Lettre d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 87 Juin 2000

LE RETOUR DES RÉFUGIÉS
EST-CE  LA FIN DE L'IMPASSE ?

Rapport de l'International Crisis Group

Le précédent numéro de la "Lettre Sarajevo" signalait que pas une seule référence significative au Sud-est européen n'avait pu être relevée dans la déclaration faite le 9 mai à l'Assemblée Nationale par Lionel Jospin sur les orientations de la Présidence française de l'U.E. Partage des rôles dans la cohabitation, correction délibérée ou inspiration subite ? Jacques Chirac, parlant sur le même sujet le 30 mai devant le Comité des Présidents de l'Assemblée parlementaire de l'UEO, a désigné l'ex-Yougoslavie comme le premier champ de l'action extérieure de l'U.E. Il faut constater que les médias. français n'ont pas plus manifesté d'attention à l'intérêt du Président de la République qu'au silence du Premier Ministre.
Le discours de Jacques Chirac a néanmoins été entendu, hors de France, notamment à Bruxelles. Il a été salué par Chris Patten qui a souligné dans un exposé fait à 1'IFRI le 15 juin, que "c'est dans les Balkans occidentaux, plus que nulle part ailleurs, que notre aide doit être rapide et efficace", assignant trois objectifs à l'action de l'U.E.: l'intégration progressive des pays concernés dans l'Union, la relance de leurs économies et la reconstruction des infrastructures détruites. Le Commissaire aux relations extérieures de l'U.E. n'a pas manqué de glisser que la réussite de ces projets nécessiterait des ressources budgétaires appropriées.
Mais il ne s'agit pas seulement d'économie et de moyens financiers encore que ceux-ci soient indispensables. En ce qui concerne spécifiquement la B-H, le programme d'action que constitue la déclaration de l'U.E. du 22 mai, qui double celle de la conférence de la mise en oeuvre des accords de Dayton des 23 et 24 mai, fixe bien le cadre et les objectifs d'une politique de reconstruction et de reconstitution du pays. Elle note que "l'obstruction politique et la mise en oeuvre, par certains, de politiques inspirées de considérations purement ethniques, empêchent la population de BH. de tirer pleinement parti des avantages que les accords de Dayton-Paris leur offrent", oubliant que ces "considérations purement ethniques" sont constitutives de ces accords. A cette réserve près, qui est essentielle, ce document montre la voie à suivre. La bonne volonté exprimée par Jacques Chirac aurait matière à s'employer, par exemple et alors que se prépare la commémoration du crime de Srebrenica, pour "traduire en justice les personnes inculpées de crimes de guerre qui sont toujours en liberté". Force est de constater que les récents et mâles propos de notre Président sur ce sujet précis n'ont, à ce jour, pas été suivis d'effets.
Le Conseil européen, dans sa session du 19 juin à Feira (Portugal), a développé sa thématique habituelle sur les "Balkans occidentaux" et réaffirmé son objectif "d'intégrer la région dans le courant dominant politique et économique de l'Europe à travers le processus de stabilisation et d'association, le dialogue politique, la libération des échanges et la "coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieures". Selon les termes du texte communiqué, "une R.F.Y démocratique, disposée à coopérer et vivant en paix avec ses voisins sera la bienvenue dans la famille des nations démocratiques", Le Conseil a repris à son compte l'idée française de réunir un "sommet entre l'U.E. et les pays des Balkans occidentaux qui, bien qu'à différentes étapes, se trouvent les plus avancés dans leur évolution démocratique".
Attendons donc, avec la circonspection et le doute dictés par l'expérience, que la Présidence française de l'U.E. engage celle-ci à "renforcer encore la cohérence et le volontarisme de sa politique" et à "avoir une stratégie plus déterminée pour les Balkans", pour citer les euphémismes officiels. Les circonstances se prêteraient à ce changement, ou plutôt à ce début de politique de l'Europe à l'égard de l'ex-Yougoslavie, La confirmation de la nouvelle orientation de Zagreb, l'effacement annoncé d'lzethegovic et la montée du SDP en Bosnie sont des signes de la nouvelle donne qui se dessine dans la région, qui reste cependant confrontée aux convulsions dont la Serbie devra bien être libérée un jour, par un moyen ou un autre.

Sommaire
EDITORIAL
LE RETOUR DES REFUGIES : EST-CE LA FIN DE L'IMPASSE ?
BOSNIE
 APRES LES ELECTIONS MUNICIPALES
 DEPART D'IZETBEGOVIC ?
 CONFÉRENCE DE BRUXELLES
 QUELQUES RÉACTIONS
 L'ENFER DE SREBRENICA : ILS TEMOIGNENT ...
 L'ÉCOLE DE JOURNALISME: DEUX ANS DEJA ...!
SERBIE
 UN FRONT UNI CONTRE MILOSEVIC
 Déclaration de Zarana Papic au centre universitaire de Dubrovnik
 S.O.S.de Slobodni Nezavisni Informator
 LA DERNIÈRE BLAGUE DE BELGRADE
 Interview de Latinka Perovic
 FEMMES EN NOIR SOUS CONTRÔLE
 
INTERNATIONAL
 LAGUMDZIJA AUX U.S.A
 UN SOMMET DE L'UNION EUROPÉENNE ET DES PAYS DE L' EX-YOUGOSLAVIE
 Le pacte de stabilité : Déclaration d'Ancône
 CROATIE
CULTURE
BREVES
Depuis le 4 juin 2000, il y a de nouveaux numéros d'appel en Fédération de B-H

LE RETOUR DES RÉFUGIÉS 
EST-CE LA FIN DE L'IMPASSE ?
Rapport de l'International Crisis Group

