Lettre d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic
mensuel 10F - n° 62 mai 1998 Abonnement: 1 an 100 F

17 rue de l'Avre -75015 PARIS tél. : 01 45 79 38 66 - fax : 01 44 23 76 79
Editorial

Le dialogue amorcé entre Milosevic et Rugova ne doit pas être condamné par principe sous prétexte qu'il légitimerait Milosevic comme interlocuteur obligé d'une négociation sur le Kosovo. C'est bien lui qui dirige la Serbie depuis plus de dix ans et le fait qu'il porte à ce titre la responsabilité principale des guerres et des massacres qui ont accompagné la désintégration violente de la Yougoslavie ne le déchoit pas automatiquement de sa fonction. Qu'il ait fondé son ascension politique et assis son pouvoir sur la "reconquête" du Kosovo ne saurait l'empêcher de marchander une éventuelle "perte" de ce-même Kosovo, comme il a dû accepter ses défaites successives en Croatie et en Bosnie. C'est de ce point de vue une affaire entre lui et les Serbes qui, pour leur malheur, l'ont suivi.
Ce qui intéresse, par contre, non seulement les peuples de l'ex-Yougoslavie, directement atteints dans leurs vies et dans leurs droits, mais aussi toute la "communauté internationale" concernée par la situation dans les Balkans, c'est qu'un règlement de la question du Kosovo soit juste et durable pour qu'il garantisse la paix dans la région.
A cet égard, nous n'en sommes encore qu'au début des préliminaires. Milosevic a dû, contre son gré, reconnaître en Ibrahim Rugova le partenaire officiel d'une négociation menée d'égal à égal avec le Président de la Yougoslavie et non avec les représentants du gouvernement serbe. Il s'est ainsi incliné devant la pression internationale qu'il récusait, en l'occurrence celle des Américains, médiateurs de fait, puisque l'Europe demeure toujours aussi divisée et impotente.
Il ne faudrait pourtant pas se contenter de ces premiers petits pas, comme le laisserait supposer la trop prompte
suspension des sanctions économiques édictées contre la Serbie, alors que les Albanais du Kosovo sont toujours sous le coup d'une répression sanglante et que commence contre eux une asphyxie économique en règle.
Milosevic est trop calculateur pour ne pas tenir compte du risque énorme qu'il prendrait en choisissant la fuite en avant dans la guerre. La menace des représailles les plus extrêmes doit le contraindre à céder sur le droit des Kosovars à l'autogouvernement, tout en le dissuadant de chercher une quelconque compensation ailleurs, par exemple en Bosnie-Herzégovine.
C'est cette fermeté sans faille qu'on attend du gouvernement français qui semble toujours à la traîne lorsqu'il s'agit de mettre en garde le prétendu homme fort de Belgrade.

DES BOSNIAQUES LAUREATS DU PRIX
"DEMOCRATIE ET SOCIETE CIVIQUE "

 
Le prix de l'Union européenne et des Etats-Unis destiné à récompenser les efforts pour promouvoir une société civique et démocratique a été décerné à cinq personnalités bosniaques : Senka NOZICA, vice-président du Comité Helsinki pour les droits de l'homme en BH et ministre du Gouvernement de l'ombre (AMV- BH), Vera JOVANOVIC, Branka RAGUZ et Esad MUHIBIC - les trois ombudsmen de Bosnie - ainsi que Mile MARCETA, maire de la ville de DRVAR.
"Les cinq lauréats bosniaques sont d'authentiques héros de la démocratie, qui oeuvrent avec courage dans des conditions difficiles", a déclaré la semaine dernière R. CHIARINI, ambassadeur de l'UE à Sarajevo, à l'occasion de la remise du prix. Au total 50 personnalités du monde entier ont obtenu ce prix, qui s'accompagne d'un chèque de $ 20.000.

