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Lettre
d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana
Dizdarevic abonnement un an 15,25? - n° 107-108 avril
2002 S'INSCRIRE A LA LETTRE PAR EMAIL
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Ce numéro de la Lettre de Sarajevo est
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Compte-rendu de l'Assemblée Générale de l'Association Sarajevo
Bosnie
Sarajevo,
dix ans plus tard : une triste paix
Lettre
ouverte à Wolfgang Petritsch, Haut représentant de la
Communauté internationale en B-H
Scandale
politique suite aux déclarations du général
Klein
Admission au Conseil de l'Europe
La
Cour Constitutionnelle de Bosnie Herzégovine - Egalité
des peuples "constitutifs" de B-H ?
La
Cour Constitutionnelle de Bosnie Herzégovine -
appréhensions
Ashdown succède
à Petritsch
International
Le
rapport de la commission d'historiens néerlandais sur
Srebrenica et ses suites.
Elections
présidentielles en France
lettres
aux candidats
La réponse de Lionel
Jospin
Compte- rendu des
Rencontres de Genève 12, 13, 14 avril 2002
COORDINATION INTERNATIONALE SOLIDARITE
BOSNIE-HERZEGOVINE
Compte-rendu de l'Assemblée Générale de l'Association Sarajevo
L'Assemblée générale de l'association
Sarajevo s'est tenue le samedi 16 mars 2002. Faik Dizdarevic fait la
présentation du rapport moral dont les points les plus
importants étaient les suivants. Deux événements
marquants sont survenus depuis la tenue de la dernière
Assemblée générale de l'Association : en Serbie,
le "départ" de Milosevic ; en Bosnie-Herzégovine,
ce qui se confirme comme un succès, relatif mais réel,
des forces anti-nationalistes. Néanmoins, l'Alliance
démocratique pour les changements demeure très fragile,
traversée par des conflits de personnes et contrainte à
des compromis avec les formations "modérées"
de la R.S. Contrairement à celles de Zagreb, les autorités
de Belgrade encouragent ces tendances centrifuges. Plus grave encore
pour la Bosnie, le pays ne parvient toujours pas à se remettre
du terrible choc qu'il a subi, tout ressort y paraissant cassé,
les ruines morales s'ajoutant aux destructions humaines et
matérielles. C'est le défi majeur que devront relever
les nouvelles autorités, dans un climat international
défavorable.
L' activité de l'Association en France
s'est concentrée sur la publication régulière du
bulletin pour continuer à diffuser ?le maximum d'informations,
accompagnées de commentaires, sur la situation en Bosnie et
dans la région. Les événements intervenus en
Serbie y ont occupé une place importante, par nos analyses et
celles de nos amis de Serbie, comme Sonia Biserko, Latinka Perovic ou
Bogdan Bogdanovic. Il nous a semblé nécessaire de
mettre en garde contre l'illusion répandue selon laquelle
l'arrivée au pouvoir de l'opposition serbe ouvrait la voie
royale pour un règlement démocratique des problèmes
de l'ex-Yougoslavie. Cela s'est traduit par une prise de position
conjointe avec le Comité Kosovo publiée dans "Le
Monde" en octobre 2000.
L'Association a suivi
attentivement le déroulement des travaux de la Mission
d'information parlementaire sur Srebrenica, auprès de laquelle
elle est intervenue à plusieurs reprises pour lui soumettre
des observations et des suggestions. S'il est trop tôt pour
émettre un jugement sur la valeur du rapport qui sera adopté,
il est peu probable qu'une réponse sera donné, côté
français, à la question clairement posée par
Kofi Annan dans son rapport du 15 novembre 1999, sur les raisons du
refus d'utiliser la force, en temps utile, pour arrêter
Milosevic dans son entreprise de destruction. En Bosnie,
l'Association a maintenu les contacts avec ses interlocuteurs
traditionnels, et notamment Mediaplan et le Comité
Helsinski.
Les orientations de l'Association pour 2002 : Compte
tenu de ses moyens, l'Association se propose de poursuivre la
publication de la " Lettre de Sarajevo" sur un support
Internet et non plus sur papier. C'est la solution qui paraît
la plus adéquate pour maintenir ce moyen d'information et
d'analyse de la situation en Bosnie et dans les pays de la région,
en intervenant ponctuellement sur l'actualité chaque fois que
cela s'avérera nécessaire.
Ce rapport est approuvé
à l'unanimité.
Maurice Lazar fait alors la
présentation du rapport financier, qui fait apparaître
un déficit d'exploitation de 6446,37 euros. Il soumet à
l'Assemblée la résolution suivante : "L'Assemblée
approuve à l'unanimité les comptes de l'Association et
décide l'affectation au fonds de réserve de
l'insuffisance de l'exercice 2001, soit 6446,37 euros. Ce fonds de
réserve se trouvait ainsi être réduit le
31-12-2001 à un montant de 4992,53 euros" L'Assemblée
adopte cette résolution à l'unanimité.
Puis
un long temps de discussion est consacré à la
préparation de la réunion de Genève et à
la position de l'association concernant les plaintes à déposer
contre le Général Janvier. Il est décidé
que les représentants de l'Association à Genève
devront obtenir des renseignements plus précis et que
l'association soutient plutôt les initiatives qui visent à
établir les responsabilités respectives de toutes les
autorités qui ont contribué à laisser libre
cours aux forces qui ont détruit la Bosnie-Herzégovine,
en premier lieu les puissances qui ont défini et exécuté
la politique des Nations-Unies sur le terrain. A ce titre, les Etats
membres permanents du Conseil de Sécurité sont les
premiers concernés, les citoyens français s'attachant,
pour leur part, au rôle déterminant de la France.
Celle-ci doit par ailleurs s'expliquer sur les raisons de la
non-arrestation des criminels poursuivis par le TPI, notamment
Karadzic et Mladic.
Enfin, le Conseil d'Administration est
reconduit tel quel.
Sommaire
Sarajevo, dix ans plus tard : une triste paix
Paris le 29 mars 2002
Les siècles ne commencent pas
toujours par la première année, ne finissent pas
toujours par la dernière. Le début du XXè siècle
avait été marqué par l'attentat de Sarajevo en
1914 et c'est à Sarajevo qu'il s'est terminé, lors des
récents conflits balkaniques. Mais le XXIè siècle
n'a réellement débuté que le 11 septembre 2001.
Le 6 avril a toujours été une date profondément
ancrée dans nos mémoires. C'est ce même jour, en
1941, que la première Yougoslavie fut attaquée et
détruite. La Bosnie-Herzégovine fut alors divisée,
Sarajevo faisant partie de la « zone d'occupation »
allemande, Mostar de celle de l'Italie. Hitler s'apprêtait à
partir en campagne contre l'Union soviétique mais s'y est pris
trop tard pour éviter la rigueur de l'hiver en Russie.
La
rage du dictateur se transforma en une vengeance hystérique et
assassine. Nos pères passèrent de longues années
dans les camps de concentration en tant que prisonniers de guerre.
Les garçons de ma génération étaient déjà
vieux à l'âge de dix ans. Nous avons été
témoins, entre autres, des conflits entre les divers
nationalismes et diverses religions, entre la résistance et le
fascisme, nous avons assisté aux massacres, à l'exode.
Mais aucun d'entre nous ne pouvait imaginer qu'en 1992, un autre 6
avril , il y a de cela exactement 10 ans, une guerre éclaterait
dans notre pays, et surtout que nous ne serions pas, cette fois-ci,
agressés par des troupes étrangères mais par nos
propre frères. Sans doute étions nous trop naïfs.
Ainsi commença le siège le plus long du siècle,
1.350 jours, siège qui a battu le record mondial établi
au cours des 900 funestes journées de Léningrad.
