Lettre
d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice
Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 98 mai 2001 ![]() |
DERNIERES NOUVELLES D'après le quotidien belgradois "Glas Javnosti" entre 2000 et 2500 corps ont été transportés du Kosovo en Serbie sur l'ordre de Slobodan Milosevic" (cf.page7) |
Bosnie
UN NOUVEAU PRESIDENT
LES INSTITUTIONS COMMUNES MENACÉES DE FAILLITE ?
EXPOSITION ENKI BILAL A SARAJEVO
LA SITUATION EN REPUBLIKA SERPSKA
POSITION ÉQUIVOQUE DES PROTECTEURS INTERNATIONAUX
FAUT-IL UNE COMMISSION DE VÉRITÉ POUR LA BOSNIE ?
POUVOIR ABSOLU POUR PETRISCH ?
A
MOSTAR, LES TRAVAUX DE RECONSTRUCTION DU VIEUX PONT ONT COMMENCÉ
FERHADIJA - LA PREMIÈRE PIERRE
LES MÉDIAS ET LE DIALOGUE
INTER-RELIGIEUX
Serbie
MILOSEVIC À LA RAYE, C'EST COMBIEN
?
UN
APPEL DE FRANÇOIS CRÉMIEUX EN FAVEUR DU CENTRE ANDRÉ MALRAUX
La Nouvelle Alternative
Calendrier
Srebrenica, Six ans !
Une
deuxième Rencontre des Ecrivains européens à Sarajevo
Légion d'honneur pour DIVJAK
Jovan
| Bosnie |
UN NOUVEAU PRESIDENT
Au cours des huit prochains mois, la Présidence tricéphale de la B-H aura un nouveau président: il s'agit de Jozo
Krizanovic, nommé suite à la destitution, par le Haut Représentant, d'Anto
Jelavic, chef des extrémistes du HDZ qui réclament la création d'une entité croate en
B-H. Krizanovic a déclaré que la présidence (actuellement formée de
Krizartovic, Belkic et Radisic) avait convenu de se fixer les priorités suivantes : réformes constitutionnelles,
judiciaires et économiques, accélération du retour des réfugiés, renforcement des institutions communes en B-H et lutte contre la corruption. Elle s'efforcera de promouvoir sa coopération avec la "communauté internationale" (lire: le
HR, l'OSCE, la SFOR, l'IPTF, la Banque mondiale), ainsi qu'avec le Tribunal de la
Haye. La Présidence compte également oeuvrer pour renforcer la collaboration avec la diaspora
bosniaque (qui se chiffre à près d'un million), ainsi qu'avec les communautés religieuses et les ONG.
Sommaire
LES INSTITUTIONS COMMUNES MENACÉES DE FAILLITE ?
De son côté, le président du Conseil des ministres (central), Bozidar Matic, a averti la Présidence que "les institutions de B-H étaient menacées de faillite". Matic estime que les premiers cent jours de son "gouvernement" ont amplement démontré que le pays devait être doté d'un gouvernement "normal", ayant des compétences et responsabilités "normales". Actuellement, le Conseil des ministres de B-H fait figure d'organe consultatif, les véritables compétences (armée, police, taxes, éducation, énergie, PTT, fonds de retraites, etc.) étant du ressort des entités et, dans le cas de la FB-H, des cantons. Dans cette situation, l'Alliance démocratique, qui dispose désormais de postes-clés, propose l'adoption d'une loi qui transformerait l'actuel Conseil des ministres en un véritable gouvernement, disposant des moyens nécessaires pour mener à bien son action. Or, les partis au pouvoir en RS (Republika srpska), toujours tournés plutôt vers Belgrade et l'idée d'une Grande Serbie, ne soutiennent pas l'Alliance. Matic a lui-même souligné que l'on posait trop souvent la question des compétences du Conseil des ministres qu'il est censé présider, que ce Conseil ne disposait même pas d'un secrétariat, ni de certains des ministères et commissions nécessaires. Ainsi "ce gouvernement central" n'étant pas compétent, n'a pas été en mesure d'intervenir au moment des incidents de Mostar, Trebinje et Banjaluka. En outre, a déclaré Matic, ces incidents ont découragé les donateurs et certaines des négociations déjà inscrites dans le calendrier ont été décommandées. Faisant le bilan des trois mois passés à la tête de ce "gouvernement", Matic a déclaré que celui-ci avait répondu aux engagements découlant de certains accords internationaux et autres projets d'ordre non-législatif, mais qu'il y avait beaucoup de retard dans l'adoption des lois, ce qui, selon lui, est dû au fait "que les entités n'arrivent pas à s'entendre". La nouvelle loi électorale compte parmi les lois qui n'ont toujours pas été votées - mais dont dépend l'admission
de la B-H au Conseil de l'Europe. Si cette loi électorale n'est pas votée au cours du mois de juin, la B-H devra renouveler sa demande d'admission au Conseil de l'Europe l'année prochaine.
