Lettre d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 86 Mai 2000

ARRÊTONS
 MILOSEVIC

L'analyse affinée des résultats des élections municipales en Bosnie-Herzégovine confirme l'importance de la percée du S.D.P. et l'affaiblissement des courants nationalistes les plus extrémistes, avec leurs conséquences sur la cohésion des forces jusque là dominantes dans tout le pays.

Si les intentions affichées du Haut Représentant Petrisch relatives à l'accélération du retour des réfugiés dans leurs foyers, à la mise en marche des institutions communes, à la lutte contre la corruption et au redémarrage de l'économie se concrétisaient en actes, les élections générales prévues pour l'automne pourraient amener des changements encore plus grands. L'arrestation de Karadzic donnerait une impulsion décisive au processus positif qui semble s'esquisser malgré des résistances qui, pour être certain, ne semblent pas insurmontables.

La débâcle du H.D.Z. aux élections locales de Zagreb est un nouveau signe de la volonté de la majorité des citoyens de Croatie de rompre avec la voie dans laquelle les avaient entraînés Tudjman et ses séides. Particulièrement importante est la détermination des nouveaux gouvernants, vérifiée dans les faits, de collaborer sans restriction avec le T.P.I. pour établir la vérité sur les crimes commis par des éléments militaires ou para-militaires croates et leur donner les suites judiciaires appropriées.

Ces évolutions, somme toute favorables, contrastent avec l'aggravation de la situation en Serbie. Il ne reste au pouvoir de Milosevic, visiblement en bout de course et qui ne dispose plus de l'exutoire des agressions contre les ennemis extérieurs (des attaques contre le Kosovo et le Monténégro lui seraient probablement fatales), qu'à monter à un degré supérieur de la répression contre ses adversaires de l'intérieur. Contre la presse, il est passé des mesures administratives et des sanctions financières à l'arrestation et à la traduction de journalistes devant des juridictions pénales y compris militaires. Contre les opposants les plus actifs, jeunes du mouvement "Otpor" et organisations politiques les plus déterminées, comme la Ligue social-démocrate de Vojvodine de Nenad Canak ce sont les passages à tabac et les interpellations policières, en attendant mieux. En empêchant les manifestations publiques, en proférant contre ses adversaires des accusations aussi graves que celles de "trahison" et de "fascisme", Milosevic veut décourager l'opposition officielle, minée par ses divisions, d'aller au-delà de la simple réclamation d'élections anticipées, vœu qu'il n'a aucune raison de satisfaire. Il compte pour cela sur la menace de la guerre civile qu'il brandit encore avec efficacité, pour le moment.

Les conditions d'un changement démocratique en Serbie ne sont pas celles de la Croatie ou de la Bosnie. La différence tient autant aux caractéristiques du régime de Belgrade qu'à celles de son opposition. Milosevic ne cédera pas le pouvoir selon des procédures démocratiques ; l'opposition, déchirée par des rivalités personnelles, n'est par ailleurs pas encore acquise à un réexamen globalement critique de la politique passée de la Serbie, ce qu'illustre par exemple son refus de reconnaître la légitimité de l'existence et de l'action du T.P.I., comme celui d'affronter la réalité au Kosovo, dont elle doit admettre qu'il a définitivement échappé à la souveraineté serbe. Il faut s'attendre à divers bouleversements et péripéties avant que le chemin de la paix et de la démocratie soit déblayé à Belgrade, mais l'histoire montre que dans ces circonstances les événements sont imprévisibles.

Sommaire
EDITORIAL
ARRETONS MILOSEVIC
ECHANGE DE LETTRES ENTRE FRANCIS JEANSON ET PIERRE BRANA
AU LENDEMAIN DES ÉLECTIONS EN BOSNIE
ENTRETIEN AVEC ZLATKO LAGUMDZIJA
A PROPOS DES MEDIAS
PRIVATISATIONS
LES TENSIONS SOCIALES EN BOSNIE
BOSNIE EN BREF
ORPHELINS DE BOSNIE
STIPE MESIC À PARIS
LE CONGRÈS DU HDZ
LE PACTE DE STABILITÉ PREMIER ANNIVERSAIRE
LA FRANCE ET LE SUD-EST EUROPÉEN
LA VIE DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL
LE PRIX AMÉRICAIN DE LA DÉMOCRATIE À NATASHA KANDIC ET VETON SUROI
'AL GORE "Même politique dans les Balkans"
L'UNION EUROPÉENNE INSISTE SUR LE RETOUR
VIE DES COLLECTIFS : APPEL EN FAVEUR DES PRISONNIERS KOSOVARS DETENUS EN SERBIE
COLLOQUE

CYBALK : un projet de Maison du dialogue pour les Balkans

ARRÊTONS MILOSEVIC

Devant la montée en puissance de la répression en Serbie contre les journalistes indépendants, les militants d'OTPOR ("Résistance" en Serbo-Croate.) et les autres forces démocratiques, ils nous faut réagir. Depuis près de 15 jours le pouvoir multiplie les arrestations; et les passages à tabac. A Pozarevac ville natale de Milosevic, il y a 10 jours quatre militants d'OTPOR ont été attaqués par les miliciens de Marko Milosevic (fils de Slobodan Milosevic, Président de la Yougoslavie, inculpé au TPI). Deux sont grièvement blessés et demeurent en prison. Depuis une centaine de personnes ont déjà été arrêtés et les arrestations se poursuivent à un rythme accéléré.

Le 17 mai à deux heures du matin, la télévision libre de Belgrade, Studio B est fermée par le pouvoir, elle est mise sous le contrôle de la télévision d'Etat. Par-là même deux radios indépendantes (Radio B2-92 et Radio Index) sont sans moyens d'émission, car Studio B était aussi leur relais. En Serbie les journalistes indépendants sont depuis plusieurs mois arrêtés, les journaux fermés, les radios interdites d'émission... Toute cette répression était déjà annoncée en février par Vojislav Seselj (vice Premier Ministre de Milosevic)

Aujourd'hui, la répression vise en premier lieu les membres d'OTPOR désignés par le pouvoir comme "organisation fasciste et terroriste". Tous les jours de simples citoyens, accusés de trahison, sont arrêtés. Milosevic et l'appareil d'Etat serbe remettent en place les bonnes vielles méthodes déjà utilisées en Bosnie (1991-1995), au Kosovo (1989-1999) et partout en ex-Yougoslavie : formation de milices paramilitaires, appui sur le terrain de la police et de l'armée désignées comme impartiales par le régime. Des unités spéciales du MUP (Ministère de l'intérieur) sont mobilisées et utilisées : des spécialistes du crime à grande échelle. Là encore le régime agit pour déstabiliser le pays et gouverner le chaos. A nouveau, nous faisons face à une guerre non pas civile' comme 

certains l'ont prétendu depuis 1991 mais bien à une guerre contre les civils. Le régime de Belgrade use des mêmes armes, une série de crimes non élucidés, 500 depuis 1991 et des guerres à répétition pour se maintenir au pouvoir. Une guerre qui a toujours été politique et non "ethnique", la violence n'étant nullement inhérente aux différences.