Il
y a eu maintenant de nouveaux conflits, un nouvel exode et une
hécatombe semblable à celle provoquée par
Hitler. Guerre et paix. Toute tentative de réflexion sur la
tragédie yougoslave nous ramène à Sarajevo, est
centrée sur Sarajevo. Je suis allé dans la ville
bombardée et affamée pendant le siège, pour être
près de mes amis et leur manifester ma solidarité.
Chaque fois que je revenais, il me semblait retrouver seulement ceux
que j'avais déjà vus. Certains poursuivaient leur route
avec le même orgueil, d'autres avec la même résignation.
Cherchant à éviter les lignes de mire des
francs-tireurs, les rues exposées aux mortiers, suivant les
règles d'un code psychologique conservé au tréfonds
de leur .mémoire, qui s'est aussi inscrit dans la mémoire
de ceux qui s'étaient joints à eux. J'avais
l'impression de revoir à nouveau, mais sous une autre
perspective, ce que j'avais vu auparavant. J'avais l'impression de
ressentir ce que j'avais ressenti auparavant.
Dans la ville
assiégée et martyrisée apparaissent surtout les
décombres des maisons. Les images que nous avons pu voir à
la télévision étaient à deux dimensions,
les événements nous étaient présentés
sans relief, comprimés, déformés. Ici, au
contraire, ils sont authentiques, vivants, pluridimensionnels.
J'ai
tenu avant tout à visiter le marché de Markale, dans la
rue Vaso Miskin, où des douzaines de personnes ont été
tuées alors qu'elles faisaient la queue pour acheter le sel et
le pain. On retrouve, aujourd'hui encore, des traces de cette
tragédie, les chrétiens continuent à y allumer
des cierges en hommage à leurs morts, les musulmans déposent
à même le sol leurs symboles de deuil brodés de
vert. La propagande de Milosevic a présenté ce crime
odieux contre des civils désarmés comme un acte de
suicide commis par les Bosniaques eux-mêmes pour alerter
l'opinion publique mondiale. La presse et certains intellectuels
belgradois continuent à répandre le même
mensonge, sans honte aucune. Des millions de livres et un grand
nombre d'antiques manuscrits ont brûlé avec la
Bibliothèque nationale. Il ne reste plus d'elle que la façade,
comme une muette accusation. A l'intérieur tout a été
incendié et brûlé, tout littéralement. Le
paradoxe est sans précédent: celui qui a donné
l'ordre de commettre ce 'culturicide' écrit des poèmes.
Les experts estiment qu'il sera impossible de reconstruire le
bâtiment. Sous une avalanche de ruines, j'ai trouvé deux
minuscules fragments provenant d'une vieille fresque.
Non loin de
la Bibliothèque se trouve le lieu d'où Gavrilo Princip
a tiré sur l'héritier du trône des Habsbourg, en
1914. Il y a là aussi un petit musée dédié
à sa mémoire. Au cours du siège les vitres du
musée ont été brisées par de proches
explosions mais la plaque en or fixée sur le mur est toujours
là. « En signe de reconnaissance éternelle au
jeune combattant pour la liberté, pour l'indépendance
des peuples yougoslaves ». A côté du buste de
Princip, on peut lire certaines de ses devises: « J'ai aimé
mon peuple » et « Le langage que le monde comprend le
mieux est le langage de la liberté ». Je me demande ce
que retiendront de tout cela les futures générations,
ce qu'ils oublieront pour toujours. Ces messages ont déjà
disparu, le musée est « provisoirement fermé
».
La vie du jeune conjuré, ses empreintes
symboliques conservées juste à l'entrée du lieu
où il s'est immolé au nom de la liberté
n'existent déjà plus. Une organisation
ultranationaliste, sans doute associée aux acolytes de Radovan
Karadzic, a attribué récemment le nom de Gavrilo
Princip à un groupe de terroristes menaçant les Serbes
qui acceptent de collaborer avec les bosniaques musulmans et croates
au sein des institutions de la Bosnie multiethnique.
Face au musée
se trouvait le Pont de Princip, dont le nom a changé. Il
s'appelle désormais le nouveau Pont Latin, comme au temps de
l'empire austrohongrois. Les eaux de la Miljacka coulent sous ses
arcades. La Bosnie peut-elle renaître sans sa propre histoire?
Ce sont les Bosniens d'origine musulmane qui ont le plus souffert,
comme fut aussi le cas pendant la seconde guerre mondiale. Leur
responsabilité est d'autant plus grande. De plus, à
Sarajevo, ils sont majoritaires. L'identité bosniaque
musulmane a été contestée et ridiculisée
tant par les Serbes que par les Croates. Et cela ne date pas d'hier.
Le fait de ne pas avoir reconnu l'existence en Bosnie de l'une des
communautés islamiques les plus laïques au monde aura
sans doute été l'une des plus graves erreurs de
l'Europe et des Etats-Unis au cours de cette dernière guerre
balkanique. Leur ignorance leur a permis de se laisser leurrer par
une propagande nationaliste aveugle, en majeure partie serbe, mais
croate aussi, qui a présenté cette communauté
comme « l'avant-garde de la pénétration de
l'Islam en Europe ».
Je n'ai jamais entendu nos islamistes
parler de sunnites, chiites, encore moins de wahhabites. Lorsque la
rupture de la Yougoslavie de Tito avec Staline (1948) a laissé
un plus large champ à la liberté d'expression, certains
intellectuels musulmans, laïcs ou croyants, n'ont pas tardé
à exprimer leur malaise quant à leur identité
nationale.
« En soi, l'appartenance à la Bosnie ne
concède pas à l'intellectuel musulman une nationalité
», écrivait Midhat Begic, éminent critique
littéraire et il ajoutait: « L'intellectuel musulman
reste marqué par sa religion aux yeux des autres et à
ses propres yeux. Aussi le problème de son identité se
trouve-t il à l'origine de son malaise ». Un autre
témoignage évident peut être trouvé dans
le roman de Mesa Selimovic « Le derviche et la mort »,
l'une des oeuvres maîtresses de la littérature de
l'ex-Yougoslavie, traduite en plusieurs langues: « Nous avons
été rejetés par les nôtres, mais n'avons
pas été acceptés par les autres. Tel un bras
séparé de son fleuve par des eaux torrentielles, sans
lit et sans embouchure, trop petit pour se transformer en rivière,
trop grand pour être absorbé par les sables...Nous ne
voulions pas regarder en arrière, ne savions pas regarder en
avant ».
Je connaissais bien ces deux auteurs. La tragédie
de Sarajevo m'a remit en mémoire les rencontres que j'ai eues
avec eux dans les salles de la Bibliothèque nationale où
j'écrivais les premiers chapitres de mon « Bréviaire
méditerranéen ». Je n'avais aucune idée du
« malaise existentiel » qu'ils évoquaient et ne me
rendais même pas compte qu'ils puissent souffrir « d'un
manque d'identité ». Peut-être ignorons-nous
certains des visages de notre propre pays. Il y a eu parfois au cours
de la guerre de Bosnie, en certains lieux, des moudjahedines venus
des pays arabes. Leur nombre était bien inférieur à
celui cité par une propagande hostile s'évertuant à
tout exagérer. Ils n'ont guère participé aux
opérations militaires, encore moins aux décisions de
l'autorité musulmane bosniaque. On ne peut pas exclure que
certains d'entre eux aient pu être associés à Ben
Laden, allié à un certain moment avec les Etats-Unis
contre les Russes. Mais de là à confondre les deux
choses...
Les blessures de Sarajevo saignent toujours. La
Bosnie-Herzégovine s'est vue réduite à un état
de misère matérielle intolérable et sa survie
dépend uniquement de l'aide de l'extérieur. Plus qu'un
Etat, c'est un squelette. Un pays divisé en trois parties,
séparé par trois religions dont chacune est étayée
par un nationalisme rétrograde et intransigeant. Un chemin qui
paraît ne pas avoir d'issue. L'aide grâce à
laquelle elle parvient malgré tout à survivre et à
se diriger à tâtons vers un avenir incertain ne finit
pas toujours dans les bonnes mains.
