Lettre d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 98 mai 2001

DERNIERES NOUVELLES

D'après le quotidien belgradois "Glas Javnosti" entre 2000 et 2500 corps ont été transportés du Kosovo en Serbie sur l'ordre de Slobodan Milosevic" (cf.page7)

On connaîtra sans doute bientôt le proche avenir pénitentiaire de Milosevic. Les autorités de Belgrade paraissent en effet résignées à le livrer au Tribunal de La Haye (voir p.7) Aussi importante que la comparution devant le TPIY de l'homme qui personnifie l'aventure criminelle, qui a entraîné la désagrégation violente de la Yougoslavie, avec toutes ses conséquences, serait l'ouverture du processus qui conduirait la Serbie au réexamen et, on veut le croire, à l'abandon d'une politique dont elle n'a toujours pas répudié globalement les prémisses. A tous les Serbes qui ne veulent pas reconnaître la réalité des atrocités commises par leur armée, leur police et leurs milices au Kosovo, l'exhumation des restes d'une centaine de cadavres d'un charnier situé à quelques kilomètres de Belgrade devrait au moins prouver que les accusations portées contre leurs dirigeants n'étaient pas une invention à base de montages et de falsifications forgés par l'étranger, afin d'abaisser et asservir leur pays. Une fois ce verrou sauté, la vérité sur la nature, l'étendue et la responsabilité de la catastrophe infligée à tous les pays de l'ex-Yougoslavie pourrait émerger du magma de mythes, de mensonge et de confusions qui encombrent les consciences. Si l'on se réfère à l'avalanche de protestations provoquée par une récente diffusion par la télévision B 92 d'un film de la BBC sur Srebrenica et aux enquêtes d'opinion menées en Serbie sur la guerre en Bosnie, on est encore loin du compte et il est à craindre que les ruptures nécessaires ne tardent à se manifester.
Il ne s'agit pas de réclamer la vérité, comme une pure exigence intellectuelle et morale. Il s'agit de jeter les bases d'une entente viable entre tous les citoyens et les peuples de la
région, à l'intérieur de leurs Etats et entre ceux-ci.
Si ce qu'on appelle la "Communauté internationale" ne peut se substituer aux individus et aux groupes qui constituera les sociétés en cause pour lisser les hem leur permettant de vivre ensemble, elle peut aider à la pacification des relations civiles et politiques, en imposant le respect de certaines normes reconnues L'exemple de la Macédoine montre, après d'autres, la difficulté de la tâche, mais aussi que l'expérience acquise commence à porter ses fruits.
En avançant que la solution de la crise macédonienne devait être trouvée dans la double affirmation de l'intégrité territoriale de l'Etat et de la nécessité d'"un véritable dialogue, y compris sur les questions d'ordre constitutionnel" - c'est à dire portant sur le caractère bi-national, ce qui ne signifie pas biterritorial, du pays- le Conseil européen de Göteborg a justement énoncé les données du problème et les clés de sa résolution. Il resterait aux Quinze - qui ont décidé la nomination d'un représentant permanent à Skopje et à l'OTAN - de convaincre les dirigeants (slavo) macédoniens que leur refus de discuter avec les "terroristes" devait être compris à la lumière des déclarations similaires entendues sous tous les cieux, jusque tout près de chez eux, dans la vallée de Presevo, où l'accord sur le désarmement de la guérilla albanaise a bel et bien été conclu, après de longues discussions, sous supervision internationale, avec des "terroristes".
La tentative de l'Académie des sciences et des arts de Macédoine, ou d'une partie de sa direction, de promouvoir le projet d'un vaste re-découpage de frontières sur une base ethnique, impliquant la Macédoine et l'Albanie, pourrait n'être prise que comme un canular si ne venaient s'ajouter d'autres grandes idées du même genre, comme celle de l'obstiné Lord Owen, qui propose un réaménagement des Balkans encore plus large et plus radical. Il est à penser que ces plans s'en iront en fumée, encore que persiste toujours le risque qu'il en subsiste un élément, par exemple celui qui concerne le rattachement de la "Republika Srpska" à la Serbie. C'est pourquoi la question de la redéfinition des structures et des pouvoirs en Bosnie-Herzégovine, ainsi que celle qui lui est liée de la défaite des forces nationalistes incarnées par le SDS, demeurent  d'actualité (voir p.3) comme celle de l'arrestation de ceux qui en sont les figures de proue en cavale, Karadzic et Mladic.

Sommaire

EDITORIAL

Bosnie
UN NOUVEAU PRESIDENT
LES INSTITUTIONS COMMUNES MENACÉES DE FAILLITE ?
EXPOSITION ENKI BILAL A SARAJEVO
LA SITUATION EN REPUBLIKA SERPSKA
POSITION ÉQUIVOQUE DES PROTECTEURS INTERNATIONAUX
FAUT-IL UNE COMMISSION DE VÉRITÉ POUR LA BOSNIE ?
POUVOIR ABSOLU POUR PETRISCH ?
A MOSTAR, LES TRAVAUX DE RECONSTRUCTION DU VIEUX PONT ONT COMMENCÉ
FERHADIJA - LA PREMIÈRE PIERRE
LES MÉDIAS ET LE DIALOGUE INTER-RELIGIEUX

Serbie
MILOSEVIC À LA RAYE, C'EST COMBIEN ?