Le gouvernement (Conseil des ministres) de Matic a pourtant réussi à faire le nettoyage dans certains de ses rares ministères, dont celui des affaires étrangères. Il est par ailleurs
en train d'élaborer une véritable plate-forme de politique étrangère et prépare un important remaniement diplomatique. Il ne faut pas non plus oublier que l'Alliance démocratique,
comme toutes les coalitions, doit aussi tenir compte de ses propres contradictions. Si bien que Bozidar Matic se voit contraint d'accepter des compromis qu'il aurait préféré éviter.
L'impossible héritage laissé à l'Alliance par les partis nationalistes, qui ont fait la loi pendant 10 ans, est un fardeau très difficile à porter.
Sommaire
EXPOSITION ENKI BILAL A SARAJEVO
Une grande exposition d'Enki BILAL a été inaugurée, fin mai, dans la galerie nationale B&H à
Sarajevo. Parlant aux journalistes, BILAL a expliqué qu'il voulait montrer au
public de Sarajevo sa manière de voir le monde, plus spécialement la tragédie de Bosnie-Herzégovine, Enki BILAL a participé à l'émission "Bouillon de culture" animée par Bernard PIVOT dans le hall de la
fameuse bibliothèque nationale, incendiée pendant la guerre par la soldatesque de Karadzic. Y ont pris part également Hanifa KAPIDZIC, professeur à l'université de Sarajevo, Predrag MATVEJEVIC, écrivain et professeur à l'université Sapienza de Rome, Jorge SEMPRUN, écrivain, Bemard -Henri LEVY, philosophe et Yves MICHAUD, professeur de philosophie.
L'émission était intitulée: "La culture:: elle unit ou elle désunit ? Elle rassemble ou elle sépare ?"
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LA SITUATION EN REPUBLIKA SERPSKA
L'Alliance démocratique s'efforce de parer à cette situation et propose, sur la base des
décisions formulées par écrit par la "communauté internationale", de renforcer les institutions communes (gouvernement central, parlement, unification des armées etc.), mais elle se heurte aux
partis nationalistes, au SDS surtout (le parti de Karadzic) qui détient en fait les rênes du pouvoir en RS. La politique du premier ministre de la Republika srpska, Mladen Ivanic
semble déjà vouée à l'échec, même si on la compare à celle de son prédécesseur, Dodik. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui, à Banjaluka, regrettent déjà Milorad Dodik. Quant
à Ivanic, il utilise deux langages: un langage modéré vis-à-vis des protecteurs occidentaux et un langage très différent, très dur, dans la réalité. Il maintient son opposition radicale à tout renforcement des institutions communes et trouve ses appuis à Belgrade (auprès de Kostunica en particulier). Encouragé par le SDS, il refuse pratiquement toute coopération avec le TPI et il n'y a jamais eu d'arrestation de criminels de guerre en RS ; or, la majorité d'entre eux y sont réfugiés.Ivanic n a pas réussi à améliorer la situation économique et sociale: dans cette entité, les gens vivent dans la misère. Ajoutez-y les
incidents de Trebinje et de Banjaluka, ainsi que l'opposition systématique des autorités locales au retour des réfugiés - et vous aurez une image complète de la RS d'aujourd'hui !
POSITION ÉQUIVOQUE DES PROTECTEURS INTERNATIONAUX
On en revient inévitablement au rôle joué par la communauté internationale, qui est le véritable maître sur le terrain. Aux yeux des Bosniaques, sa politique n'est pas très claire. Quelle
est sa véritable conception de la B-H ? A en juger par une déclaration des ministres de l'UE le 10 juin dernier, "la B-H est loin d'être un pays disposant de structures autosuffisantes et
susceptible d'assurer lui-même la mise en oeuvre des accords de paix (Dayton)."
L'UE soutient l'Alliance et estime qu'Ivanic apporte un "soutien pragmatique" à cette Alliance, ce qui
est tout à fait erroné. L'UE attend que le "gouvernement central" s'acquitte rapidement des tâches qui lui ont été imposées par l'European Road MAP, parmi lesquelles la promulgation d'une
loi électorale, d'une législation sur les rapports de propriété et le retour des réfugiés. Or, la nouvelle loi électorale est bloquée au Parlement par les partis de la RS (dont celui d'Ivanic) et
par le HDZ; la "communauté internationale" compose avec ces deux partis. Ces mêmes partis
s'opposent à ce que le "gouvernement central" se "mêle" des questions économiques afférentes à la RS et aux territoires contrôlés par le HDZ. Pour ce qui est du retour des réfugiés, les membres du HDZ et l'administration d'Ivanic continuent à s'y opposer, en utilisant la dynamite si besoin est.