Un rapport publié par l'organisme de surveillance International Crisis Group (ICG)* examine la situation des retours. Voici ses conclusions.
Fin août 1999, seulement 100 714 retours minoritaires** avaient eu lieu dans toute la Bosnie, soit moins de 5% du total des réfugiés et personnes déplacées des suites de la guerre. Quatre ans après la fin des combats, quelque 1 189 150 personnes, dont 836 500 déplacées internes, ne pouvaient toujours pas accéder à leur ancien foyer en toute sécurité.
Aujourd'hui, on voit enfin une augmentation importante du nombre des retours, un peu partout en Bosnie. Dans les 4 premiers mois de l'an 2000, 12 579 réfugiés - quatre fois plus que dans la même période il y a un an - ont retrouvé leur foyer d'avant guerre. Les raisons de ces nouveaux retours : l'impatience des réfugiés, un changement dans l'esprit des populations majoritaires et minoritaires, la politique gouvernementale bosniaque et un renforcement de la volonté de la Communauté Internationale à user du pouvoir du OHR pour écarter des officiels obstructionnistes et faire appliquer les lois sur la propriété.
Ces nouveaux retours sont, le plus souvent, spontanés, sans aucune aide de la part de la communauté internationale ni l'aval des autorités locales. Certains réfugiés ont été évincés des logements qu'ils habitaient, depuis que la communauté internationale fait pression pour l'application sérieuse des lois sur la propriété. D'autres ont tout simplement perdu patience. Le réfugié type qui retourne a l'âge de la retraite mais il y a un nombre croissant de familles avec enfants. Beaucoup de réfugiés ont choisi de s'installer dans un village peu accessible, dévasté et quasiment désert, pour éviter de déloger des membres du groupe majoritaire et d'exacerber les tensions ethniques.
La Communauté Internationale, après avoir oeuvré pour ces retours pendant presque cinq ans, y est mal préparée. Les fonds pour la reconstruction sont insuffisants : malgré les promesses des Occidentaux, et notamment les nouveaux engagements du Pacte de Stabilité, le financement risque de ne couvrir que 10% des besoins cet été. Beaucoup de réfugiés auront à financer eux-mêmes, s'ils le peuvent, la remise en état de leurs maisons, écoles, routes et systèmes d'approvisionnement en eau et en électricité.
Quant à la sécurité, elle s'améliore lentement, mais des attentats contre des réfugiés minoritaires qui reviennent continuent. L' UNMiBH a fait état de 108 attentats contre des minorités dans les deux mois de mars et avril 2000. C'est souvent les mêmes individus - policiers, maires, profiteurs de guerre - responsables des pires atrocités de la purification ethnique, qui sont toujours au pouvoir. Les retours mettent en cause les raisons mêmes de la guerre et menacent ces personnes de poursuites criminelles. D'autres habitants, réfugiés eux-mêmes d'une autre région et vivant illégalement dans un logement évacué par un réfugié minoritaire, craignent que le retour de celui-ci ne les prive de leur logement.
La police locale ne pouvant pas assurer la protection des minoritaires retournés, cette tâche incombe à la SFOR. Les contingents qui ont le mieux rempli ce rôle sont les Britanniques, les Canadiens, les Tchèques, les Danois, les Finlandais, les Allemands et les Norvégiens. Les régions qu'ils contrôlent ont le plus haut taux de retours. Moins bien ont été les Français, les Italiens, les Russes, les Espagnols, les Ukrainiens et les Américains. Une unité italienne a refusé de protéger contre des Serbes jetant des pierres, un convoi de femmes bosniaques visitant des tombes à Bratunac. Résultat - 13 femmes blessées ainsi que 4 policiers serbes qui tentaient de les protéger. Il n'est pas étonnant que des retours vers Bratunac n'aient pas eu lieu. L'ICG souligne que, étant donné le nombre d'incidents, une réduction des effectifs de la SFOR serait maintenant injustifiable.
L'IPTF (International Police Task Force) a la responsabilité de la formation et de la supervision des polices locales. Dans les régions où elle est la plus impartiale et efficace - par exemple, à Prijedor -, la police a un caractère plus professionnel, la situation sécuritaire est meilleure et le taux de retours est plus élevé.
Un autre facteur qui décourage les retours est le manque d'emplois pour les minoritaires. Ils sont souvent contraints de créer leur propre entreprise ou de se lancer dans l'agriculture, mais il leur manque le capital pour l'un comme pour l'autre. L'insuffisance des écoles, dont beaucoup ont été détruites, pose aussi problème. Souvent, l'école la plus proche, contrôlée par le groupe cliniquement majoritaire, enseigne une version d'histoire ou une religion que le réfugié trouve inacceptables. Pour ces raisons, il n'est pas rare pour des réfugiés, après avoir regagné leur foyer, de repartir.
Alors justement que les retours tant attendus commencent à se réaliser, la Communauté Internationale n'a pas la volonté de les soutenir financièrement. Le budget d'aide pour l'an 2000 a été réduit de manière dramatique. Les plus importants donateurs comme l'Union Européenne sont très à la traîne dans le versement des aides promises. A cette date, l'UE n'a dépensé que la moitié des fonds promis pour 1999. Les Etats-Unis, le donateur le plus important en aide aux retours, a donné 127 millions de Konvertabilna Marka (KM) contre 98 KM de la part de l'UE. Seuls les Etats-Unis et certains plus petits donateurs comme les Pays-Bas ont su cibler leur aide de manière efficace. Pour la reconstruction des maisons détruites, l'UE exige le service des entreprises contractantes au lieu de fournir les matériaux aux réfugiés qui, pourtant, savent reconstruire leurs maisons, les économies ainsi réalisées permettraient de reconstruire au moins 50% de maisons en plus.
Des programmes d'autosuffisance lancés par certaines ONG comme Oxfam et Care ont eu une réussite extraordinaire : avec leur aide, 17 000 à 20 000 personnes ont pu créer leur petite entreprise ou obtenir des outils agricoles. Malheureusement, beaucoup de donateurs internationaux hésitent à financer de tels programmes. Il faut dire que les entraves bureaucratiques constituent un obstacle de taille à la création des entreprises. Des régulations compliquées et non-transparentes donnent lieu à des abus et découragent les investisseurs. Aucun programme d'aide n'aura d'impact à long terme si le gouvernement bosniaque n'assume pas ses responsabilités et ne lance pas de réformes.
Si la Communauté Internationale rechigne à fournir l'aide nécessaire, elle prolongera son propre engagement dans les Balkans. Le niveau de financement et d'engagement sécuritaire requis pour profiter de la marge d'occasion qui s'ouvre n'est pas énorme. Un manque de volonté ne pourra que décourager les retours, enhardir les forces obstructionnistes et renforcer le pouvoir des nettoyeurs ethniques. Par contre, une action urgente et soutenue en faveur des réfugiés qui retournent aura l'effet d'encourager d'autres retours et de jeter les bases pour une stabilité régionale à longue terme, de sorte que la Communauté Internationale pourra se retirer sans risque d'un renouvellement du conflit.