UN APPEL DE FRANÇOIS CRÉMIEUX EN FAVEUR DU CENTRE ANDRÉ MALRAUX
La Nouvelle Alternative

Calendrier
Srebrenica, Six ans !
Une deuxième Rencontre des Ecrivains européens à Sarajevo
Légion d'honneur pour DIVJAK Jovan

Bosnie

UN NOUVEAU PRESIDENT

Au cours des huit prochains mois, la Présidence tricéphale de la B-H aura un nouveau président: il s'agit de Jozo Krizanovic, nommé suite à la destitution, par le Haut Représentant, d'Anto Jelavic, chef des extrémistes du HDZ qui réclament la création d'une entité croate en B-H. Krizanovic a déclaré que la présidence (actuellement formée de Krizartovic, Belkic et Radisic) avait convenu de se fixer les priorités suivantes : réformes constitutionnelles, judiciaires et économiques, accélération du retour des réfugiés, renforcement des institutions communes en B-H et lutte contre la corruption. Elle s'efforcera de promouvoir sa coopération avec la "communauté internationale" (lire: le HR, l'OSCE, la SFOR, l'IPTF, la Banque mondiale), ainsi qu'avec le Tribunal de la Haye. La Présidence compte également oeuvrer pour renforcer la collaboration avec la diaspora bosniaque (qui se chiffre à près d'un million), ainsi qu'avec les communautés religieuses et les ONG.

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LES INSTITUTIONS COMMUNES MENACÉES DE FAILLITE ?

De son côté, le président du Conseil des ministres (central), Bozidar Matic, a averti la Présidence que "les institutions de B-H étaient menacées de faillite". Matic estime que les premiers cent jours de son "gouvernement" ont amplement démontré que le pays devait être doté d'un gouvernement "normal", ayant des compétences et responsabilités "normales". Actuellement, le Conseil des ministres de B-H fait figure d'organe consultatif, les véritables compétences (armée, police, taxes, éducation, énergie, PTT, fonds de retraites, etc.) étant du ressort des entités et, dans le cas de la FB-H, des cantons. Dans cette situation, l'Alliance démocratique, qui dispose désormais de postes-clés, propose l'adoption d'une loi qui transformerait l'actuel Conseil des ministres en un véritable gouvernement, disposant des moyens nécessaires pour mener à bien son action. Or, les partis au pouvoir en RS (Republika srpska), toujours tournés plutôt vers Belgrade et l'idée d'une Grande Serbie, ne soutiennent pas l'Alliance. Matic a lui-même souligné que l'on posait trop souvent la question des compétences du Conseil des ministres qu'il est censé présider, que ce Conseil ne disposait même pas d'un secrétariat, ni de certains des ministères et commissions nécessaires. Ainsi "ce gouvernement central" n'étant pas compétent, n'a pas été en mesure d'intervenir au moment des incidents de Mostar, Trebinje et Banjaluka. En outre, a déclaré Matic, ces incidents ont découragé les donateurs et certaines des négociations déjà inscrites dans le calendrier ont été décommandées. Faisant le bilan des trois mois passés à la tête de ce "gouvernement", Matic a déclaré que celui-ci avait répondu aux engagements découlant de certains accords internationaux et autres projets d'ordre non-législatif, mais qu'il y avait beaucoup de retard dans l'adoption des lois, ce qui, selon lui, est dû au fait "que les entités n'arrivent pas à s'entendre". La nouvelle loi électorale compte parmi les lois qui n'ont toujours pas été votées - mais dont dépend l'admission de la B-H au Conseil de l'Europe. Si cette loi électorale n'est pas votée au cours du mois de juin, la B-H devra renouveler sa demande d'admission au Conseil de l'Europe l'année prochaine. Le gouvernement (Conseil des ministres) de Matic a pourtant réussi à faire le nettoyage dans certains de ses rares ministères, dont celui des affaires étrangères. Il est par ailleurs en train d'élaborer une véritable plate-forme de politique étrangère et prépare un important remaniement diplomatique. Il ne faut pas non plus oublier que l'Alliance démocratique, comme toutes les coalitions, doit aussi tenir compte de ses propres contradictions. Si bien que Bozidar Matic se voit contraint d'accepter des compromis qu'il aurait préféré éviter. L'impossible héritage laissé à l'Alliance par les partis nationalistes, qui ont fait la loi pendant 10 ans, est un fardeau très difficile à porter. 

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EXPOSITION ENKI BILAL A SARAJEVO

Une grande exposition d'Enki BILAL a été inaugurée, fin mai, dans la galerie nationale B&H à Sarajevo. Parlant aux journalistes, BILAL a expliqué qu'il voulait montrer au public de Sarajevo sa manière de voir le monde, plus spécialement la tragédie de Bosnie-Herzégovine, Enki BILAL a participé à l'émission "Bouillon de culture" animée par Bernard PIVOT dans le hall de la fameuse bibliothèque nationale, incendiée pendant la guerre par la soldatesque de Karadzic. Y ont pris part également Hanifa KAPIDZIC, professeur à l'université de Sarajevo, Predrag MATVEJEVIC, écrivain et professeur à l'université Sapienza de Rome, Jorge SEMPRUN, écrivain, Bemard -Henri LEVY, philosophe et Yves MICHAUD, professeur de philosophie.
L'émission était intitulée: "La culture:: elle unit ou elle désunit ? Elle rassemble ou elle sépare ?"