Quant à l'économie, les ministres européens ont constaté avec justesse que le
revenu national per capita n'était que de $972, que le PNB n'avait pas atteint la moitié de ce qu'il était avant la guerre et que 40% de la population était au chômage. Prétendre ensuite avoir versé à la Bosnie "plus de 5 milliards de dollars" est une véritable exagération. S'il est vrai que l'on avait promis $5,5 milliards à la Bosnie, cela n'a toujours pas été prouvé, et il n'existe aucune donnée permettant d'évaluer les dépenses occasionnées par la présence des "facteurs internationaux" et prélevées sur les sommes allouées à la Bosnie. L'UE exige que la Bosnie passe désormais du système des donations à celui des investissements directs. Mais, avant de pouvoir attirer le capital étranger privé, la Bosnie doit pouvoir bénéficier d'une Aide publique de l'Occident.
D'une manière générale, l'UE rejette sur la Bosnie tout ce qui ne va pas dans ce pays. Oubliant certains faits incontournables : la communauté internationale a toléré et continue à tolérer les extrémistes nationalistes; les "liens spécifiques" entre la RS et Belgrade ; elle ne soutient qu'en principe l'Alliance démocratique et ne fait rien pour arrêter les criminels de guerre. A Sarajevo, nombreux sont ceux qui estiment qu'une bonne partie des fonctionnaires internationaux sur place ne sont pas à la hauteur; notamment ceux qui "veillent" sur les médias. Sans parler de 1'implication de certains fonctionnaires internationaux, y compris de la SFOR et de l'ITPF, dans des affaires criminelles. Ces faits ont été corroborés par le Secrétaire général des Nations unies lui-même. L'attitude de la communauté internationale et ses tergiversations pourraient en fin de compte susciter une réprobation générale. Vu la situation peu encourageante en B-H, Kofi Anan a d'ailleurs conclu tout récemment que la mission internationale" devait être poursuivie. Elle sera donc prolongée. Mais il faudrait qu'elle s'attaque à des tâches précises, celles qui ont été fixées à Dayton, Sirta, Madrid et Bonn.
FAUT-IL UNE COMMISSION DE VÉRITÉ POUR LA BOSNIE ?
Un grand nombre d'ONG et de représentants de la société civile des deux entités réclament une
Commission pour la Vérité et la Réconciliation (CVR) en B-H. Son but serait de faire toute la lumière sur l'expérience des victimes, ainsi que d'examiner le rôle de chacun des éléments et des institutions ayant préparé le terrain pour la violence, afin de comprendre la genèse du conflit et d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise.
Richard Goldstone pense que l'expérience Sud Africaine est pertinente : sans la CVR, les dénis de
la part des auteurs des abus se seraient répandu, alors qu'aujourd'hui la communauté blanche assume son passé et la nature criminelle de l'apartheid. Mais la CVR
sud-africaine, pour obtenir des témoignages, offrait aux auteurs d'abus de les amnistier en échange de leur aveu public. Les
suspects qui refusaient la proposition étaient susceptibles de poursuites.
Pour la Bosnie, pas question d'amnistie : le TPIY est formel sur ce point. Et les victimes, les survivants de Srebrenica entre autres, qui réclament depuis des années le jugement des criminels inculpés, n'accepteraient pas un tel accord. D'où une question de fond : sans pouvoir d'amnistie, comment inciter les aveux ? (Autre bonne question : comment garantir la sécurité des témoins dans les conditions actuelles?)
Claude Jorda, président du TPIY, s'est déclaré favorable au projet d'une CVR bosniaque - à condition qu'elle complémente le travail du TPIY et n'empiète pas sur son mandat. Le rôle du TPIY, a-t-il rappelé, est de promouvoir la réconciliation par le jugement et
la
punition des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide. En traitant de la responsabilité individuelle, le tribunal évite la culpabilisation des groupes ; il neutralise les grands criminels en les enlevant de la société ; il soulage les victimes en leur donnant la parole, dans un contexte public et solennel, et, en établissant la vérité juridique, il prévient tout révisionnisme. Mais l'action du TPIY a quatre limites de taille. Il ne peut pas juger tous les criminels : ainsi doit-il donner la priorité aux responsables les plus importants. Il ne peut pas entendre les dizaines de milliers de victimes, ni leur proposer une compensation. Il n'est pas dans son mandat de faire l'analyse de toutes les causes - historiques, politiques, sociologiques, économiques - de la guerre. Enfin, le TPIY ne peut pas, seul, aller au bout du travail de mémoire nécessaire à la construction d'une identité nationale.
Une CVR issue de la société civile pourrait, selon Jorda, compléter le travail du
TPIY. Elle écouterait les aveux des exécuteurs physiques des
crimes. Les criminels entendus pourraient espérer, au mieux, que soient considérées des circonstances atténuantes" lorsqu'ils apparaîtront devant le Tribunal ou une cour nationale. Aux victimes, la Commission pourrait proposer des réparations symboliques. Après avoir entendu les témoignages, la Commission pourrait rédiger une analyse des causes de la guerre pour informer les générations présentes et futures. Enfin, en tant que forum ouvert à tous, la Commission faciliterait la construction d'une mémoire collective partagée par tous les citoyens de la
B-H.