* "Bosnias Refugee Logjam Breaks; Is the International Community Ready?", 30 mai 2000 . Les rapports ICG sont disponibles sur le site < http://www.crisisweb.org  >.

** Retours vers une région où un autre groupe ethnique est majoritaire et a le commandement militaire.

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BOSNIE

APRÈS LES ÉLECTIONS MUNICIPALES

Les élections municipales se sont déroulées il y a trois mois, et les assemblées municipales ont enfin été constituées, et les maires élus. Mais l'on a vu émerger des coalitions post-électorales entre les partis nationalistes, des scissions au sein des partis (nationalistes) au pouvoir, des conflits entre les pouvoirs actuels et la communauté internationale. Notons, tout d'abord, la formation d'une coalition (post-électorale) entre le SDA et le SB-H (Parti pour la Bosnie-Herzégovine de HARIS SILAJDZIC) dans les communes où le SDA avait obtenu la majorité relative, il fallait le soutien du SB-H pour que le SDA s'empare de la mairie et se maintienne au pouvoir. Grâce à cette coalition, le SDA a mis la main sur les mairies de Stari Grad (à Sarajevo, où le Parti social-démocrate avait obtenu la majorité), Ilijas, Breza, Kalesija... Ainsi HARIS SILAJDZIC, dont le parti est le résultat d'une scission au sein du SDA, a-t-il trahi l'espoir de nombre de Bosniaques, désireux de voir se constituer un centre citoyen. Pour beaucoup, il a ainsi prouvé de nouveau qu'il n'était qu'un simple "compagnon de route" du SDA et, peut-être, le successeur d'ALIJA IZETBEGOVIC. On nous signale également que dans la partie centrale de la B-H, il y aurait un rapprochement et de probables coalitions entre le SDA et le HDZ (parti ultranationaliste croate d'ANTE JELAVIC), toujours dans le même but. Autrement dit, on en reviendrait à la situation d'avant-guerre, lorsque les trois parfis nationalistes (le SDS de KARADZIC, le SDA et le HDZ) s'étaient emparé du pouvoir grâce à une coalition. A la suite de quoi, ils se sont fait la guerre. Par ailleurs, dans les trois blocs nationalistes, les luttes intestines n'ont pas cessé. En Republika srpska... Au sein du HDZ...
Quant au SDA, ce parti vient d'expulser de ses rangs EJUB GANIC, qui avait refusé de suivre IZETBEGOVIC, lorsque celui-ci lui avait demandé de démissionner du poste de président de la Fédération de B-H. On se souviendra que GANIC avait été élu à la présidence bosniaque peu avant la guerre à titre de "Yougoslave"; ensuite il avait rejoint le SDA un nouveau compagnon de route. On prétend (une fois de plus!) qu'IZETBEGOVIC a l'intention de se retirer, sans nommer son successeur. Critiquant la politique de ce parti par rapport à la B-H, le quotidien Oslobodjenje a écrit, il y a quelques jours - "Une idéologie confuse, des erreurs stratégiques, une politique hypocrite et, pour finir, un règne compromettant". Par ailleurs, les rapports entre ces trois partis nationalistes et la "communauté internationale" sont plus tendus que jamais. Le Haut Représentant PETRITSCH a déclaré : "Les hommes politiques locaux (lire: les partis nationalistes au pouvoir) ne font pas un bon travail", leur rejetant la responsabilité de la grave crise économique qui sévit en Bosnie. Il vient d'ailleurs de démettre de ses fonctions le gouverneur du canton de Livno (membre du HDZ), l'accusant de s'opposer au retour des réfugiés et à la démocratisation. Il a aussi démis le chef de la Direction de la privatisation dans la FB-H (SDA). Mais il n'est pas intervenu contre les dirigeants de la Republika srpska qui, tous ensemble, bloquent le processus d'unification du territoire de la B-H, Il a par contre lancé publiquement un appel aux Bosniaques pour qu'ils changent leurs dirigeants - comme si la communauté internationale n'avait pas, elle aussi, contribué au maintien des nationalistes au pouvoir. La situation en Bosnie devrait être beaucoup plus claire après les élections générales fixées pour le 11 novembre prochain. Nous en reparlerons.

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DÉPART D'IZETBEGOVIC ?

ALIJA IZETBEGOVIC, actuel président de la présidence de Bosnie, a annoncé qu'il avait l'intention de démissionner dès le mois d'octobre prochain. Il aurait déclaré, selon l'agence Reuters, qu'il n'avait plus ni physiquement, ni psychologiquement, la force de continuer à occuper ce poste. Il a également fait part de sa déception face à ses "malentendus avec la communauté internationale". Rappelons qu'IZETBEGOVIC avait déjà laissé entendre qu'il voulait démissionner, mais était revenu chaque fois sur sa décision. Il n'existe actuellement aucune règle de remplacement pour les membres de la présidence tricéphale. Néanmoins, selon l'agence AP, certains fonctionnaires internationaux estiment que le départ d'lzetbegovic pourrait amener RADISIC ET JELAVIC, membres de cette même présidence, à présenter eux aussi leur démission. Ce qui laisserait l'a porte ouverte à l'organisation de nouvelles élections présidentielles, peut-être en novembre prochain, au même moment que les élections législatives (et non pas en 2002, comme le prévoyait la procédure "normale"). L'occasion s'offrirait alors peut-être de "rénover" toutes les instances dirigeantes en BH, avec des chances réelles de changements profonds. Tout cela dépendra des protecteurs intemationaux,
Le quotidien Oslobodjenje écrit dans son éditorial du 7 juin que "le départ anticipé d'Izetbegovic représente l'événement politique le plus important depuis la signature des accords de Dayton". Selon ce journal, lzetbegovic "n'a jamais eu une vision claire de l'Etat de Bosnie, obsédé qu'il était par l'organisation tri-ethnique du pays sous la conduite des partis nationalistes (SDS, HDZ et SDA).Or, les SDS et HDZ ont mis en oeuvre, depuis le début, des projets hégémoniques et séparatistes. Comme il essayait obstinément de se persuader que la paix était possible grâce à une alliance avec ces deux partis, Izetbegovic et la Bosnie, ont été les premières victimes de ces projets. La plus grande réalisation de l'actuel président aura été d'avoir exigé l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine... Sa plus grande erreur, d'avoir renoncé, pendant la guerre, à imposer une Bosnie unie et démocratique".
0slobodjenje constate enfin "qu'une terrible coïncidence a voulu que le jour même où Izetbegovic annonçait son prochain départ, la nouvelle coalition rassemblant les SDS, HDZ et SDA, a fait élire par le parlement SPASOJE TUSEVLJAK au poste de "premier ministre" du gouvernement central. Ajoutons que TUSEVLJAK, bien que n'appartenant formellement à aucun parti, est généralement considéré comme un pro-MILOSEVIC.