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LA SITUATION EN REPUBLIKA SERPSKA

L'Alliance démocratique s'efforce de parer à cette situation et propose, sur la base des décisions formulées par écrit par la "communauté internationale", de renforcer les institutions communes (gouvernement central, parlement, unification des armées etc.), mais elle se heurte aux partis nationalistes, au SDS surtout (le parti de Karadzic) qui détient en fait les rênes du pouvoir en RS. La politique du premier ministre de la Republika srpska, Mladen Ivanic
semble déjà vouée à l'échec, même si on la compare à celle de son prédécesseur, Dodik. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui, à Banjaluka, regrettent déjà Milorad Dodik. Quant
à Ivanic, il utilise deux langages: un langage modéré vis-à-vis des protecteurs occidentaux et un langage très différent, très dur, dans la réalité. Il maintient son opposition radicale à tout renforcement des institutions communes et trouve ses appuis à Belgrade (auprès de Kostunica en particulier). Encouragé par le SDS, il refuse pratiquement toute coopération avec le TPI et il n'y a jamais eu d'arrestation de criminels de guerre en RS ; or, la majorité d'entre eux y sont réfugiés.Ivanic n a pas réussi à améliorer la situation économique et sociale: dans cette entité, les gens vivent dans la misère. Ajoutez-y les incidents de Trebinje et de Banjaluka, ainsi que l'opposition systématique des autorités locales au retour des réfugiés - et vous aurez une image complète de la RS d'aujourd'hui ! 

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POSITION ÉQUIVOQUE DES PROTECTEURS INTERNATIONAUX

On en revient inévitablement au rôle joué par la communauté internationale, qui est le véritable maître sur le terrain. Aux yeux des Bosniaques, sa politique n'est pas très claire. Quelle est sa véritable conception de la B-H ? A en juger par une déclaration des ministres de l'UE le 10 juin dernier, "la B-H est loin d'être un pays disposant de structures autosuffisantes et susceptible d'assurer lui-même la mise en oeuvre des accords de paix (Dayton)." L'UE soutient l'Alliance et estime qu'Ivanic apporte un "soutien pragmatique" à cette Alliance, ce qui est tout à fait erroné. L'UE attend que le "gouvernement central" s'acquitte rapidement des tâches qui lui ont été imposées par l'European Road MAP, parmi lesquelles la promulgation d'une loi électorale, d'une législation sur les rapports de propriété et le retour des réfugiés. Or, la nouvelle loi électorale est bloquée au Parlement par les partis de la RS (dont celui d'Ivanic) et par le HDZ; la "communauté internationale" compose avec ces deux partis. Ces mêmes partis s'opposent à ce que le "gouvernement central" se "mêle" des questions économiques afférentes à la RS et aux territoires contrôlés par le HDZ. Pour ce qui est du retour des réfugiés, les membres du HDZ et l'administration d'Ivanic continuent à s'y opposer, en utilisant la dynamite si besoin est.
Quant à l'économie, les ministres européens ont constaté avec justesse que le revenu national per capita n'était que de $972, que le PNB n'avait pas atteint la moitié de ce qu'il était avant la guerre et que 40% de la population était au chômage. Prétendre ensuite avoir versé à la Bosnie "plus de 5 milliards de dollars" est une véritable exagération. S'il est vrai que l'on avait promis $5,5 milliards à la Bosnie, cela n'a toujours pas été prouvé, et il n'existe aucune donnée permettant d'évaluer les dépenses occasionnées par la présence des "facteurs internationaux" et prélevées sur les sommes allouées à la Bosnie. L'UE exige que la Bosnie passe désormais du système des donations à celui des investissements directs. Mais, avant de pouvoir attirer le capital étranger privé, la Bosnie doit pouvoir bénéficier d'une Aide publique de l'Occident.
D'une manière générale, l'UE rejette sur la Bosnie tout ce qui ne va pas dans ce pays. Oubliant certains faits incontournables : la communauté internationale a toléré et continue à tolérer les extrémistes nationalistes; les "liens spécifiques" entre la RS et Belgrade ; elle ne soutient qu'en principe l'Alliance démocratique et ne fait rien pour arrêter les criminels de guerre. A Sarajevo, nombreux sont ceux qui estiment qu'une bonne partie des fonctionnaires internationaux sur place ne sont pas à la hauteur; notamment ceux qui "veillent" sur les médias. Sans parler de 1'implication de certains fonctionnaires internationaux, y compris de la SFOR et de l'ITPF, dans des affaires criminelles. Ces faits ont été corroborés par le Secrétaire général des Nations unies lui-même. L'attitude de la communauté internationale et ses tergiversations pourraient en fin de compte susciter une réprobation générale. Vu la situation peu encourageante en B-H, Kofi Anan a d'ailleurs conclu tout récemment que la mission internationale" devait être poursuivie. Elle sera donc prolongée. Mais il faudrait qu'elle s'attaque à des tâches précises, celles qui ont été fixées à Dayton, Sirta, Madrid et Bonn.

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FAUT-IL UNE COMMISSION DE VÉRITÉ POUR LA BOSNIE ?