HDZ - BH: LA LIGNE DURE CONTINUE

 
La convention annuelle du parti HDZ-BH (Communauté croate démocratique de Bosnie-Herzégovine présidée par Tudjman), vient d'élire un nouveau président: Ante Jelavic, actuel ministre de la défense de la Fédération de BH. Cette élection a eu lieu le 16 mai dernier, en pleine tempête politique. En effet, Tudjman avait demandé très explicitement, par l'intermédiaire de son envoyé spécial, que l'on élise Bozo Ljubic au poste de président du parti. Cependant, la Convention n'a pas répondu à l'exigence de Tudjman. (c'est bien la première fois que cela arrive!) et a élu Jelavic, avec 70% des voix. Certains journaux de Zagreb ont déjà évoqué la "révolte des Herzégoviniens contre le président Tudjman".
Plus tard, à Zagreb et à Sarajevo, les observateurs ont conclu qu'il s'agissait d'une opération montée de toutes pièces par Tujdman, opération qui lui permettra de déclarer à la communauté internationale, chaque fois que celle-ci l'interpellera au sujet de sa politique en Bosnie : "Voyez, ils ne m'écoutent plus!" Tout comme le faisait Milosevic avec le régime de Pale. D'ailleurs la centrale du HDZ, après une réunion à huis clos, a publié un communiqué approuvant le choix de Jelavic, lequel s'est empressé de réitérer son allégeance à Zagreb.
On peut en conclure que la nouvelle direction du HDZ-BH maintiendra sa ligne dure, axée sur le partage de la Bosnie. Notons aussi l'opinion de Zeljko Ivankovic, journaliste du réseau AIM (Réseau d'information de l'Alternative), vice-président du gouvernement de l'ombre de BH (AMV-BH) qui écrit : "Le HDZ-BH ne semble pas comprendre qu'il pourrait être victime du scénario déjà utilisé à Pale lorsque Milosevic, pour garder son fauteuil, a sacrifié non seulement la région de Knin (la Krajina), mais aussi une partie de la Bosnie et ses meilleurs collaborateurs (Karadzic et compagnie)..."

(Sources: SAFAX, Oslobodjenje et AIM).

DES ELECTIONS CRUCIALES AU MONTENEGRO

 
Les élections parlementaires qui doivent se tenir le 31 mai 1998 au Monténégro constituent un événement politique de premier plan non seulement pour le Monténégro mais pour toute la Fédération yougoslave. L'élément le plus important de ces élections réside dans le fait que les députés élus au Parlement monténégrin doivent également élire 20 membres au Parlement fédéral (chambre des républiques) de la République fédérative de Yougoslavie. Le Premier Ministre et le Président de la Fédération sont élus par l'Assemblée fédérale. Le Parlement fédéral a le pouvoir, en vertu de l'article 97 de la Constitution yougoslave, de voter une procédure d'impeachment contre Milosevic. Le Président du Parlement monténégrin, Svetozar Marovic, déclarait à ce propos le 11 mai : "Après les élections les députés monténégrins au Parlement fédéral voteront une motion pour renvoyer Milosevic de son poste de Président". Le système politique qui a permis à Milosevic de se maintenir au pouvoir depuis plus de douze ans semble aujourd'hui se retourner contre lui.
On comprend la pression que Milosevic a exercée ces derniers jours sur le Monténégro pour mettre à l'écart le Premier Ministre fédéral monténégrin Radoje Kontic, proche de Djukanovic, qui a finalement été démis de ses fonctions le 18 mai. Le risque existe que Milosevic essaye de déclarer l'état d'urgence afin de reprendre le contrôle du Monténégro, le Kosovo ne serait alors qu'un prétexte pour une telle opération.

Précisons que les élections du 31 mai renouvelleront pour une période de quatre ans le Parlement du Monténégro, qui doit désigner le nouveau Gouvernement avec un scrutin proportionnel à un tour. La commission électorale a annoncé que dix partis se présentaient et que quatre cent cinquante huit mille électeurs étaient convoqués aux urnes afin d'élire soixante dix-huit députés. Ces élections doivent remplacer l'ancien Parlement dominé par le parti démocrate des socialistes (DPS) de Momir Bulatovic, qui disposait de quarante-cinq sièges sur les soixante-et-onze que comptait l'ancienne Assemblée.

Depuis l'été 1997 une scission s'est opérée dans le DPS; allié traditionnel de Milosevic au Monténégro. Une fraction minoritaire est restée fidèle à Bulatovic et au parti socialiste serbe et a constitué un nouveau parti, le Parti Socialiste du Peuple, alors qu'une fraction alternative majoritaire composée de vingt-sept députés environ s'est constituée autour de Milo Djukanovic, devenu le 19 octobre 1997 Président du Monténégro, en devançant de seulement six mille bulletins le candidat sortant Momir Bulatovic. Cette fraction a formé une coalition avec tous les partis représentés au Parlement (SDA, Union démocratique des Albanais, l'Alliance démocratique du Monténégro), excepté l'Alliance libérale qui regroupe dix élus et le nouveau parti de Momir Bulatovic.
 