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CONFÉRENCE DE BRUXELLES
Déclaration finale sur la mise en oeuvre des accords de Dayton

La quatrième Conférence sur la mise en oeuvre des accords de Dayton (PIC) a réuni, les 23 et 24 mai derniers à Bruxelles, les délégations de 55 pays et institutions internationales. Les trois premières conférences s'étaient tenues à Sintra (Portugal - mai 1997), Bonn (Allemagne - décembre 1997) et Madrid (Espagne - décembre 1998). Cette année la Russie a refusé de participer sous prétexte que la RFY, dont le président Milosevic est inculpé de crimes de guerre, n'avait pas été invitée.
La Conférence a adopté une déclaration réaffirmant la responsabilité de tous les participants pour l'application des accords de Dayton en Bosnie-Herzégovine. Il a été souligné qu'un grand nombre des travaux de réaménagement et de reconstruction avaient été menés à leur terme avec succès et que l'édification de l'Etat de B-H était en marche : la situation militaire a été stabilisée-, le retour des réfugiés et personnes déplacées s'accélère; le district de Brcko fonctionne; le pluralisme politique a pris un nouvel élan grâce aux résultats des élections. Toutes ces réalisations sont en grande partie le résultat des efforts plus intensifs déployés par la communauté internationale. Le Conseil a pourtant exprimé son mécontentement devant le rythme trop lent de la mise en oeuvre des accords de Dayton, particulièrement depuis la réunion du PIC à Madrid, il y a un an et demi. "Ceci est dû à l'obstruction des partis politiques et de leurs alliés - en Bosnie-Herzégovine et à l'extérieur.. Des intérêts politiques étroits et égoïstes empêchent tout changement positif - qu'il s'agisse du retour des réfugiés, des réformes économiques ou du fonctionnement des institutions gouvernementales". Le Haut Représentant a été prié d'user de toute son autorité pour faire appliquer le volet civil de Dayton, y compris l'élimination de tous les obstacles entravant la réalisation des réformes économiques et la création d'une véritable base pour la création d'un espace unique économique en Bosnie-Herzégovine. Les participants à la conférence sont convenus que la dynamique recherchée dans le processus de mise en oeuvre devrait être atteinte d'ici les prochaines élections présidentielles, en 2002. Outre le lancement "de profondes réformes économiques" devant créer les conditions d'un développement autonome de l'économie de marché et de la production en B-H, deux autres priorités ont été fixées : accélération du processus du retour et restitution des droits de propriété des citoyens, développement d'institutions démocratiques communes conformes à la loi.
Le Conseil a rappelé l'importance d'une admission de la B-H aux structures de l'OTAN, tout en précisant dans le document final que les autorités et citoyens de la B-H devront préalablement procéder à des "changements fondamentaux", y compris la réduction des actuelles dépenses militaires, superflues, et la création d'un commandement commun de leurs forces armées. Dans l'annexe de la Déclaration de Bruxelles, 37 tâches leur ont été assignées, dont les délais ont été fixés. Elles touchent à l'ensemble des problèmes les plus brûlants liés au fonctionnement de l'Etat de B-H, et qui ne doivent plus être différés - allant de l'adoption "immédiate" d'une Loi électorale à la réduction de l'exécutif au niveau municipal et cantonal, du renforcement du système juridique dans les entités, qui doit devenir indépendant des pouvoirs à l'établissement d'un commandement unique de la police fédérale dans l'ensemble de la Fédération - à Mostar surtout -; de l'entrée en vigueur des passeports communs à l'application des décisions concernant les droits de l'homme, etc.
La loi sur le financement des partis politiques devrait être adoptée d'ici septembre, et d'ici décembre la Loi sur la concurrence et la Loi sur la standardisation, y compris la création d'un Institut d'Etat pour la standardisation. Une Loi sur la protection des brevets et d'autres lois similaires devront être adoptées d'ici le mois de mars de l'année prochaine. Un nouveau Ministère pour les droits de l'homme et les réfugiés sera créé d'urgence, en tant que nouveau mécanisme d'Etat permettant une coordination entre les entités et la communauté internationale.

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QUELQUES RÉACTIONS

A près la conférence de Bruxelles, le Haut représentant Wolfgang PETRITSCH a déclaré (cité par le quotidien "Avaz" de Sarajevo) :
"Les cinquante pays membres du Conseil de mise en oeuvre de la paix sont lassés... J'ai eu beaucoup de difficultés à leur expliquer pourquoi nous avons toujours besoin d'un soutien financier et politique... Vous devez comprendre que, dans les autres pays, les gens ne veulent plus qu'on les assomme avec vos problèmes. S'ils constatent qu'il n'y a aucun progrès, ils feront alors pression sur leurs dirigeants politiques pour qu'ils cessent l'aide à la Bosnie. Et ce que je vous dis là n'est pas seulement de la rhétorique". PETRITSCH a souligné : "Les hommes politiques au pouvoir en Bosnie ne font preuve d'aucune bonne volonté pour commencer à travailler pour assurer le bien-être de leurs citoyens". Il a clairement laissé entendre que l'aide extérieure tirait à sa fin. Le représentant de l'ONU, JACQUES KLEIN a lui aussi déclaré : "Les dirigeants de ce pays ne sont pas capables de mener leurs peuples".
Même discours de la part de ROBERT BARRY, chef de la mission de l'OSCE en Bosnie - "Le temps est venu de cesser de dépendre de l'aide extérieure". L'Union Européenne a publié une déclaration (ré)affirmant qu'elle était "pleinement attachée au processus de paix en Bosnie-Herzégovine. Elle note que, malgré "les progrès substantiels (déjà) enregistrés, l'obstruction politique et la mise en oeuvre - par certains - de politiques inspirées de considérations purement ethniques, empêchent la population de B-H de tirer pleinement parti des avantages que les accords de Dayton/Paris leur offrent. L'UE insiste pour que le Haut Représentant exerce ses pleins pouvoirs... y compris l'éviction de ceux qui font obstacle aux réformes économiques".