Les pays musulmans ont
reconstruit presque toutes les mosquées détruites et
ont en bâti d'autres en des lieux plus prestigieux. Mais les
conditions liées à ce type d'aide sont parfois
contraires aux traditions les plus profondes de l'islam bosniaque. Le
laïcisme bosniaque, de plus en plus fragilisé par
l'agression des frères slaves, s'efforce à grand peine
de s'opposer à ces influences externes. En Bosnie, et à
Sarajevo plus précisément, l'Europe a vraisemblablement
perdu une bataille décisive contre l'islam intégriste.
De telles erreurs se payent cher.
Predrag Matvejevic
(article
paru dans El Pais, traduit de l'espagnol)
Lettre ouverte à
Wolfgang Petritsch,
Haut représentant de la
Communauté internationale en B-H
Cher Mr. Petritsch,
Nous, signataires de cette lettre et
citoyens de la Bosnie-Herzégovine, suivons avec beaucoup
d'inquiétude les négociations en cours sur la mise en
oeuvre de la décision de la Cour constitutionnelle de B-H
relative au statut constitutif de ses peuples. C'est avec
préoccupation et amertume que nous constatons que la façon
dont vous menez ces négociations n'est qu'un prolongement de
la politique désastreuse et à court terme que mène
la communauté internationale en B-H. Celle-ci s'efforce, pour
des raisons qui nous sont incompréhensibles, de préserver
sa neutralité dans l'opposition entre les protagonistes de
l'ethnicité et nationalistes d'une part et les standards
démocratiques et européens de l'autre, ce qui entraîne
d'invraisemblables compromis entre des objectifs parfaitement
inconciliables. Nous soulignons le danger extrême que
représenterait, dans cette affaire, toute solution qui ne
serait pas basée sur une totale symétrie dans la
protection des intérêts nationaux vitaux entre le
Parlement de la Fédération de B-H et le Parlement du
Peuple de la Republika srpska. Nous prenons la liberté de
souligner que votre contribution personnelle à la
reconnaissance des régions ethniques et exclusives créées
dans ce pays par le crime et le génocide, est tout aussi
dangereuse. Nous n'avons trouvé aucun argument pertinent dans
vos récentes déclarations concernant votre intention de
favoriser des solutions qui ne seraient pas fondées sur une
totale symétrie institutionnelle. L'explication selon laquelle
vous ne voulez pas imposer des solutions ne constitue pas un
argument, car si vous occupez aujourd'hui encore le poste de Haut
représentant dans ce pays c'est bien parce que les forces
nationalistes et arbitraires sont toujours au pouvoir. La même
chose vaut pour votre assertion selon laquelle « le plus grand
problème est comment assurer le retour des Serbes dans le pays
». Outre le fait que cela constitue une offense tant envers les
Serbes qu'envers les autres citoyens de B-H, cela reflète
votre position, parfaitement erronée, selon laquelle pour «
les faire rentrer au pays », il faudrait leur accorder plus de
droits qu'aux autres nations et populations. Nous pensons que la B-H
ne pourra fonctionner en tant qu'Etat démocratique que lorsque
tous ses citoyens auront la garantie de pouvoir disposer de droits
égaux. Vous savez pertinemment que les premières
solutions constitutionnelles adoptées par les deux entités
sont le fruit d'idéologies nationalistes devant lesquelles la
communauté internationale a choisi de fermer les yeux, ne
songeant alors qu'à mettre un terme à la guerre dans
notre pays. Les différences que vous mentionnez pourraient et
devraient être trouvées dans la Loi électorale et
non dans les clauses constitutionnelles des entités, supposées
garantir une totale symétrie institutionnelle dans la
protection des intérêts nationaux vitaux. Cher Mr.
Petritsch, sachez que toute solution qui ne tiendrait pas compte des
arguments que nous venons d'exposer engagerait votre responsabilité
personnelle en tant que Haut représentant de la communauté
internationale quant au prolongement de l'agonie où chavire
inexorablement la société bosnienne suite aux
concessions accordées à des idéologies
nationalistes et destructrices.
Sarajevo, mars 2002
Frère
Mile Babic, Gojko Beric, Zdravko Grebo, Ivan Lovrenovic, Senka
Nozica, Haris Pasovic, Senad Pecanin.
Scandale politique suite aux déclarations du général Klein
On ne sait comment le Général américain à la retraite, Jacques Paul Klein, occupait son temps chez lui aux Etats-Unis, mais il est vite devenu évident que l'histoire devait constituer l'un de ses hobbys, et ce dès ses premières rencontres avec Franjo Tudjman lorsqu'il a débarqué en Croatie pour remplir son premier mandat ex-yougoslave. Plusieurs années se sont écoulées depuis, son collègue a rejoint l'autre monde, mais l'ex-Général Klein et son cigare sont de nouveau parmi nous. Il dirige la mission des Nations-Unies à Sarajevo, où il se fait régulièrement photographier avec un énorme chèque en dollars (élargi) destiné à quelque orphelinat de Sarajevo ; il semblerait pourtant que son enthousiasme ait légèrement diminué depuis que le successeur de Wolfgang Petritsch au poste de Haut représentant de la communauté internationale en Bosnie a été nommé - en la personne de Paddy Ashdown. Les Bosniens ont été particulièrement révoltés lorsque Klein a déclaré que « la Bosnie-Herzégovine, au cours de son histoire, n'a jamais représenté un Etat» et que « la dernière fois qu'il y a eu un semblant d'Etat dans la région c'était au moyen-âge, au temps du Royaume croate ». Cette absurdité historique, propre à Tudjman, mériterait naturellement de plus amples commentaires, car le « Royaume croate du Moyen-âge » a disparu en 1102, alors que le Royaume bosniaque, en tant que véritable structure gouvernementale et politique slave méridionale a subsisté jusqu'en 1463, époque où il fut absorbé par l'Empire ottoman. L'opinion publique de Sarajevo a également été choquée quand a paru l'interview où Klein « découvre » que Tudjman avait offert à Izetbegovic l'ouest de l'Herzégovine et que celui-ci avait refusé, exigeant beaucoup plus en échange. Izetbegovic lui-même s'est empressé de confirmer ce fait, mais en « expliquant » que cela n'avait été qu'une ruse pour lui permettre de découvrir quelles étaient les véritables intentions de Tudjman. Ce qu'il a découvert, explique-t-il, parce que Tudjman lui a déclaré très expressément vouloir aussi Mostar et Stolac. Cette vielle histoire, dont le relent rappelle celui des vieilles tombes, témoigne une fois de plus dans quelles mains indignes s'est trouvé notre destin - et celui de nos « peuples » - tout au long des années qui ont marqué l'avènement de la démocratie. Izetbegovic, dont on ne connaît pas les « intentions premières », a mis en évidence son véritable rôle, semblable à celui de Tudjman, dans la création des terribles illusions et désillusions des Herzégoviniens et d'une partie des Croates bosniens concernant la Croatie et l'avènement d'une Herceg-Bosnie, « incarnation de leur rêve national ». Les élucubrations de Klein liées à Dayton se ... révèlent particulièrement intéressantes: « Naturellement, les accords de Dayton sont de mauvais accords dont l'unique but était de mettre fin à la guerre. C'est là un fait indiscutable. Cet accord n'a servi qu'à rétablir les postes, le commerce, la fiscalité, la police et l'armée dans les deux entités. Nous avons créé un gouvernement central fragile, avec trois présidents qui se relayent tous les huit mois. Ce qui revient à dire qu'il ne peut y avoir de véritable objectif, de continuité, de responsabilité - a expliqué Klein. Que l'accord de Dayton soit « indubitablement mauvais », ce qu'admet Klein aujourd'hui, ici les citoyens le savent et en subissent les conséquences depuis déjà sept ans pendant que leur pays s'enlise de plus en plus et régresse, dans une direction diamétralement opposée à toute idée de développement. Par ailleurs, le nombre de ceux qui ont immédiatement critiqué Dayton et prévu ce qui allait se passer n'est pas négligeable. Attitude qualifiée tout au cours de ces années par Klein et ses semblables de « politiquement incorrecte », de « pessimisme », l'astuce consistant à répéter à longueur de journée : « Il s'agit de votre pays, à vous d'en assumer la responsabilité ». Alors que l'un des plus mauvais côtés de Dayton est précisément le fait qu'il empêche systématiquement l'émergence de forces endogènes capables d'endosser cette responsabilité. Situation qui dure depuis sept ans, sans laisser entrevoir aucun changement structurel sérieux et il est difficile de ne pas imaginer que pour les « parrains » internationaux de cette Bosnie-Herzégovine la création et le maintien d'une telle situation était précisément le but recherché. Jacques Paul Klein, en tant que chef de la mission de l'ONU à Sarajevo, même s'il n'est pas au premier rang de ceux que l'on consulte, est certainement au premier rang de ceux qui sont chargés d'entretenir cette situation. S'il découvre aujourd'hui de manière « certaine » et « indubitable » que l'accord de Dayton est un mauvais accord, qu'il ne peut donc y avoir « aucun objectif, aucune continuité, aucune responsabilité », qu'en est-il alors de sa propre responsabilité ? Après avoir répété pendant des années que Dayton, c'était l'avenir de la Bosnie-Herzégovine, le voilà qui s'aperçoit tout d'un coup que cela n'est pas vrai. J.P. Klein semble n'être qu'un subalterne, un petit fonctionnaire borné et dont l'intelligence laisse à désirer, quelqu'un qui n'aura vraiment aucune raison de se vanter de « son rôle en Bosnie » lorsqu'il aura repris son ancienne vie de retraité. Mais ceci n'a pas la moindre importance, cela ne regarde que ce retraité lui-même. Le véritable problème, c'est celui sur lequel j'ai déjà « insisté » à plusieurs reprises : cette conception que se fait l'administration internationale de son rôle en Bosnie-Herzégovine, qui exclue toute éventuelle responsabilité de ses fonctionnaires. Cet éminent officier américain a par ailleurs expliqué qu'il était très difficile de faire quelque chose dans cette Bosnie, car le vide laissé par cinquante ans de communisme « avait anéanti toute forme de créativité intellectuelle, ambition, idée, originalité », et « nous », voilà, « nous faisons tout pour essayer de surmonter tout cela et créer un nouvel Etat ». Qu'un type de ce genre puisse se permettre de déclarer cela publiquement, que cela soit reproduit dans les moyens de communication les plus influents, qu'il puisse se permettre de cracher sur ce qui a représenté ta vie, sans être rappelé à l'ordre et sans qu'on lui rappelle les règles les plus élémentaires de la bienséance - cela ne peut se passer que chez nous, car nous l'avons permis à d'autres avant lui, nous l'avons permis à nos propres abrutis.
I.L de Sarajevo
Admission au Conseil de l'Europe
Après sept ans d'attente, la Bosnie-Herzégovine est enfin devenue membre du Conseil de l'Europe (elle en sera le 44ème membre). Le Conseil des ministres a recommandé aux autorités bosniaques d'en approuver les statuts. C'est la récente adoption d'une loi électorale qui est à l'origine de la décision du Conseil de l'Europe. Les prochaines élections en B-H auront lieu cette année, au début du mois d'octobre. Pour la première fois, les élections seront organisées par la B-H et non par l'OSCE. Comme cela exigera un effort financier considérable, la B-H a déjà demandé l'aide de différents pays et organisations internationales.
La Cour Constitutionnelle de
Bosnie Herzégovine
Egalité des peuples
"constitutifs" de B-H ?
Il y a deux ans déjà
que l'on attend l'application de la décision du Tribunal
constitutionnel de B-H proclamant l'égalité des
"peuples constitutifs" (Bosniaques, Croates et Serbes) sur
l'ensemble du territoire bosniaque ! Le problème était
de savoir si les partis au pouvoir feraient montre d'une véritable
volonté politique et si la décision serait également
mise en ?uvre dans les deux entités (FB-H et RS). Finalement,
au terme de nombreuses réunions entre le Haut Représentant
(Wolfgang Petritsch) et les dirigeants des huit principaux partis
politiques, un accord a été signé le 27 mars
dernier. En fait, le document n'a été signé que
par les partis appartenant à l'Alliance pour les changements
actuellement au pouvoir, et seulement paraphé par les partis
au pouvoir en Republika srpska. Le Parti nationaliste croate (le HDZ,
ancien parti de Tudjman) a refusé de le signer, alors que le
Parti pour l'action démocratique (le SDA d'Alija Izetbegovic)
et le Parti des sociaux-démocrates indépendants de
Milorad Dodik (ancien premier ministre de RS) se sont retirés
des négociations. L'essentiel de cet accord porte sur
l'inauguration, dans les parlements des deux entités, de
Chambres (la Chambre des Peuples qui existe déjà en
FB-H et un Conseil des Peuples en RS, qui reste à former),
chargées de statuer sur les affaires considérées
comme touchant à un intérêt national vital. Ces
Chambres seront composées de manière à permettre
à chacun des trois "peuples constitutifs" de bloquer
toute loi considérée comme portant atteinte à un
intérêt national vital. Par ailleurs, les postes clés
seront partagés entre les représentants des trois
peuples. L'accord devait entraîner l'amendement des
constitutions des deux entités. Sa mise en ?uvre posera
d'énormes problèmes, en Republika srpska plus
particulièrement. Cet accord a été
particulièrement bien accueilli par les représentants
de la communauté internationale, qui l'ont qualifié
"d'événement le plus important depuis les accords
de Dayton". Pour Petritsch, il s'agit "d'un événement
historique qui fera de la B-H un pays véritablement
multiethnique".
Dernières nouvelles
Finalement, Wolfgang
PETRITSCH a pris la décision d'imposer les changements dans
les constitutions des deux entités et cela sur la base du
récent accord. En effet, l'Accord n'est pas passé dans
les parlements de FBH et RS. La décision du HR est considérée
comme capitale pour la stabilisation de l'Etat de B-H et sa
démocratisation. Encore faut-il que les changements
constitutionnels soient réellement mis en ?uvre. Nous y
reviendrons dans notre prochain numéro.
La Cour Constitutionnelle de
Bosnie Herzégovine
appréhensions
Commentaire
de notre correspondant à Sarajevo - Zija D.L
Le
Haut représentant Wolfgang Petrisch est bien parti pour
terminer son mandat sur une apothéose. L'accord sur la mise en
?uvre de la décision de la Cour constitutionnelle de B-H sur
les peuples constitutifs est un véritable triomphe politique
et a dépassé toutes les espérances. S'il ne
s'agit pas vraiment d'une adaptation optimale de la Constitution de
B-H à celles des entités, cela constitue pourtant
l'initiative politique la plus importante de l'après-guerre
pour assurer la stabilisation de la B-H en tant qu'Etat démocratique.
Le véritable exploit est l'établissement d'une Chambre
des peuples en RS en tant qu'organe législatif, bien que ses
compétences ne soient pas les mêmes que celles de la
Chambre des peuples de la FB-H. Cela a pourtant permis de réduire
l'asymétrie entre les entités dans cet important
domaine, celui des garanties constitutionnelles et législatives.