L'INTERNATIONALE SOCIALISTE

 
Le Comité de l'Internationale Socialiste pour l'Europe centrale et orientale a tenu sa session régulière à Sarajevo les 4 et 5 mai, sous la présidence de Piero Fassino, par ailleurs Secrétaire d'Etat italien aux Affaires étrangères, avec la participation de Luis Ayala, secrétaire général de l'I.S. et des représentants de nombreux partis membres de cette organisation. Les partis hôtes étaient le SDP et les Sociaux-démocrates de BH. (nouveau nom de l'UBSD.adopté à son congrès de la veille, le 3 mai). Cette réunion revêtait une importance particulière pour les partis bosniaques, alors que leur unification projetée avait échoué et que se posait la question des alliances à conclure en vue des élections générales de septembre. Le Comité de l'I.S. n'a pas voulu exercer une pression trop voyante pour contraindre les deux partis à s'unir, mais il a exprimé l'espoir qu'ils s'entendraient pour mener ensemble, avec les autres forces d'inspiration progressiste des deux entités, le combat pour une Bosnie "unie, indépendante, libre, démocratique et multiethnique".
Sur le deuxième point prioritaire de l'ordre du jour, le Kosovo, le Comité s'est prononcé pour l'instauration d'un dialogue sans conditions en vue de la reconnaissance d'une large autonomie du Kosovo dans le cadre des frontières de la RFY, en souhaitant que Felipe Gonzales puisse mener la mission dont l'a chargé l'OSCE.
 

MEDIAPLAN À LA GALERIE LE LYS

 
Le 24 avril dernier, la Librairie-Galerie Le Lys a reçu Zoran Udovicic, principal animateur de MédiaPlan à Sarajevo, Zlatko Dizdarevic, rédacteur en chef de Svijet et membre du club 99 et Marc Capelle, directeur des Relations Internationales de l'Ecole de journalisme de Lille.
Après une brève présentation de Louis de la Roncière, Zoran Udovicic a remercié les amis présents qui ont aidé à faire connaître MédiaPlan et a rappelé qu'en 1992, il était venu à Paris avec une idée qui paraissait irréalisable : créer une organisation de journalistes alors qu'on n'était pas sûr du lendemain. Un groupe de citoyens de Sarajevo a fondé MédiaPlan qui est devenu une organisation stratégique pour une société démocratique en Bosnie-Hezégovine. Un accord a été conclu avec l'Ecole de journalisme de Lille pour donner une formation professionnelle aux jeunes journalistes bosniaques.
Quatre collaborateurs de MédiaPlan, tous journalistes professionnels, revenaient d'une semaine de stage à Lille et purent tirer les conclusions de cet échange.
Marc Capelle devait préciser que la formation des jeunes journalistes bosniaques, tant pour la presse écrite que pour la radio ou la TV, sera d'une durée de 9 mois, du 5 octobre prochain au 22 juin 99, et que l'Ecole essaiera de recruter des élèves dans les autres républiques.
Les diverses activités de MédiaPlan (cf. Lettre de Sarajvo n'60) furent évoquées, mais c'est sur un nouveau projet pour l'an 2000 que fut mis l'accent : assurer une liaison radio entre une trentaine de stations en BH.
Au cours de la discussion qui a suivi, Zlatko Dizdarevic a souligné la grande dégradation culturelle et professionnelle à Sarajevo, en raison du départ de nombreux journalistes, et de l'inexpérience des jeunes qui sont plus des propagandistes que des journalistes. "Nous avons beaucoup de travail devant nous," a-t-il souligné.

DE LA GUERRE AU RESPECT DES DROITS, DEL'HOMME L'ACTION DES COMITÉS HELSINKI EN EX-YOUGOSLAVIE

Le premier Comité Helsinki pour les Droits de l'Homme a été créé le 12 mai 1976 à Moscou. Présidé par Yuri Orlov, il comptait parmi les onze membres fondateurs Helena Bonnet, Anatoly Saranski, Anatoly Marcenko et Ludmilla Alexejeva. Leur objectif était d'amené le pouvoir soviétique à respecter les engagements internationaux en matière de droits de l'homme contractés à Helsinki en 1975. Dans un régime où le déni des droits fondamentaux de la personne humaine était érigé en système et maquillé sous un discours de justice sociale, le courage de ces quelques personnes contribuera à révéler la nature totalitaire du pouvoir soviétique. Leur action trouvera un écho en Tchécoslovaquie avec la création de la charte 77 animée notamment par Vaclav Havel, en Pologne et dans la plupart des régimes totalitaires d'Europe.