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L'ENFER DE SREBRENICA : ILS TEMOIGNENT ...

Ces témoignages du siège de Srebrenica de 93 à 95 sont extraits du livre "Srebrenica 1995 - l'été d'une agonie. Des femmes témoignent", éd, L'esprit des Péninsules et ARTE.

L'AGRESSEUR utilisa tous les moyens possibles pour nous anéantir. L'un des plus terribles fut la faim. La mort blanche sévissait dans Srebrenica. Nos réserves de nourriture s'étaient vite épuisées, car nous avions dû secourir les milliers de personnes réfugiées dans la ville. Vint le moment où plus personne ne put plus rien faire pour son prochain. Je ne me demandais plus alors si un obus allait me tuer. Je n'avais qu'un seul souci : trouver à manger pour le lendemain. -S.M. née en 1966 (témoignage n' 60)

Le 12 avril 93 fat une belle journée ensoleillée. Les gens, ayant appris que Srebrenica allait être démilitarisée, s'étaient réunis pour s'amuser un peu... Soudain les obus se sont mis à pleuvoir sur la ville. ... J'ai décidé d'aller voir ce qui s'était passé sur le terrain de sports... Il restait plus de morts que de vivants. Des corps sans vie étaient éparpillés un peu partout sur le petit stade. On voyait ici une tête, là un bras, une jambe, un tronc... - H.F. née en 1946 (n' 62)

La guerre a mis fin à mon enfance heureuse. J'avais alors à peine quinze ans. Le 12 mai 1992, j'ai quitté mon village natal avec ma mère, mon frère et ma sœur... Nous nous sommes cachés dans un village proche d'Orlica. Nous en avons bientôt été chassés aussi et il nous a fallu gagner Srebrenica. [Là] j'ai enduré d'énormes souffrances... J'allais chercher de la nourriture à une vingtaine de kilomètres de la ville. Le plus dur, c'était l'hiver... Mais le plus grand malheur était encore à venir. Alors que les tchetniks étaient aux portes de la ville, nous avons fui vers la base de la Forpronu de Vezionica, Là, on nous a bombardés... Voyant que nous n'avions pas de salut à espérer en ce lieu, nous nous sommes mis en route vers Potocari. [Là] nous avons été hébergés dans une usine... Je suis allée chercher de l'eau avec ma sœur. J'ai aperçu mon cousin et camarade d'école, Samir Haskic. Effrayé, il errait sans but dans la rue. Il est venu vers moi et m'a dit que les tchetniks lui avaient plusieurs fois demandé son âge. - Pas question que je passe une nuit de plus ici, a-til poursuivi, plutôt me suicider que tomber entre leurs mains! J'ai essayé de le réconforter puis je lui ai dit au revoir. Au retour, nous avons dû traverser un champ de mais. Là, j'ai vu deux hommes portant des sacs d'où coulait du sang... L'évacuation vers Kladanj a commencé vers midi. Je suis sortie de l'usine avec ma mère, mon frère et ma sœur et nous nous sommes dirigés vers un autobus. Dans a foule, j'ai aperçu mon cousin... - Toi, reste là, nous te réservons quelque chose de spécial! Trois tchetaiks ont saisi mon cousin et l'ont emmené en direction de la forêt. Il se débattait, tentant de leur échapper.. J'ai entendu un cri atroce venant de la direction dans laquelle on avait emmené mon cousin. Les trois tchetniks sont
revenus... La mère de mon cousin s'est évanouie. - S.H. née en 1976 (n' 63)

Lorsque Srebrenica est tombé, je suis parti en direction de Tuzla... En l'espace de sept nuits, je n'ai pas dormi plus de deux heures en tout... Pendant trois jours, j e n'ai rien mangé, j'ai perdu 14 kg en six jours... Nous secourions nos compagnons de route en plus mauvais état que nous. La volonté de vivre nous a donné la force de tenir jusqu'au bout... A Tuzla, de nombreuses mères, épouses et sœurs sont venues nous demander des nouvelles des leurs. Malgré toute notre bonne volonté, nous ne pouvions pas leur en donner. Sur 12 000 hommes au départ, seuls 4000 sont arrivés. Aujourd'hui encore, quand les images de cette marche et les visages des disparus s'imposent à mon esprit, je souffre dans mon corps et dans mon âme. - S.E né en 1961 (n' 67)

De mai 92 à juillet 95, j'ai combattu pour défendre le pays... Après la chute de Srebrenica, je suis parti à travers la forêt, sur le chemin de l'horreur et de la mort... Puis j'ai gagné Zepa avec un groupe d'hommes. J'ai participé à la défense de Zepa jusqu'au 30 juillet puis, quand cette ville est tombée à son tour, j'ai décidé de passer en Serbie en traversant la Drina. L'armée yougoslave m'a arrêté le 11 août... Nous avons tous subi une fouille brutale et on nous a pris tout ce que nous possédions... Le soir, des camions sont arrivés, dans lesquels on nous a entassés comme du bétail. Les bâches étaient fixées de manière à ne pas laisser passer de l'air. Plusieurs prisonniers se sont évanouis... Je me suis retrouvé avec 97 compagnons dans l'ancien réfectoire. Les quinze premiers jours, nous avons dormi à même le béton, puis on nous a distribué à chacun une couverture. Tous les jours, on nous emmenait un à un chez un inspecteur qui nous interrogeait. De nombreux prisonniers ont dû, sous la torture, reconnaître des actes imaginaires... Le plus dur était la nuit, car ils nous faisaient sortir pour nous passer à tabac. Ils nous frappaient avec tout ce qui leur tombait sous la main: gourdins, battes, matraques, câbles électriques, etc. Je me souviendrai toute ma vie d'une de ces séances de torture... - S.A. né en 1969 (n ` 66)

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L'ÉCOLE DE JOURNALISME: DEUX ANS DEJA ...!