Particulièrement importante à cet égard est la
procédure relative à la protection de l'intérêt
national vital, surtout celle qui permet aux 2/3 des membres d'un
groupe parlementaire de décider que tout acte, décret
ou loi d'intérêt national vital devra être examiné
par la Chambre des peuples (La RS a émis certaines réserves
à cet égard et exigé que cela reste du ressort
de l'Assemblée de la RS). Tout aussi important est le fait que
la nomination des représentants des peuples constitutifs aux
postes-clés des pouvoirs législatif, exécutif et
juridique se fera tant au plan horizontal (les plus hautes instances
dans les entités) que vertical (cantons et communes). Les
Croates ont perdu leur position paritaire dans la Fédération
de B-H, mais ont reçu la garantie d'une participation d'au
moins 15 % aux gouvernements des entités; ils disposeront de
plus de quatre sièges au Parlement de la RS (alors qu'ils n'en
ont qu'un seul actuellement). Il est vrai que les Croates ont été
les plus atteints par l'application des résultats du
recensement de 1991, mais on leur garantit désormais une
participation minimum au pouvoir (15 %) malgré le fait qu'ils
représentent moins de 15 % de la population. Les SDP, SB-H et
NHI ont paraphé l'accord. L'Alliance démocratique en
est sortie renforcée, ainsi que son statut de partenaire des
autorités internationales, mais cet accord met aussi en
exergue le rôle du SDP et de Zlatko Lagumdzija - qui a enfin
fait montre d'un certain savoir-faire politique. C'est enfin un
facteur de prestige pour le NHI, et surtout son chef Kresimir Zubak
au sein de l'Alliance et auprès des acteurs internationaux. Ce
geste de Zubak est plus important que le fait d'avoir quitté
le HDZ. Le paraphe de Safet Halilovic permet au SB-H de conserver sa
seconde position au sein de l'Alliance et de rompre définitivement
avec le SDA. Cette décision est totalement contraire aux
convictions politiques d'Haris Silajdzic. C'est évidemment la
marque de l'influence d'un plus large nombre de cadres au sein du
SB-H. Les réserves émises par la RS sur deux des
articles de cet accord n'ont aucune incidence politique étant
donné qu'elle l'a ratifié. Ces critiques portaient sur
l'article qui garantit au moins 15 % de représentants par
peuple constitutif et 35 % pour deux peuples constitutifs aux
gouvernements des entités, même après la mise en
oeuvre intégrale de l'Annexe 7. C'est-à-dire que la RS
comptait sur le fait qu'une fois le processus du retour considéré
comme ayant été achevé, elle pourrait consolider
son pouvoir en se basant sur l'état de fait. La crainte de la
RS et du SDS de voir les forces internationales prendre des
initiatives susceptibles d'amener la disparition de cette entité
les a incités à parapher cet accord. Les partis SDS,
PDP, SPRS et SNDS expliquent donc que cet accord sauve la RS, en fait
ce qu'ils ont sauvé en le signant, c'est leur avenir
politique. Le SDA a commis une énorme bavure politique. Au
lieu de se battre en faveur de l'aboutissement d'une initiative
déclenchée par Alija Izetbegovic lui-même auprès
de la nelle, il a essayé de s'en démarquer et mêe
menacé d'y faire obstruction. L'on n'atendait rien d'autre de
la part du HDZ. Ce parti s'efforcera de minimiser l'importance de cet
accord auprès de ses membres et d'en entraver l'application.
Néanmoins le HDZ ne dispose pas du soutien de l'Etat croate,
qui a approuvé l'accord, ainsi que le principe des peuples
constitutifs. La pression exercée sur les pays voisins est à
l'origine du soutien de Belgrade (Vojislav Kostunica a même été
jusqu'à se prononcer pour une B-H fonctionnelle et
indépendante !). Tout en soutenant, il est vrai, les réserves
émises par la RS vis-à-vis d'une certaine partie de
l'accord. La RS s'efforce d'en réduire l'importance en faisant
appel à la démocratie et aux droits des parlements.
Mais les autorités internationales exigent l'application de
l'accord dans son intégralité. Dans le cas contraire,
les conséquences pourraient être graves. Le fait que les
représentants des EU et de l'Europe soutiennent totalement le
Haut représentant est extrêmement important. La RS
redoute la Constitution de la B-H, mais redoute encore plus son
éventuelle disparition. Le rejet par les partis nationalistes
du principe des peuples constitutifs et de l'égalité
ethnique est compréhensible, car rien ne les arrange plus
qu'une atmosphère de tension entre les peuples. D'une manière
générale, la B-H est en train de vivre une catharsis
politique marquant la transition entre la phase d'avant-Dayton et
d'après-Dayton. En effet, les entités, et la RS plus
particulièrement, devront maintenant apporter la preuve
qu'elles approuvent vraiment les Accords de Dayton - en procédant
à des changements constitutionnels et en encourageant les
retours.
C'est au mois de mai prochain que le Britannique Paddy Ashdown
deviendra le nouveau Haut Représentant en B-H, succédant
ainsi à Wolfgang Petritsch. Le Conseil de sécurité
des Nations-Unies, qui vient de prendre cette décision, a
déclaré à cette occasion que la mission de l'ONU
en B-H prendrait fin cette année et que l'Union européenne
serait chargée de prendre la relève. Par ailleurs, la
communauté internationale est actuellement organisée
autour du Haut représentant. Les dirigeants des différentes
institutions internationales (UN, UE, OESC, Banque mondiale)
constituent en effet une sorte de gouvernement présidé
par le HR. Ce cabinet comporte quatre groupes de travail : réformes
économiques, retour (des réfugiés) et
reconstruction, renforcement des autorités et état de
droit. L'idée de cette nouvelle organisation est avant tout de
mieux coordonner et de rendre plus efficace l'action internationale.
En outre, on considère généralement que la
communauté internationale est trop représentée
en B-H. On rencontre toutefois une certaine opposition à la
réduction du personnel international, sous prétexte que
"les Bosniaques ne sont pas en mesure de gérer les
affaires de leur pays". Cependant, la constitution d'un
véritable "gouvernement" autour du HR paraît
totalement contradictoire avec la thèse défendue par
celui-ci, selon laquelle «les Bosniaques devraient prendre en
main les affaires de leur pays ».
Sommaire
La Serbie, ses criminels et ses voisins.
Les autorités de Belgrade ont fini par se plier en partie
aux injonctions internationales de coopérer avec le TPI. Sous
la menace américaine d'être privées de l'aide
financière nécessaire à la survie du pays, elles
ont, après le vote d'une loi par les assemblées serbes,
enclenché un processus attendu depuis la chute de Milosevic et
l'envoi de celui-ci à La Haye. 6 des 23 inculpés serbes
encore en liberté ont manifesté leur intention de se
rendre à la justice, contre les garanties offertes par le
gouvernement "yougoslave". Ils forment un bon
échantillonnage des criminels qui se sont illustrés
sous Milosevic en Croatie (Vukovar, Dubrovnik et la Krajina), en
Bosnie (Prijedor et Omarska) et au Kosovo, mais manquent bien sûr
les têtes de séries Mladic et Karadzic. Ce dernier
dispose de suffisamment de liberté de corps et d'esprit pour
pouvoir écrire une pièce de théatre, qui vient
d'être publiée à Belgrade. Un seul, l'ancien
ministre de l'intérieur Stojilkovic, a eu le courage de se
suicider. On saura rapidement si le gouvernement de Serbie est décidé
à aller jusqu'au bout de ses engagements.
On notera
également que les dirigeants serbes ont quelque peu per-du de
leur arrogance sur deux questions clés pour une pacification
des relations interrégionales.
Ils ont, après bien
des tergiversations, accepté l'entrée d'un représentant
serbe dans le gouvernement de Pristina. Un groupe important de Serbes
du Kosovo, mené par Rada Trajkovic, qui estiment que leur
avenir se joue au Kosovo et non en Serbie, se montre désireux
de s'affranchir de la tutelle des politiciens de Belgrade. Le nouveau
chef de l'UMNIK, Michael Steiner, très au fait, contrairement
à son prédécesseur, des réalités
de la région, paraît en mesure de faire avancer le
processus d'auto-gouvernement du Kosovo, avec une participation des
Serbes locaux. D'éventuelles inculpations par le TPI de
responsables albanais de crimes de guerre, auxquelles ne s'opposent
pas le Président Ibrahim Rugova et le Premier Ministre Bajram
Redjepi, contribueraient à alléger le climat en
démontrant que la justice est la même pour tous.
