veulent "citoyens"; quelques évolutions positives se font jour en Bosnie, notamment au sein de la société, comme le développeront Faïk Dizdarevic et Maurice Lazar dans le rapport d'activité; - mais il existe encore de nombreux dangers : * les problèmes psychosociaux : après avoir vécu ce qu'ils ont vécu, les Sarajéviens ne peuvent pas se retrouver intacts; * un réel danger de colonisation par l'apparition des processus de mondialisation, d'ultralibéralisme et de domination des marchés financiers : il faudrait que les hommes politiques qui essaient de se rassembler au sein d'une opposition démocratique restent les plus lucides possible; * le clivage entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés. La Bosnie s'est vidée de ses ressources et il existe aujourd'hui un réel problème social dû au manque croissant-des Intellectuels dans ce pays. C'est un point sur lequel il faut absolument essayer d'aider les Bosniaques. Tout ceci ramène à un problème de citoyennisation : il est inutile de compter sur les États occidentaux pour aider au développement des forces démocratiques en Bosine car ils ne savent plus ce que cela veut dire. Or ces forces démocratiques ne sont encore que des ressources qu'il faut aider à s'actualiser. Prises individuellement, elles sont encore insuffisantes, et c'est pourquoi il est si important qu'elles s'unissent en une sorte de front. Ce ne sera pas facile car ce sont des gens qui ont pensé différemment pendant des années et qui ont des perspectives parfois précises quant à l'avenir politique. La parole est donnée à Faïk pour la présentation du rapport d'activité (cf. pages 1 et 2). Après un échange sur les difficultés du retour des réfugiés, l'Assemblée approuve à l'unanimité le rapport d'activité et les propositions pour 1998. Maurice Lazar présente le rapport financier : L'exercice 1997 se traduit par un déficit de 104.575 F dû au fait que les recettes ne cessent de diminuer alors que les charges restent stables. Cette insuffisance a été financée par les réserves d'un montant de 200.(X)O E Le budget prévisionnel prévoit comme recettes environ 208.000 F de subventions qui sont déjà votées et attribuées dans le cadre du programme avec Mediaplan. Il prévoit également 100.000 F d'autres recettes qui restent à trouver. Dans le cas contraire, il serait possible de les compenser par un nouveau recours aux réserves à fin 1997. La discussion s'engage sur les différents moyens de trouver des recettes pour l'Association sans la détourner de son objet. Il est convenu d'en faire le thème d'une réunion de bureau. L'Assemblée Générale approuve à l'unanimité les comptes au 31 décembre 1997 et décide l'affectation au fonds de réserve des excédents des exercices antérieurs. La cotisation 1998 est fixée à 100 F. Après une intervention assez optimiste de Nikola Kovac, ambassadeur de Bosnie en France, il est procédé à l'élection du nouveau Conseil d'Administration. Trois membres du Conseil d'Administration sont sortants- ---Ohvia Meerson, Enes Musabasic et François Tanguy. Il y a deux candidats déclarés : Boris Najman et Sophie Kepes. Aucun autre candidat ne s'étant fait connaître, il est procédé à l'élection des deux candidats, qui se fait à l'unanimité. Enfin, au titre des questions diverses, Gisèle Donnard rend compte des réunions qui se sont tenues à la Revue Esprit pour faire face à la crise du Kosovo. Le texte qu'elle a publié avec Véronique Nahoum-Grappe dans le journal "Libération" est soumis à l'Assemblée Générale. L'Assemblée Générale approuve ce texte tout en demandant qu'y soit stipulé l'appel à une médiation internationale. L'Assemblée Générale est levée à 18 h. |
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LES MÉANDRES DE LA POLITIQUE FRANÇAISE À L'ÉGARD DU TPI L'attitude des autorités françaises à l'égard du tribunal pénal international chargé des crimes commis dans l'ex-Yougoslavie (TPI) a connu une inflexion - sinon réelle, du moins apparente - dans le courant du mois de mars. En visite à la Haye, siège du TPI, le ministre français des affaires étrangères, M. Hubert Védrine, accédait à la demande du procureur général de voir les officiers français ayant servi en Bosnie venir témoigner devant sa juridiction. Cette décision de M. Védrine intervient après de vifs échanges qui opposaient les magistrais du TPI aux autorités françaises. Elle constitue un soutien positif, mais somme toute assez naturel, aux efforts du TPl dans la recherche de la vérité pour assurer aux victimes et aux coupables un jugement équitable.. Mais cette décision ne doit pas masquer le fond des divergences qui opposent les magistrats du TPI aux autorités françaises : l'impunité dont jouissent les auteurs de crime contre l'humanité et de crimes de guerre dans le secteur français en Bosnie. "justice spectacle" contre spectacle de l'injustice En décembre 1997, Mine Louise Arbour, procureur général auprès du TPI, fait une visite à Paris dans un contexte où le TPl voit sa crédibilité renforcée par l'engagement effectif de la SFOR à arrêter les criminels. Le 10 juillet 1997. les commandos d'élite de l'armée britannique procèdent à l'arrestation de deux membres des forces paramilitaires serbes, Slino DrIjaca et Milau Kovacevic, dans la région de, Prijedor. Le, 18 décembre 1997 ce sont deux Croates, Vlatko Kupreskic et Anto Furundzija, qui sont interpellés dans la région de Vitez, par des troupes de la SFOR, pilotées par des commandos néerlandais. La troisième et dernière opération menée à ce jour, l'a été sous le commandement de troupes américaines qui, le 22 janvier 1998,. arrêtent Jelinic a Bijeljina. Le détail de ces trois opérations est intéressant tout comme l'est le choix des individus (par exemple Jeljinic se surnomme lui-même "l'Adolphe Serbe" et déclare froidement dans un interview . "qu'ils viennent m'arrêter, s'ils