Ceux qui ont exhibé de prétendu cartes "ethniques" pour expliquer que le siège de Sarajevo et la guerre en Bosnie peuvent aujourd'hui réfléchir. De fait les tenants des explications ethniques ou "Chypriote" du conflit ont eu tort, pire ils ont facilité le travail de Milosevic en le justifiant par de soi disant arguments scientifiques (pseudo déterminations "ethniques"). Ceux qui ne veulent pas voir que la violence dans les Balkans est depuis l'arrivé au pouvoir de Milosevic un mécanisme politique et organisé comme tel, c'est-à-dire de manière fondamentalement verticale, ne sont plus dans le domaine de la connaissance mais depuis le début de la guerre dans celui de l'idéologie.

Adhérer à une idée de violence horizontale, entre Bosniaques et Serbes, entre Albanais et Serbes ... etc.... c'est ignorer les pratiques du pouvoir à Belgrade. C'est se faire le défenseur de la dilution des responsabilités politiques au profit du régime de Belgrade et du maintien au pouvoir de Milosevic. Ne pas désigner clairement la nature des crimes commis (crimes contre l'Humanité, crimes de guerre) ou les relativiser c'est se faire l'allié d'un pouvoir prêt à tout pour rester en place.

Ceux qui se pensent défenseur du peuple Serbe (au sens "ethnique") vont devoir réfléchir à leur position maintenant que les citoyens de Serbie sont les victimes des crimes du pouvoir (comme les citoyens de l'ex-Yougoslavie l'étaient depuis 10 ans). Il faut se demander si nous allons à nouveau laisser faire les crimes que commet le régime de Belgrade contre les civils. Il est maintenant nécessaire d'organiser une intervention en Serbie avant qu'il ne soit trop tard, il faut mettre la Serbie sous protectorat de l'ONU. Cette intervention doit permettre d'arrêter les principaux responsables des crimes commis depuis 10 ans et de les juger au TPI. Ceux qui refusent au TPI le droit d'investigation et de jugement en le désignant comme "juge et partie" se font les complices des crimes commis en cherchant à empêcher non seulement leur jugement mais surtout la légalité et la légitimité de ces jugements.

L'Europe politique se construira aussi par cette intervention en Serbie et cela marquera la fin d'une certaine forme de totalitarisme.

Reprenons le slogan d'OTPOR :
 Résistance jusqu'à la victoire !

1 -Le terme de guerre civile a été utilisé a été utilisé en 1990-91 par le pouvoir à Belgrade pour justifier par avance des crimes commis en Croatie et en Bosnie. Nombre de "spécialistes de Balkans7ont repris ce terme pour s'opposer à l'intervention de l'OTAN.

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ECHANGE DE LETTRES ENTRE FRANCIS JEANSON ET PIERRE BRANA

Monsieur Pierre BRANA Député, Président du Groupe d'amitié France - Bosnie Herzégovine

Monsieur le Président, je me permets d'attirer votre attention sur la toute récente aggravation de la situation intérieure en Serbie. Le pouvoir de Milosevic, visiblement en bout de course, qui fait face à un mécontentement populaire généralisé et ne dispose plus de l'exutoire d'agressions contre des ennemis extérieurs (des attaques contre le Kosovo et le Monténégro lui seraient fatales), semble décidé à s'attaquer de front aux éléments de l'opposition qui le gênent le plus : les Journalistes libres et les groupes qui préconisent une résistance active

Après s'en être pris à la presse par des mesures administratives et des sanctions financières, il est passé au stade des arrestations de journalistes (sans compter les assassinats qui ont l'avantage de n'être pas signés).L'arrestation du journaliste Miroslav Filipovic, basé à Kraljevo, correspondant de l'AFP., est particulièrement symptomatique car il est l'un des très rares journalistes serbes à dévoiler les vérités les plus dérangeantes pour le régime (voir "Libération'du 11 mai). Il est passible du tribunal militaire et risque de très lourdes peines de prison

Les autorités s'attaquent par ailleurs aux groupes les plus radicaux de l'opposition, espérant visiblement les isoler en approfondissant les divisions bien connues qui existent au sein de l'opposition officielle. C'est ainsi que sont fréquemment tabassés les jeunes du mouvement Otpor, dont l'influence est grandissante et sont harassés les dirigeants de la Ligue social-dérnocrate de Vojvodine, dont le Président Nenad Canak, qui est souvent interpellé et retenu par la police. Une manifestation de l'ensemble de l'opposition, qui entendait protester contre ces faits, vient dêtre empêchée de se tenir à Pozarevac, fief personnel de Milosevic. Celui-ci et de nombreux officiels du régime profèrent contre leurs adversaires des accusations de "fascime" et de "trahison" qui constituent de véritables menaces de mort...