La
pression internationale pour que la Serbie relâche ses liens
avec la R.S. semble également commencer de porter ses fruits,
tout au moins sur le plan verbal, à l'exemple de l'acceptation
par Belgrade de la décision de Petrisch sur les changements
constitutionnels en Bosnie-Herzégovine. Mais cette pression ne
doit pas faiblir surtout de la part de l'Union européenne,
qu'on n'entend guère sur le sujet.
La récente
visite du Ministre des Affaires étrangères de Croatie
en Serbie est un autre signe de la normalisation des relations de
voisinage dans la région.
Vojislav Kostunica, qui a
dû reculer sur le TPI, le Kosovo et la Bosnie, a obtenu de
l'Union européenne une apparence de compensation par la
création d'un Etat commun à la Serbie et au Monténégro,
mais à bien y regarder, il ne s'agit là que de la
prolongation d'un statu quo politiquement et juridiquement des plus
?précaires. Les deux "entités" étatiques
reconnues n'auront guère en commun que le siège
qu'elles détiendront à tour de rôle aux Nations
Unies, en plus d'une assemblée et de départements
ministériels sans pouvoirs, en attendant que la question du
statut de leurs relations se repose dans trois ans. L'accord imposé
aux deux parties par l'Union européenne a d'ores et déjà
provoqué une crise politique au Monténégro,
alors que la Serbie reste embourbée dans des conflits où
se mêlent inextricablement affaires militaires, policières,
politiques et mafieuses sur fond de misère sociale
persistante. Les partisans de l'ouverture du pays sur le monde,
influents parmi les titulaires de responsabilités économiques,
ne paraissent pas près de l'emporter sur les tendances lourdes
d'une société encore majoritairement tournée
vers le passé.
Le rapport de la
commission d'historiens néerlandais sur Srebrenica et ses
suites.
Après le rapport du secrétaire
général de l'ONU et celui de la Mission d'information
de l'Assemblée Nationale, voici un nouveau document officiel
sur Srebrenica, fruit de cinq ans de travail d'historiens hollandais.
Il est impossible de rendre compte d'un ouvrage de 7600 pages écrites
en néerlandais, mais si l'on en juge par les commentaires de
la presse, la conclusion qui se dégage du rapport est que la
responsabilité essentielle des autorités de La Haye
tiendrait à ce qu'elles se soient engagées dans une
mission impossible à remplir du fait de la politique
incohérente de l'ONU. Les auteurs du rapport font évidemment
porter la culpabilité des massacres sur Mladic et ses hommes,
avec des responsabilités secondaires sur toutes les parties en
présence, mais il semble qu'ils lavent aussi Milosevic et même
Karadzic de tout soupçon de participation, même
indirecte, au crime commis, comme si Mladic avait opéré
en dehors de tout contrôle et de tout soutien. Les associations
des survivants de Srebrenica se sont indignées de
l'affirmation du rapport selon laquelle la majeure partie des
personnes assassinées auraient été des
combattants.
Tel qu'il est, ce rapport a suscité une
émotion considérable aux Pays-Bas et provoqué la
démission du gouvernement dirigé par Wim Kok, titulaire
de la même fonction en 1995, et du chef d'état-major de
l'armée, qui était le n° 2 de l'armée au
moment du massacre. Le Premier Ministre démissionnaire a
déclaré : "La communauté internationale,
dans laquelle les Pays-Bas jouaient un rôle particulier, a paru
incapable d'empêcher la chute de l'enclave et le génocide
perpétré par les Bosno-Serbes qui a suivi".
Ces
attitudes et ces propos sont à comparer à ceux des
autorités françaises, bien résumés dans
la déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay du 30-11-2001,
à l'occasion de la publication du rapport d'information de la
Mission de l'Assemblée Nationale : "Nous (la France)
estimons ne pas avoir à rougir de notre action durant toute
cette période tragique."
Elections présidentielles en France
L'Association Sarajevo s'est donné comme règle de ne
pas se mêler du débat politique français, si ce
n'est pour interpeller les autorités, les acteurs et les
partis politiques sur leurs positions concernant la
Bosnie-Herzégovine et les Balkans. Elle est intervenue dans ce
sens lors de toutes les campagnes électorales qui se sont
déroulées ces dernières années, avec des
résultats décourageants. C'est pourquoi son bureau
s'est interrogé sur l'utilité d'une démarche qui
s'est avérée relever plus du rite que de l'engagement
efficace. Nous avons finalement cru bon de marquer une nouvelle fois
le coup et d'envoyer aux candidats, à l'exception de Le Pen et
Mégret, la lettre ci-dessous.
Une seule réponse nous
était parvenue à la veille du premier tour, celle de
Lionel Jospin, qui vaut ce qu'elle vaut. Les secrétariats de
Jacques Chirac et d'Arlette Laguiller se sont contentés
d'accuser réception de notre courrier. Les autres candidats ne
se sont pas manifestés.
Le coup de tonnerre du vote du 21
avril nous amène à rappeler que nous avons, à
plusieurs reprises, déploré la carence des formations
politiques françaises à établir le lien entre la
sorte de fascisme qui s'est déchaînée en
ex-Yougoslavie et la menace représentée par le Front
National. Faut-il rappeler les liens étroits noués par
Le Pen avec l'ultra-nationalisme serbe dont témoigne le
chaleureux message de félicitations que vient d'adresser
Seselj à son homologue français, saluant son succès
comme "un grand encouragement pour nous autres, patriotes, qui
nous débattons dans les griffes de la mondialisation".
Dans
des conditions et des contextes très différents, c'est
bien le même ennemi qu'il fallait combattre là-bas et
ici et il faut continuer de le faire avec la même
force.
Paris, le 17 Mars 2002
Monsieur (Madame) le
Candidat,
Il n'est pas dans mon intention de vous
interroger sur la politique que, si vous êtes élu
Président de la République, vous mèneriez en
Bosnie-Herzégovine et dans les pays de l'ex-Yougoslavie. Bien
qu'ils considèrent le sujet comme de la plus haute importance
pour l'avenir de l'Europe, et par conséquent pour notre pays,
les membres de l'Association Sarajevo, comme tous les citoyens
français qui s'intéressent à la région,
savent d'expérience le peu de place que tiennent les questions
de ce genre dans le débat politique français et le peu
de signification des réponses que leur apportent en général
des candidats, qui ont des préoccupations électoralement
plus pressantes.
Je me contenterai de vous lancer un appel, très
instant, pour que vous preniez fortement et publiquement position en
faveur de l'arrestation et de l'envoi immédiats à La
Haye de Karadzic et de Mladic, dont l'impunité persistante,
sept ans après leur inculpation par le TPI, est un outrage à
la justice et simplement au bon sens, dans ce temps où la
lutte contre le terrorisme de masse est reconnue comme une priorité
politique internationale.
Une déclaration dans ce
sens, de votre part, serait d'autant plus bienvenue qu'il circule
dans la presse internationale des rumeurs sur les éventuelles
complicités dont bénéficieraient ces présumés
criminels dans certains cercles français. Dans l'espoir que
vous voudrez bien répondre positivement à cette
demande, ce qui ne serait que la confirmation des engagements
internationaux pris par la France, je vous prie de recevoir, Monsieur
le Candidat, l'expression de ma haute considération.
pour
Francis JEANSON Président
Faïk DIZDAREVIC Secrétaire
Général
Sommaire
Monsieur le Secrétaire général,
J'ai
bien reçu votre courrier du 18 mars dernier et vous en
remercie.