Jorda souligne que la CVR ne devrait pas disposer des pouvoirs qui sont ceux du
TPIY, comme celui de déterminer la responsabilité politique et morale des individus. Les statuts de la Commission devraient l'obliger à coopérer pleinement avec le Tribunal. Jakob
Finci, président du Comité
national pour la création de la CVR, pense qu'une partie importante du travail de la commission serait de documenter les témoignages des "vrais héros" de la guerre : ceux qui résistaient à l'hystérie nationaliste et qui, à leurs risques et périls, protégeaient les victimes membres
d'autres groupes ethniques.
Certains défenseurs du projet, avec tout le respect dû au TPIY, estiment que La Haye est loin et que seule une CVR en Bosnie pourrait stimuler un vrai débat public sur la guerre et ses
causes. Mais d'autres Bosniaques pensent qu'il est encore trop tôt. Pour Vildana Selimbegovic, rédactrice de Dani, il suffit de jeter un regard sur les livres scolaires pour constater la division profonde de la
société. Division exacerbée par la communauté internationale qui, s'inclinant devant le principe de l'équivalence morale, a censuré les expressions "agression", "génocide" et "crimes de guerre", préférant parler des "parties en conflit". Les seigneurs de la guerre, nationalistes de tous
poils, gèrent la paix. Les survivants de Srebrenica ne peuvent toujours pas se rendre dans cette ville sans escorte policière. Dans ces conditions, imaginer une CVR indépendante est irréaliste. (Mirko Sarovic, président de la RS, a déjà annoncé la création d'une CVR spéciale pour l'entité
serbe !) Il faut d'abord rétablir l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme. Pour ceci, Selimbegovic compte sur le travail du TPIY. Or ce dernier a au moins 5 ans de travail devant lui. Chaque année qui passe renforce les effets de la propagande nationaliste, surtout dans les esprits des enfants. Si la
SFOR se retire, la guerre pourrait reprendre. D'où l'urgence d'une
mesure qui pourrait ouvrir la voie à quelques espoirs : étaler la vérité sur la place publique afin de rendre possible, à terme, la réconciliation.
COMBIEN D'INCULPATIONS SECRÈTES ?
Le 23 mai, le TPIY comptait 38 inculpés en liberté, dont une douzaine dont les inculpations sont scellées. Sur les 38 inculpés (qui ne sont pas tous des Serbes), 12 se trouvent dans la RFY et les autres - Karadzic et Mladic compris - en Republika
Srpska.
Florence Hartman
POUVOIR ABSOLU POUR PETRISCH ?
Wolfgang Petritsch, Haut représentant en B-H, a proposé l'intégration en une seule mission, de toutes les organisations internationales sensées contribuer à la mise en oeuvre des accords de Dayton. Il s'agit de la mission de Petritsch lui-même, de la représentation des Nations unies (dirigée par le général Klein) et de l'OSCE. Dans une lettre à Mirce Geona, Petritsch propose que toutes ces missions soient placées sous son autorité. Le général Jacques Klein avait déclaré récemment que le fait d'avoir un grand nombre de missions, qui faisaient toutes la même chose, était contre-productif.
A
MOSTAR, LES TRAVAUX DE RECONSTRUCTION DU VIEUX PONT ONT COMMENCÉ
MOSTAR, Bosnie-Herzégovine (AP) --
Ils étaient des centaines jeudi, officiels et habitants, rassemblés sur les rives
escarpées de la Neretva, pour assister à l'événement: le début des travaux de
reconstruction du pont de Mostar, chef d'œuvre du patrimoine mondial et symbole historique de tolérance
dans une Bosnie multiculturelle et multiethnique, détruit pendant la guerre en 1993. Le Stari Most (Le
"Vieux Pont"), achevé sous l'empire Ottoman en 1566, s'était effondré sous les tirs des chars croates le 9
novembre 1993, pendant la guerre qui opposa musulmans et croates de Bosnie. Il avait depuis cédé la place à
un pont provisoire, suspendu. La destruction du pont, ouvrage d'art protégé par l'UNESCO mais aussi
symbole de toute la culture de cette Bosnie multiethnique, vint creuser encore plus le fossé entre les deux
communautés qui avaient cohabité si longtemps en harmonie dans la ville. Détruit par les croates, le pont
ottoman était devenu un pont "musulman"...
Après des années de travaux préparatoires, la société turque Yapi Merkezi a donc commencé à rebâtir
les fondations du monument. Avec pour objectif de reconstruire à l'identique cet ouvrage médieval,
surplombant les eaux vertes de la rivière encaissée, et qui avait donné son nom à la petite cité prospère.
Après son effondrement, des blocs de pierre furent repêchés de la rivière pour une reconstruction. Le projet
lancé en 1998 par l'UNESCO, la Banque mondiale et la ville de Mostar devrait être achevé d'ici la fin 2002.