... Vous remerciant à l'avance pour ce que vous ferez, je vous prie de croire, Monsieur le Président à l'assurance de ma haute considération

pour le Président Francis JEANSON
Faik Disdarevic Secrétaire général

Pierre BRANA
A Mr. Francis JEANSON

Monsieur le Président

J'ai bien reçu votre courrier daté du 11 mai attirant mon attention sur l'aggravation de la situation en Serbie, lettre qui évoquait notamment l'arrestation du journaliste Miroslav Filipovic. Je vous en remercie vivement

Comme vous le savez, je suis avec une particulière attention tout ce qui se passe dam cette région. Le climat de terreur qu'instaure le pouvoir de Milosevic ne fait qu'empirer. J'avais préparé une question d'actualité à poser au gouvernement lors de la séance du mardi 16 mai à 15h. Proposé le matin en réunion du groupe socialiste, elle a été très bien accueillie, mais n'a pas été retenue compte tenu du nombre de sujets à l'ordre du jour  (la construction européenne, la situation en Côte d'Ivoire, etc). Plutôt qu'attendre, j'ai convenu d'intervenir le jour même, à 17 h, en séance de la Commission des affaires étrangères, auprès de M. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères. J'ai directement évoqué la dégradation de la situation en Serbie, où toutes les formes de contestation sont réprimées. Je suis également intervenu sur le cas de M. Filipovic, accusé d'espionnage et incarcéré. En conclusion de mon intervention, j'ai demandé quelles pourraient être les initiatives de la France pour voir réaffirmer la liberté d'expression, les droits de l'Homme et la démocratie en Serbie.

En substance, M. Védrine a répondu que dans les Balkans, l'action de la France est toujours d'encourager les forces démocratiques, et de soutenir la presse libre.

Je tenais à vous en faire part, vous précisant encore que j'ai jugé utile d'adresser par ailleurs au ministre des affaires étrangères une question écrite qui devrait paraître au journal Officiel n° 21 du 22 mai Je vous en adresse d'ores et déjà copie.

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AU LENDEMAIN DES ÉLECTIONS EN BOSNIE

Le Haut Représentant de la communauté internationale en BH, Wolfgang PETRITSCH et le représentant de l'OSCE, Robert BARRY, ont proposé que les élections générales en Bosnie aient lieu le 11 novembre prochain.

Le Parti d'action démocratique (SDA) est contre la tenue des élections générales en novembre prochain.

Les élections municipales en Bosnie n'ont pas entraîné de changements radicaux dans le pays, mais ont par contre provoqué un véritable raz de marée dans les partis et blocs nationalistes qui détiennent toujours le pouvoir. Cela vaut pour le SDA, le HDZ, mais aussi pour les nationalistes radicaux en Republika srpska.
Une session extraordinaire et particulièrement houleuse du Conseil central du parti SDA d'Alija Izethegovic a eu lieu fin avril pour débattre des résultats des élections, où le SDA a atteint le niveau le plus bas de son histoire. Un grand nombre de ses (anciennes) voix sont allées au Parti social-démocrate de Lagumdzija ou au Parti pour la B-H du nationaliste modéré, Haris Silajdzic. Alija Izetbegovic a lui-même déclaré (cité par i0slobodjerje : « La réunion a pris un cours plus dramatique que je ne le prévoyais et il y a eu des changements de cadres plus importants que je ne le pensais ». La question de confiance a en fait été posée sur la responsabilité de cinq personnalités politiques : Ejub Ganic, président de la Fédération de B-H, Edhem Bicakcic, premier ministre de la FB-H, ainsi que les gouverneurs des cantons de Sarajevo, Tuzla et de la vallée de la Drina. Bicakcic a été le seul à obtenir un vote de confiance. Selon Izetbegovic, Ganic devrait quitter le poste de président de la FB-H,ce que GANIC a refusé de faire.. Le Conseil central a proposé la dissolution des conseils cantonaux du SDA à Sarajevo, Tuzla et dans la Vallée de la Drina, ainsi que des conseils municipaux dans les communes où le SDA a été battu, avant tout à Sarajevo. Pour le porte-parole du parti, Halid Genjac, « la pluralisation du corps électoral en Bosnie est un fait incontournable et le SDA doit se transformer, ne plus être un mouvement populiste mais un parti moderne". Néanmoins tout donne à penser que les règlements de compte au sein du SDA ne sont pas terminés ... Situation similaire pour le HDZ (Communauté croate démocratique) : ce parti a été désorienté par les changements intervenus en Croatie dont les nouveaux maîtres ne l'ont pas soutenu. Le taux d'abstention a été de 50% dans les régions contrôlées par le HDZ, qui n'a obtenu que 16% des suffrages contre 23% aux municipales de 1997. Le HDZ l'a emporté largement, mais sa victoire n'a pas été aussi écrasante qu'en 97. Les luttes entre les différentes factions ont entraîné la dissolution des directions dans trois cantons et une dizaine de municipalités. Les conflits entre ultras et modérés sont loin d'être réglés et il semble que l'approche « pour la Bosnie » et non pas « pour la Croatie » commence à s'incruster. En Republika srpska, la désintégration du bloc nationaliste se poursuit. Le SPRS (Parti socialiste apparenté à Milosevic) s'est scindé en deux et le bloc SLOGA (Alliance) de Biljana Plavsic, Zivko Radisic et Milorad Dodik est en train de se désintégrer. On notera la montée du PDP (Parti démocratique du progrès) de Mladen Ivanic, mais celui-ci reste toujours dans l'orbite du nationalisme serbe.

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ENTRETIEN AVEC ZLATKO LAGUMDZIJA

Dans son édition du 19 avril, le journal Reporter publie un entretien avec Zlatko Laguradzija, président du Parti social-démocrate de Bosnie-Herzégovine, qui a effectué une percée remarquable aux dernières élections.

Lagumdzija explique ce succès par "une bonne organisation sur le terrain, de fortes convictions politiques et la volonté de faire plus que de la politique politicienne à court terme". Il est conscient des difficultés à venir, mais s'attachera à effacer les vieilles habitudes du régime nationaliste dans toutes les municipalités où le SDP a une majorité absolue. "Nous allons remplacer un nationalisme primitif par un gouvernement tolérant, où la corruption disparaîtra au profit d'une gestion transparente au service des citoyens. Nous devrons y travailler d'arrache-pied, et être conscients de notre responsabilité : nous allons publier tout ce qui se passait avant nous et je suis persuadé que les organes policiers auront beaucoup de travail ; nous allons créer un pouvoir multiethnique, avec pour objectif de permettre à tout le monde de retourner sans conditions dans son foyer."

Interrogé sur l'éventualité de coalitions dans certaines municipalités avec notamment le Parti de la Bosnie-Herzégovine, Laguradzija rejette cette possibilité "contraire à la volonté des citoyens". Là où le SDP a eu la majorité absolue, cette majorité élira un maire SDP, qui gouvernera en accord avec les principes du SDP, sans compromis.