Je tiens tout d'abord à vous faire part de
l'intérêt que je porte à la place de la
Bosnie-Herzégovine et à l'ensemble de l'ex-Yougoslavie
dans l'Europe. J'ai développé, en tant que Premier
ministre, une coopération bilatérale étroite
avec le gouvernement bosniaque mené par mon ami Zlatko
Lagumdzija, l'objectif poursuivi étant de renforcer le rôle
et le fonctionnement des institutions centrales et de permettre enfin
à ce pays de retrouver une vie pacifique. Mais vous
m'interpellez ici sur un point particulier et me demandez d'affirmer
mon soutien non seulement à une décision pratique,
l'arrestation des criminels de guerre, mais aussi à des
valeurs morales, à savoir le refus de l'oubli et la nécessité
du jugement. Sachez que je partage entièrement ces objectifs.
La réconciliation nationale ne peut se concevoir sans
l'arrestation et le jugement de tous les criminels de guerre et
l'établissement de la vérité sur la tragédie
qu'a traversé la Bosnie-Herzégovine. Vous faites aussi
allusion à certains actes dont la France n'aurait à
s'honorer. La justice a été saisie quand il y avait
matière et je n'ai pas à commenter son travail. Je
prends l'engagement que l'ensemble des éléments
militaires français engagés dans la mission de la SFOR
continuera son travail de terrain visant à obtenir
l'arrestation des criminels de guerre toujours en fuite et identifiés
par le Tribunal Pénal International.
Je vous prie d'agréer,
Monsieur le Secrétaire général, l'assurance de
mes sentiments les meilleurs.
Lionel JOSPIN
Paris
le 29 mars 2002
Compte-rendu des Rencontres de Genève 12, 13, 14 avril 2002
Une vingtaine d'associations de défense de la
Bosnie-Herzégovine se sont retrouvées du 12 au 14 mars
à Genève. Cette réunion avait pour objet de
faire le bilan des actions menées et de relancer le mouvement
citoyen pour la Bosnie-Herzégovine. Avant de détailler
les sujets évoqués, il faut souligner la qualité
des débats et de l'organisation qui a été
admirable grâce à Ivar Petterson et André
Prochasson ! Les rencontres se sont déroulées en trois
temps. Les vendredi 12 au soir, nous sous sommes rencontrés
pour une table ronde autour des représentants des survivants
de la vallée de la Drina, une dizaine de personnes arrivées
en bus de Bosnie-Herzégovine le jour même. Nous avons
évoqué avec Svébor Dizdarevic et Pierre Hazan la
situation en Bosnie-Herzégovine et le travail du TPIY. Lea
lendemain, après avoir présenté le travail des
associations présentes, nous avons travaillé dans
quatre ateliers : l'atelier Srébrénica, l'atelier
juridique, l'atelier situation politique (révision des accords
de Dayton), et l'atelier réseau solidarité avec la
Bosnie-Herzégovine. Au troisième jour, les participants
se sont réunis en séance plénière pour
faire le bilan et proposer une synthèse des travaux. Deux
points ont retenu l'attention des participants : les crimes commis à
Srebrenica et la révision des accords de Dayton. Les
discussions ont été ouvertes et très directes
sur l'ensemble des points soulevés dans l'appel. Une synthèse
n'a cependant pas a été obtenue à ce jour, Mais
nous reproduisons ci-dessous la dernière version du texte
soumise à l'approbation des participants.
Dès
que les associations signataires seront connues, nous vous en
informerons par le biais de la liste de diffusionn
(http://association.sarajevo.free.fr/liste-diffusion.html.)
COORDINATION INTERNATIONALE SOLIDARITE BOSNIE-HERZEGOVINE
Rencontres des 12, 13, 14 avril 2002 à Genève
SYNTHESE
DES TRAVAUX
document en cours de finalisation au 25 avril
2002
Les 13 et 14 avril se sont réunis à
Genève plus de soixante-dix membres d'associations bosniaques,
françaises et suisses, représentant une vingtaine
d'associations y compris une délégation d'une dizaine
d'invités bosniaques venus tout exprès de
Bosnie-Herzégovine.
Les participants à ces
rencontres ont analysé la situation et discuté de
plusieurs résolutions et décisions d'action exposées
ci-après.
Le présent document est en cours de
finalisation et ne peut engager les participants à cette
rencontre, indiqués ci-après. Dans l'attente, ce texte
n'en demeure pas moins une base de discussion entre tous les
partenaires et lecteurs de la Lettre de l'Association Sarajevo.
Les
participants réaffirment leur objectif commun, à savoir
: une République de Bosnie-Herzégovine démocratique,
unie et plurielle.
La recherche de la vérité et des
responsabilités, toutes les responsabilités, constitue
l'une des préoccupations majeures des victimes des guerres
d'agression par les nationalistes serbes puis croates, qui ont ruiné
la République de Bosnie-Herzégovine, pays reconnu par
les Douze le 6 avril 1992, sitôt prétexte à
déclaration de guerre par Milosevic, puis les Etats Unis le 7
avril 1992.
Il importe donc que le Tribunal Pénal
International puisse poursuivre et amplifier son action, condition
nécessaire pour atteindre l'objectif commun réaffirmé
ci-dessus.
Des gaz neuro-toxiques ont été utilisés
contre les milliers de personnes fuyant Srebrenica.
Fabriqués
en Serbie, au moins pour certains, ces gaz neuro-toxiques inhibaient
toute conscience du danger, livrant les victimes à leurs
assassins.
Il apparaît important que le TPI examine
l'accusation d'utilisation par les forces militaires serbes de gaz
toxiques, et l'ajoute en conséquence à l'acte
d'accusation contre Milosevic.
La recherche des disparus, leur
exhumation, identification et inhumation dans la dignité sont
indispensables tant à la justice qu'au deuil aujourd'hui
impossible. Les moyens mis en oeuvre doivent être
démultipliés.
La création à
Potocari du Centre mémorial des victimes du génocide de
Srebrenica doit être soutenu par tous les Européens.
Les
responsabilités des puissances occidentales doivent aussi être
recherchées, pendant et après la guerre. Aujourd'hui
encore, la passivité de ces puissances, voire même
certaines complicités, entravent l'arrestation des criminels
de guerre, à commencer par Karadzic et Mladic.
Les accords
de Dayton ont certes fait taire les armes.
Rappelons aussi
que ces accords ont notamment été co-signés par
Tudjman et Milosevic qui s'engageaient ainsi à coopérer
avec le TPI : si le premier est décédé avant
d'être inculpé, le second est depuis un an incarcéré
à La Haye et prétend aujourd'hui dénier au TPI
sa légalité !
Mais entérinant le
partage réalisé par la terreur, sous la forme de deux
"entités" définies sur une base "ethnique",
les accords de Dayton ont légalisé un système de
ségrégation fondée sur une appartenance
"ethnique", contraire aux principes européens du
droit : selon leur nationalité, tous les habitants n'ont pas
le même droit de vote, tous les écoliers n'ont pas les
mêmes cours en particulier en histoire et en religion, tous les
réfugiés et toutes les personnes déplacées
ne peuvent rentrer «chez eux» dans l'entité serbe
ou les régions contrôlées par les nationalistes
croates, sans subir des menaces et parfois des agressions,
matérielles ou même corporelles.
Les accords de
Dayton n'ont-ils pas légalisé un véritable
système d'apartheid ?
L'agression nationaliste serbe puis
croate de la Bosnie-Herzégovine, avec la complicité
tacite des grandes puissances, a conduit à plus de 200.000
morts, plus de deux millions de personnes déplacées et
expulsées....
L'abandon des zones de sécurité
de Srebrenica et Zepa livrées à leurs tortionnaires a
fait plus de 10 000 morts et disparus dans les jours qui ont suivi le
11 juillet 95.
Cet abandon est ressenti et analysé comme
une véritable trahison de la part des puissances occidentales
: apothéose de cette politique internationale, trahissant la
Charte de Nations-Unies qui reconnaît à tout peuple
agressé le droit de se défendre, mais incapable de
défendre ces «zones de sécurité»
créées par l'ONU.
Le rapport sur Srebrenica du
Secrétaire général de l'ONU, ceux de la mission
de l'Assemblée Nationale française et des historiens
néerlandais, ont confirmé les responsabilités
des acteurs politiques et militaires.
