Lettre d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 88-89 été 2000

SREBRENICA :
CINQ ANS 
APRES ...

Les cérémonies commémoratives du massacre de Srebrenica ont revêtu cette année un éclat particulier par la présence, sur le lieu du crime, d'une foule importante de rescapés de la catastrophe et de personnalités bosniennes et étrangères. La "repentance" renouvelée du Conseil de Sécurité ne rendait que plus flagrante la carence des autorités internationales dans leur mission d'arrêter et de livrer à la justice les plus hauts responsables des tueries, Karadzic, Mladic et, bien sûr, Milosevic, inculpé à ce jour seulement pour les crimes commis au Kosovo. La responsabilité de la France pour ce qui s'est passé il y a cinq ans vient d'être rappelée par le Président de "Médecins sans Frontières" qui a ainsi relancé la demande de création d'une commission d'enquête parlementaire sur ce sujet.
La paralysie persistante des responsables internationaux devant des événements qui semblent à tout coup les prendre au dépourvu, risque d'entraîner un nouveau bain de sang, cette fois au Monténégro. Le putsch constitutionnel par lequel Milosevic s'est assuré de rester au pouvoir, n'a pas eu pour seul effet d'enlever tout espoir d'une alternance en Serbie par la voie électorale, il a aussi rendu inéluctable l'épreuve de force avec le Monténégro.
L'opposition serbe ne peut relever le défi de Milosevic sur le terrain électoral, sauf à entériner le fait accompli. Elle est au demeurant incapable de s'accorder sur une candidature commune à la présidence de la soi-disant fédération. Ce que des commentateurs appellent à tort la "popularité" de Milosevic auprès des Serbes n'est que la conséquence mécanique de l'inconsistance de l'opposition, qui n'offre, aucune perspective d'avenir quant aux dirigeants, aux méthodes de lutte et à l'orientation qu'elle propose. Cela est ressenti avec force par les jeunes représentés par "Otpor". Le Monténégro se voit de son côté menacé d'une absorption pure et simple par la Serbie, que ce soit par une action de l'armée serbe stationnée sur son territoire, ou par des manœuvres obliques de la part des éléments pro-Milosevic agissant dans le pays.
Cette situation rappelle celle de la Yougoslavie dans les années 89-90, où l'abolition arbitraire de l'autonomie du Kosovo avait ouvert le cycle des violences, des massacres et des guerres, avec la résistance des républiques agressées par l'armée dite yougoslave et, en octobre 1991, un autre coup de force constitutionnel serbe. Comme en 1991 et malgré les leçons de l'expérience, la réplique de la diplomatie internationale paraît dérisoire, si on se réfère aux conclusions du Conseil européen du 10-11 juillet (voir p.5) ou à celles,  identiques, de la réunion du G8 du 13 juillet, auxquelles le représentant de la Russie a bien voulu souscrire.
Pourquoi soutenir les forces d'opposition serbes si celles-ci ne veulent envisager d'autre moyen d'abattre le régime de Milosevic que la confrontation électorale qu'elles estiment elles-mêmes impossible à mener? Mieux vaudrait se limiter à une aide purement humanitaire, ce qui aurait au moins le mérite de la clarté sans entretenir d'illusions sur son, efficacité politique, sinon pour renforcer des pôles de résistance spécifiques ou locaux.
Quant au Monténégro, dont la séparation de la Serbie est d'ores et déjà réalisée dans les faits, il ne faudrait pas attendre que Milosevic l'attaque directement ou indirectement pour le mettre en garde, et sans la moindre ambiguïté, sur les conséquences de ses actes. Vaclav Havel, en visite en Croatie, qui ne s'est jamais trompé dans son appréciation de la situation en ex-Yougoslavie, a rappelé que tout retard à intervenir rendait plus difficile la résolution des problèmes. On l'a vu en Croatie et en Bosnie, on le voit au Kosovo, devra-t-on le constater de nouveau au Monténégro?

Sommaire
EDITORIAL
SREBRENICA : CINQ ANS APRES...
SREBRENICA, LE CRIME BIENTOT RECONNU ?

BOSNIE
UN RETOUR TROP LENT
LES TRAVAILLEURS ONT FAIM
EN BREF
DIFFICULTES DES PARTIS NATIONALISTES
UN PREMIER MINISTRE CONTESTABLE
RECUL DE LA DISCRIMINATION ETHNIQUE
ACTIVITÉS DE DÉVELOPPEMENT LOCAL BALKANS au 30 juin 2000

CROATIE

INTERNATIONAL
SOMMET EURO-BALKANIQUE EN CROATIE
L'UNION EUROPÉENNE ET LES BALKANS

SERBIE
Un statu quo qui convient à la fois au pouvoir et à l'opposition
LE SIEGE DE L'EX-YOUGOSLAVIE A L'ONU

MONTENEGRO
LES EXCUSES DE DJUKANOVIC

La vie du TPIY

Brève

Culture 
EXPOSITIONS
PARUTIONS
FESTIVALS


SREBRENICA : CINQ ANS APRES ...
Potocari. Une usine à batteries déserte qui a servi un temps comme quartier général pour un bataillon de casques bleus. C'est ici qu'en juillet 1995, des milliers d'habitants musulmans de la région de Srebrenica ont cherché une protection illusoire auprès des soldats de l'ONU face à l'agression serbe. La suite de l'histoire est bien connue : reddition sans résistance de la part des "protecteurs", tri, massacre, expulsions. .
Cinq ans plus tard, à Potocari, 3000 Boshniaques et une centaine de militants internationaux se recueillent et se souviennent.
En juillet 1999, quelques survivants et une poignée de sympathisants internationaux ont pu visiter ce lieu pour la première fois depuis la tragédie, loin du regard des médias internationaux. Mais cette année, c'est différent. Un convoi de 64 bus, bravement escorté par la SFOR et par des policiers de la RS, traverse le territoire "serbe", au rythme des injures et des jets de pierres de la part des nostalgiques de la "purification ethnique", pour participer à une brève cérémonie de commémoration. Parmi ceux présents au rendez-vous : le Haut Représentant Wolfgang Petritsch; le représentant de l'ONU Jacques Klein, les ambassadeurs de la France, des Etats-Unis, de l'Allemagne, du Danemark, de la Slovénie, des Pays-Bas, de la Turquie, de l'Iran- les membres de la présidence collégiale Alija lzetbegovic et Ante Jelavic; le président de la Fédération Ejup Ganic et son premier ministre Etram Bicakcic,- des personnalités françaises tels Bernard-Henri Lévy, Gilles Herzog, Philippe Gilbert, Marianne Sebestian,- le Rais ("pape" des Imams) Mustafa Ceric- Nesic Mandic, maire de Srebrenica; Sejfudin Tokic et Gradimir Goer du parti SDP.. Si certaines de ces personnes avaient hésité à venir, c'est Thomas Miller, l'ambassadeur américain, qui leur avait expliqué que ce geste était la moindre des choses que pourrait faire la communauté internationale...
A part les prières pour les morts, les Boshniaques étaient là pour démontrer qu'ils refusent de renoncer à la justice.
Quelques heures plus tôt, des inconnus avaient mis le feu à une maison appartenant à trois musulmanes (absentes) à Srebrenica. Cela a été le quatrième incendie en 6 semaines - un message fort adressé aux Boshniaques cherchant à revenir. Seulement quatre musulmans habitent Srebrenica à présent.
Certains Serbes nient toujours que des personnes aient été tuées à Srebrenica, d'autres prétendent que les corps qu'on exhume (les mains liées derrière le dos) sont ceux de soldats tués au combat. Pourtant, Milorad Dodik, premier ministre de la RS, dans un geste conciliatoire, a avoué qu'un crime de masse a été commis à Srebrenica il y a cinq ans.