Analysant la situation nouvelle dans les grandes villes, il s'interroge sur l'évolution de Banja Luka: "puisque le SDP n'a pas eu, jusqu'à présent, de représentants à l'assemblée municipale, et que maintenant on en comptera deux ou trois, je crois que le parti va pouvoir contribuer à transformer la politique de la Republika Srpska (RS) par rapport aux dix dernières années".

"La ville de Sarajevo répandra une lumière différente de celle diffusée dans les dernières années. Sarajevo était pratiquement anesthésiée parce que le SDA voulait la contrôler à tout prix."(... ) "Mostar est malheureusement toujours une ville divisée, même si elle se trouve dans la Fédération. Si nous voulons normaliser les relations entre les différentes parties du triangle Sarajevo - Banja-Luka - Mostar, nous devons nous assurer que Sarajevo, la capitale, représente le pays et soit une véritable ville européenne où les gens vivent conformément aux standards européens"

Commentant les résultats des autres partis, Lagumdzija souligne que la coalition Sloga n'existe plus. "Certains partis de Sloga ne ressemblent plus à ce qu'ils étaient à l'époque de la formation de la coalition. On peut s'attendre, à Banja Luka, à une longue période de querelles entre ces partis ( ... )". En ce qui concerne le SNSD (de Dodik), il remarque : "Je ne crois pas que nous représentions une concurrence à Dodik; ce sont plutôt des partis à l'intérieur de la coalition Sloga qui lui font la vie dure. Je pense qu'il y avait une grande division du vote à l'intérieur de la coalition, et que la donne a été faussée à cause de Mladen Ivanic et de son parti qui a pris une partie des votes à  tout le monde. "

Quant à une éventuelle coopération avec notamment le PDP d'Ivanic, Lagumdzija est très clair : "Je ne peux pas coopérer avec les nationalistes radicaux, quelle que soit leur force. La coopération avec les forces politiques qui constituent le SNSD et le PDP (que je considère comme étant des nationalistes radicaux) est possible compte tenu de la force et des besoins des uns et des autres. Je crois que ces partis trouveront un moyen de coopérer, ils sont plus proches les uns des autres qu'il n'y paraît d'après leurs déclarations. Je pense d'ailleurs que la coopération avec le SDS serait pour Dodik et pour Ivanic une pierre autour du cou, qui ne leur permettrait pas de nager longtemps, surtout pas dans une mer appelée BiH et RS. Je leur conseille de ne pas le faire pour leur propre bien- Il faut prendre en compte la psychologie. Il faudra du temps pour qu'on commence à croire en un HDZ, un SDA ou un SDS réformés."

Quant à ses relations ave la communauté internationale, Lagumdzija: essaie de les situer dans la logique du partenariat et non de l'assistance : "Nous sommes le seul parti qui ne s'est pas soumis à la volonté de la communauté internationale dans un conflit concret, en dépit des pressions exercées contre nous. ( ... ) C'était la période la plus tendue dans nos rapports, période qui a montré que la communauté internationale rencontrait des problèmes avec les forces locales qui s'étaient imposées comme un partenaire égal. Je ne pense pas que ce pays pourra être heureux tant qu'il sera géré par les acteurs internationaux Mais par ailleurs, la communauté internationale ne permettra pas de nouvelles guerres, une nouvelle division du pays. Ils ont décidé que le pays serait intégré comme tel à la famille européenne.

Entre-temps, ils nous entoureront de frontières, de douanes, nous aurons un passeport avec lequel nous devrons faire la queue devant toutes les ambassades et seuls les spécialistes en informatique auront leurs visas parce que les Européens en ont besoin. Ils auront peut-être besoin de nos jeunes cadres pour nettoyer les rues ou creuser les canaux. Notre seule chance est de nous comporter en accord avec les standards européens pour que les représentants internationaux cessent d'être nos tuteurs et deviennent nos partenaires économiques.

A consulter : Pour les récentes élections en Bosnie, nos lecteurs peuvent consulter les rapports de Nicolas Whyte www.ceps.be/Commentary/April/Whyte  ainsi que le rapport de International Crisis Group www.intl-crisis-group.org/project/bosnia/bosnia A signaler également: le rapport du Haut-Représentant au Secrétaire Général des Nations-Unies sur le site www.ohr.int/repom

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A PROPOS DES MEDIAS

Oslobodjenje appartient désormais à ses employés

Oslobodjenje, le plus ancien quotidien de Bosnie-Herzégovine, est désormais la propriété de ses 141 employés, de son directeur général Salko Hasanefendic et de Temin Dedic, son partenaire en Allemagne, chargé de publier l'édition à l'étranger. Au lieu des 2.8 millions de marks prévus, ce sont 4.82 millions de marks qui furent réunis par les employés, seuls participants à l'appel d'offres (tender). Ils ont décidé, de recourir à des emprunts pour investir plus d'un million de DM dans la reconstruction de leurs locaux et le lancement de nouvelles éditions. La dette reste donc le plus principal problème du journal

Alden Print achète Vecernje Novine (Le Journal du Soir)
L'actuel imprimeur de Vecenje novine, l'entreprise Alden Print de Sarajevo, vient d'acquérir ce journal. La privatisation a été réalisée grâce à une nouvelle émission d'actions, pour une valeur d'un demi million de marks ce qui permettait de couvrir les pertes qui, au 31.12.1999, se montaient à 257.251 Marks convertibles (MC), soit nettement plus que le capital de l'entreprise. L'acheteur doit également couvrir le montant des pertes, soit 257,251 MC et investir 550.000 MC pour renforcer l'infrastructure électronique, étendre le réseau de correspondants et assurer la formation professionnelle des employés. Il s'est par ailleurs engagé à conserver les 89 employés actuels et à poursuivre la politique mise en oeuvre par la rédaction.

Ozren KEBO, écrivain et journaliste à l'hebdomadaire Slohodna Bosna a été proclamé meilleur journaliste pour l'année 1999 par l'Association des journalistes de BH. Sa chronique Bienvenue en enfer - Sarajevo mode d'emploi, a été traduite en France et publiée en 1997 dans la collection La nuée bleue.