Un grand nombre d'ONG et de représentants de la société civile des deux entités réclament une Commission pour la Vérité et la Réconciliation (CVR) en B-H. Son but serait de faire toute la lumière sur l'expérience des victimes, ainsi que d'examiner le rôle de chacun des éléments et des institutions ayant préparé le terrain pour la violence, afin de comprendre la genèse du conflit et d'éviter qu'une telle situation ne se reproduise. 
Richard Goldstone pense que l'expérience Sud Africaine est pertinente : sans la CVR, les dénis de la part des auteurs des abus se seraient répandu, alors qu'aujourd'hui la communauté blanche assume son passé et la nature criminelle de l'apartheid. Mais la CVR sud-africaine, pour obtenir des témoignages, offrait aux auteurs d'abus de les amnistier en échange de leur aveu public. Les suspects qui refusaient la proposition étaient susceptibles de poursuites. 
Pour la Bosnie, pas question d'amnistie : le TPIY est formel sur ce point. Et les victimes, les survivants de Srebrenica entre autres, qui réclament depuis des années le jugement des criminels inculpés, n'accepteraient pas un tel accord. D'où une question de fond : sans pouvoir d'amnistie, comment inciter les aveux ? (Autre bonne question : comment garantir la sécurité des témoins dans les conditions actuelles?)
Claude Jorda, président du TPIY, s'est déclaré favorable au projet d'une CVR bosniaque - à condition qu'elle complémente le travail du TPIY et n'empiète pas sur son mandat. Le rôle du TPIY, a-t-il rappelé, est de promouvoir la réconciliation par le jugement et la punition des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide. En traitant de la responsabilité individuelle, le tribunal évite la culpabilisation des groupes ; il neutralise les grands criminels en les enlevant de la société ; il soulage les victimes en leur donnant la parole, dans un contexte public et solennel, et, en établissant la vérité juridique, il prévient tout révisionnisme. Mais l'action du TPIY a quatre limites de taille. Il ne peut pas juger tous les criminels : ainsi doit-il donner la priorité aux responsables les plus importants. Il ne peut pas entendre les dizaines de milliers de victimes, ni leur proposer une compensation. Il n'est pas dans son mandat de faire l'analyse de toutes les causes - historiques, politiques, sociologiques, économiques - de la guerre. Enfin, le TPIY ne peut pas, seul, aller au bout du travail de mémoire nécessaire à la construction d'une identité nationale. 
Une CVR issue de la société civile pourrait, selon Jorda, compléter le travail du TPIY. Elle écouterait les aveux des exécuteurs physiques des crimes. Les criminels entendus pourraient espérer, au mieux, que soient considérées des circonstances atténuantes" lorsqu'ils apparaîtront devant le Tribunal ou une cour nationale. Aux victimes, la Commission pourrait proposer des réparations symboliques. Après avoir entendu les témoignages, la Commission pourrait rédiger une analyse des causes de la guerre pour informer les générations présentes et futures. Enfin, en tant que forum ouvert à tous, la Commission faciliterait la construction d'une mémoire collective partagée par tous les citoyens de la B-H.
Jorda souligne que la CVR ne devrait pas disposer des pouvoirs qui sont ceux du TPIY, comme celui de déterminer la responsabilité politique et morale des individus. Les statuts de la Commission devraient l'obliger à coopérer pleinement avec le Tribunal. Jakob Finci, président du Comité national pour la création de la CVR, pense qu'une partie importante du travail de la commission serait de documenter les témoignages des "vrais héros" de la guerre : ceux qui résistaient à l'hystérie nationaliste et qui, à leurs risques et périls, protégeaient les victimes membres d'autres groupes ethniques.
  Certains défenseurs du projet, avec tout le respect dû au TPIY, estiment que La Haye est loin et que seule une CVR en Bosnie pourrait stimuler un vrai débat public sur la guerre et ses causes.  Mais d'autres Bosniaques pensent qu'il est encore trop tôt. Pour Vildana Selimbegovic, rédactrice de Dani, il suffit de jeter un regard sur les livres scolaires pour constater la division profonde de la société. Division exacerbée par la communauté internationale qui, s'inclinant devant le principe de l'équivalence morale, a censuré les expressions "agression", "génocide" et "crimes de guerre", préférant parler des "parties en conflit". Les seigneurs de la guerre, nationalistes de tous poils, gèrent la paix. Les survivants de Srebrenica ne peuvent toujours pas se rendre dans cette ville sans escorte policière. Dans ces conditions, imaginer une CVR indépendante est irréaliste. (Mirko Sarovic, président de la RS, a déjà annoncé la création d'une CVR spéciale pour l'entité serbe !) Il faut d'abord rétablir l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme. Pour ceci, Selimbegovic compte sur le travail du TPIY. Or ce dernier a au moins 5 ans de travail devant lui. Chaque année qui passe renforce les effets de la propagande nationaliste, surtout dans les esprits des enfants. Si la SFOR se retire, la guerre pourrait reprendre. D'où l'urgence d'une mesure qui pourrait ouvrir la voie à quelques espoirs : étaler la vérité sur la place publique afin de rendre possible, à terme, la réconciliation.
COMBIEN D'INCULPATIONS SECRÈTES ?
Le 23 mai, le TPIY comptait 38 inculpés en liberté, dont une douzaine dont les inculpations sont scellées. Sur les 38 inculpés (qui ne sont pas tous des Serbes), 12 se trouvent dans la RFY et les autres - Karadzic et Mladic compris - en Republika Srpska.

Florence Hartman

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POUVOIR ABSOLU POUR PETRISCH ?