De nombreux pays, parmi lesquels la Croatie, la Turquie, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, les
Pays-Bas et les Etats-Unis, ont contribué au projet, auquel la Banque mondiale a participé via un prêt de 4
millions de dollars. Pour Hamdija Jahic, maire-adjoint de Mostar, le pont reconstruit sera un nouveau symbole
de paix et de réconciliation qui devrait contribuer à relier entre eux tous les
groupes ethniques de la ville. Reste qu'aucun représentant croate de la cité ou du gouvernement fédéral n'assistait à la
cérémonie... Emir Balic, 66 ans, qui fut en son temps célèbre dans toute l'exYougoslavie pour avoir effectué un
millier de sauts acrobatiques à partir de ce pont haut de 30 mètres, était là
jeudi, très ému: "Je n'avais jamais rêvé que je vivrais plus longtemps que lui.
Maintenant, mon seul espoir est de sauter depuis le pont encore une fois, dès qu'il sera reconstruit. Une seule et
dernière fois, en souvenir de cette époque". Mirsad Deda Pasic, 56 ans, lui aussi "sauteur de pont", affirme que
c'est là l'un des plus beaux jours de sa vie: "Sans le pont, je me sentais comme un poisson hors de l'eau,
pendant toutes ces années". Le peintre Alica Jakirovic, dont la galerie d'art est
toute proche du pont, est lui aussi bouleversé: "Depuis que le pont a été détruit, je le reconstruisais chaque jour,
avec mes pinceaux et mes couleurs, encore et encore. Cela me faisait du bien. Mais aujourd'hui, je suis heureux
parce que bientôt, je le verrai à nouveau, pour de vrai et dans toute sa beauté".
Sommaire
FERHADIJA - LA PREMIÈRE PIERRE
Malgré les violentes manifestations, les slogans fascistes, les jets de pierres, les gaz lacrymogènes, etc., la
première pierre, symbole de la reconstruction de la mosquée de Ferhadija à Banjaluka, a pu être
posée le 18 juin. Cette célèbre mosquée avait été détruite par les Serbes en 1993.
Le 7 mai dernier, la pose de la première pierre n'avait pu avoir lieu, en raison de violentes manifestations,
qui avaient fait un mort et une trentaine de blessés. Cette fois-ci encore, le 18
juin, plusieurs centaines de manifestants ont essayé de briser quatre cordons de
police, en jetant des pierres, des barres métalliques, des chaises et des tables, en hurlant des slogans
nationalistes et anti-musulmans. Vingt policiers ont été blessés durant la bataille, qui a duré plusieurs heures.
La police a dû utiliser des gaz lacrymogènes, ainsi que des canons à eau et a procédé à plusieurs dizaines
d'arrestations.
La cérémonie à laquelle assistaient des représentants du corps diplomatique, du gouvernement
central et des dirigeants de la Republika srpska, a revêtu un caractère purement religieux.
Toutes les mosquées de Banjaluka (19) ont été détruites pendant la guerre.
En revanche, on ne sait toujours pas quand la pose de la première pierre de la mosquée Osman-pasha
pourra être de nouveau organisée à Trebinje : on se souvient que le 5 mai dernier la foule des
manifestants serbes avait empêché une première tentative.
LES MÉDIAS ET LE DIALOGUE INTER-RELIGIEUX
Début juin, une conférence était organisée à Banja Luka par le Comité d'Helsinki
pour les droits de l'homme de la Republika srpska, dont le thème
était "Le rétablissement de la confiance en B-H et les relations entre les communautés religieuses".
Ce devait être l'occasion, après les douloureux événements survenus à Banja Luka ces deux derniers
mois, d'instaurer un véritable dialogue entre ces communautés et de rétablir un climat de confiance dans
la région. Mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Ceci fut évident
dès le premier jour, lorsque l'on apprit que, comme d'habitude, pas un seul représentant de
l'Eglise orthodoxe ne serait présent. La première séance, qui portait sur "Le
rôle des communautés religieuses en Bosnie-Herzégovine", a commencé dans une atmosphère dépressive et apathique. Cette tentative de
réunir des représentants des quatre communautés religieuses pour qu'ils définissent leur propre
perception du rôle que celles-ci devraient et pourraient jouer fut donc de nouveau vouée à l'échec.
Sejfudin Tokic a évoqué de prime
abord le problème des médias et de leur impact sur l'ensemble de la vie sociale, y compris les relations
entre les communautés religieuses.
Il a souligné le fait qu'au cours des dix dernières années, les communautés religieuses s'étaient
totalement identifiées à la politique quotidienne. Il a rappelé la nécessité de
faire la part entre la religion et la
politique.