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PRIVATISATIONS

Soumis à une véritable pression de la part des institutions internationales, le gouvernement de la Fédération de Bosnie vient d'annuler les appels d'offres pour la vente de 143 entreprises d'Etat ! Ainsi, le processus de privatisation, entamé avec un grand retard, semble vouloir prendre une autre tournure que celle souhaitée par les autorités en place. Selon la presse locale, c'est la privatisation du très prospère hôtel Holliday Inn, de Sarajevo, qui est à l'origine de cette décision. Un homme d'affaires bosniaque a acquis cet hôtel pour la somme de 15 million de marks, soit 9 millions de moins que le prix prévu. Mais, le vrai problème est que l'acquéreur, proche du pouvoir actuel, n'a en fait payé que 5 millions de marks, les 10 millions restant étant versés en « bons de privatisation », dont la valeur sur le marché est pratiquement négligeable. On peut en effet obtenir pour 400.000. marks quelques 10 millions de bons. Cette affaire, ainsi que le projet de vendre ainsi les dizaines d'autres firmes de l'Etat dont la valeur globale atteint 25 milliards de marks, a provoqué la fureur des représentants américains, européens, des fonctionnaires du FM et de la Banque mondiale. Le gouvernement de la F B-H, toujours présidé par Edhem Bicakeic -considéré comme le dauphin d'Alija lzetbegovic- a dû battre en retraite et annoncer qu'à l'avenir les bons de privatisation ne pourraient être utilisés pour l'achat des entreprises d'Etat, et aussi que tous les appels d'offres seraient préalablement soumises à l'approbation des experts internationaux. Apparemment, les protecteurs de la Bosnie ont tenu compte des effets de la privatisation dans la Croatie voisine, où elle a amené le pays au bord de la faillite et de la misère. D'ailleurs, l'une des premières décisions du nouveau gouvernement croate fut la révision des processus de privatisation. La réorientation de la privatisation en Bosnie a relancé la thèse qui veut que "les étrangers vont s'emparer de tout ce qui a de la valeur". oubliant par là volontairement que le capital a déjà franchi toutes les frontières, nationales ou autres. Par ailleurs, la Bosnie se retrouve dans une situation critique : plus de conférences de donateurs, les subventions et les prêts se font de plus en plus rares et l'avenir dépend en grande partie de l'arrivée de nouveaux capitaux qui permettraient de relancer la production, parer au chômage et accroître les exportations. D'après un article du journal les Èchos, paru dans la presse de Sarajevo, l'opinion publique a salué cette nouvelle décision.

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LES TENSIONS SOCIALES EN BOSNIE

C'est au tout dernier moment que le gouvernement de la FB-H et les syndicats de B-H se sont mis d'accord sur une convention collective devant garantir un salaire minimum à tous les ouvriers. Cette convention a été entérinée par le premier ministre Edhern Bicakcic et le président des syndicats de B-H Sulejman Hrle, mais le gouvernement de BH a refusé de l'adopter, prétextant une intervention des facteurs internationaux. Sans cette convention, les 53.000 ouvriers encore sur la liste d'attente se seraient retrouvés à la rue le 5 mai dernier, sans même un quelconque et misérable revenu minimum. C'est alors qu'est intervenu le Haut Représentant, qui a demandé l'adoption d'une convention, sous condition qu'elle ne soit appliquée qu'aux ouvriers travaillant dans les entreprises de l'Etat. Le gouvernement se devait d'accepter, alors que Sulejman Hrle déclarait que les entreprises de l'Etat employaient 80% des ouvriers en Bosnie. Mais, tout en répondant à la demande du HR, les syndicats ont exigé que le gouvernement trouve les moyens de faire respecter cette convention collective par toutes les entreprises, jusqu'à la constitution d'une fédération du patronat. Celle-ci n'existe pas pour le moment et la convention collective en question ne restera en vigueur que jusqu'à la constitution d'une association du patronat, avec laquelle les syndicats devront alors négocier et élaborer une ou plusieurs nouvelles conventions collectives. Cela dépendra du processus de privatisation en Bosnie, qui a beaucoup de mal à démarrer.

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BOSNIE EN BREF

A Bruxelles, le Haut représentant de l'Occident en Bosnie, Wolfgang Petritsch, a insisté pour que l'OTAN ne réduise pas ses forces en BH. S'adressant aux ambassadeurs de l'Alliance atlantique, Petritsch a déclaré que la présence de la SFOR était d'autant plus importante qu'il y avait un danger réel de « résistance sérieuse aux réformes économiques et politiques. Je ne voudrais pas paraître alarmiste, mais les tâches qui nous attendent sont dures; nous nous acheminons vers la phase décisive de la mise en oeuvre de la paix ». Pour Petritsch, les tâches prioritaires sont les réformes économiques, le retour des réfugiés (« sans la protection de la SFOR ce retour pourrait être remis en question »), et la consolidation des institutions.

Selon l'UNHCR plus de 7.000 réfugiés et personnes déplacées ont retrouvé leurs foyers d'avant la guerre en Bosnie au cours des trois premiers mois de cette année, trois fois plus que dans la même période de l'année précédente.

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ORPHELINS DE BOSNIE ...