Commémoration à l'ONU
Au siège de l'ONU à New-York, hommage a également été rendu aux victimes de Srebrenica. Kofi Anan, rappelant que les civils de l'enclave s'étaient cru en sécurité du fait de la présence des forces de l'ONU, a déploré que les "vrais architectes" des massacres soient encore en liberté, (Le procès du général serbe bosniaque Radislav Krstic pour crimes contre l'humanité commis à Srebrenica se poursuit à la Haye, mais Radovan Karadzic et Ratko Mladic restent libres). M. Anan a observé que la leçon fondamentale de la tragédie, notamment que le mal doit être combattu non par des compromissions, mais par une résistance implacable, est encore à intégrer et à appliquer.
D'autre part, le général Janvier a été mis en cause dans un symposium organisé par Muhammed Sacirbey, ambassadeur de Bosnie, et Bianca Jagger. M. Sacirbey a regretté que Janvier "refuse de reconnaître ses erreurs de jugement sur le plan politique et moral". Il a rappelé d'ailleurs une conversation avec Carl Bildt quelques jours avant le massacre où ce dernier lui avait dit : "Détrompez-vous, Srebrenica ne sera pas sauvé", et de se demander si M. Bildt n'avait pas accepté la chute de Srebrenica comme une nécessité afin de créer une nouvelle réalité sur le terrain" .
Le 14 juillet, le Conseil de sécurité, dans une déclaration approuvée par les 15 membres et lue par sa présidente Patricia Durrant de la Jamaïque, a déploré les événements tragiques à Srebrenica, qui "ne doivent pas être oubliés". Le Conseil a réaffirmé son intention d'assurer que la justice soit faite pleinement par le travail du TPIY et que de tels crimes ne soient pas répétés. Le Conseil a observé alors une minute de silence pour honorer les victimes.

Des ONG internationales manifestent
Tout autour du monde - à Paris, Le Mans, Arras, Londres, New York, Bonn, Berlin, la Haye, Vienne, Genève, etc. -, de nombreuses ONG ont organisé des événements pour marquer ce triste anniversaire. Si le regard se tourne vers le passé (commémoration des victimes, recherche de la vérité), le message principal est pour l'avenir : mettre fin à l'impunité des criminels, créer les conditions propices au retour des survivants et annuler une fois pour toutes les résultats de la politique dite de "purification ethnique".

40 intellectuels hollandais mettent en cause leur gouvernement
Quarante auteurs néerlandais ont rédigé une lettre ouverte appelant leur gouvernement à présenter ses excuses aux survivants du massacre. Les intellectuels exigent d'ailleurs une enquête parlementaire sur le rôle des troupes hollandaises.

Médecins sans Frontières appelle à une commission d'enquête
Pendant deux ans, de 1,993 à 1995, MSF a apporté un soutien médical et moral à la population assiégée de Srebrenica. Au moment où des malades et blessés sont sortis des bus pour être exécutés, trois infirmières bosniaques de MSF qui les accompagnaient disparaissaient aussi. Aujourd'hui, MSF appelle à la création
d'une commission d'enquête parlementaire pour examiner la part des responsabilités politiques et militaires français "face à la paralysie de l'ONU et de l'OTAN dans la mise en oeuvre des frappes aériennes demandées par le contingent hollandais". MSF, rappelant que le rapport de l'ONU sur le massacre de Srebrenica demandait aux Etats membres impliqués de mener un travail d'enquête national, souhaite que l'investigation parlementaire "permette de tirer les leçons de ces échecs sanglants pour éviter à l'avenir le déploiement trompeur de militaires destinés à rester pieds et poings liés face à des politiques criminelles".

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SREBRENICA, LE CRIME BIENTOT RECONNU ?
Selon Rajko Vasic, ministre de l'information de la Republika Srpska : « Il est incontestable que des massacres ont été perpétrés à Srebrenica et personne en Republika Srpska, ne peut échapper à cette triste réalité. Ce lieu et ces victimes méritent d'être respectées, honorées et leur mémoire sauvegardée. »
Et selon Milorad Dodik, premier ministre de RS : « Nous devons être conscients du fait que, selon toutes les 
données, il y a eu à Srebrenica un massacre de masse ». 

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BOSNIE

UN RETOUR TROP LENT
Selon le Comité Helsinki pour les droits de l'homme en  B-H, il y a encore 712.000 réfugiés bosniaques à l'étranger et 810.000 personnes déplacées en  Bosnie-Herzégovine même! "Si nous ajoutons que le retour des "minoritaires" est négligeable et qu'aucune de ces "minorités" n'atteint 10% de la population dans l'une des communes, alors nous ne pouvons que conclure que le  retour est lent et insatisfaisant", a déclaré le  président. La raison essentielle de cette situation est la violation permanente des droits élémentaires de l'homme. Pour le Comité Helsinki, la communauté  internationale traite ce problème comme une  expérimentation, sans même en définir les conditions d'application. Enfin, les pouvoirs en place continuent toujours leur politique de constitution de territoires  "ethniquement purs".

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LES TRAVAILLEURS ONT FAIM
les pouvoirs actuels ne trouvent pas de solution aux problèmes des travailleurs, une large révolte sociale est à prévoir en septembre ou au début octobre, et les Syndicats de B-H, qui sont leurs représentants, se chargeront de les encadrer et de les organiser », a déclaré Sulejman Hrle, président des Syndicats, au cours d'une récente conférence de presse tenue à Sarajevo. Les dernières grèves ont été un avertissement aux gouvernements fédéral et cantonaux et à leurs parlements, pour qu'ils s'attaquent à la solution des graves problèmes auxquels les travailleurs se voient confrontés. Les mouvements sociaux pourraient être évités si les Syndicats étaient acceptés comme véritables partenaires du dialogue social. Le président des métallurgistes, Ismet Bajramovic, a déclaré que les travailleurs exigeaient le respect de la parole écrite, et refusaient de continuer à discuter avec le gouvernement, estimant que c'était désormais dans la rue, en bloquant le trafic, que devrait se poursuivre leur action. Le président des ouvriers du textile, Ferdij a Kojcic, a annoncé que les ouvriers de l'entreprise Kombîteks de Bihac avaient décidé d'emprunter 11 autobus et de se rendre à Sarajevo en bloquant les deux ponts sur la rivière Una, si les négociations n'aboutissaient pas. Ces ouvriers devaient se mettre en grève ces jours-ci, pour protester contre 54 mois de salaire impayés. La situation est similaire en RS, où les conditions de vie sont encore pires que dans la FB-H. (D'après Oslobodjenje)

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EN BREF

Un nouveau maire à Sarajevo
La ville de Sarajevo a un nouveau maire il s'agit de Muhidin Hamamdzic, membre du Parti social-démocrate. Le 
nouveau président de l'assemblée municipale est Mme Mira Jadric-Winterhalter, membre elle aussi du SDP. Dans trois des quatre arrondissements de la ville, les maires sont membres du SDP

Présence internationale en B-H
Fin juin, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a décidé de prolonger d'un an les missions militaires et civiles engagées en Bosnie-Herzégovine. Il n'y a pas eu de vote contre, seule la Russie s'est abstenue, prétextant l'absence du représentant de la Serbie.