A Sarajevo, les étudiants de la deuxième promotion de l'Ecole de journalisme franco-bosniaque viennent de recevoir leurs diplômes, Sept étudiants ont obtenu une  mention spéciale. La remise de diplômes a été l'occasion d'une véritable fête, à laquelle ont assisté des représentants des média, les parents et amis des étudiants, des représentants des organisations internationales et de l'ambassade de France. Le concours est déjà ouvert à la troisième génération et il y aura, cette fois-ci, des candidats de toutes les régions de la B-H, mais aussi de la Croatie, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie. En fait, cette Ecole de joumalisme franco-bosniaque se transformera, l'automne prochain, en une école régionale couvrant tout le Sud-Est européen. L'école bénéficie, depuis le début, du soutien financier du gouvernement français et nous venons d'apprendre que ce soutien sera non seulement maintenu, mais renforcé. Rappelons enfin la coopération très étroite qui lie l'Ecole de Sarajevo et l'Ecole supérieure de journalisme de Lille.

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SERBIE

UN FRONT UNI CONTRE MILOSEVIC

Mme ALBRIGHT, Secrétaire d'Etat américain, a rencontré, en marge de la réunion ministérielle de l'OTAN tenue à Florence fin mai, les ministres des affaires étrangères de Croatie, Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Roumanie, Albanie et Macédoine. Le but de cette rencontre ., comment soutenir l'opposition démocrate en Serbie et comment venir en aide aux médias menacés ? Selon Mme ALBRIGHT, cette rencontre a été fructueuse et a abouti à la conclusion commune que s'il était difficile d'imposer une solution démocratique à la Serbie, il était néanmoins possible de soutenir les efforts d'unification de l'opposition démocratique dans ce pays. Les participants ont conclu que le régime de Milosevic entravait la réalisation du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est. Par ailleurs, le gouvernement américain considère que la République fédérale de Yougoslavie et la Republika srpska (entité serbe de Bosnie) représentent une menace pour les intérêts américains dans la région. Selon l'agence Sense, dans une directive adressée aux chefs du FBI et de la CIA, le gouvernement aurait déclaré que la situation en Republika srpska empêchait la mise en oeuvre des accords de Dayton, que cette entité était déchirée par des luttes politiques internes orchestrées par les partis nationalistes, "en coordination avec la Serbie", et que ses forces armées demeuraient liées à l'armée de Serbie, dont en fait elles dépendaient.

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Déclaration de Zarana Papic au centre universitaire de Dubrovnik

Je m'attends à ce qu'après la chute de MILOSEVIC, la nation tout entière retourne sa veste, déclarant avoir toujours respecté les droits des citoyens et l'ethnie de leurs voisins (vous savez ce que dit le peuple serbe - je voterai pour toi quand tu auras gagné les élections - où trouver un meilleur exemple d'opportunisme?). C'est comme un cancer qui, à l'intérieur, ne peut supporter aucun changement à l'extérieur, même pas un changement de pouvoir. Je ne suis pas très optimiste quant à l'éventualité d'une prise de conscience de leurs propres responsabilités par les citoyens de la Serbie. Je pense que nous sommes encore très loin d'imaginer qu'il est légitime de prendre conscience de sa propre responsabilité et que c'est là en fait la marque d'une société civile; nous sommes tout aussi loin de réaliser que nous portons de lourdes responsabilités : le silence, l'oubli, la haine, la propagande médiatique. La responsabilité liée au silence est la plus complexe car se taire, c'est également approuver, cela laisse aussi entendre que l'on était au courant de la répression, que l'on avait même un soupçon de doute ... Rien ne changera tant que les Serbes n'assumeront pas la responsabilité de leur propre fascisme.

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S.O.S.de Slobodni Nezavisni Informator

Nous nous voyons contraints, suite à la confiscation du seul serveur dont disposait encore Slobodni Nezavisni Informator en Serbie et la persécution de nos membres via internet, de changer chaque jour l'adresse e-mail par laquelle nous vous envoyons nos nouvelles. Nous vous demandons donc d'imprimer et de faire circuler ces nouvelles - en énormes quantités! - et de les distribuer pendant la nuit. Stop à la terreur, la victoire est proche!"
Ce message était accompagné d'un petit commentaire :
"Ce texte est une cruelle fiction. Il y a pas mal de chances pour qu'il se transforme en une cruelle réalité."

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LA DERNIÈRE BLAGUE DE BELGRADE

BOSKO PEROSEVIC (le dernier des hommes politiques récemment assassinés) fait son entrée au Ciel, voilà qu'il y retrouve PAVLE BULATOVIC en train de tondre le gazon, ARKAN, qui enlève les mauvaises herbes, KUNDAK qui sème des tulipes, BADZA qui élague la haie. BOSKO leur demande: "Mais que faites-vous donc, camarades?", tous répondent en choeur: "Allez, allez, mets-toi vite au travail! Le temps presse. Le chef va bientôt débarquer! "

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Interview de Latinka Perovic
(extraits)

Des couches entières de la société ont été éliminées. Il est aujourd'hui en fait parfaitement ridicule de parler de classe ouvrière, ou d'une couche moyenne. Les institutions ont elles aussi été éliminées. Mais à mon avis, il se passe aussi autre chose qui n'est peut-être pas tout à fait évident et dont on parle très peu, il s'agit de la destruction de quelques remarquables structures sociales, que le peuple serbe a mis des décennies entière à édifier, un siècle et demi même, si vous voulez. Il s'agit de l'enseignement, de la science, du monde des livres, de la santé, des institutions grâce auxquelles les droits inviolables des citoyens à la propriété et autres droits individuels ont été garantis. Tout cela était en pleine évolution, et il est très dangereux de ne pas se rendre compte que ces structures, qui représentent en fait la société, sont en voie de disparition. Imaginez le temps qu'il faudra à la société serbe ' si jamais la situation devait bientôt changer, pour reconstituer ces structures. Ceux qui s'élèvent contre les circonstances actuelles ont tort de ne pas déclarer ouvertement que, même si le régime change, le problème est beaucoup plus grave car il s'agit ici d'un système qui n'a pas été éliminé comme dans le reste de l'Europe de l'Est - donc, même après sa chute, nous devrons encore affronter d'énormes difficultés.