La démission le
16 avril du gouvernement néerlandais peut témoigner
d'un certain courage, mais va-t-elle amener à réhabiliter
les victimes dans leurs droits ?
L'échec de l'opération
pour arrêter Karadzic le 28 février 2002 dans les
environs de Foca tend à montrer que des complicités
existent toujours et à tous les échelons de décisions,
politiques ou militaires.
Les participants soutiennent les
initiatives qui visent à établir les responsabilités
respectives de toutes les autorités qui ont contribué à
laisser libre cours aux forces qui ont détruit la
Bosnie-Herzégovine, en premier lieu les puissances qui ont
défini et exécuté la politique des Nations-Unies
sur le terrain.
A ce titre, les Etats membres permanents du
Conseil de Sécurité sont les premiers concernés.
Les citoyens français s'attacheront, pour leur part, au rôle
déterminant de la France. Celle-ci doit par ailleurs
s'expliquer sur les raisons de la non-arrestation des criminels
poursuivis par le TPI, notamment Karadzic et Mladic.
Concernant la
commémoration du génocide de Srebrenica à
Potocari le 11 juillet prochain, à la demande des
représentants des survivants de Srebrenica présents à
Genève, et après un long débat, les participants
:
- demandent que la participation des autorités
officielles, de l'ONU et de la France, soit subordonnée aux
arrestations de Karadzic et de Mladic, car cette présence
serait perçue par les victimes comme une humiliation
insoutenable ;
- invitent la société civile
européenne à se joindre nombreuse le 11 juillet, tant à
la commémoration à Potocari que dans d'autres villes
d'Europe, comme à Genève où une action
symbolique est prévue.
Le droit au retour doit de toute
urgence être suivi dans les faits. Ce droit est reconnu dans
l'Annexe 7 des accords de Dayton, mais les retours restent très
limités et trop souvent aux risques et périls des
volontaires, en particulier dans la vallée de la Drina.
Les
retours volontaires, protégés et aidés
matériellement par la Communauté internationale doivent
impérativement se généraliser.
Les
gouvernements occidentaux et l'ONU doivent contribuer à créer
les conditions permettant le retour des habitants survivants de la
Drina Srebrenica avec un appui dans la reconstruction et la garantie
de leur sécurité
Il faut d'urgence soutenir les
personnes déjà retournées dans la vallée
de la Drina.
L'aide apportée par nos associations est loin
de suffire aux besoins immenses non assumés, ni par les Etats
impliqués, ni par la Communauté Internationale.
Une
première indemnisation pour les dommages matériels
subis par toutes les victimes des zones de sécurité
abandonnées par l'ONU doit être mise en ?uvre, d'autant
plus vite que certains survivants sont dans un dénuement
d'autant plus dramatique que la B-H s'enlise dans une situation
économique préoccupante.
C'est ainsi que des
familles de victimes ont dû engager une action juridique pour
faire appliquer à l'ONU ses obligations.
Aussi, est-il
demandé aux gouvernements, suisse en particulier, de prolonger
l'asile des réfugiés, tout particulièrement ceux
de la Vallée de la Drina, dans l'attente que soient réunies
les conditions minimum pour un retour volontaire et organisé.
Les
participants se sont émus de la menace d'une expulsion de la
Suisse vers l'Australie. Ils en appellent au gouvernement fédéral
suisse pour couper court à cette décision aussi
arbitraire qu'inhumaine, et demande qu'une délégation
de l'Association des Survivant(e)s de la Drina-Srebrenica soit reçue
rapidement par le gouvernement suisse.
La Cour Constitutionnelle
de Bosnie-Herzégovine, en avril 2002, a reconnu l'existence
des trois peuples constitutifs, Bosniaque, Croate et Serbe, sur
l'ensemble de son territoire et à l'intérieur de
chacune de ses "entités", dans l'égalité
des droits pour tous les citoyens. Mais les nationalistes, de
Republika Srpska en particulier, font obstacle à ce processus
de démocratisation ainsi engagé.
Il importe que
cette décision de la Cour Constitutionnelle puisse être
rapidement appliquée avec un réel soutien de la
Communauté internationale.
En effet, c'est une première
étape dans le processus de réintégration vers
une République de Bosnie-Herzégovine démocratique,
unie et plurielle.
Enfin, les participants décident de
relancer et d'élargir le réseau international de
solidarité citoyennes avec la société civile de
Bosnie-Herzégovine.
Les organisations travailleront à
consolider leur échanges, à partager leurs informations
et à créer une synergie entre les ressources et les
moyens dont elles disposent. Elles développeront des actions
communes tout en respectant la spécificité de
chacune.
Les participants aux Rencontres, susceptibles de
signer (sous toutes réserves, ce texte n'a pas encore été
traduit pour être soumis à la discussion, amendé
et valider) sont :
Bosnie Herzégovine
Mouvement
Mères des enclaves Srebrenica et Zepa - Sarajevo ; Union des
associations bosniaques des familles de personnes détenues ou
disparues - Tuzla ; Association de citoyens "Femmes de
Srebrenica" -Tuzla ; Association de citoyens pour les disparus
de Hadzici - Hadzici ; Association de citoyens "Visegrad 92"
- Sarajevo ; Association de citoyens "Srebrenica 99" -
Tuzla ; Membres bosniaques du Conseil consultatif pour la
construction du Mémorial de Potocari ; Bureau régional
pour le retour à Srebrenica - Srebrenica.
France
Forum
Grenoblois pour la démocratie dans les Balkans - Grenoble ;
Association Sarajevo - Paris ; Fédération Mères
pour la Paix - Villeneuve d'Ascq ; Soutien aux survivants de la
vallée de la Drina-Srebrenica - Paris ; Enfants Europe-Bosnie
- Châteaudun; Guernica ADPE - Toulouse ; Association SOS
Bosnie-Herzégovine - Sennecey-le-Grand ; Prométhée
Bosnie - Grenoble ; Europe Alternative - 95 Enghien ; Coordination
Paloise pour la Bosnie - Pau.
Hollande
Conseil
interreligieux hollandais pour la paix (IKV-Holandija) - La
Haye.
Suisse
Association des survivant(e)s de la
Drina-Srebrenica - Genève et Canton de Vaud ; Club bosniaque
de Genève; Société Suisse-Bosnie - Bâle et
Berne; Les mères de Bosnie - Genève et
Lausanne.
Précisions pour contacts :
- Ivar
Petterson,
Tél.022/349.36.06.
Fax
022/349.35.67.
Email : petterson.ivar@freesurf.ch
André
Prochasson
Tél. 04
776535529
Email:andre.prochasson@wanadoo.fr
DESTINATAIRES
:
O.N.U. :
Médias : .........
O.N.G. :
...........
Calendrier
Commémoration
L'Université
de Paris 8 (Vincennes-Saint Denis), qui a activement participé
au soutien de la Bosnie-Herzégovine pendant la guerre,
notamment dans le cadre de son jumelage avec l'Université de
Sarajevo, a organisé le 4 avril une journée
commémorative du dixième anniversaire du début
du siège de Sarajevo. Cette manifestation comprenait une
exposition de photos de Gérard Rondeau et de Milomir
Kovacevic, des projections de films de Nenad Dizdarevic et de Radovan
Tadic et des exposés suivis de débats, présentés
par le Président et des enseignants de Paris 8, leurs invités
de l'Université de Sarajevo Nicolas Kovac et Fahrudin Kreho,
et divers intervenants représentatifs des milieux qui sont
intervenus en Bosnie Herzégovine.
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Association
Sarajevo |
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E-mail
faik.dizdarevic@noos.fr |
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Président:
Francis Jeanson |
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Abonnement
simple, Adhésion
à l'Association, Les chèques doivent être libellés à l'ordre de l'Association Sarajevo. Les reçus seront conformes aux règles de l'administration fiscale pour faire bénéficier les donateurs des réductions d'impôts légales. |
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