Aujourd'hui, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, en Serbie, au Kosovo, au Monténégro, en Macédoine, les comités Helsinki perpétuent l'héritage des fondateurs du mouvement: dénoncer les violations des droits de l'homme et s'y opposer. Ils publient des rapports réguliers sur la situation des droits de l'homme dans leur pays et ont engagé une série d'actions concrètes pour sensibiliser les populations au respect de ces droits. Ces actions et les publications des Comités Helsinki constituent une contribution déterminante dans la construction d'Etats de droit au sein de l'espace ex-yougoslave.

LES DROITS DE L'HOMME EN BOSNIE-HERZÉGOVINE
, EN CROATIE ET EN SERBIE

Le tableau que dessinent les différents rapports des Comités Helsinki est sombre. L'Homme des Balkans risque d'être emprisonné et assassiné s'il est albanais au Kosovo, il voit sa maison brûlée - sa vie en danger - s'il est musulman en république serbe de Bosnie ou serbe en Krajina croate, diffamé dans la presse nationaliste s'il s'appelle Marko Vesovic et qu'il habite Sarajevo, il peut disparaître dans un poste de police de Belgrade et partir pour une guerre qu'il n'a pas voulu. Ce résumé révèle, sous les péripéties propres à chaque pays, une racine commune au mal dont souffre les populations de cette région : la division ethnique et son inscription dans les pouvoir locaux et nationaux.

Ainsi, en Bosnie, la reconnaissance d'une division de fait du pays charrie un ensemble de conséquences. Les enquêtes sur les disparitions sont ralenties par la présence au sommet des instances gouvernementales d'auteurs de crimes de guerre. Au niveau local, en particulier en République Serbe et dans les régions sous contrôle croate, les officiers de police et les élus sont ceuxlà. même qui ont dirigés les campagnes de "purification ethnique". Ils commandaient hier des milices, ils sont aujourd'hui à la tête d'entités.
Dans ce contexte, lorsqu'une famille de réfugiés, dont la nationalité ne correspond-pas à celle de l'entité où elle habitait, tente de revenir sur ses terres, de reprendre possession de sa maison, elle se heurte à une violente opposition des potentats locaux. Le rapport du comité bosniaque révèle une longue liste de localités où le dynamitage des maisons, les intimidations qui vont jusqu'au crime sont régulièrement commises à l'encontre des réfugiés qui tente de revenir chez eux. Ainsi, à Brcko, le maire se déclare prêt à accueillir les Musulmans mais il prévient que "l'eau, l'air et le travail est réservé aux seuls Serbes". Une situation comparable prévaut en Krajina croate à I'égard-des-populations serbes

En Serbie, les membres du Comité Helsinki constatent une "radicalisation de la société" qui se traduit par un nombre croissant d'agressions contre des non-serbes. Ces agressions sont encouragées par le parti radical dririgé par Seselj, dont l'accession récente au poste de vice-premier ministre montre là encore l'inscription dans les organes politiques d'une conception de la société absolument contraire aux droits de l'homme.

La situation des minorités en Serbie est préoccupante. La guerre menée depuis le mois de février au Kosovo contre les Albanais atteste de cette volonté du pouvoir de Belgrade de faire payer le prix du sang à la différence ethnique, religieuse ou éthique.
Les constats dressés par les Comités Helsinki de Bosnie-Herzégovine, de Serbie et de Croatie montrent que les principales violations des droits de l'homme dans ces pays sont aujourd'hui perpétrées au nom de la "pureté ethnique".

AGIR POUR LES DROITS DE L'HOMME

Pour répondre à cette idéologie, les Comités Helsinki ont mis en place un ensemble d'actions concrètes. En Bosnie-Herzégovine, le Comité Helsinki se propose de sensibiliser les jeunes aux droits - de l'homme et les informer de leurs droits et devoirs de réaction face aux violations subies par d'autres, combattre le silence imposé par de prétendus intérêts nationaux, protéger les individus contre l'arbitraire des autorités, forcer à l'adoption de textes progressistes en matière, de liberté et de droits de l'homme.

En Croatie, le Comité Helsinki a engagé une grande part de ses efforts dans un inventaire des dénis de droit dont ont été victimes les Serbes de Krajina. Il participe aussi au programme de retour des réfugiés dans cette région. Parallèlement à cela, des université d'été pour les jeunes sont organisées afin de les sensibiliser aux questions des droits de l'homme.
En Serbie, les membres de Comités Helsinki assurent la protection des personnes les plus exposées, ils oeuvrent aussi dans le domaine éducatif et proposent un soutien juridique aux victimes de répression et de discrimination.