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FEMMES EN NOIR SOUS CONTRÔLE

Le 7 juin dernier, la police, accompagnée par la brigade financière, a pénétré dans les bureaux des Femmes en noir. Les jours précédents, elles avaient fait la même chose chez deux autres ONG, le Comité Helsinki des Avocats pour les Droits de l'homme en Serbie et le Forum pour les Relations ethniques, sur place et au Kosovo, pendant les "rencontres informelles" qui se déroulaient pendant six heures ce jour-là dans les bureaux des Femmes en noir. La répression politique vise à intimider et briser le réseau d'ONG qui luttent pour une société civile. Le régime serbe utilise la brigade financière pour empêcher et discréditer
les activités des Femmes en noir et d'organisations du même genre.

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INTERNATIONAL

LAGUMDZIJA AUX U.S.A.

Le président du Parti social-démocrate de B-H ZLATKO LAGUMDZIJA, a séjourné aux Etats-unis, où il a été reçu par de hauts fonctionnaires. Aux dires des média américains, il s'est vu adresser "de grands compliments". Fait assez exceptionnel lorsqu'il s'agit de personnalités politiques venues de B-H. A l'heure actuelle, le président du SDP est considéré comme celui du plus grand parti politique en B-H, dont l'administration américaine partage les objectifs : le développement des institutions démocratiques, l'inauguration d'une économie autosuffisante, une société citoyenne et multiethnique.
"On dit de plus en plus que la communauté internationale et les Etats-unis en ont assez de la Bosnie, de tous ces problèmes restés irrésolus. Avez-vous eu la même impression?" a demandé un journaliste. "C'est tout à fait évident. La communauté internationale en a assez de la Bosnie-Herzégovine. Les gens n'arrivent pas à comprendre que, quatre ans après Dayton, nous en soyons toujours au même point sans les institutions les plus élémentaires qui symbolisent l'existence d'un Etat, pour ne pas dire que cet Etat n'existe pas. Les étrangers n'ont plus de temps à perdre avec nous, et ne comprennent pas ce qui nous arrive. Aussi est-il logique que les idées diffèrent sur ce qu'il conviendrait de faire. Certains estiment que l'avenir avec les nationalistes les plus durs est inévitable, d'autres que cet avenir pourrait être modifié si des "doux" remplaçaient les "durs", d'autres encore que l'avenir est avec les durs ayant tendance à redevenir "doux"... La solution est d'encourager la formation d'une société civile, une B-H multiethnique, option qui jusqu'à présent n'était pas vraiment ancrée dans le peuple, dans le corps électoral. Je suis particulièrement heureux d'avoir été assuré que la communauté internationale et les Etats-unis n'ont pas l'intention de renoncer à une B-H multiethnique, unie et démocratique,"
LAGUMZDZIJA a étonné ses hôtes en refusant que lui-même, ou les sociaux-démocrates, soient présentés comme les remplaçants potentiels des actuels dirigeants politiques. "Nous ne cherchons pas à remplacer les dirigeants du parti au pouvoir, mais à remplacer le concept d'organisation politique nationaliste mis en oeuvre par ce pouvoir", a-t-il déclaré. Prié d'expliquer comment ceci pourrait être réalisé, il a répondu .- "Si, dans les Balkans, vous avez autant de patience et de compréhension pour les "good boys" que vous en avez eu pour les "bad boys", alors nous trouverons la volonté et l'énergie nécessaires pour mener à bien ces changements."

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UN SOMMET DE L'UNION EUROPÉENNE ET DES PAYS DE  L'EX-YOUGOSLAVIE

Le président JACQUES CHIRAC a proposé que soit convoquée, le plus tôt possible, et au plus tard à la fin de cette année, une conférence au sommet réunissant des représentants de l'Union européenne et des "pays démocratiques de l'ex-Yougoslavie".
S'adressant aux parlementaires de l'Union ouest-européenne au cours d'une réception, il a déclaré que la Croatie avançait à grands pas vers la démocratie,
tout en saluant les efforts déployés dans ce sens par la Macédoine, notant également une avancée en Bosnie-Herzégovine. "La porte de ce Club reste ouverte à Belgrade", a précisé CHIRAC, "dès l'instant où elle rejoindra ce mouvement démocratique", ajoutant qu'au Monténégro ces progrès étaient évidents.
La situation actuelle exige de l'Union européenne qu'elle organise le plus rapidement possible une rencontre à ce niveau, car le destin des pays de l'ex-Yougoslavie est de la rejoindre un jour", a ajouté le président français. Rappelant qu'il y a cent ans, l'écrivain français ERNEST RENAN avait défini la nation comme "la volonté de vivre ensemble", CHIRAC a conclu que l'Union européenne ne connaîtra sa véritable affirmation sur la scène internationale que lorsque tous ses membres partageront pleinement ce sentiment, et ce, au niveau du continent.

