Lettre d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice Mirjana Dizdarevic - n° 111 août 2002

Association Sarajevo

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Sommaire

Latinka Perovic : LA SERBIE EN EFFERVESCENCE

Le sommet de Sarajevo

Le premier congrès de la diaspora bosniaque

Un sondage troublant

Bosnie été 2002 – Quelques impressions (Mauricette Bastide)



Latinka Perovic LA SERBIE EN EFFERVESCENCE



Nous publions ici le texte d'une conférence prononcée récemment à Ljubljana par Latinka Perovic. Secrétaire du Comité central de la Ligue des communistes de Serbie à la fin des années 60, elle fut au côté de Marko Nikezic, la figure la plus marquante du mouvement qui essayat, à cette époque, d'opérer une transformation démocratique du régime yougoslave. Mais cette tentative, taxée d' « anarcho-liberalisme » par Tito et ses proches, se heurta à l'opposition violente de la direction communiste et se termina en octobre 1972, par l'éviction de l'équipe réformatrice serbe.Retirée de la vie politique active, elle est devenue universitaire, spécialiste de l'histoire contemporaine de la Serbie et reconnue comme l'un des meilleurs analystes de la situation de ce pays en même temps que critique radicale du nationalisme serbe. Elle a publié en 2000, sous le titre » Les gens, les livres et les évènements » un recueil de ses textes des 15 dernières années. Elle dirige, entre autres activités, la collection «  Témoignages » des Editions du Comité d'Helsinki pour les droits de l'Homme en Serbie.


L'Etat yougoslave n'existe plus, mais il a marqué une époque de l'histoire, de notre commune histoire...Je dois spécifier que je parle ici en mon propre nom, sur la base de mes propres recherches et expériences et que mes opinions ne sont partagées que par une faible minorité de la population serbe. Aujourd'hui comme hier. Ma perception de notre passé le plus proche et de notre évolution actuelle est nettement critique. Ce qui ne veut évidemment pas dire que je n'aimerais pas que les choses changent. Malheureusement mes désirs ne correspondent pas à la réalité. Je pars du principe que la critique n'a de sens que si elle est bien fondée. Elle représente à la fois un effort intellectuel et un acte moral. Car pour être efficace, elle doit être basée sur la connaissance des faits au cours d'une période suffisamment longue, mais aussi sur l'attachement à certaines valeurs morales. La critique est un élément qui appartient à tous. C'est pourquoi elle doit être exempte de toute prétention, avantage direct et, surtout, de revanchisme.

Pour pouvoir répondre à la question fondamentale - où en est actuellement la Serbie et où se dirige-t-elle, il faut tout d'abord se fixer un point de départ. J'avoue qu'en préparant cette conférence, il m'a été très difficile de trouver ce point de départ.

Aujourd'hui, pour la majorité des analystes, ce point de départ, c'est la dislocation de l'Etat yougoslave. C'est là évidemment une approche possible, mais elle est insuffisante et peut-être erronée. La deuxième Yougoslavie n'a été en fait que l'une des étapes du long processus historique des peuples ayant appartenu à l'Etat yougoslave. Je ne pense pas que l'expérience de la première Yougoslavie, de courte durée, puisse expliquer comment le peuple serbe - un peuple historique - à la croisée des XXè et XXIè siècles, ait pu expérimenter ce que je qualifierai de catastrophe historique. Je suis profondément convaincue que la Yougoslavie, et je pense que l'évolution ultérieure dans l'ensemble de la région le confirmera, a eu une double influence sur le peuple serbe. Elle a été pour lui une chance historique, mais aussi, d'une certaine manière, un masque. Une chance parce qu'en Yougoslavie, le peuple serbe s'est retrouvé uni pour la première fois après sa division séculaire, après avoir vécu dans différents Etats, et même connu différentes cultures et civilisations. Un masque, parce que la Serbie n'a pas vécu les transformations profondes de la fin du 20ème siècle et qu'elle rappelle irrésistiblement ce qu'elle était au début du siècle. Aussi la Yougoslavie est-elle perçue comme une illusion, un mirage, un gaspillage. C'est précisément ce qu'est la Serbie actuellement, réduite à elle-même, et cela incite à nous poser une question : de quelle façon ses forces politiques ont-elles vécu l'Etat yougoslave et dans quelle voie ont-elles orienté les forces vives de la Serbie?



La Serbie s'est identifiée tout d'abord à la première Yougoslavie, puis à la seconde. Elle l'a considérée comme son propre Etat, où vivaient aussi d'autres peuples. Cette conception de la Yougoslavie était présage de malentendus, de conflits, de crises politiques et, finalement, de dissolution. D'autres peuples pourtant y vivaient, y poursuivaient leurs propres intérêts. La Yougoslavie aurait pu survivre en tant que cadre commun, mais sans pour cela porter atteinte aux intérêt des autres. Lorsque ces intérêts se sont heurtés, la Serbie s'est trop appuyé sur la force. Sur la force militaire avant tout, mais aussi sur d'autres formes de persuasion : modèle d'Etat centraliste, idéologie d'un yougoslavisme intégral. Cela a éveillé les soupçons des autres peuples, déjà constitués, a précipité leur intégration nationale. Objectivement, la Yougoslavie représentait pour eux une paravent, à l'ombre duquel se déroulaient des processus historiques autonomes. La Yougoslavie n'aura été que l'une des phases de l'histoire des peuples slaves de sud et ne suffit pas à en expliquer la dissolution.