Des Bosniaques au Timor?
Douze policiers Bosniaques (Croates, Musulmans et Serbes) feront partie des forces de police des Nations-Unies devant être stationnées au Timor oriental.

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DIFFICULTES DES PARTIS NATIONALISTES
Le SDA d'Izetbegovic, après avoir connu une importante défaite aux élections municipales surtout dans les 
municipalités de Sarajevo et au niveau de la ville), n'a pas réussi à reconstituer la Coalition pour une B-H unie et démocratique. Cette coalition était composée du Parti pour la B-H et d'un parti à orientation libérale et citoyenne, sans grande influence. Le SDA avait essayé ainsi d'offrir l'image d'un parti favorable à la citoyenneté et à l'unité de la Bosnie, alors que c'est en fait un parti basé sur l'exclusivisme national et religieux.
La désintégration de cette coalition est très importante. Tout d'abord, c'est une nouvelle confirmation de la pluralisation politique du peuple boshniaque qui, bien que victime du chauvinisme serbe et croate, fait ainsi savoir qu'il est pour l'ouverture de nouveaux horizons politiques, tant pour les Boshniaques que pour l'ensemble des citoyens, quelle que soit leur nationalité. Deuxièmement, le Parti pour la Bosnie d'Haris Silajdzic, ancien vice-président du SDA et prétendant à la succession d'lzetbegovic, semble avoir renoncé à n'être que te prolongement du SDA et vouloir se transformer lui aussi en une alternative. On trouve dans ce parti plusieurs Serbes, Croates et Juifs, mais il reste grevé par le passé de Silajdzic, qui n'a pas su aller à la rencontre des Serbes et Croates de B-H. Troisièmement, le parti libéral de Rasim Kadic a lui aussi quitté l'Alliance et rejoint celle de l'Organisation libérale boshniaque (LBO) de Mohamed Filipovic, ce qui pourrait contribuer également à la formation d'un véritable centre citoyen-libéral en BH. Le HDZ de B-H doit tenir son assemblée électorale le 15 juillet. L'annonce de la conclusion d'un accord sur l'établissement de liens particuliers avec sa centrale en République de Croatie -mise en échec par l'alternative démocratique après la mort de F. Tudjman- prouve l'influence de l'aile droite du HDZ en B-H. Jadrenko Prlic (actuel chef de la diplomatie de B-H) a menacé de démissionner si, au cours de l'assemblée du 15 juillet, le général Stanko Sopta (de la République de Croatie) devait l'emporter. Ce serait pourtant là, politiquement parlant, une bonne solution pour la Bosnie. Car le HDZ est avant tout un parti de droite, à tendance extrémiste et oustachi, Prlic y compris. Son objectif a toujours été la division de la B-H, une partie en étant annexée par la Croatie. Si Sopta devait prendre la tête du parti, cela pourrait créer les conditions d'un nouvel essor démocratique parmi les Croates de B-H. 
Le plus grand vainqueur des dernières élections municipales a été le Parti social-démocrate (SDP), qui a ravi le plus grand nombre de voix au SDA mais aussi au HDZ, et a enregistré une certaine percée en RS. Le SDP se présentera seul aux prochaines élections, espérant renforcer ses positions sur l'ensemble du territoire de la B-H. Ce sera beaucoup plus difficile là où les partis nationalistes serbes et croates sont les plus puissants. Entre-temps, le président du SDP, Zlatko Lagumdzija, s'est affirmé comme le leader des changements démocratiques dans l'ensemble de la B-H. La bataille décisive pour la démocratisation se mène pourtant en RS. Il ne s'agit pas vraiment ici d'être pour une politique nationaliste ou citoyenne, mais d'être pour ou contre Slobodan Milosevic, pour ou contre le SDS. Les élections municipales ont mis en avant le parti de Milorad Dodik (SNSD) et celui de Mladen Ivanic (PDP) et entraîné la scission au sein du Parti socialiste de Ziv o Radisic et l'Alliance du peuple serbe de Biljana Plavsic. Les acteurs internationaux considèrent aujourd'hui la possibilité d'une alliance entre Dodik et Ivanic, comme la seule alternative réelle à une nouvelle suprématie du SDS. 
Il sera intéressant de voir quels seront les résultats, aux prochaines élections sur le territoire de la RS, des partis dont le siège se trouve à Sarajevo, quelle que soit leur option, nationale (boshniaque ou croate), ou multiethnique. Cela dépendra avant tout du degré d'information des réfugiés et personnes déplacées, de leur taux de participation, de leur décision ou non de voter sur le lieu de leurs anciens domiciles. Les municipales ont prouvé que cette participation était en baisse. Les autorités de la RS font systématiquement obstacle au retour des Boshniaques et des Croates. A peine 10% des habitants de Banja Luka d'avant-guerre sont rentrés dans cette capitale de la RS, où Croates et Boshniaques étaient autrefois majoritaires.
(Zija D., journaliste d'Oslobodjenje)

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UN PREMIER MINISTRE CONTESTABLE
Il a fallu attendre huit mois pour que la B-H ait de nouveau un gouvernement central. Le choix de son premier 
ministre, SpasqJe Tusevljak, sur proposition du membre serbe de la présidence collégiale, Zivko Radisic, soutenu par les deux autres membres, Alija lzetbegovic et Ante Jelavic, a suscité de nombreuses protestations. Cette nomination a été approuvée par l'Assemblée de B-H, à la majorité des voix. L'alliance entre les trois partis nationalistes (SDA, HDZ et SDS) s'est ainsi vue affermie, ce qui va dans le sens de la division de la B-H sur une base ethnique. En tant qu'économiste et personnalité politique, Tusevljak est peu connu à Sarajevo, et même en RS, car il a passé ces dernières années à Belgrade, où il est propriétaire d'une firme et d'un appartement. Ce qui prouve qu'il doit être en bons termes avec Milosevic. On retrouve donc des hommes de Milosevic aux plus hautes fonctions de l'Etat de B-H, par exemple Tihomir Gligoric, qui était lui aussi candidat au poste de premier ministre mais s'est vu finalement attribuer un ministère important. La RTV de B-H a diffusé un reportage où l'on voit Tusevljak aux côtés de Radovan Karadzic - recherché par le Tribunal de La Haye - au début de la guerre, c'est-à-dire au coeur de l'agression contre la B-H et du génocide dont elle a été victime. Ces images semblent prouver que Tusevljak était bien l'un des proches conseillers de Karadzic. Des articles ont paru dans les média affirmant que si Tusevljak a pu créer sa propre firme à Belgrade, c'est après avoir pillé une grande entreprise commerciale à Sarajevo. Le Haut représentant de la communauté internationale en B-H et d'autres fonctionnaires internationaux ont violemment critiqué ce choix. Petritsch a déclaré que l'activité de Tusevljak et de son gouvernement ferait l'objet d'une attention particulière. De toutes façons, l'avenir de ce nouveau gouvernement dépendra du résultat des prochaines élections, à l'automne prochain. Il s'agira d'élire les assemblées cantonales dans la Fédération, les assemblées des deux entités et le président de la RS. Si les trois partis au pouvoir (SDA, HDZ et SDS) devaient en sortir affaiblis, on pourrait espérer une transformation démocratique en B-H.
Dans le nouveau gouvernement central, le premier ministre conserve le portefeuille des finances. Ses adjoints sont Anton Rila et Fatima Leho. Tihomir Gligoric du Parti socialiste de Radisic) est ministre des affaires civiles et des communications, Jadranko Prlic (HDZ) reste ministre des affaires étrangères, Bisera Turkovic (SDA) devient ministre des affaires et de l'intégration européennes, Mirsad Kurtovic (SDA) conserve son poste au commerce extérieur et aux relations économiques et Martin Raguz est chargé du ministère des droits de l'homme et des réfugiés.