Pourtant cette vision d'une séparation
drastique entre le religieux et le
politique demeure bien abstraite, car
la liberté religieuse est une
composante de toute société
démocratique. D'ailleurs, l'influence
de la religion sur le plan politique est
parfois plus que bénéfique, lorsqu'elle
tend à se mettre au service de
l'humanité et
de causes nobles, qui échappent aux
différents enjeux politiques. Le rôle
des médias est tout aussi important,
qui promeuvent les différentes formes de dialogue au sein de la société, y
compris le dialogue inter-religieux. Ils
peuvent également favoriser la
tolérance et le respect sous toutes
leurs formes - que ce soit par
l'éducation, la mise à disposition
d'informations et commentaires
objectifs et véridiques, ou par
l'expression de jugements critiques vis-à-vis du phénomène religieux au sein
de la société. La seconde séance,
dont le sujet était "La politique et la
religion ", devait faire le lien entre les
médias et le reste de la société et
tenir compte du parallélisme de leur
action et réflexion.
Mais la séance la plus intéressante et
la plus positive aura été celle qui avait
pour thème " Les médias et les
relations inter religieuses", au cours de
laquelle le rapport entre les médias et
la religion, en tant que pivot du
comportement inter-religieux, s'est
trouvé au centre des discussions.
L'intérêt de cette réunion fut renforcé
par la présence de nombreux
journalistes, conscients du rôle qui est
le leur en B-H et de leur possible
influence sur une société à la dérive.
Dans son introduction, intitulée "Le
rôle des médias dans l'établissement
de rapports inter-religieux ", Branko
Peric a souligné que les communautés
religieuses se méfiaient des médias -
et vice-versa. Alors que les médias
font de véritables efforts pour obtenir
des informations auprès de ces
communautés, celles-ci adoptent
généralement une attitude négative et
restrictive. Peric a suggéré que les
médias servent de catalyseurs, en
encourageant le dialogue interethnique
et contribuent à créer un climat de
confiance et de tolérance - à
condition, naturellement, que leurs
informations soient objectives et
exemptes de tout sentiment de haine
ou d'intolérance. De leur côté, les
communautés religieuses doivent
s'ouvrir aux médias, entretenir des
rapports répondant aux besoins de la
région. On pourrait seulement
reprocher à Branko Peric de ne pas
avoir fait de suggestions concrètes
quant à la mise en oeuvre de ses
suggestions. Fr. Marko Osolic et
Sejftidin Tokic ont souligné les
problèmes liés à la formation des journalistes attachés à la foi et à la
religion, ainsi que des médias
s'adressant directement aux
communautés religieuses.
On constate chez les médias
une conception plutôt
monarchiste des communautés religieuses, l'absence de
connaissances élémentaires des problèmes de la foi et de la religion, un
manque d'information et une attitude négative. Mais les communautés
religieuses, de leur côté, font preuve d'une réelle incapacité à établir
des relations avec les médias et
d'une attitude négative vis-à-vis des
journalistes à qui elles prêtent à
priori une attitude "agressive" et
restent donc presque toujours sur la
défensive. Goran Kapor a pour sa
part souligné l'impact du facteur ethnique sur les reportages concernant des événements religieux et
l'attitude négative adoptée vis-à-vis
des "autres" communautés religieuses minoritaires. La quatrième
réunion, dont le sujet était : "Comment restaurer un climat de confiance entre les communautés religieuses en B-H ", a démontré que le
besoin d'une éducation systématique et permanente et d'une intégration à tous les niveaux se faisait
cruellement ressentir. L'engagement
des citoyens dans ce domaine est la
seule garantie d'une coexistence
entre les diverses religions dans cette région. Seule une société citoyenne, n'étant basée ni sur l'ethnie ni
sur la religion, pourra assurer une
vie normale aux différents groupes
ethniques et religieux. Cette conférence n'a malheureusement
abouti à aucun résultat concret mais a
pourtant prouvé la véritable volonté
de cette société d'établir un dialogue
et d'user du langage de la tolérance.
De nombreuses questions ont été
posées sur l'objectivité des médias,
leurs compétences, professionnalisme
et indépendance. Mais aucun modèle
crédible ne fut présenté ni même
suggéré. Il est vrai que le débat a
aussi porté sur l'existence de la Loi
sur les communications publiques
comme modèle de régulation du rôle
de ces médias. Soulignons que ce
modèle de régulation des médias par
un cadre juridique est le propre des
régimes répressifs et que cette
méthode pourrait très facilement
remettre en cause la liberté même
des médias. Ce qui est clairement
ressorti de ces débats c'est la
nécessité de former les médias en
matière de religion. Mais il fut aussi
cruellement évident que les
communautés religieuses - leurs
leaders surtout - n'avaient aucun désir
d'instaurer des relations interactives
et fructueuses avec les médias.
| Serbie |
MILOSEVIC À LA RAYE, C'EST COMBIEN ?
Après maints refus, tergiversations et ergotages, le
gouvernement "fédéral" a fini par adopter un projet de loi relatif
aux extraditions, ou plus justement, aux transfèrements à La Haye des
individus inculpés par le TPIY. Ce texte est appelé à être examiné par le
parlement de la RFY avant la fin du mois de juin, mais il risque d'y être rejeté.
Les députés du SNP (parti monténégrin ex, mais toujours, pro-milosevicien)
s'y opposeront certainement, comme l'ont fait, au gouvernement, leurs représentants.