Dans l'ensemble de ces pays, les membres des Comités Helsinki prennent des positions publiques très fermes pour la défense des droits de l'homme. Ils ne ménagent jamais leur critiques contre les Etats qui autorisent, favorisent ou orchestrent les violations de Droits de l'Homme. Leur seul souci est de défendre l'application d'un texte, ancien mais toujours aussi vivant, qui commence par "tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits".
ADRESSES WEB (suite et fin)

11. Nasa Borba
http://www.nasa-borba.co.yu/
Une référence de la presse indépendante en Serbie depuis 1994, disponible en serbo-croate.uniquement.

12. Beta
http://www.beta-press.com/
Agence de presse indépendante de Belgrade, à la fois en anglais et en serbocroate.

13. Kosovo Information Center
http://www.kosova.com/
Publie des bulletins d'information toujours précis (les sources sont souvent indiquées) à la fois en albanais anglais, plusieurs éditions par jour.

14. Comité Helsinki
http://www.helsinki.opennet.org/
ONG qui défend les Droits de l'Homme en Serbie. Le site diffuse des analyses et des communiqués très pertinents et anticipe souvent sur les évènements.

15. B92
http://www.sue.org/news/b92
Radio indépendante à Belgrade qui diffuse en anglais et en serbo-croate.

16. Montena-fax
http://www.montena-fax.com/
Agence de presse diffusée en serbo-croate.

17. Institute for War and Peace Reporfing (IWPR)
http://www.demonxo.uk/iwpr/
Diffuse divers rapports sur l'exYougoslavie en anglais : War Report Tribunal Update ; etc.

18. International Crisis Group (ICG)
http://www.intl-crisis-group.org/projects/bosnia/
Organisme multinational privé qui diffuse en anglais.

19. AEC Nantes
http://services.worldnet.net/corent/AECNantes/
Vous y retrouverez la lettre d'information de l'Association Sarajevo et SAFAX.

20. Spécial Kosovo
http://www.citeweb.net/pdef/kosovo/Kosovo.htm
Site sur les évènements du Kosovo.




Association Sarajevo

17 rue de l'Avre -75015 Paris tél : 0145 79 38 66 fax: 01 44 23 76 79

E-mail Sarajevo@ras.eu.org Sabo@ras.eu,org

Président: Francis Jeanson Directeur de la Publication : Francis Jeanson Rédacteur en chef : Jean-René Chauvin

Commission paritaire: AA 75121

Abonnement simple

11 numéros par an: 100F Adhésion à lAssociation, 1 ln'+ rapport annuel d'activité: 200F

Abonnement de soutien Pour que les dons bénéficient d'unE déduction fiscale, libeller le chèque d'un montant supérieur à 200F à l'ordre de Ic, Fondation de France, compte n0600927.

 
   
   
   
   
   
 

Calendrier culturel du mois de juin

 
CINEMA  
Le 10 juin sort sur les écrans le film de Goran Rebic le Jour où Sacha est revenu, chronique des "effets secondaires" de l'éclatement de la Yougoslavie à Vienne, dans le milieu des travailleurs immigrés. Le fils d'un Serbe est enrôlé de force et disparaît pendant une année. A son retour, accompagné d'une fiancée bosniaque, les passions se déchaînent... Film juste et émouvant, vu par les yeux d'un jeune garçon. A noter que le casting a été fait à contre-sens de la logique nationaliste : un Serbe joue un Croate, un Géorgien et une Allemande jouent des Serbes, etc.

TRIPLE EVENEMENT

Le Collectif Européen pour la Bosnie et Amnesty International organise ensemble, le 16 juin à 19h3O au cinéma l'Arlequin (76, rue de Rennes Paris 6e), un triple événement : la projection du film d'Ademir Kenovic le Cercle parfait, une exposition de photos, une lecture de l'Enfance blessée, textes écrits par les enfants de deux villages victimes de la purification ethnique, par Marina Vlady, Pierre François Jancris et ses élèves, et présence de Nikola Kovac.
Renseignements au 0145 86 72 26

GALERIE LE LYS

A la librairie-galerie Le Lys (12-14, rue St Louis en l'Ile, Paris 4e), trois événements au programme:

- le 12 juin à 19h, dans le cadre du Mois de l'Estampe, vernissage d'une exposition de gravures en présence de Zoran Krsisnik, directeur du Centre International d'Art Graphique de Ljubljana. Oeuvres de Dubravko Babic, Joze Ciuha, Djevad Hozo, Andrej Jemec, Fatmir Krypa, Vladimir Makuc, Branko Miljus, Edo Murtic, Safet Zec. Jusqu'au 30 août ;

- une rencontre avec Christophe Chiclet et Bernard Lory, animée par Yasmina Sopova, autour du livre La République de Macédoine, dernière venue dans le concert européen (I'Harmattan). Date à déterminer;

- rappel: le 31 mai, Première Fête du livre. A cette occasion, la librairie fait appel aux dons de livres. Précisions à demander au 01 46 33 22 79.