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RECUL DE LA DISCRIMINATION ETHNIQUE
La Cour constitutionnelle de B-H vient de décider que les constitutions des deux entités - Republika srpska et Fédération de B-H - devraient être adaptées à la Constitution de B-H, ceci afin d'éliminer toute forme de discrimination contre Boshniaques et Croates en RS, ou contre les Serbes en FB-H. En effet, selon le préambule 
de la Constitution de B-H, Boshniaques, Serbes et Croates sont des citoyens égaux en droits, étant tous considérés comme peuples constitutifs de l'Etat de B-H. La Constitution de la RS, au contraire, définit cette entité comme la république du seul peuple serbe , alors que celle de la Fédération n'accorde qu'aux Boshniaques et aux Croates le statut de peuples constitutifs. Cette décision de la Cour constitutionnelle est pour la Bosnie la décision juridicopolitique la plus importante depuis l'adoption des accords de paix de Dayton et de Paris. Elle impose l'établissement dans les faits de l'égalité en droits de tous les citoyens, et donc de tous les peuples, sur l'ensemble du territoire de la Bosnie-Herzégovine, ce qui ouvre la possibilité de renforcer encore le processus de paix. Cinq des magistrats ont voté en faveur de cette décision - dont les trois membres étrangers (un autrichien, un français et un suédois). Parmi les juges locaux, quatre ont voté contre. Les parfis et personnalités politiques de RS ont été unanimes à condamner cette décision. Selon eux, elle ne serait pas juridiquement valable, puisque deux des trois peuples ont voté contre - deux juges serbes et deux juges croates -, les juges boshniaques ayant voté pour. Mais la Constitution de la B-H ne prend pas en compte la nationalité des membres de la Cour constitutionnelle, l'unique condition à leur nomination est qu'il s'agisse de "juristes éminents ayant une solide réputation et moralement intègres". Le vote s'est déroulé dans l'esprit et la lettre de la Constitution de B-H et des règles de procédure de la Cour constitutionnelle de B-H. Il est intéressant de noter que le parti HDZ, parti politique le plus influent des Croates de B-H, a salué l'adoption de cette loi par la Cour constitutionnelle, bien que les juges croates aient voté contre et que ce parti soit opposé à toute modification des constitutions des deux entités, tout comme les partis nationalistes en RS. Il s'agit d'une commune volonté de voir la B-H divisée pour  toujours. Milorad Dodik, premier ministre de la RS et leader du parti des sociaux-démocrates indépendants et Mladen Ivanic, chef du nouveau parti progressiste démocratique se sont également prononcés contre, ce qui, pour n'être pas surprenant, est inquiétant, ces deux personnages jouissant du soutien de la communauté internationale qui compte sur eux pour freiner l'extrême droite en RS.
Rappelons que l'Association Sarajevo a toujours lutté, depuis 1995, pour que soit reconnue l'égalité en droits des citoyens dans l'ensemble de la Bosnie. Elle a soutenu plusieurs initiatives en provenance de Bosnie, et notamment la Déclaration du Conseil civique serbe, appuyée par Alija Izetbegovic lui-même.

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CROATIE

Le nouveau gouvernement croate a décidé de maintenir sa plainte auprès de la Cour internationale de justice 
contre la RFY qu'elle accuse de génocide entre 91 et 95. Cette plainte, accompagnée d'une demande de réparations de guerre, avait été déposée par le gouvernement de Tudjman en juillet 99. Le gouvernement croate est tenu de soumettre à la CIJ une nouvelle argumentation avant mars 2001. La RFY devra présenter ses contre-arguments avant septembre 2002. Rappelons que la B-H avait également porté plainte contre la RFY, dès 1993, pour les crimes et génocide commis au cours de la guerre 92-95. La CIJ s'est déclarée compétente pour ces deux affaires.

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INTERNATIONAL

SOMMET EURO-BALKANIQUE EN CROATIE

Le sommet de l'Union européenne et des "pays démocratiquement plus avancés des Balkans occidentaux", proposé par Jacques Chirac, aura lieu fin novembre 2000 en Croatie. Seront invités l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, le Monténégro, la Macédoine et la Roumanie. Le Kosovo participera avec le représentant de l'ONU et quelques personnalités kosovares. C'est l'oppositîon qui représentera la Serbie. On s'attend aussi à la venue de la Slovénie. Selon le porte-parole de la Commission européenne, le sommet est censé définir la formule qui permettrait à ces pays de "rapprocher ou devenir membres" de L'UE. Mais le message fondamental sera le renforcement de la coopération régionale. Le porte-parole de l'UE a précisé que des négociations bilatérales auront lieu avec chaque pays, et que ceux-ci auront leur programme MAP (Membership Action Plan) de rapprochement à l'UE, avec des tâches, conditions et délais précis. On vérifiera chaque année les résultats acquis.
Et voici les conclusions du Conseil ministériel de l'Union européenne des 10 et Il juillet concernant les Balkans : "Le Conseil a confirmé l'intention de l'UE de tenir, en automne, un sommet entre l'Union européenne et les pays des Balkans occidentaux. Ce sommet aura les objectifs suivants : confirmer l'arrimage des pays de cette région à l'Europe; clarifier les engagements réciproques entre l'UE et chacun de ces pays; rappeler que la porte sera également ouverte à une RFY démocratique, disposée à coopérer et vivant en paix avec ses voisins. Dans cette perspective, le sommet sera l'occasion de confirmer le soutien de l'UE à la société civile et aux forces d'opposition démocratique serbes, Rappelant les conclusions du Conseil européen de Feira, le Conseil a invité la Présidence, assistée par le Secrétaire général/Haut-Représentant, et la Commission à entamer les travaux en vue de la préparation de l'organisation du sommet, et de le tenir informé de leur avancement. La Présidence a indiqué son intention d'inviter M. Bodo Hombach (coordinateur du Pacte de stabilité pour l'Europe du Sud-Est) au Sommet et de l'associer à sa préparation." 
Le Conseil a pris acte avec une grande préoccupation de la révision de la constitution de la RFY Il a renouvelé son soutien aux autorités démocratiquement élues du Monténégro, en particulier au Président Djukanovic, en les invitant à ne pas céder aux provocations des autorités de Belgrade. Les derniers développements renforcent l'Union européenne dans sa détermination à continuer d'apporter son soutien à tous ceux qui se sont engagés pour un changement démocratique en RFY Dans le cadre de son soutien à la société civile serbe, le Conseil est convenu de proroger la suspension de l'interdiction des vols entre les territoires de l'Union européenne et de la République fédérale de Yougoslavie jusqu'au 31 mars 2001. A cet effet, il a invité les instances compétentes à préparer les décisions nécessaires. En ce qui concerne les sanctions financières, le Conseil s'est félicité de l'intention de la Commission de prendre, en juillet, des décisions visant à élargir le nombre des entreprises inscrites sur la liste blanche et d'engager, dès le mois de septembre, une réflexion au comité sur la gestion et l'actualisation de cette liste. Il continuera à réexaminer régulièrement la question des sanctions en fonction de l'évolution de la situation.