Ce refus n'empêcherait toutefois pas l'expédition de Milosevic en Hollande,
puisque le Premier Ministre, Zoran Djindic, vient de découvrir qu'une loi spéciale
n'était pas nécessaire pour cela, l'obligation de coopérer avec le TPI
s'imposant automatiquement à tous les Etats membres de l'ONU. Zoran Djindjic
n'en est pas, par bonheur, à un retournement près. Le Président Kostunica,
contraint de se rallier à la solution imposée par le contexte international ne
cache pas, lui, sa rancoeur. La crise qui s'approfondit entre partenaires serbes
et monténégrins de la majorité fédérale"
complique encore plus le problème des relations entre le Monténégro et la
Serbie, leur union se voyant menacée par ses partisans eux-mêmes.
Ce revirement, préparé par les déclarations antérieures de plusieurs
responsables, dont les ministres de la Justice de Serbie et de la "Fédération"
a été accéléré par la découverte de 86 corps d'Albanais du Kosovo (hommes,
femmes et enfants), transportés d'un camion frigorifique jeté dans le Danube
en avril 1999, vers un charnier près
de Belgrade. Un autre de ces charniers a été, depuis, localisé près de
Kladovo, en Serbie orientale, avant que le Ministre de l'Intérieur n'en annonce
l'existence d'un troisième, dans une autre région. Les traces opportunément
retrouvées de ces crimes ont conduit à la mise en cause directe de Milosevic
pour tous les forfaits perpétrés au Kosovo et leur dissimulation. Le débat s'étend
maintenant au rôle du général Pavkovic, ancien et actuel chef d'état-major
de l'armée, protégé par Kostunica. Dans des conditions liées aux luttes qui
opposent anciens et nouveaux dirigeants, armée et police, différentes
fractions de l'année et de la police entre elles, partis alliés à l'intérieur
du DOS et de la coalition DOS-SNP, il s'agit de la première reconnaissance avouée
de crimes de masse commis par des organes relevant de l’Etat serbe ou
"yougoslave".
Mais la cause principale de ce changement d'attitude est ailleurs. Si les
dirigeants serbes l'obstinaient à
ne vouloir juger Milosevic et ses complices que sur les chefs d'accusation
qu'ils auraient eux-mêmes choisis, et par leurs propres tribunaux, ils iraient
droit à la catastrophe. Ils ont un besoin vital d'un succès de la Conférence
des donateurs qui doit se tenir à la fin du mois de juin. C'est toujours Zoran
Djindjic qui déclare à la télévision : "Le ciel nous tombera sur la tête
si nous ne parvenons pas à effacer au moins 65% de notre dette extérieure -
estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars - d'ici à fin juin. Tout
autre solution équivaudrait à un suicide". Il faut regretter, une fois de
plus, que la pression nécessaire et décisive ne soit venue que de Washington,
qui a menacé de ne pas participer à cette réunion si Belgrade ne respectait
pas ses obligations.
Pour la petite histoire, on peut relever qu'un progrès important pour le droit
des femmes vient d'être réalisé en Serbie, sans intervention étrangère. Vuk
Obradovie, président du parti social-démocrate et vice-premier ministre du
gouvernement de Serbie, a été privé de toutes ses fonctions, au Parlement, au
gouvernement et dans le DOS, pour s'être livré à un harcèlement sexuel généralisé
à l'encontre de son entourage féminin. Il faut signaler qu'il était aussi le
président, actif, de la Commission chargée de traquer les prévarications et
de dénoncer la corruption qui caractérisait le régime déchu, avec des
ramifications dans tous les secteurs de la société.
UN APPEL DE FRANÇOIS CRÉMIEUX EN FAVEUR DU CENTRE ANDRÉ MALRAUX
Vous êtes toutes et tous (ou
presque) passés un jour par le Centre André Malraux à Sarajevo.
La table en verre, les films de Godard, jean na Moreau entre Jules et Jim, le
mur de Pleaides, les photos de Malraux et les étudiants de français qui n'ont
de cesse d'aller et de venir...souvenirs ?
Aujourd'hui, la magie du centre se heurte de plus en plus à la réalité de ses
financements et à l'impossibilité pour la toute petite équipe qui y travaille
de faire face à tout :l'organisation du salon du livre de jeunesse, la préparation
de la venue de Bernard Pivot pour sa dernière émission depuis la bibliothèque
de Sarajevo (fin Mai), la projection du Goût des autres et l'accueil d'Agnès
Joui (en Juin), l'organisation des rencontres européennes du livre de
Sarajevo(en septembre), le montage d'une exposition spéciale d'Enki Bilal et
l'accueil quotidien des 400 étudiants de français .. le tout entre un séminaire
d'anesthésie, une rencontre des éducateurs ou des jumelages entre hôpitaux
bosniens et français,
Dans ce contexte, les amis et compagnons de route de nos différents projets
sont une de nos forces principales. Alors si vous êtes prêt à faire un don à
Paris Sarajevo Europe/Centre André Malraux .