En B-H, la procédure d'adoption est identique pour les étrangers et les citoyens bosniaques : il leur faut déposer une demande auprès du Centre des affiaires sociales où ils estiment pouvoir trouver un enfant dans des conditions conformes à la législation sur l'adoption. Il leur faut fournir toutes les preuves requises par la loi : extrait de naissance, certificat de nationalité, document certifiant qu'ils n'ont jamais fait l'objet de poursuites judiciaires, justification de leur situation financière, etc. De leur côté, les centres des affaires sociales réunissent eux aussi des informations, vérifient que les demandeurs n'ont pas déjà des enfants, qu'ils n'ont pas été privés de leur droit parental, font le point de leur situation sociale et financière. Il est essentiel que la future famille ne soit ni trop riche ni trop pauvre. Dans le cas des étrangers, c'est auprès des organes compétents des pays d'origine qu'ils recherchent ces informations. La durée du processus d'adoption n'est pas déterminée. S'il y a déjà des enfants dans ces centres, l'ensemble de la procédure s'en voit considérablement accélérée, mais l'adoption elle-même est entièrement de la compétence du centre de la commune. Les centres peuvent aussi communiquer entre eux et échanger des informations sur les enfants susceptibles d'être adoptés ou les éventuelles familles d'adoption. Il arrive qu'il n'y ait pas d'enfants à adopter dans l'immédiat, mais dans l'ensemble les futurs parents ne se laissent pas décourager, attendent parfois des années. Une fois toutes les données réunies, le Centre envoie le dossier au Ministère des Affaires Sociales, qui procède à certaines vérifications, puis donne, ou refuse, son agrément. Le principe reste le même pour tous, même si les familles d'adoption étrangères peuvent souvent offrir des conditions de vie plus favorables pour l'enfant. En 1999, 141 demandes ont été déposées par des citoyens bosniaques, 18 par des étrangers. L'année dernière, 4 enfants ont été adoptés par des étrangers. Au cours de cette même période, plus de 100 demandes ont été déposées, par des étrangers également. Il y a en ce moment, dans les centres sociaux, 44 noms sur la liste des enfants à adopter, alors que dans la seule Fédération de B-H 2934 enfants sont restés sans parents ! Mais la majorité d'entre eux sont logés dans des institutions. Il y en a six dans la Fédération de B-H -à Sarajevo, Mostar, Tuzla, Zenica, Medjugorje et Gradaca. Elles hébergent 481 enfants et sont dirigées par le Ministère Fédéral des Affaires Sociales. Elles veillent sur ces enfants jusqu'à ce qu'ils aient atteint l'âge adulte, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'ils soient devenus totalement indépendants. En-dehors de ces six institutions, il en existe bien d'autres -crées au lendemain de la guerre par divers donateurs : "SOS Kinderdorf, villages d'enfant à Sarajevo et à Gracanica, "Village de la paix", fondation Rudolf Walter près de Lukavac et "Le Pont" situé à Zenica et financé par la Norvège. 331 enfants se trouvent dans ces centres spécialisés. Seuls les enfants orphelins de père et de mère et âgés de moins de cinq ans peuvent être adoptés.

Contact: Ambassade de Bosnie-Herzégovine à Paris.

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STIPE MESIC À PARIS

Stipe Mesic, président de la république de Croatie, a séjourné pendant deux jours à Paris et c'était là sa première visite officielle dans l'un des pays de l'Union Européenne. Aussi le rapprochement entre la Croatie et l'UE a-t-il été au centre des entretiens. "La France appuie les aspirations européennes de la Croatie et la soutiendra dans son processus de stabilisation et d'association", a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay, qui a précisé que Paris était en faveur d'une rapide admission de la Croatie au Partenariat pour la paix (elle y est déjà!) ; c'est un premier pas vers l'OTAN. Présenté aux média français comme "un homme qui n'hésite pas à évoquer le récent passé de la Croatie", Stipe Mesic a déclaré, entre autres, dans une interview accordée au Figaro : "Le président Tudjman était impressionné par Milosevic. Tous deux se sont imaginés pouvoir écrire l'histoire aux dépens de la Bosnie-Herzégovine". Il a ajouté que, pour sa part, il estimait que le véritable intérêt des Croates et des Serbes de Bosnie était de se tourner vers Sarajevo, et non vers Zagreb ou Belgrade. "Il est désormais certain que les Croates de Bosnie n'auront plus le droit de voter en Croatie, Quant à leur passeport croate, c'est là un problème que nous allons résoudre en coopération avec Sarajevo", a-t-il déclaré. Invité par l'Instittut français des relations internationales (IFRI), Stipe Mesic a déclaré, à propos de la Bosnie, que les accords de Dayton, s'ils avaient arrêté la guerre, avaient abouti à la constitution de deux entités, qui se comportent comme deux Etats. "Il faut appliquer les accords de Dayton et cantoniser ensuite la BH a-t-il ajouté. On s'est tout spécialement félicité à Paris de l'amélioration des relations entre le Tribunal de La Haye et la Croatie, son nouveau président ayant affirmé que tous les documents disponibles seraient bientôt remis à ce Tribunal. "Aucun secret d'Etat ou militaire n'est à même de protéger un criminel de guerre, qu'il s'agisse d'un simple soldat ou d'un officier." a-t-il souligné. "Nous voulons en finir avec la responsabilité collective, les criminels de guerre -Croates, Serbes et Bosniaques- doivent être identifiés nommément", a-t-il déclaré. Mesic a rappelé qu'il avait dit personnellement à Milosevic : "Lorsque les Serbes auront compris que tu es responsable de toute cette tragédie, ils te pendront ... chaque jour qui passe rapproche Milosevic de sa fin". "Le bilan de Milosevic est catastrophique" a souligné le nouveau président de la Croatie. Au cours de cette visite, les rapports bilatéraux croato-français ont également fait l'objet de larges discussions. La visite de Mesic prouve que ces relations vont s'élargissant. Les échanges commerciaux sont en hausse constante, mais pas suffisamment dynamiques. Ce dont témoigne le fait que la France n'est que septième sur la liste des partenaires commerciaux de la Croatie. Le renforcement de la coopération culturelle a aussi fait l'objet d'une attention particulière. Une commission franco-croate sera créée cette année, chargée de fixer les priorités des échanges culturels au cours des années à venir.

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LE CONGRÈS DU HDZ

Le cinquième congrès du HDZ (Communauté croate démocratique), le premier depuis la mort de Tudjman et la défaite de ce parti aux élections, s'est tenu fin avril. Il a donné lieu à un long débat sur les raisons de la défaite électorale, mais sans que jamais les responsables ne soient désignés. Le nouveau président du parti est Ivo Sanader, ancien vice-ministre des Affaires étrangères. Il est considéré comme proche de Vladimir Seks et ses collaborateurs sont connus comme des nationalistes radicaux. Selon la presse croate et bosniaque, le Congrès n'a pas permis de dépasser les luttes de fractions ni de faire de ce mouvement un nouveau et véritable parti politique. Il n'a fait que reporter à plus tard la dégradation du HDZ, mais jusqu'à quand ? Rappelons qu'un groupe d'anciens membres de ce parti a récemment créé un nouveau parti - le "Centre démocratique", présidé par Mato Granic, ancien ministre des Affaires Ètrangères.