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L'UNION EUROPÉENNE ET LES BALKANS
Le sommet de l'Union Européenne, réuni à Feira (Portugal) à la mi-juin, a décidé d'accorder le statut de candidats potentiels à tous les pays des Balkans occidentaux. Selon l'agence SENSE, cette formule est plus précise et optimiste que celle adoptée au sommet de l'UE à Cologne en 1999, qui ressortait de la "clause 
évolutive". Ainsi la Macédoine, le seul de ces pays actuellement en négociations pour être admis à l'UE, insiste sur cette clause et est soutenue par la Croatie qui entamera les négociations avec PUE à l'automne 2000. Javier SOLANA a déclaré que l'UE restait ouverte à tous les pays de cette région, à condition qu'ils concrétisent les demandes de démocratisation et d'économie de marché.

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ACTIVITÉS DE DÉVELOPPEMENT LOCAL BALKANS au 30 juin 2000
Moins d'un an après le lancement officiel de l'action, Développement M Local Balkans gère une dizaine de projets en Albanie, en Macédoine et au Kosovo en assurant une parfaite transparence et traçabilité des financements apportés par les collectivités territoriales françaises qui ont fait appel à ses services :
- l'école secondaire de Laças (Albanie), partenaire ville de Guyancourt. Les travaux de réhabilitation de l'école sont d'un montant de 390 kF (chape de sol, planchers, pose d'une cheminée, toiture, électricité, peinture, sanitaires) ;
- le centre de santé de Morave (Albanie), pré-financé par DLB pour un montant de 220 kF (toiture ; plancher - 
portes , canalisations et électricité) ; 
- l'école de Lipkovo (Macédoine), pré-financée par DLB. Les tu secondaire (portes et fenêtres chape de sol ; 
plafonds peintures ; sanitaires crépissage des murs et revêtement au sol) ;
l'école primaire de Pcinj a (Macédoine), préfinancée par DLB : remplacement des planchers et de l'assainissement (220 kF) ,
- le lycée de Vushtrri (Kosovo), partenaire région Rhône-Alpes. Outre la réhabilitation du lycée, le projet prévoit la construction de 2 extensions avec, en particulier, la réalisation de salles spécialisées pour la chimie, la physique incluant fourniture d'équipements et formation des personnels enseignants a également été décidé. Le coût de cette opération est de 7 MF;
- l'école de Svinjare (Kosovo), partenaire ville de Paris. Les travaux de réhabilitation d'un montant de 225 kF portent sur la rénovation de l'ensemble de l'école ainsi que la mise à disposition d'équipements, de fournitures et d'une bibliothèque ;
- l'école de Pasoma (Kosovo), partenaire Association des maires de Haute-Loire. Fourniture d'équipements d'une valeur de 60 kF ;
- l'école de Kosutovo (Kosovo), partenaires région Champagne-Ardennes et CEMPEA. L'opération (475 kF)  comprend les travaux d'électricité, de revêtements, d'assainissement la pose de fenêtres, la construction d'un trottoir et la fourniture d'équipements ;
- les écoles de Gjilan (Kosovo), partenaire ville de Lutterbach et associations locales. Le coût de cette opération (238 kF) comporte la fourniture d'équipements et la remise en état de toute l'évacuation sanitaire.
Le montant des actions actuellement engagées s'élève à plus de 9 millions de francs (les contributions des collectivités territoriales françaises s'échelonnant de 20 kF à plusieurs millions de firancs) et plusieurs projets sont en cours d'examen pour un montant de 5 millions de francs.
Site Web http://www.cde-mercure.fr/balkans .

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SERBIE

Un statu quo qui convient à la fois au pouvoir et à l'opposition
Par Sonja Biserko