Wolfgang Petritsch, Haut représentant en B-H, a proposé l'intégration en une seule mission, de toutes les organisations internationales sensées contribuer à la mise en oeuvre des accords de Dayton. Il s'agit de la mission de Petritsch lui-même, de la représentation des Nations unies (dirigée par le général Klein) et de l'OSCE. Dans une lettre à Mirce Geona, Petritsch propose que toutes ces missions soient placées sous son autorité. Le général Jacques Klein avait déclaré récemment que le fait d'avoir un grand nombre de missions, qui faisaient toutes la même chose, était contre-productif.

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A MOSTAR, LES TRAVAUX DE RECONSTRUCTION DU VIEUX PONT ONT COMMENCÉ

MOSTAR, Bosnie-Herzégovine (AP) --
Ils étaient des centaines jeudi, officiels et habitants, rassemblés sur les rives escarpées de la Neretva, pour assister à l'événement: le début des travaux de reconstruction du pont de Mostar, chef d'œuvre du patrimoine mondial et symbole historique de tolérance dans une Bosnie multiculturelle et multiethnique, détruit pendant la guerre en 1993. Le Stari Most (Le "Vieux Pont"), achevé sous l'empire Ottoman en 1566, s'était effondré sous les tirs des chars croates le 9 novembre 1993, pendant la guerre qui opposa musulmans et croates de Bosnie. Il avait depuis cédé la place à un pont provisoire, suspendu. La destruction du pont, ouvrage d'art protégé par l'UNESCO mais aussi symbole de toute la culture de cette Bosnie multiethnique, vint creuser encore plus le fossé entre les deux communautés qui avaient cohabité si longtemps en harmonie dans la ville. Détruit par les croates, le pont ottoman était devenu un pont "musulman"... 
Après des années de travaux préparatoires, la société turque Yapi Merkezi a donc commencé à rebâtir les fondations du monument. Avec pour objectif de reconstruire à l'identique cet ouvrage médieval, surplombant les eaux vertes de la rivière encaissée, et qui avait donné son nom à la petite cité prospère. Après son effondrement, des blocs de pierre furent repêchés de la rivière pour une reconstruction. Le projet lancé en 1998 par l'UNESCO, la Banque mondiale et la ville de Mostar devrait être achevé d'ici la fin 2002. De nombreux pays, parmi lesquels la Croatie, la Turquie, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, les Pays-Bas et les Etats-Unis, ont contribué au projet, auquel la Banque mondiale a participé via un prêt de 4 millions de dollars. Pour Hamdija Jahic, maire-adjoint de Mostar, le pont reconstruit sera un nouveau symbole de paix et de réconciliation qui devrait contribuer à relier entre eux tous les groupes ethniques de la ville. Reste qu'aucun représentant croate de la cité ou du gouvernement fédéral n'assistait à la cérémonie... Emir Balic, 66 ans, qui fut en son temps célèbre dans toute l'exYougoslavie pour avoir effectué un millier de sauts acrobatiques à partir de ce pont haut de 30 mètres, était là jeudi, très ému: "Je n'avais jamais rêvé que je vivrais plus longtemps que lui. Maintenant, mon seul espoir est de sauter depuis le pont encore une fois, dès qu'il sera reconstruit. Une seule et dernière fois, en souvenir de cette époque". Mirsad Deda Pasic, 56 ans, lui aussi "sauteur de pont", affirme que c'est là l'un des plus beaux jours de sa vie: "Sans le pont, je me sentais comme un poisson hors de l'eau, pendant toutes ces années". Le peintre Alica Jakirovic, dont la galerie d'art est toute proche du pont, est lui aussi bouleversé: "Depuis que le pont a été détruit, je le reconstruisais chaque jour, avec mes pinceaux et mes couleurs, encore et encore. Cela me faisait du bien. Mais aujourd'hui, je suis heureux parce que bientôt, je le verrai à nouveau, pour de vrai et dans toute sa beauté".

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FERHADIJA - LA PREMIÈRE PIERRE

Malgré les violentes manifestations, les slogans fascistes, les jets de pierres, les gaz lacrymogènes, etc., la première pierre, symbole de la reconstruction de la mosquée de Ferhadija à Banjaluka, a pu être posée le 18 juin. Cette célèbre mosquée avait été détruite par les Serbes en 1993.
Le 7 mai dernier, la pose de la première pierre n'avait pu avoir lieu, en raison de violentes manifestations, qui avaient fait un mort et une trentaine de blessés. Cette fois-ci encore, le 18
juin, plusieurs centaines de manifestants ont essayé de briser quatre cordons de police, en jetant des pierres, des barres métalliques, des chaises et des tables, en hurlant des slogans nationalistes et anti-musulmans. Vingt policiers ont été blessés durant la bataille, qui a duré plusieurs heures. La police a dû utiliser des gaz lacrymogènes, ainsi que des canons à eau et a procédé à plusieurs dizaines d'arrestations. 
La cérémonie à laquelle assistaient des représentants du corps diplomatique, du gouvernement central et des dirigeants de la Republika srpska, a revêtu un caractère purement religieux. Toutes les mosquées de Banjaluka (19) ont été détruites pendant la guerre.
En revanche, on ne sait toujours pas quand la pose de la première pierre de la mosquée Osman-pasha pourra être de nouveau organisée à Trebinje : on se souvient que le 5 mai dernier la foule des manifestants serbes avait empêché une première tentative.