FESTIVAL D'ETE DE GORAZDE

Dans le but de rompre l'enclavement de Gorazde et répondre à sa demande de contacts, d'échanges et d'ouverture aux autres cultures, une soixantaine d'artistes et sportifs costarmoricains se mobilisent et organisent, avec ceux de Gorazde, un testival les 26, 27 et 28 août prochains.
Aidez-nous à réaliser ce projet en participant à la souscription, ou même en organisant une manifestation culturelle ou sportive dans votre région au bénéfice du festival, téléphonez ou écrivez pour faire savoir vos dates à:
Collectif Bretagne Bosnie-Gorazde,
Centre social du Plateau, 22000 Saint-Brieuc, tél. 02 96 78 27 34.
Vous pouvez aussi faire connaître ce projet aux troupes et associations culturelles de votre région qui souhaiteraient le soutenir. Un dossier peut vous être envoyé.
Compte bancaire "spécial Festival Gorazde" : CMB Saint-Brieuc, centre 00 1897858-41-88.
Collectif Bretagne Bosnie-Gorazde

Association Sarajevo
17 rue de l'Avre-75015- Paris
tél. : 01 45 79 38 66 fax: 01 44 23 76 79

E-mail Sarajevo@ras.eu.org
Sabo@ras.eu.org

Président: Francis Jeanson
Directeur de la Publication: Francis Jeanson
Rédacteur en chef : Jean-René Chauvin

Commission paritaire : AA 75121

Abonnement simple

11 numéros par an : 100F
Adhésion à l'Association, 11 In°+ rapport annuel d'activité: 200F

Abonnement de soutien Pour que les dons bénéficient d'une déduction fiscale, libeller le chèque d'un montant supérieur à 200F à l'ordre de la Fondation de France : compte n'600927

Original imprimé par Imprimerie CICP 21 ter rue Voltaire- 75011 - Paris -Tél.: 01 44 93 93 24
La reproduction de ce numéro a été faite pour vous inciter à vous abonner - AEC Nantes


LA CAMPAGNE ÉLECTORALE EN BOSNIE

La campagne des élections générales de septembre 1998 a officiellement débuté en Bosnie fin avril. Il faudra pourtant attendre la fin du mois de mai pour savoir si les règles électorales resteront inchangées- (continuant à fovoriser les partis nationalistes) et connaître les candidats, les alliances et les coalitions...
On sait déjà que la Présidence tricéphale sera élue de la même manière qu'auparavant, c'est-à-dire que chacun des trois "peuples constitutifs" élira son propre représentant. Par ailleurs, les règles ont été révisées de façon à favoriser les femmes et les alliances électorales entre petits partis.
En Republika srpska, il semble qu'aujourd'hui les rapports de force entre partisans de Biljana Plavsic-Milorad Dodik et partisans de Krajisnik-Milosevic soient assez équilibrés. Toutefois, l'aggravation de la crise au Kosovo, ainsi qu'entre la Serbie et le Monténégro favorise les ultra-nationnalistes qui ont déjà basé leur campagne sur le slogan "la nation serbe est en danger". Quant à la Fédération, on ne sait toujours pas si l'opposition formera une (ou deux) coalition(s) ou si elle se présentera en ordre dispersé.
Beaucoup de remous, enfin, dans les hautes sphères du HDZ en BH (Communauté croate démocratique de BH). En effet, la récente conférence de ce parti a élu un nouveau président, Anto Jelavic actuel.ministre de la défense dans le
gouvernement de la FBIH alors que le "leader suprême", Franjo Tudjman, avait, lui, proposé Nozo Ljubic, ministre de la Santé de ce même gouvernement. Cependant, il pourrait bien ne s'agir que d'une "querelle de famille", car le HDZ, bien que frappé par la disparition de Gojko Susak, son numéro 2 - et par les pressions de la communauté internationale- poursuit toujours sa politique de division de la Bosnie en trois entités.
Le début de la campagne a "coïncidé" avec une série d'incidents sanglants à Drvar et à Derventa, municipalités contrôlées respectivement par les ultra-nationalistes croates et serbes. On estime que ces incidents ont été orchestrés par Zagreb et Belgrade dans le but d'empêcher le retour des réfugiés, de parachever l'homogénéisation ethnique et de créer une ambiance peu propice à des élections libres.
(Sources: SAFAX et Oslobodjenje)