NB : Le texte ci-dessous a été écrit avant le tout  récent « putsch constitutionnel » de Milosevic. Il n'en conserve pas moins toute sa valeur quant à l'interprétation de la situation en Serbie. Ces dernières semaines, la scène politique a perdu de son dynamisme. Seul le régime conserve l'initiative, ce qui lui donne en apparence un certain avantage sur l'opposition et les autres acteurs. L'arrestation des membres d'Otpor, surtout dans le but de les ficher, en a gêné l'activité. La période des vacances ralentira encore leur action, exaspérante pour le régime. Mais pas seulement pour lui. L'opposition aimerait, elle aussi, garder ce mouvement sous contrôle et en empêcher la progression. Pour cela elle se livre à une approche paternaliste ("ce sont tous nos enfants"), ou encore elle enfile les tee-shirts frappés de leur emblème avec l'idée, naturellement, de se rallier une partie de ses  membres et d'affaiblir ainsi cette organisation. Les derniers meetings de l'opposition ont été des fiascos, ce que nombre de ses partisans "bien-intentionnés" ont, pour la première fois, reconnu eux-mêmes. Plusieurs textes ont paru sur l'opposition, évoquant ces "leaders qui nous prennent pour des imbéciles". Ce qui laisse entrevoir la faible possibilité d'un véritable réexamen, sans lequel il ne peut y avoir de changement. Certains "analystes" des  partis dirigeants s'arrogent le droit de caricaturer les objectifs des EtatsUnis et du monde en général, lesquels, affirment-ils, aimeraient voir éclater une "guerre civile". Ce faisant, ils attisent l'antagonisme d'un régime déjà paranoïaque. L'Armée yougoslave ne rate pas une occasion d'avertir "toutes les forces destructrices du pays, qui voudraient détruire son unité, qu'elle ne permettra pas que se répète le même scénario que dans les anciennes républiques de l'ex-Yougoslavie et qu'elle empêchera à tout prix la guerre civile dans le pays". Après avoir été pendant plusieurs siècles le rempart de l'Occident contre l'Est, la Serbie sert maintenant de rempart contre "les Etats-Unis, qui poursuivent dans les Balkans leurs propres intérêts, désireux de se rapprocher de l'Est, dernier jalon avant de pouvoir imposer leur règne sur l'ensemble du monde". La paranoïa du régime est évidente, car la répression se fait de plus en plus forte, dans tous les domaines de la vie publique. La persécution des média est devenue permanente, en premier heu celle du journaliste Miroslav Filipovic, accusé "d'espionnage". Les organisations "non-gouvemementales", locales et internationales font, elles aussi, l'objet de pressions de plus en fortes, ainsi que certains hommes d'affaires du secteur privé. La fermeture anticipée des universités et l'introduction, dans certaines facultés, de contrôleurs (des "cogneurs" en fait) a entraîné les étudiants dans une sorte de "clandestinité», ce qui ne veut pas dire qu'ils ne reviendront pas sur le devant de la scène, avec encore plus de détermination. Pour l'instant leurs exigences portent sur la tenue d'élections et une passation pacifique du pouvoir, mais il ne faut pas sous-estimer leur potentiel d'énergie qui, si la répression devait être renforcée, pourrait s'exercer sous d'autres formes. Car, comme l'a déclaré un des membres d'Otpor, "plus la répression augmentera, plus la résistance aussi".Le régime tient encore sur deux fronts, le Kosovo et le Monténégro. L'anniversaire de l'adoption de la résolution 1244 des NU a été l'occasion pour le régime de Belgrade de clamer qu'il espère que le monde "reconnaîtra enfui sa défaite au Kosovo" et y autorisera "le retour de l'Armée et de la police". Le fait que le Conseil de sécurité ait annoncé qu'il n'y avait rien de changé et que le mandat des forces de la KFOR serait prolongé pendant un certain temps encore, est venu démentir ces allégations du régime et de l'oppposition. Les élections municipales à Podgorica et Herzeg Novi ont aussi été l'occasion de déclencher la machine de propagande de Belgrade. Le gouvernement, Bulatovic en tête, a mené une campagne en faveur de la RFY, dans l'intention évidente d'inciter Dj~novic à organiser un référendum sur le futur statut du Monténégro. Ce n'est pas par hasard que diverses propositions ont été faites au même moment, notamment celle publiée dans la presse russe (Kornersiu) et qui portait sur une révision constitutionnelle de la RFY, dans le sens d'une régionalisation, c'est-à-dire d'une centralisation et unitarisation. Par ailleurs, Vladimir Poutine a lui aussi, et au même moment introduit certaines nouveautés dans l'organisation de la fédération russe, rejoignant l'approche yougoslave centralisatrice.Au cours d'un rassemblement populaire à Pozarevac, l'idée a été lancée de décorer S. Milosevic de l'ordre de héros national. Puis le parti JUL (parti de Mira Markovic-Milosevic - n.d.l.r.) a déclaré être profondément convaincu que "le héros national Slohodan Milosevic récupérerait le Kosovo, saurait stabiliser la situation au Monténégro et rendrait à la Yougoslavie la place qui lui revient de droit au sein de la communauté internationale, eu égard à son histoire et sa culture". Il est de plus en plus évident que l'opposition n'arrive pas à atteindre son but et il n'est pas étonnant que Morton Abramovie ait déclaré devant la Commission des affaires étrangères du Sénat américain,.qu'il est difficile de prévoir quand Milosevic s'en ira"'. Cela peut prendre encore un certain temps, "ce qui créera de nouvelles tensions parmi les Albanais du Kosovo, s'ils se voient sans cesse nier leur droit à l'autonomie."
Le premier anniversaire des bombardements de l'OTAN, les "insinuations" permanentes selon lesquelles l'opposition préparerait "un nouveau Markale" (bombardement et massacre sur le marché de Sarajevo - ndlr.) et 
d'autres actions similaires pour le compte de l'Amérique, ont servi de prétextes pour brandir la menace de l'adoption d'une loi sur le terrorisme tout en rappelant qu'il existe des lois similaires dans tous les pays civilisés. Le vide juridique renforce le sentiment qu'ici tout est possible. C'est pourquoi l'annonce de l'introduction d'une loi sur le terrorisme n'a pas vraiment suscité de réaction, car en fait elle est déjà appliquée. La série d'assassinats politiques "inexpliqués" a elle aussi servi de prétexte pour renforcer les mesures de sécurité de l'Etat, dirigées avant tout contre Otpor et, éventuellement, contre "l'opposition unifiée". Le mouvement Otpor s'est déjà vu qualifier d'organisation "basée sur le principe des bandes terroristes", composée de "mauvais étudiants, narcomancs, individus dénués de tout sens moral". Mais il ne faut pas perdre de vue que cette loi n'est pas principalement dirigée contre l'opposition ou l'alternative, mais surtout contre les récalcitrants au sein même du régime. Ce que corrobore le fait qu'à l'intérieur même de ce régime, il n'y ait pas d'accord sur ce point. La visite de Li Peng, président du Comité permanent du Congrès panchinois, représentant de la ligne dure, et le fait qu'à Belgrade même il a "violemment condamné l'OTAN et l'Amérique, principaux ennemis de la paix mondiale", montre que la Chine, comme la Russie, se sert de la Serbie pour régler ses comptes avec les Etats-Unis. La 
Serbie reçoit en échange un modeste soutien financier, de l'ordre de 300 millions de dollars. Le maintien du statu quo convient à la fois au régime et à l'opposition. La société restera "esclave" de cette situation tant qu'elle n'acceptera pas de prendre des risques et de procéder elle-même à certains changements. Compte tenu du caractère de la société serbe, il lui faudra surmonter sa peur, retrouver ses propres valeurs, si elle veut se voir restituer son honneur et décider de son propre destin.

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LE SIEGE DE L'EX-YOUGOSLAVIE A L'ONU
Les Etats-Unis ont pris l'initiative de régler le statut de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie + Monténégro) aux Nations unies, en suspens depuis 1993. En effet l'ambassadeur des EU à l'ONU, Richard HOLBROOKE, a déclaré qu'il était inacceptable que Belgrade soit traité comme l'unique successeur de l'ancienne Yougoslavie. A sa demande la RFY n'a plus le droit, depuis fin juin, de prendre la parole dans les débats concernant la situation dans les Balkans. Déjà en 1993, le Conseil de Sécurité avait constaté que la République socialiste fédérale n'existait plus et que les Etats nés de sa disparition devaient demander leur admission à l'ONU. Les Slovénie, Croatie, Macédoine et Bosnie l'ont fait, mais la Serbie et le Monténégro ont refusé, prétendant que leur fédération (RFY) était le seul successeur légitime de Vex-Yougoslavie. Dans cette situation, la première du genre, le Comité juridique des Nations unies a décidé de maintenir la participation de la RFY dans différents comités de l'organisation mondiale, tandis que l'ancien drapeau yougoslave (avec l'étoile rouge) continuait à flotter sur l'East River ! Les autres Etats issus de l'exYougoslavie tentent en vain de régler les problèmes de la succession. La commission internationale qui en est chargée, présidée par un lord anglais, n'a strictement fait aucun progrès, tandis que la Serbie continue à jouir des biens de l'ex-Yougoslavie, bâtiments, trésors, archives, etc, L'initiative américaine a donc pour but de trancher définitivement ce problème. Elle coïncide avec la toute récente demande du Monténégro d'avoir sa propre délégation à l'ONU, soulignant que celle de la RFY ne représentait que les intérêts du régime de Belgrade.Selon le quotidien "VIJESTI" de Podgorica, Holbrooke aurait déclaré que les Etats-Unis reconnaissaient que le Monténégro faisait partie de la RFY, mais qu'ils soutenaient ses effors pour obtenir l'indépendance. On apprend par ailleurs que l'opposition serbe voudrait avoir un siège à l'ONU !