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LES MÉDIAS ET LE DIALOGUE INTER-RELIGIEUX

Début juin, une conférence était organisée à Banja Luka par le Comité d'Helsinki pour les droits de l'homme de la Republika srpska, dont le thème était "Le rétablissement de la confiance en B-H et les relations entre les communautés religieuses". Ce devait être l'occasion, après les douloureux événements survenus à Banja Luka ces deux derniers mois, d'instaurer un véritable dialogue entre ces communautés et de rétablir un climat de confiance dans la région. Mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Ceci fut évident
dès le premier jour, lorsque l'on apprit que, comme d'habitude, pas un seul représentant de l'Eglise orthodoxe ne serait présent. La première séance, qui portait sur "Le rôle des communautés religieuses en Bosnie-Herzégovine", a commencé dans une atmosphère dépressive et apathique. Cette tentative de réunir des représentants des quatre communautés religieuses pour qu'ils définissent leur propre perception du rôle que celles-ci devraient et pourraient jouer fut donc de nouveau vouée à l'échec. Sejfudin Tokic a évoqué de prime
abord le problème des médias et de leur impact sur l'ensemble de la vie sociale, y compris les relations entre les communautés religieuses. Il a souligné le fait qu'au cours des dix dernières années, les communautés religieuses s'étaient totalement identifiées à la politique quotidienne. Il a rappelé la nécessité de faire la part entre la religion et la politique. 
Pourtant cette vision d'une séparation drastique entre le religieux et le politique demeure bien abstraite, car la liberté religieuse est une composante de toute société démocratique. D'ailleurs, l'influence de la religion sur le plan politique est parfois plus que bénéfique, lorsqu'elle tend à se mettre au service de l'humanité et de causes nobles, qui échappent aux différents enjeux politiques. Le rôle des médias est tout aussi important, qui promeuvent les différentes formes  de dialogue au sein de la société, y compris le dialogue inter-religieux. Ils
peuvent également favoriser la tolérance et le respect sous toutes leurs formes - que ce soit par l'éducation, la mise à disposition d'informations et commentaires objectifs et véridiques, ou par l'expression de jugements critiques vis-à-vis du phénomène religieux au sein de la société. La seconde séance, dont le sujet était "La politique et la religion ", devait faire le lien entre les médias et le reste de la société et tenir compte du parallélisme de leur action et réflexion.
Mais la séance la plus intéressante et la plus positive aura été celle qui avait pour thème " Les médias et les relations inter religieuses", au cours de laquelle le rapport entre les médias et la religion, en tant que pivot du comportement inter-religieux, s'est trouvé au centre des discussions. L'intérêt de cette réunion fut renforcé par la présence de nombreux journalistes, conscients du rôle qui est le leur en B-H et de leur possible influence sur une société à la  dérive. Dans son introduction, intitulée "Le rôle des médias dans l'établissement de rapports inter-religieux ", Branko Peric a souligné que les communautés religieuses se méfiaient des médias - et vice-versa. Alors que les médias font de véritables efforts pour obtenir des informations auprès de ces communautés, celles-ci adoptent généralement une attitude négative et restrictive. Peric a suggéré que les médias servent de catalyseurs, en encourageant le dialogue interethnique et contribuent à créer un climat de confiance et de tolérance - à condition, naturellement, que leurs informations soient objectives et exemptes de tout sentiment de haine ou d'intolérance. De leur côté, les communautés religieuses doivent s'ouvrir aux médias, entretenir des rapports répondant aux besoins de la région. On pourrait seulement reprocher à Branko Peric de ne pas avoir fait de suggestions concrètes quant à la mise en oeuvre de ses suggestions. Fr. Marko Osolic et Sejftidin Tokic ont souligné les problèmes liés à la formation des journalistes attachés à la foi et à la religion, ainsi que des médias s'adressant directement aux communautés religieuses.
On constate chez les médias une conception plutôt monarchiste des communautés religieuses, l'absence de connaissances élémentaires des problèmes de la foi et de la religion, un manque d'information et une attitude négative. Mais les communautés religieuses, de leur côté, font preuve d'une réelle incapacité à établir des relations avec les médias et d'une attitude négative vis-à-vis des journalistes à qui elles prêtent à priori une attitude "agressive" et restent donc presque toujours sur la défensive. Goran Kapor a pour sa part souligné l'impact du facteur ethnique sur les reportages concernant des événements religieux et l'attitude négative adoptée vis-à-vis des "autres" communautés religieuses minoritaires. La quatrième réunion, dont le sujet était : "Comment restaurer un climat de confiance entre les communautés religieuses en B-H ", a démontré que le besoin d'une éducation systématique et permanente et d'une intégration à tous les niveaux se faisait cruellement ressentir. L'engagement des citoyens dans ce domaine est la seule garantie d'une coexistence entre les diverses religions dans cette région. Seule une société citoyenne, n'étant basée ni sur l'ethnie ni sur la religion, pourra assurer une vie normale aux différents groupes ethniques et religieux. Cette conférence n'a malheureusement abouti à aucun résultat concret mais a pourtant prouvé la véritable volonté de cette société d'établir un dialogue et d'user du langage de la tolérance. De nombreuses questions ont été posées sur l'objectivité des médias, leurs compétences, professionnalisme et indépendance. Mais aucun modèle crédible ne fut présenté ni même suggéré. Il est vrai que le débat a aussi porté sur l'existence de la Loi sur les communications publiques comme modèle de régulation du rôle de ces médias. Soulignons que ce modèle de régulation des médias par un cadre juridique est le propre des régimes répressifs et que cette méthode pourrait très facilement remettre en cause la liberté même des médias. Ce qui est clairement ressorti de ces débats c'est la nécessité de former les médias en matière de religion. Mais il fut aussi cruellement évident que les communautés religieuses - leurs leaders surtout - n'avaient aucun désir d'instaurer des relations interactives et fructueuses avec les médias. 