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Le pacte de stabilité : Déclaration d'Ancône

La Conférence ministérielle pour le développement et la coopération dans la région de l'Adriatique et de la mer ionienne a adopté une déclaration, par la suite paraphée par les ministres des affaires étrangères d'Italie, de Croatie, de Bosnie-Herzégovine, de Slovénie, de Grèce et d'Albanie. Plusieurs accords bilatéraux ont également été adoptés. Cette conférence s'est tenue dans le cadre du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est et elle avait pour but de renforcer les liens économiques entre les pays riverains des mers Adriatique et Ionienne, et de lutter contre les activités illégales et criminelles.
La future coopération entre ces pays riverains sera axée sur les secteurs des transports maritimes et du tourisme, la protection de l'environnement et le contrôle des eaux territoriales ouvertes à la pêche, la collaboration entre les universités, et les mécanismes de lutte contre la criminalité et le commerce illicite. Des représentants du Monténégro ont également assisté à cette conférence à titre d'observateurs- ils se sont vu assurer un plein soutien dans leur combat pour la démocratisation et leur ouverture aux processus économiques et politiques européens.
Les ministres des affaires étrangères ont discuté des conditions sous lesquelles le capital privé pourrait être investi dans les pays de la région de l'Adriatique et de la mer Ionienne, évoqué l'ouverture de nouveaux corridors maritimes à l'avenir, défini les standards portuaires et prévu l'harmonisation des procédures administratives dans les ports, le transit dans la région Méditerranée, etc. Une attention particulière a été accordée à la surveillance commune du marché noir, du trafic des marchandises et de la drogue, des biens et des personnes, l'immigration clandestine, etc. On prévoit aussi, dans ce but, de renforcer la coopération entre les différentes polices, les services de douane et la justice, et d'organiser une série de stages communs. Un Conseil de coordination pour la région de l'Adriatique et de la mer Ionienne a été créé à cette occasion.

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CROATIE

Selon la presse de Zagreb, la politique du nouveau gouvernement croate a rapidement et sensiblement amélioré l'image internationale du pays. Dès la fin du mois de mai dernier la Croatie était admise au Partenariat de l'OTAN. Il semble, à présent, qu'il n'y ait plus d'obstacle pour qu'elle soit admise à l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Ce pays devrait rejoindre très bientôt l'EFTA, puis la CEFTA, deux importantes organisations économiques internationales. Enfin, le terrain semble déblayé pour que des négociations soient entamées en vue de conclure un accord d'association avec l'Union européenne, que la Croatie pense pouvoir rejoindre aux environs de l'an 2010. A ce propos, JAVIER SOLANA, représentant de l'UE pour la politique extérieure et la sécurité, s'est rendu à Zagreb début juin. Il est important aussi de souligner l'amélioration rapide des relations et de la coopération avec le Tribunal de la Haye. La Croatie a déjà soumis au TPI plus de 3.000 documents liés aux crimes de guerre. Elle s'attend à ce que le TPI retire la plainte qu'il avait déposée auprès du Conseil de sécurité de l'ONU, accusant la Croatie de ne pas coopérer... Plainte déposée au temps de TUDJMAN.

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CULTURE

A voir:
Safet Zec, grand peintre bosniaque, expose à la Galerie "Europe" à Paris. C'est sa quatrième exposition à Paris, la dernière ayant eu lieu à la Galerie "le Lys" en 99. Notons la présence au vernissage de Martine Aubry, ministre de l'emploi. Cette dernière a utilisé un motif d'une peinture de S. Zec pour faire les cartes de voeux de son ministère en l'an 2000.
Une exposition de peinture intitulée "Balkan art generator" a réuni ces jours-ci à Bruxelles des peintres de presque tous les pays de l'ex-Yougoslavie. On y retrouve, pour la première fois depuis dix ans, des artistes de Croatie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Serbie, Monténégro et Kosovo, ainsi que d'Albanie et de Roumanie. L'exposition s'est tenue dans la nouvelle galerie de la Maison internationale.

A lire:
"Balkans : la crise", de Jean-Arnault Derens, Folio Gallimard, 375 pages.
"La paix du monde, une utopie réaliste", par le général Jean Cot, éd. Castells Labor, 96 p., 59 F.

A écouter:
"Magic Balkans", du 15 juin au 3 juillet, au Festival de Saint-Denis (programme complet au 01 48 13 06 07). Portraits de villes -. Sarajevo le 24 juin à 21 h, Athènes le 26juin à 21h, Istanbul le 27juin à 21h, Bucarest le 28 juin à 21h. Débats et rencontres, autres concerts.

Débats et colloques :
Le Comité Kosovo organise les 24 et 25 juin à Paris une conférence à laquelle doivent participer plusieurs personnalités du Kosovo et de Serbie.

"Comment rétablir la paix au Kosovo", tel est le titre d'une conférence-débat organisée par le Forum pour la démocratie dans les Balkans à Grenoble, le 14 juin. A cette occasion, Florence Hartmann, journaliste au Monde, présentera son livre "Milosevic, la diagonale du fou".

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BRÈVES

Un prix pour les Femmes de Srebrenica L'Association pour les peuples menacés, de Göttingen, a décerné le prix Viktor Golantz (célèbre éditeur londonien) aux "Femmes de Srebrenica", louant leurs efforts pour faire éclater la vérité sur les 10701 disparus après les massacres à Srebrenica, en juillet 1995.
Le Groupe 99, formé l'année dernière à Francfort à l'occasion de la Foire du Livre, vient de se réunir. Quinze écrivains de Bosnie, Croatie, Monténégro et Serbie se sont retrouvés à Podgorica, Cetinje et Kotor. Leur idée est de reconstituer les liens régionaux entre les écrivains des pays de l'ex-Yougoslavie. Leur rencontre au Monténégro n'a pas porté uniquement sur des questions littéraires et artistiques. Le Groupe 99 a exprimé son inquiétude devant les activités terroristes du pouvoir serbe, l'occupation de Studio B, les arrestations. Il compte se rendre au Kosovo pour tenter de rétablir la communication entre intellectuels albanais et serbes.

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Depuis le 4 juin 2000, il y a de nouveaux numéros d'appel en Fédération de B-H

Cantons
1.Unsko-Sansko kanton 037
2. Posavski kanton 031
3, Tuzlanski kanton, 035
4. Zenicko-Dobojski kanton 032
5. Bosansko-Podrinski kanton 038
6. Srednjo-Bosanski kanton 030
7. Hercegovacko-Nereventski kanton 036
8. Zapadno-Hercegovacki kanton 039
9. Kanton Sarajevo 033
10. Hercegovacko-bosanski kanton 034
District de Brcko : 049
Réseau mobile des trois opérateurs 066
Republika srpska -
1. Mrkonkic Grad 050
2. Banja Luka 051
3. Prijedor 052
4. Doboj 053
5. Bosanski Samac 054
6. Bije1jîna 055
7. Zvornik 056
8. Paie 057
9. Foca 058
10. Trebinje 059

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fax: 01 44 23 76 79

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