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MONTENEGRO

LES EXCUSES DE DJUKANOVIC
si qu'au nom des citoyens du Monténégro, surtout ceux qui partagent mes convictions morales et politiques, que je voudrais exprimer mes regrets aux citoyens de la République de Croatie, et en particulier à ceux de Konavle, Dubrovnik et de la région de la Neretva pour la douleur, le martyre et les pertes matérielles que leur a causés quels que représentants du Monténégro que ce soit dans le cadre de l'armée populaire Yougoslave (JNA) au cours de ces moments tragiques". C'est ainsi que s'est exprimé le président monténégrin  Milo DfUKANOVIC lors de sa récente rencontre avec Stipe MESIC, président dela Croatie. La rencontre avait lieu à Cavtat (village balnéaire croate proche de Dubrovnik détruit en partie par la JNA en 1991). Depuis novembre 1999, Djukanovic a reconnu la responsabilité du Monténégro pour l'invasion du sud de la Croatie et les bombardements de Dubrovnik. Chacun s'attendait donc à ces excuses auprès de Mesic. Mais Djukanovic a aussi déclaré "qu'une bonne partie de l'opinion publique du Monténégro a été naïvement entraînée dans des actions violentes croyant défendre ainsi la Yougoslavie!" Et il a demandé "l'individualisation" des responsabilités dans cette affaire. Comme l'estime le quotidien de Zagreb "Wecernji list", ce ne sont pas les motifs moraux mais 
les nécessités pratiques - tels un bon voisinage avec la Croatie, le développement du tourisme et le rapprochement avec l'Europe - qui ont poussé Djukanovic à changer d'avis. Certaines sources à Podgorica 
prétendent qu'il s'apprêterait à le faire aussi pour les crimes commis en Bosnie-Herzégovine, mais qu'il affronte 
une forte opposition à cet égard dans les rangs de son propre parti (DPS). Pour "Novi List", quotidien de 
Rijeka, "la Croatie est tenue de s'excuser devant la Bosnie-Herzégovine, tout comme le Monténégro envers 
Dubrovnik".
Il est à souligner que son geste vis-à-vis de la Croatie a été considéré comme une trahison à Belgrade, même dans les rangs de ladite "opposition" qui considère qu'il q.n'y a pas eu de guerre". Les leaders serbes en Bosnie ont pris la même position. Dernière minute: Le président du Monténégro, Milo Djukanovic, s'est déclaré prêt à présenter aussi ses excuses aux peuples de Bosnie-Herzégovine pour le rôle joué par les réservistes monténégrins au cours de la guerre, comme il l'a fait au peuple croate. Au cours d'une interview à la télévision de Bosnie, Djukanovic a déclaré que, bien que n'étant pas persuadé que cela pourrait résoudre tous les problèmes et satisfaire les peuples de Bosnie, le Monténégro était prêt à faire ce geste, dans l'intérêt de la future coopération entre les deux pays.

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La vie du TPIY

Le procès Krstic
Le procès du Général Radislav Krstic est entré dans sa dernière phase. Krstic est accusé de génocide pour son 
rôle dans les crimes qui ont suivi la chute de Srebrenica, quand il commandait le corps Drina de la VRS 
(l'armée de la RS). L'expert militaire américain Richard Butler a reconstruit l'opération "Krivija 95", 
l'offensive menée contre Srebrenica en juillet 95. Selon Butler, le but originel de l'opération était de chasser 
la population de la région vers la ville même -, c'est l'absence de résistance de la part des forces 
boshniaques, de l'UNPROFOR et de l'OTAN qui a conduit à la décision, le 9 juillet, de prendre la ville.
La plupart des documents utilisés par le procureur ont été saisis par la SFOR en 98 dans plusieurs sièges de la 
VRS. Des transcriptions des communications radio enregistrées par l'année boshniaque ainsi que des images 
vidéo prises par lejoumaliste belgradois Zoran Petrovic ont contribué de manière importante à l'enquête. Dans un 
entretien enregistré, Karadzic déclare que Krstic - "un grand chef militaire " - a planifié l'opération, et ceci de manière "superbe avec l'accord de Karadzic. Dans une autre conversation téléphonique, le colonel Beara demande à Krstic 15 à 30 hommes d'urgence en disant qu'il a "3500 paquets à distribuer" (prisonniers musulmans à assassiner, en langage codé). Le procureur cherche à démontrer que Krstic avait la responsabilité du commandement, selon l'article 7(3) des statuts du TPIY, et qu'il était  de son devoir d'empêcher des crimes que ses subordonnés avaient l'intention de commettre. Pour prouver que des unités régulières de la VRS ont 
participé au massacre, le témoignage de Drazen Erdemovic est significatif Erdemovic, dans un entretien télévisé  avec la presse occidentale, avait avoué avoir participé à l'exécution d'au moins 1000 hommes le 16 juillet 95 en 
tant que soldat de la VRS. Arrêté par les autorités yougoslaves, il a été transféré à la Haye où il a été condamné à 10 ans de prison réduits à 5 ans en appel. Relâché par la suite, il témoigne sous la protection du Tribunal. Il a déclaré avoir été envoyé le 16 juillet avec 7 autres soldats de la VRS à Branjevo, une ferme, où l'ordre leur a été donné de fusiller des hommes qui seraient livrés par bus. Ceux qui refuseraient cette tâche seraient fusillés euxmêmes. A l'aide d'une photographie aérienne, où un tas de corps était visible, Erdemovic a pu identifier les bus et le lieu d'exécution.Des photos aériennes soumises au Tribunal par les Etats-Unis montrent des changements dans le terrain où des corps ont été exhumés par les Serbes pour être enterrés ailleurs dans une tentative de cacher leur crime. 

Keraterm - Dusko Sikirica 
Dusko Sikirica, ancien commandant du camp dit "Keraterm", a été arrêté à Prijedor le 25 juin par la SFOR. Son inculpation pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre avait été tenu secrète. Son procès pourra être lié à celui de deux commandants adjoints, Dragan Kolundzija et Damir Dosen, dont le procès doit commmencer cet automne. Plus de 3000 
Boshniaques et Croates étaient emprisonnés à Keraterin de mai à août 92 et beaucoup dentre eux ont été assassinés.

Omarska
Des anciens détenus ont témoigné sur la méthode de sélection des détenus pour torture et exécution. Des  hommes sélectionnés étaient traînés vers la "maison blanche" ou la "maison rouge" pour revenir ensuite sévèrement battus, ou ne pas revenir du tout. Dans un premier temps, les hommes choisis pour ce traitement étaient des hommes d'autorité, des ingénieurs, des médecins, des entrepreneurs et d'autres élites intellectuelles, et des Albanais du Kosovo. Ces derniers recevait le pire traitement. Plus tard, la sélection devenait plus aléatoire. Les camps d'Omarska, Keratenn et Trnopolje se trouvaient dans la région de Prijedor. Cinq Serbes bosniaques sont inculpés pour crimes contre l'humanité commis dans ces camps entre mai et août 92. Les détenus dans ces camps étaient frappés quotidiennement. L'un d'eux a été battu à mort pour avoir salué des gardiens en train de manger avec le mot "bujrum" (bon appétit).