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Serbie

MILOSEVIC À LA RAYE, C'EST COMBIEN ?

Après maints refus, tergiversations et ergotages, le gouvernement "fédéral" a fini par adopter un projet de loi relatif aux extraditions, ou plus justement, aux transfèrements à La Haye des individus inculpés par le TPIY. Ce texte est appelé à être examiné par le parlement de la RFY avant la fin du mois de juin, mais il risque d'y être rejeté. Les députés du SNP (parti monténégrin ex, mais toujours, pro-milosevicien) s'y opposeront certainement, comme l'ont fait, au gouvernement, leurs représentants. Ce refus n'empêcherait toutefois pas l'expédition de Milosevic en Hollande, puisque le Premier Ministre, Zoran Djindic, vient de découvrir qu'une loi spéciale n'était pas nécessaire pour cela, l'obligation de coopérer avec le TPI s'imposant automatiquement à tous les Etats membres de l'ONU. Zoran Djindjic n'en est pas, par bonheur, à un retournement près. Le Président Kostunica, contraint de se rallier à la solution imposée par le contexte international ne cache pas, lui, sa rancoeur. La crise qui s'approfondit entre partenaires serbes et monténégrins de la majorité  fédérale" complique encore plus le problème des relations entre le Monténégro et la Serbie, leur union se voyant menacée par ses partisans eux-mêmes.
Ce revirement, préparé par les déclarations antérieures de plusieurs responsables, dont les ministres de la Justice de Serbie et de la "Fédération" a été accéléré par la découverte de 86 corps d'Albanais du Kosovo (hommes, femmes et enfants), transportés d'un camion frigorifique jeté dans le Danube en avril 1999, vers un  charnier près de Belgrade. Un autre de ces charniers a été, depuis, localisé près de Kladovo, en Serbie orientale, avant que le Ministre de l'Intérieur n'en annonce  l'existence d'un troisième, dans une autre région. Les traces opportunément retrouvées de ces crimes ont conduit à la mise en cause directe de Milosevic pour tous les forfaits perpétrés au Kosovo et leur dissimulation. Le débat s'étend maintenant au rôle du général Pavkovic, ancien et actuel chef d'état-major de l'armée, protégé par Kostunica. Dans des conditions liées aux luttes qui opposent anciens et nouveaux dirigeants, armée et police, différentes fractions de l'année et de la police entre elles, partis alliés à l'intérieur du DOS et de la coalition DOS-SNP, il s'agit de la première reconnaissance avouée de crimes de masse commis par des organes relevant de l’Etat serbe ou "yougoslave".
Mais la cause principale de ce changement d'attitude est ailleurs. Si les dirigeants serbes  l'obstinaient à ne vouloir juger Milosevic et ses complices que sur les chefs d'accusation qu'ils auraient eux-mêmes choisis, et par leurs propres tribunaux, ils iraient droit à la catastrophe. Ils ont un besoin vital d'un succès de la Conférence des donateurs qui doit se tenir à la fin du mois de juin. C'est toujours Zoran Djindjic qui déclare à la télévision : "Le ciel nous tombera sur la tête si nous ne parvenons pas à effacer au moins 65% de notre dette extérieure - estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars - d'ici à fin juin. Tout autre solution équivaudrait à un suicide". Il faut regretter, une fois de plus, que la pression nécessaire et décisive ne soit venue que de Washington, qui a menacé de ne pas participer à cette réunion si Belgrade ne respectait pas ses obligations.
Pour la petite histoire, on peut relever qu'un progrès important pour le droit des femmes vient d'être réalisé en Serbie, sans intervention étrangère. Vuk Obradovie, président du parti social-démocrate et vice-premier ministre du gouvernement de Serbie, a été privé de toutes ses fonctions, au Parlement, au gouvernement et dans le DOS, pour s'être livré à un harcèlement sexuel généralisé à l'encontre de son entourage féminin. Il faut signaler qu'il était aussi le président, actif, de la Commission chargée de traquer les prévarications et de dénoncer la corruption qui caractérisait le régime déchu, avec des ramifications dans tous les secteurs de la société.

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UN APPEL DE FRANÇOIS CRÉMIEUX EN FAVEUR DU CENTRE ANDRÉ MALRAUX

Vous êtes toutes et tous (ou presque) passés un jour par le Centre André Malraux à Sarajevo.
La table en verre, les films de Godard, jean na Moreau entre Jules et Jim, le mur de Pleaides, les photos de Malraux et les étudiants de français qui n'ont de cesse d'aller et de venir...souvenirs ?
Aujourd'hui, la magie du centre se heurte de plus en plus à la réalité de ses financements et à l'impossibilité pour la toute petite équipe qui y travaille de faire face à tout :l'organisation du salon du livre de jeunesse, la préparation de la venue de Bernard Pivot pour sa dernière émission depuis la bibliothèque de Sarajevo (fin Mai), la projection du Goût des autres et l'accueil d'Agnès Joui (en Juin), l'organisation des rencontres européennes du livre de Sarajevo(en septembre), le montage d'une exposition spéciale d'Enki Bilal et l'accueil quotidien des 400 étudiants de français .. le tout entre un séminaire d'anesthésie, une rencontre des éducateurs ou des jumelages entre hôpitaux bosniens et français,
Dans ce contexte, les amis et compagnons de route de nos différents projets sont une de nos forces principales. Alors si vous êtes prêt à faire un don à Paris Sarajevo Europe/Centre André Malraux .
Amicalement
François Crémieux
PS Merci de libeller vos chèques à l'ordre de Paris Sarajevo Europe et de les adresser à Paris Sarajevo Eorope 26, rue de Saintonge 75003 Paris