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LE PACTE DE STABILITÉ PREMIER ANNIVERSAIRE

A l'occasion du premier anniversaire du Pacte de stabilité, une conférence du réseau SEE-PIN (South East European Policy Institute Network) se tiendra les 24-25 juin à Ohrid, en Macédoine. Cette conférence doit étudier l'avenir du réseau, un an après le lancement du Pacte de stabilité. Elle réunira les coordonnateurs du SEE-PIN dans les pays du Pacte, en présence aussi de Bodo Hombach, Georges Soros, et autres personnalités. Une table ronde spéciale devrait réunir les anciens présidents de Macédoine, Roumanie, Bulgarie et Finlande (Gligorov, Iliescu, Zhelev et Ahtisaari). L'Association Sarajevo, qui entretient des contacts suivis avec le
SEE-PIN, a été invitée à participer à la réunion d'Ohrid.

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LA FRANCE ET LE SUD-EST EUROPÉEN

La proposition de résolution sur le "processus de stabilisation et d'association en faveur des pays de l'Europe du Sud-Est ", qui doit être soumise au vote du Parlement européen, a été adoptée par la commission des Affaires étrangères de cette assemblée par 33 voix et 2 absentions. Parmi les 16 (seize) députés européens élus en France, membres de cette commission, il ne s'en est trouvé qu'un, Daniel Cohn-Bendit, pour se déranger, écouter le rapporteur, participer au débat et prendre part au vote. Lionel Jospin, Premier Ministre du gouvernement français a fait le 9 mai devant l'Assemblée Nationale une déclaration sur les orientations de la Présidence française de l'Union européenne. Il n!a évoqué les Balkans et ses problèmes que pour se féliciter du "déploiement réussi de l'Eurocorps au Kosovo .. Aucun des députés qui est intervenu en séance da cru bon d'en dire plus, si ce n!est pour parler de la Bosnie et du Kosovo comme des sujets appartenant au passé. Le plus engagé a demandé qu'on "se penche sur la situation dans les Balkans". Tous ont apparemment oublié que l'Union européenne avait fait de l'assistance aux Balkans une "priorité majeure". Ainsi va la grande politique de la France.

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LA VIE DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL

DRAGAN NIKOLIC, COMMANDANT DU CAMP DES SUSICA

Le procès du serbe bosniaque Dragan Nikolic, commandant du camp de détention "Susica" près de la ville de Vlasenica (Bosnie nord-est) de mai à septembre 1992, a commencé le 28 avril 2000.

Nikolic a été le premier individu, à être inculpé par le TPIY, le 4 novembre 1994. En octobre 1995, les mandats d'arrêt n'ayant pas pu être exécutés, le Procureur procéda à une audition publique. C'était la première application de l'article 61 qui, à défaut d'une possibilité de jugement par contumace, permet un examen public des éléments de preuves. A l'issue de cette audience publique, le TPIY délivra un mandat d'arrêt international contre Nikolic, qui fut arrêté par des troupes de la SFOR le 21 avril 2000.

Nikolic relève de 80 chefs d'accusation: 29 pour Crimes contre l'humanité commis au cours d'un conflit armé et dirigés contre une population civile, 29 pour Infractions graves à la 4ème Convention de Genève du 12 août 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre et 22 pour Violations des lois ou coutumes de la guerre. Il est accusé sur la base de sa responsabilité criminelle individuelle ainsi qu'en tant que supérieur responsable des actes de ses subordonnés (les gardiens du camp). Tous les crimes dont il est accusé ont eu lieu dans le camp de Susica. Leur liste comprend meurtres, tortures, viols, traitements inhumains, actes provoquant intentionnellement de grandes souffrances, coups et blessures allant jusqu'à la défiguration, ...

Avant la guerre, la municipalité de Vlasenica avait 33.817 habitants dont 55% de musulmans. En janvier 1992, les serbes proclame la région "autonome" intégrant la FRY. En avril, la ville tombe aux soldats de la JNA. Les Musulmans et autres non-Serbes qui n'ont pas fui sont expulsés ou arrêtés et transférés au camp de détention Susica, dont Nikolic prend le commandement.

Les 300 à 500 détenus dorment par terre. Il y a peu de facilités sanitaires, pas de douches. La nourriture, insuffisante, est souvent pourrie. La brutalité des gardiens est quotidienne : nombre de détenus trouvent la mort suite aux tabassages. Beaucoup de femmes sont assujetties à des viols et autres assauts sexuels.

Selon l'acte de l'accusation, les Crimes contre l'humanité faisaient partie d'une attaque générale et systématique dirigée contre une population civile : celle des musulmans de la municipalité de Vlasenica. Nikolic, en tant que commandant du camp de fin mai à début septembre 1992, décidait de la détention ou de la libération des détenus et de leurs conditions de vie. Il persécutait les détenus musulmans sur une base raciale, politique et religieuse. Il participait aussi à l'expulsion de la majorité des détenus non-Serbes.

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LE PRIX AMÉRICAIN DE LA DÉMOCRATIE À NATASHA KANDIC ET VETON SUROI

Ce prix est décerné chaque année par la Fondation nationale pour la démocratie et il a été remis ces jours-ci, au cours d'une cérémonie officielle organisée au Sénat, à Natasha Kandic, directeur du Fonds pour le droit humanitaire de Belgrade et Veton Suroi, fondateur et rédacteur en chef du quotidien Koha Ditore du Kosovo. "Les lauréats de cette année personnifient à l'heure actuelle, à travers leur personnalité et leur oeuvre, le plus bel espoir pour l'avenir de  la démocratie en Serbie et au Kosovo", a déclaré Richard Lugar, sénateur républicain. Au cours de ces dernières années, ce même prix a été décerné, entre autres, à Vaclav Havel (République Tchèque, en 1994) et à Vesna Pesic (alors présidente de l'Alliance citoyenne de Serbie, en 1995). Au cours de leur séjour, Natasha Kandic et Veton Suroi ont été reçus par Madeleine Albright, Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères.