Le procès "Foca"
Le procès de D. Kunarac, R. Kovac et Z. Vukovic, accusés de viol et d'esclavage sexuel de femmes boshniaques à Foca, se poursuit avec des témoignages de la défense. Kunarac a déclaré avoir été "séduit" par la témoin "DB", à l'instigation d'un ami qui a voulu ainsi le divertir de sa recherche d'hommes coupables de viols.
Claude Jorda recommande des réformes Le 20 juin, Claude Jorda, président du TPIY, a présenté au Conseil de 
Sécurité des propositions pour améliorer l'efficacité du Tribunal. M. Jorda estime que le charge de travail actuel est si pesante que la crédibilité même du Tribunal serait atteinte, à moins de trouver un remède rapidement. Les délais passés en détention dans l'attente du procès sont beaucoup trop longs. Avec les améliorations proposées, le Tribunal pourrait terminer son travail, sans compter les appels, dans l'année 2007, sinon la durée sera multipliée. Le résultat des dizaines d'enquêtes en cours pourrait mener à terme à près de 200 détenus à la Haye. Si le nombre des arrestations se poursuit au taux actuel - une par mois - tous les inculpés pourraient être détenus d'ici 30 mois.Le TPIY a inculpé 96 personnes dont 36 sont actuellement détenues.

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Brève

Enfants abandonnés et orphelins
La question de la protection, de la prise en charge, de l'instruction et de l'éducation des enfants demeurés sans parents fait l'objet de diverses lois et décrets. Sont considérés sans parents : les enfants abandonnés, les enfants dont les père et mère ont été tués, sont morts ou sont portés disparus, les enfants abandonnés par des femmes violées, les enfants dont les parents, confrontés à des problèmes de logement, des problèmes financiers, sanitaires ou autres, ne peuvent plus s'en occuper. C'està-dire tous les enfants demeurés sans parents, quelle qu'en soit la raison. Ils font tous l'objet d'une même protection, définie dans les actes législatifs suivants :
1. La loi sur la famille (Journal officiel de la République socialiste de B-H n'19/79), adoptée en tant que Loi de la Fédération de B-H et qui prévoit diverses possibilités pour la prise en charge de ces enfants, a/ tutelle, b/ adoption.2. Une loi sur l'hébergement par une autre famille (spécifiant les responsabilités, conditions, méthodes et procédures d'hébergement). 3. Une loi sur la protection sociale (responsabilités, conditions, méthodes et 
procédures de placement de ces enfants dans des institutions spécialisées, et homes pour enfants). Pour les enfants (de femmes violées, de parents inconnus, ou abandonnés par leurs parents, etc.) le choix prioritaire est l'adoption. S'il n'y a pas de personnes intéressées, on opte pour la seconde meilleure solution - c'est-à-dire la prise en charge par une autre famille. Le placement dans une institution spécialisée n'intervient qu'en dernier recours, et la mise sous tutelle au cas où les enfants ont des parents proches prêts à en assumer la charge. 

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Culture 

EXPOSITIONS
- Fin juin, l'artiste autrichienne Lucija Feinig-Giesinger, qui travaille depuis 93 avec des femmes bosniaques réfugiées dans un camp à Voralberg, a ouvert une exposition au Centre culturel autrichien de Paris, sous le titre Ouvrages de Bosnie. Il s'agit de plaids, de tapis, de couettes, synthèses du don de cette artiste et du savoir-faire de ces femmes qui ont su exprimer, à travers un lacis de lignes géométriques, leur douleur devant la perte de leur patrie. Cette expositîon a aussi été l'occasion de présenter le livre « Aux fils du temps » (en lanque bosniaque et en allemand) de Wilibald Feming, avec des photographies de Nikolaus Walter, qui raconte comment est née 
l'association Ouvrages de Bosnie.
- Inattendu : c'est le titre de l'exposition inaugurée début juillet à la galerie Le Lys (Paris 4e), «Inattendw> parce que l'artiste, Alija Hafizovic-Haf, qui expose ici me trentaine de peintures, est connu avant tout comme caricaturiste. «Ce n'est que pendant le siège de Sarajevo que je me suis souvenu d'être peintre», a-t-il déclaré.

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PARUTIONS 
- Balkans : la crise, de Jean-Arnault Derens, Gallimard (Folio-Actuel n' 76), 3 75 pages. Il s'agit de la dernière crise, bien entendu, mais ses origines directes émergent peu clairement d'un long récit historique de l'invasion turque du XVejusqu'à lapériode des «socialismes atypiques» yougoslaves (en l'occurrence réduits à la Serbie) et albanais. Un résumé hâtif - trop long ou trop court - entrecoupé de témoignages, où le détail, pas toujours vérifié voir inexact, alterne avec l'évocation des perspectives, présentées trop souvent de manière elliptique pour éclairer l'exposé (telle celle sur le tissu urbain multiculturel hérité de l'empire ottoman et actuellement détruit).Mais au fait : pourquoi l'Empire ottoman, et non ce monde byzantin finissant qu'évoquait Ivan Djuric et qui faisait le lien avec l'Europe ? Rien à voir avec l'analyse du problème serbe que proposait Joseph Krulic dans le Débat de novembre 99. Finalement, le seul apport est une description des relations entre des sociétés ayant 
conservé des structures claniques et le développement, à la faveur de la guerre, d'importants phénomènes mafieux. Un article plus structuré aurait fait l'affaire sans noyer le sujet dans une approche historique sans relief.
- Une banlieue de Sarajevo en guerre: les Amazones de la «kuca», la résistance des femmes de Dobrinja, DEA 
soutenu récemment par Carol Mann à l'EHESS, est consultable sur demande à < cmann@pfeifferreport.com >.

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FESTIVALS
- Francis Bueb, directeur du Centre André Malraux, organise à Sarajevo fin septembre 2000 un grand salon 
Etonnants voyageurs à l'image de celui qui se tient à Saint-Malo tous les mois de niai. Il y réunira des écrivains de tous les pays des Balkans, d'Europe et de France, pour se rencontrer et parler, par-delà les frontières et les barrières.
- Les artistes de Saint-Brieuc à Gorazde vous pouvez vous joindre à la délégation qui les accompagnera pour 
la troisième fois au Festival de l'amitié 2000, que ce soit pour apporter votre soutien, pour aider à l'organisation, pour rencontrer les Gorazdéens, ou simplement pour suivre les concerts, ateliers et  animations diverses. Départ le 22 août très tôt de St-Brieuc. Un "ramassage" est prévu au Mans et à Paris (date à préciser). Retour le soir du 30 août. Cinq jours sur place, 1800 F pour le transport, la nourriture et l'hébergement collectif Attention! S'inscrire avant fin juillet au 02 96 78 27 34.
- Voix de la Méditerranée, festival de poésie, 3ème édition : du 22 au 30 juillet à Lodève (Hérault), 30 manifestations quotidiennes avec des poètes, conteurs, chanteurs, musiciens, comédiens... Cette année, Albanais, Bosniaques, Croates, Kosovars, Macédoniens sont représentés. Renseignements au 04 67 44 24 60.

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