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 La Nouvelle Alternative

Réapparaissant en forme de revue bisannuelle, la Nouvelle Alternative, prise en main par une équipe rajeunie, consacre son premier numéro de 2001 aux "Relations de voisinage dans l'Europe Centrale et du Sud-Est post-communiste ". A signaler dans ce dossier, l'étude de Nadège Ragaru "Serbie libérée, Serbie méconnue?", qui illustre l'ignorance et la versatilité des médias français dans le traitement des événements de Serbie, dont elle propose une analyse très proche de celle que notre Bulletin a proposée au cours des dernières années un travail solide et bien documenté,
Association des amis et lecteurs de la Nouvelle Alternative

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Calendrier

Srebrenica, Six ans !

En commémoration du sixième anniversaire de la chute de Srebrenica, un voyage est organisé du 7 au 15 juillet 2001 par Mères pour la Paix, Nous travaillons actuellement en liaison étroite avec les femmes de Srebrenica. Programme provisoire :
9 et 10 juillet – Festival Interculturel de Mostar
11 juillet - Manifestation silencieuse à Sarajevo ' Pose de la première pierre d'un mémorial à Potocari, site de la base ONU où le plus grand nombre de disparus ont été vus vivants pour la dernière fois,
Visite à Srebrenica. ' Journées Portes Ouvertes dans les camps.
Des réunions préparatoires publiques seront organisées fin juin afin de préciser les modalités pratiques du voyage sur la base d'un coût de 1200 F (183 £) par personne, avec logement chez l'habitant à Mostar, Sarajevo et Tinja. Tarifs familles ou étudiants possibles. D'ici là, prénscriptions et toutes informations complémentaires auprès de
Mères pour la paix 71, rue Gaston-Baratte
Villeneuve-d'Ascq
Tél/fax : 03.20.64.03.97
Email : merepourlapaix@nordnet.fr 

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Une deuxième Rencontre des Ecrivains européens à Sarajevo

Du 26/9 au 1/10/2000 grâce à une initiative commune du Festival des écrivains "Etonnants Voyageurs" de Saint-Malo et du Centre culturel français André Malraux de Sarajevo, une Rencontre entre écrivains européens s'était tenue dans cette ville. Le Festival "Etonnants Voyageurs" doit son succès à l'idée d'une "littérature mondiale". C'est dans cette même vision de la littérature et de son impact qu'est né, en plein siège de Sarajevo, le Centre André Malraux dont le but est d'entretenir les liens culturels entre cette ville et le reste du monde. Le Centre André Malraux a survécu à la guerre et représente aujourd'hui l'une des institutions culturelles les plus dynamiques de la capitale de la Bosnie-Herzégovine. La première Rencontre a été synonyme de vie et de dialogue. Au "coeur de l'Europe" en pleine ébullition, symbole de l'errance et de l'aveuglement de la "communauté des nations", de nombreux auteurs, traducteurs, musiciens, photographes, acteurs, cinéastes et intellectuels d'Algérie, Bosnie-Herzégovine, France, Italie, Grande-Bretagne, Espagne et Turquie ont, pour la première fois depuis la guerre, entamé un large débat, rappelé les vestiges du passé, exposé leurs projets, leur vision, leurs espoirs, leurs aspirations et surtout leur volonté de construire une Europe fraternelle et ouverte. Vu le succès de la première Rencontre, une deuxième va être organisée à Sarajevo, du 27 septembre au 3 octobre 2001. Grâce à l'aide déjà promise, tant par les structures institutionnelles que par des partenaires privés, la Rencontre prendra cette année de nouvelles dimensions, Le prestigieux Comité de soutien à cette manifestation, composé de JMG Le Clézio, Gunther Grass, Ismwil Khadaré, Orhan Parnuk, Claudio Magris, Salman Rushdie, José Saramago, Vidosav, Stevanovic, Oriana Fallaci, Juan Goytisolo, Edgar Morin, Predrag Matvejevic, Izet Sarajlic, Dzevad Karahasan, Vaclav Havel, George Steiner, Florence Malraux, Assia Djebar, Bronislaw Geremek, Cseslaw Milosz.,      et présidé par l'écrivain Jorge Semprun, donnera à cette manifestation sa véritable légitimité.

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Légion d'honneur pour DIVJAK Jovan

DIVJAK, général à la retraite, ancien numéro 2 de l'armée bosniaque a été décoré de la légion d'honneur. A l'occasion de la remise de cette décoration à l'ambassade de France à Sarajevo, DIVJAK a fait appel à la France pour soutenir la Bosnie dans sa lutte pour le progrès et son  intégration à l'Europe.

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