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'AL GORE "Même politique dans les Balkans"

La future administration démocrate américaine - si son candidat remporte les élections présidentielles de novembre prochain - ne changera rien à l'actuelle politique des Etats-unis dans les Balkans. C'est ce qu'a déclaré la personne la plus concernée : AI Gore, actuel vice-président des Etats-unis et candidat à la présidence de ce pays, cité par SENSE. S'adressant à l'Assemblée de l'Institut international des media à Boston, AI Gore a expliqué en détail le plan "d'engagement préventif" devant permettre à l'Amérique de faire face aux problèmes internationaux politiques, économiques et sociaux les plus graves "avant qu'ils ne dégénèrent en une crise nécessitant une intervention militaire". Gore a tout spécialement mentionné la nécessité de maintenir "la paix fragile dans les Balkans", et s'engager plus encore pour assurer l'avenir économique de cette région par l'intermédiaire du Pacte de stabilité. Il a pratiquement annoncé le maintien des principales options stratégiques des Etats-Unis dans les Balkans : mise en oeuvre des Accords de Dayton en Bosnie-Herzégovine (avec le maintien de l'appui militaire, économique et financier correspondant aux engagements de la communauté internationale), aide concrète et soutien au nouveau régime en Croatie et au gouvernement de la coalition en Macédoine, redoublement des efforts pour assurer la stabilité au Kosovo, poursuite et intensification de l'aide aux forces démocratiques en Serbie (tout en maintenant les actuelles sanctions contre la Serbie et la Yougoslavie jusqu'à la tenue d'élections libres et justes, à tous les niveaux, et sous contrôle international), et poursuite de l'engagement pour garantir la sécurité du Monténégro dans le cadre d'une région balkanique stable et sûre.

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L'UNION EUROPÉENNE INSISTE SUR LE RETOUR

Il vient d'être confirmé, au siège de l'Union européenne (UE) et du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est, qu'au cours de l'année prochaine 270 millions d'Euros seront consacrés au retour des réfugiés dans la région ouest des Balkans. Un haut fonctionnaire de la Commission européenne a déclaré à cette occasion à l'Agence Sense: "Ceci confirme le fait que le retour des réfugiés qui vivent actuellement dans les pays de l'UE (1 million 800.000) reste l'une des plus grandes priorités de l'Union européenne" Si cette promesse devient réalité, l'UE dépensera dans ce but, au cours de cette année et l'année prochaine, environ 107 millions d'Euros de plus que ce qui avait été officiellement annoncé au cours de la première Conférence régionale des donateurs pour la reconstruction, la démocratisation et le développement de l'Europe du Sud-Est, tenue les 29 et 30 mars dernier à Bruxelles. Le fait qu'au cours de cette année, l'UE compte investir 25 fois plus d'argent pour la création des conditions permettant ces retours que pour le développement de la région sur le plan social, dix fois de plus que pour les media indépendants ou l'éducation et trois fois de plus que pour la défense et la sécurité, prouve à quel point le processus du retour est important pour les autorités Bruxelloises. L'UE, en tant que plus important donateur, compte investir dans la région de l'Europe du Sud-Est, au cours des six prochaines années, environ 12 milliards d'Euros. Pourtant la majeure partie ne finira pas chez les hommes d'affaires, entrepreneurs privés, instituteurs ou jeunes experts. L'argent servira surtout, comme jusqu'à présent, à financer les forces internationales stationnées en Bosnie et au Kosovo, les missions diplomatiques, à soutenir les organisations non-gouvernementales et les actions bilatérales des pays membres de l'Union.

Le 26 Avril dernier, une pétition signée par 17248 personnes exigeant la libération des prisonniers kosovars fut remise au bureau new-yorkais de la commission des Droits de l'Homme de l'ONU, dont la directrice-adjointe s'est engagée à la transmettre au bureau de Genève.

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VIE DES COLLECTIFS : APPEL EN FAVEUR DES PRISONNIERS KOSOVARS DETENUS EN SERBIE

Réunis le 5 mai 2000, au FORUMS de Nancy, à l'occasion du colloque "Demain les Balkans", les représentants des associations et syndicats suivants : Conseil pour la défense des droits de l'homme et des libertés de Pristina, Initiatives citoyennes de Belgrade, Centre méditerranéen de Tirana, Comité Kosovo libre de Londres, Comité Kosovo de Paris, Fehmi AGANI de Paris, ALSPEY de Nancy et Union régionale du Groupe de Dix de Lorraine s'adressent au gouvernement français pour lui demander instamment d'intervenir
-pour exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques kosovars détenus en Serbie (au nombre de 2050 selon la Croix Rouge, dont Flora BROVINA et Albin KURTI, prisonniers qui n'ont pas été pris en compte par les accords signés à Koumanovo en juin dernier par l'OTAN, dont la France, avec le gouvernement de la RFY,
-pour que les autorités serbes révèlent sans délai le sort des quelques 3500 personnes disparues, pour la plupart originaires de Djakova, recensées par le Conseil pour les droits de l'homme de Pristina.

Les associations présentes décident de s'informer mutuellement et régulièrement de toutes les initiatives qui auront lieu à Belgrade, Pristina, en Angleterre, en France, pour la libération des prisonniers kosovars et la révélation du sort des disparus. Ces initiatives seront popularisées le plus largement dans ces différents pays. Elles s'adressent à toutes les associations de défense des droits de l'homme, aux syndicats pour qu'ils relayent cet appel.

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COLLOQUE

Organisé par l'Association internationale de Recherche sur les Crimes contre l'Humanité et les Génocide, le colloque "Politiques françaises et crimes contre l'humanité, 1990-2000" se déroulera le samedi 27 mai de 9h à 19h, dans la Salle des Actes, à l'Université de Paris IV - Sorbonne, 54 rue St Jacques ou 17 me Victor COUSIN, 75005 Paris.

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CYBALK : un projet de Maison du dialogue pour les Balkans

Lu dans "La lettre du Colisée" janv-fevr.2000.

Le projet CYBALK vise à édifier un réseau de cafés associatifs reliés à Internet dans plusieurs régions des Balkans, notamment, pour les premiers sites pressentis, le Monténégro, la Macédoine, la Roumanie, la Serbie. En permettant d'installer une communication permanente entre ces régions, ces cafés associatifs se veulent de véritables "maisons du dialogue" qui offriront les moyens de mettre en commun des ressources culturelles, intellectuelles et artistiques dans l'objectif d'une reconstruction démocratique....

Le projet CYBALK est abrité par Aqualta, une association qui a déjà porté de nombreux projets dans la régions et rassemble 7 associations ayant chacune une antenne sur Paris (dont le Courrier des Balkans, L'Assemblée Européenne des Citoyens, la Ligue de l'Enseignement ... )

Contacts :Thomas Poirier, Anif'Fac, 3 nie Récamier, 75341 Paris cedex 07. Tel :01 42 22 15 15. Fax : 01 42 22 53 15.

Email : info@animafac.org 

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fax: 01 44 23 76 79

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