Amicalement
François Crémieux
PS Merci de libeller vos chèques à l'ordre de Paris Sarajevo Europe et de les
adresser à Paris Sarajevo Eorope 26, rue de Saintonge 75003 Paris
Réapparaissant en forme de
revue bisannuelle, la Nouvelle Alternative, prise en main par une équipe
rajeunie, consacre son premier numéro de 2001 aux "Relations de voisinage
dans l'Europe Centrale et du Sud-Est post-communiste ". A signaler dans ce
dossier, l'étude de Nadège Ragaru "Serbie libérée, Serbie méconnue?",
qui illustre l'ignorance et la versatilité des médias français dans le
traitement des événements de Serbie, dont elle propose une analyse très
proche de celle que notre Bulletin a proposée au cours des dernières années
un travail solide et bien documenté,
Association des amis et lecteurs de la Nouvelle Alternative
| Calendrier |
En commémoration du sixième
anniversaire de la chute de Srebrenica, un voyage est organisé du 7 au 15
juillet 2001 par Mères pour la Paix, Nous travaillons actuellement en liaison
étroite avec les femmes de Srebrenica. Programme provisoire :
9 et 10 juillet – Festival Interculturel de Mostar
11 juillet - Manifestation silencieuse à Sarajevo ' Pose de la première pierre
d'un mémorial à Potocari, site de la base ONU où le plus grand nombre de
disparus ont été vus vivants pour la dernière fois,
Visite à Srebrenica. ' Journées Portes Ouvertes dans les camps.
Des réunions préparatoires publiques seront organisées fin juin afin de préciser
les modalités pratiques du voyage sur la base d'un coût de 1200 F (183 £) par
personne, avec logement chez l'habitant à Mostar, Sarajevo et Tinja. Tarifs
familles ou étudiants possibles. D'ici là, prénscriptions et toutes
informations complémentaires auprès de
Mères pour la paix 71, rue Gaston-Baratte
Villeneuve-d'Ascq
Tél/fax : 03.20.64.03.97
Email : merepourlapaix@nordnet.fr
Une deuxième Rencontre des Ecrivains européens à Sarajevo
Du 26/9 au 1/10/2000 grâce à une initiative commune du Festival des écrivains "Etonnants Voyageurs" de Saint-Malo et du Centre culturel français André Malraux de Sarajevo, une Rencontre entre écrivains européens s'était tenue dans cette ville. Le Festival "Etonnants Voyageurs" doit son succès à l'idée d'une "littérature mondiale". C'est dans cette même vision de la littérature et de son impact qu'est né, en plein siège de Sarajevo, le Centre André Malraux dont le but est d'entretenir les liens culturels entre cette ville et le reste du monde. Le Centre André Malraux a survécu à la guerre et représente aujourd'hui l'une des institutions culturelles les plus dynamiques de la capitale de la Bosnie-Herzégovine. La première Rencontre a été synonyme de vie et de dialogue. Au "coeur de l'Europe" en pleine ébullition, symbole de l'errance et de l'aveuglement de la "communauté des nations", de nombreux auteurs, traducteurs, musiciens, photographes, acteurs, cinéastes et intellectuels d'Algérie, Bosnie-Herzégovine, France, Italie, Grande-Bretagne, Espagne et Turquie ont, pour la première fois depuis la guerre, entamé un large débat, rappelé les vestiges du passé, exposé leurs projets, leur vision, leurs espoirs, leurs aspirations et surtout leur volonté de construire une Europe fraternelle et ouverte. Vu le succès de la première Rencontre, une deuxième va être organisée à Sarajevo, du 27 septembre au 3 octobre 2001. Grâce à l'aide déjà promise, tant par les structures institutionnelles que par des partenaires privés, la Rencontre prendra cette année de nouvelles dimensions, Le prestigieux Comité de soutien à cette manifestation, composé de JMG Le Clézio, Gunther Grass, Ismwil Khadaré, Orhan Parnuk, Claudio Magris, Salman Rushdie, José Saramago, Vidosav, Stevanovic, Oriana Fallaci, Juan Goytisolo, Edgar Morin, Predrag Matvejevic, Izet Sarajlic, Dzevad Karahasan, Vaclav Havel, George Steiner, Florence Malraux, Assia Djebar, Bronislaw Geremek, Cseslaw Milosz., et présidé par l'écrivain Jorge Semprun, donnera à cette manifestation sa véritable légitimité.
Légion d'honneur pour DIVJAK Jovan
DIVJAK, général à la retraite, ancien numéro 2 de l'armée bosniaque a été décoré de la légion d'honneur. A l'occasion de la remise de cette décoration à l'ambassade de France à Sarajevo, DIVJAK a fait appel à la France pour soutenir la Bosnie dans sa lutte pour le progrès et son intégration à l'Europe.
Président:
Francis Jeanson |
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