CLINTON PREND SA PLUME

Le président américain CLINTON a envoyé début mai deux courriers à Alija IZETBEGOVIC et à Kresimir ZUBAK, membres de la présidence tricéphale de BH, les accusant de ne pas avoir honoré les engagements pris lors de leur rencontre commune en décembre dernier et de faire obstacle à l'application des accords de Dayton. Clinton se dit encore plus inquiet de l'évolution de la situation en BH que lors de sa dernière visite à Sarajevo. Il demande à lzetbegovic d'éliminer tout vestige des "institutions mises en place pendant la guerre" et toujours mises à profit par le parti du SDA pour assurer sa domination sur la Fédération de BH. La lettre à Zubak est encore plus dure : Clinton demande aux dirigeants bosno-croates de "renoncer à leurs projets séparatistes".
Clinton intervient au moment où les leaders nationalistes de Bosnie étaient pratiquement en conflit ouvert avec les représentants de la communauté internationale. Ainsi, Zubak, furieux des critiques que lui avait adressées Gelbard
(le représentant de Clinton dans la région), a coupé court à une réunion avec ce dernier, alors qu'Izetbegovic attaquait publiquement KLEIN (premier adjoint de WESTENDORP) pour avoir déclaré, faisant allusion au pouvoir en place à Sarajevo, qu'en Bosnie "les hommes politiques ne s'occupaient que de leurs propres intérêts".
L'avertissement de CLINTON ne peut qu'affaiblir la position des dirigeants des partis autoritaires en Bosnie. Il coïncide avec un renforcement de la pression américaine sur la Croatie (à cause du problème de la Bosnie surtout) et sur la Serbie (Kosovo). Notons que Clinton n'a pas daigné écrire à Momcilo KRAJISNIK, troisième membre de la présidence bosniaque, le considérant probablement comme une "non-entité" par rapport au duo DODIK- PLAVSIC.
GÉNÉREUX DONATEURS...
La quatrième Conférence des donateurs pour la Bosnie-Herzégovine a eu lieu les 7-8 mai à Bruxelles. De, l'avis général et contrairement à tous les pronostics, ce fut un franc succès. En effet les participants (50 pays et 30 organisations internationales) ont promis de rassembler un milliard et 250 millions de dollars pour la reconstruction et les réformes économiques en BH. Avec les dons promis lors des trois conférences précédentes, on approche du chiffre de 5,1 milliards de dollars, chiffre prévu initialement par la communauté internationale pour la période 1996-2000. Selon le représentant de la Banque mondiale, le succès de cette Conférence s'explique par l'amélioration de la situation politique en Bosnie, les progrès accomplis sur le plan de la réconciliation et en raison aussi du nouveau climat prévalant dans les rapports entre les autorités des deux entités.
L'Union européenne reste le premier donateur, avec 340 millions de dollars, suivie par les Etats-Unis d'Amérique, 243 millions, le Japon, 120 millions, etc. Les pays appartenant à l'Organisation islamique ne figurent pas sur la liste, à l'exception de la Turquie et de l'Egypte (20 millions et 1 million respectivement).
(Source: Oslobodjenje)

DIFFICILE RETOUR

Carlos WESTENDORP, Haut représentant de la communauté internationale en BH, a présidé la conférence régionale sur le retour des réfugiés qui s'est tenue à Banjaluka fin avril dernier. Cette réunion fait suite à celle organisée à Sarajevo en février dernier. Toutes deux ont adopté une déclaration dans laquelle sont précisés les devoirs, obligations et délais imposés aux gouvernements de la Bosnie-Herzégovine, de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro) et de la Croatie. Or, ces gouvernements montrent très peu d'empressement quant il s'agit de permettre le retour des réfugiés et personnes déplacées dans leurs foyers. La dernière vague de violence en BH, dirigée avant tout contre ceux qui essayaient de rentrer chez eux, en est la preuve. Une fois sur place, les réfugiés ne trouvent ni sécurité, ni logement, ni emploi.
Ces raisons ont poussé un tiers des réfugiés de Srebrenica qui avaient trouvé refuge à Sarajevo à s'expatrier aux Etats-Unis. Par ailleurs, la communauté internationale semble hésitante, inefficace et souvent irresponsable. De telle sorte qu'un très grand nombre de réfugiés cherchent à régulariser leur situation dans les pays d'accueil. Selon l'agence SAFAX, 600.000 réfugiés ont décidé de ne pas même essayer de retourner chez eux et, étant donné la situation actuelle en Bosnie et dans la région, il n'est pas certain que les 330.000 qui s'y sont formellement engagés, le fassent réellement.
Enfin, on a tendance à oublier qu'il y a toujours 800.000 personnes déplacées en Bosnie même. L'UNHCR devrait
publier début juin prochain une stratégie détaillée concernant la politique à adopter dans ce domaine.
(Source: SAFAX).