l'osent"), mais notre, attention est frappée par l'absence de troupes françaises, Paris refuserait-elle de venir prêter main forte au TPI ? Il y a plus grave, dans un reportage diffusé par LCI et corroboré par diverses enquêtes de lapresse écnte, les Français découvrent le café tenu à Foca, en zone française, par M. Janko Janic, recherché par le TPI. Janic répond aux questions des journalistes et afficIre un air paisible alors quà la terrasse de son échoppe deux soldats français boivent un verre. A Paris. Mrne Arbour résume la situation en signalant que "c'est dans le secteur français en Bosnie que se trouvent beaucoup de criminels de guerre et qu'ils s'y sentent actuellement en sécurité". Ces propos lui vaudront une replique immédiate de la part du ministre français de La défense, M. Alain Richard, qui accuse le tribunal de pratiquer une "justice spectacle" et défend aux militaires français de témoigner par oral devant le TPI. Il élude ainsi la question de I'impunité des criminels en zone, française pour taire émerger un nouveau problème, celui du silence des officiers français et de la bonne volonté de la France à coopérer avec le TPI. Témoins mais pas suspects L'inflexion récente de la politique française à l'égard du TPI concerne uniquement ce nouveau problème, fabriqué par M. Richard. Le 16 mars, lors d'une visite au TPI, M. Védrine annonce que les militaires français pourront venir témoigner à condition "qu'ils ne soient pas traités comme des suspects". Le souci du ministre des affaires étrangères est de protéger les militaires français contre toute inculpation qui pourrait s'appuyer sur leur témoignage à la Haye. Ainsi, l'impunité des criminels en Bosnie se transmet à celle des, militaires français, tendant à nous faire soupçonner un lien entre les crimes des premiers et les activités en Bosnie des seconds. Le 17 mars, soit le lendemain des déclarations de M. Védrine, le premier ministre prononce un discours important devant la Commission des Droits de l'Homme des Nations-Unis lors du cinquantième anniversaire de l'adoption par l'ONU de la déclaration universelle des droits de l'homme. Il annonce notamment, à cette tribune, le soutien de la France. à la création d'un tribunal. permanent chargé des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et des crimes de génocide; "C'est là un nécessaire progrès du droit et une étape importante vers l'émergence d'une conscience universelle", précise le premier ministre. Encore faut il recueillir l'accord des principaux pays membres de l'ONU pour voir émerger une telle juridiction. Ainsi, si l'opposition de la France à la création d'une juridiction permanente est levée, cela ne garantit pas que cette juridiction verra prochainement le jour. Une autre voie, complémentaire à celle choisie par M. Jospin, existe cependant. Elle consiste à démontrer dans les faits, par un soutien fort et sans ambiguïté ait TPI, qu'une justice pénale internationale en matière des droits de I'homme est non seulement possible, mais souhaitable, et à terme inévitable. Au cercle des impunités se substituerait alors celui de la justice. En attendant, à Foca comme à Pale, dans le secteur français, les criminels de guerre continuent à vivre en toute impunité. Ils méditent peut-être ces propos de Lionel Jospin : "C'est contre nous-mêmes qu'il faut en permanence nous battre tout autant que contre les autres. C'est de nous-mêmes, d'abord qu'il faut toujours nous protéger". |
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| Calendrier
culturel du mois d'Avril |
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| «DIKTAT» AU THÉATRE DÉJAZET Au théâtre Déjazet (41, bd du Temple, Paris 3e), le metteur en scène Hervé Tougeron présente une pièce de Enzo Cormann, Diktat. C'est l'histoire de deux demi-frères séparés par une guerre fratricide, qui se retrouvent vingt cinq ans plus tard et règlent leur comptes. Les allusions à la guerre en Bosnie sont visiblement inspirées de faits authentiques. C'est rare! Courez voir la pièce... Réservation au 01 48 87 52 55. Jusqu'au 11 avril. tiques. |
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| GALERIE LE LYS A la librairie-galerie Le Lys (12-14, rue St Louis en l'Ile, Paris 4e), trois événements au programme : - le 3 avril à 19h, vernissage des peintures et dessins de Velimir Trnski. L'exposition durera jusqu'au 2 mai. - le 8 avril à 19h, soirée consacrée à l'actualité, du Kosovo, avec MarieFrançoise Allain, Véronique Nahoum-Grappe, Gilles Hertzog, Muhamedin KullaShi, Marc Semo. - le 30 avril à 19h, présentation de MediaPlan et de l'école franco-bosniaque de journalisme par quatre journalistes bosniaques : Duska Juricic, M. Mesihovic, Zlatko Dizdarevic, Enes Musabasic. Pour faire suite à leur stage d formation de dix jours à l'école de journalisme de Lille. |
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| LA MAISON DES CITOYENS A NANTES Le 28 mars a été inaugurée à Nantes, en présence deu député maire Jean Marc Ayrault, la Maison des Citoyens du Monde. Un débat a été mené par Francis Jeanson sur le thème "Algérie, qu'elles solidarités citoyennes ?". Créée en 1996, regroupant une vingtaine d'associations engagées dans des actions de solidarité internationale, de citoyenneté et de défense des droits de l'homme (dont AEC, Amnisty, Cimade, Frères des hommes, Ligue des Droits de l'Homme, MRAP, etc.), la MCM se consacre aux échanges, à l'acceuil, à l'information, au développement de projets communs entre personnes et associations. MCM, Espace Graslin, 8 rue Lekain 44000 -Nantes, tél- 02 40 69 40 17. |
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N.B.: vous voulez diffuser une information concernant les manifestations culturelles que vous organisez ? Téléphonez au 01 42 71 24 00. |
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