DES MEDIAS POUR UNE SOCIÉTÉ DÉMOCRATIQUE

Une vingtaine de médias indépendants et pluralistes ( l'ensemble de la Bosnie Herzégovine ont constitué une association nommée "Médias pour une société démocratique" (MSD) , dont les objectifs principaux sont les suivants: créer un climat démocratique et rétablir la confiance entre les différentes communautés, promouvoir et défendre les standards professionnels du journalisme et contribuer à la formation professionnelle de cadres, agir ensemble face aux pouvoirs en place, encourager les échanges réguliers d'information, de cadres et d'équipement, coopérer dans le domaine de la recherche et de l'analyse des médias. On trouve, parmi les fondateurs de cette association dont le siège est à Tuzla : Front Slobode de Tuzla, Extra Magazine de Bijeljina, MédiaPlan de Sarajevo, Nezavisne Novine de Banjaluka, Zetel de Zenica, Ogiedalo de Tuzla, RTV de Mostar, Tribina de Zvornik, Stobodna Bosna de Sarajevo, Novi Prelom de Banjaluka... L'association est présidée par Sinan ALIC, rédacteur en chef de Front Slobode et de la revue OgIedalo.
Adresse: Mediji za demokratsko drustvo- MDS
Slatina 9, Novi trzni centar, 75000 Tuzla, BH
tél/fax: (+385 75) 251-400

LES RELATIONS BELGRADE-SARAJEVO : RIEN DE NOUVEAU

Slobodan Milosevic a proposé de normaliser les relations entre la République fédérale deYougoslavie et la Bosnie Herzégovine. Cette proposition, présentée le 5 mai dernier par l'intermédiaire de Milorad DODIK, premier ministre de la Republika srpska, a pris la forme d'une déclaration devant être signée par les présidents des deux Etats. Milosevic propose l'établissement immédiat de relations diplomatiques entre Belgrade et Sarajevo, ains que la signature d'une vingtaine d'accords de coopération Selon Oslobodjenje Milosevic n'exigerait pas, cette fois ci, que la BH retire la plainte qu'elle a déposée devant Ia Cour internationale de justice contre la RFY pour le génocide commis en BH. Le texte reste vague sur le problème de la succession de l'ex-Yougoslavie. Enfin Milosevic propose que cet accord sur la normalisation soit signé à Belgrade!

Puis, coup de théâtre: le 13 mai un fax arrive de Belgrade à la présidence bosniaque, disant qu'un paragraphe manquait dans le texte du 5 mai, celui dans lequel Milosevic exige à nouveau le retrait de la plainte L'après-midi du même jour, Gelbard et Holbrooke sont venus à Sarajevo et ont demandé à lzetbegovic d'accepter cette proposition. Ce dernier leur a alors montré le fax qu'il venait de recevoir et a rappelé que les accords Dayton signés également par Milosevic, prévoient que RFY normalise ses relations avec la BH sans aucune condition préalable.

Or, jusqu'à présent Belgrade a toujours exigé que Sarajevo retire sa plainte et reconnaisse la RFY en tant qu'unique successeur de l'ancienne Yougoslavie. Lors de leur rencontre en octobre 1996 à Paris, Milosevic et lzetbegovic avaient de nouveau convenu d'établir des relations diplomatiques. Cet accord est resté lettre morte, Belgrade n'a pas changé de politique et Milosevic est toujours considéré comme le principal obstacle à l'application intégrale des accords de Dayton. C'est pourquoi sa dernière proposition, si elle n'est pas rejetée d'emblée, est accueillie avec beaucoup de circonspection à Sarajevo, où l'on s'interroge sur ses véritables motifs.

Pour le quotidien Oslobodjenje, Milosevic es actuellement en très mauvaise posture : Kosovo Monténégro, relations pour le moins difficiles avec tous ses voisins, isolement international, situation économique et sociale catastrophique. Il chercherait donc à jeter du lest et à fermer au moins l'un des fronts qu'il a ouverts lui-même.

On pourrait dire, comme le fait l'hebdomadaire Svijet, que "l'établissement de relations diplomatiques entre la BH et la RFY devra attendre l'arrivée de jours meilleurs et que s'installe une véritable normalisation."

(Sources: Oslobodjene, Svijet et SAFAX)

Lettres d'information
de l'Association Sarajevo

Page sommaire AEC Nantes