J'ai mentionné la Yougoslavie en tant que période de notre histoire commune pour revenir à la question centrale de l'histoire serbe, qui a aussi déterminé, dans une large mesure, le destin de notre Etat commun. En effet, à la différence de l'historiographie russe, l'historiographie serbe n'a jamais formulé de manière précise la controverse intellectuelle et historique fondamentale ayant marqué l'ère moderne de l'histoire du peuple serbe. En Russie, celle-ci était liée à la division en slavophiles et occidentalistes, qui s'éloignent et se rapprochent à la fois dans la perspective historique. Une controverse similaire se retrouve dans l'histoire du peuple serbe bien qu'elle n'ait jamais atteint, comme en Russie, un niveau historico-philosophique. Elle a eu surtout un caractère politique, extérieur même, étant liée à un choix décisif, s'appuyer sur l'Autriche-Hongrie ou sur la Russie. Aussi, pour moi, une date cruciale dans l'évolution du peuple serbe aura été l'année 1878 et le Congrès de Berlin, année où la Serbie obtient son indépendance et se retrouve face à un choix : devenir un Etat européen moderne, avec toutes les conséquences que cela suppose, ou un Etat populaire, basé sur le principe de l'autogestion populaire, avec un parti populaire, lien charnel avec l'Etat.

Cette seconde option supposait l'appui de la Russie, mais en tant que centre de la civilisation slave, confronté aux valeurs de la civilisation européenne occidentale. Elle visait la réalisation du but sacré: la libération et l'unification du peuple serbe. Le capitalisme, et ses conséquences : différentiation sociale dans une société égalitaire, société civile et respect des droits de l'individu, état de droit et institutions complexes, règne du droit et répartition du pouvoir - non seulement l'aurait éloignée de son but sacré, mais l'en aurait privée. En 1876, la Serbie entre en guerre, elle n'est pas préparée et son histoire moderne sera marquée par une série de conflits (1877-78, 1885, 1912, 1913, 1914, 1941, 1991).

Sa première inclination, après l'acquisition de son indépendance, d'ailleurs marginalisée par les historiens, est de refaire la Serbie en profondeur. Le programme des avant-gardistes alors au pouvoir, à l'idéologie libérale, visait à développer la Serbie à l'instar des petits pays occidentaux. D'où les grands projets de modernisation. Ce fut là une véritable révolution : imposée d'en haut (nouvelles lois: liberté de la presse, association, indépendance de la justice, construction de chemins de fer, protection de la santé publique, création d'une banque nationale, législation sur l'enseignement élémentaire; toute une série d'accords commerciaux et aussi une loi sur l'armée). On s'est orienté dès le début vers une constitution limitant les pouvoirs du monarque et réduisant les aspirations de l'assemblée paysanne désireuse de protéger les valeurs patriarcales, signes déjà d'un état d'arriération. Cette tentative fut enrayée lors d'une rébellion en 1883, suivie de la guerre contre la Bulgarie en 1885.

La situation en Serbie était caractérisée par l'instabilité à l'intérieur et l'expansion territoriale. Ce qui a influé sur le mode de pensée, l'échelle des valeurs, les priorités politiques, et la vie de l'individu. En un mot - sur la mentalité.

L'idée de la libération et de l'unification nationales l'emportait sur toutes les croyances sociales: libérale, socialiste, radicale, communiste. Et elle était partout présente. ce qu'il ne faut pas oublier lorsqu'on évoque la genèse historique du nationalisme serbe et la nécessité d'y mettre un terme, en tant que condition préalable à tout véritable changement.

Les difficultés rencontrées par la Serbie pour édifier un Etat moderne et l'obsession de sa vision d'unification nationale, idée fixe de l'idéologie nationale, permettent de mieux comprendre l'histoire de la première et de la seconde Yougoslavie. Car la Serbie est entrée dans la première de ces Yougoslavies avec des idéologies nationale et sociale déjà bien développées, compatibles, et déterminées par le collectivisme national et social. D'où ses réserves par rapport à l'Europe, dont le paradigme, jusqu'à la première guerre mondiale, a été l'Autriche-Hongrie et l'insistance sur le modèle d'Etat national du XIX siècle, devenu un véritable dogme.

Dans la première Yougoslavie; la question nationale était au premier plan. Car elle était considérée comme un Etat centraliste et unitaire. Le conflit serbo-croate a joué un rôle décisif dans les bouleversements qui ont secoué la première Yougoslavie. Les Croates, peuple le plus nombreux après les Serbes, ont joué le rôle de détonateur dans la résistance à l'unitarisme yougoslave et à un Etat centraliste dominé par le facteur serbe. Le fait que le peuple serbe n'ait pas pu profiter bien longtemps de sa politique, a accru sa frustration.

La deuxième Yougoslavie a procédé à un changement radical: elle a accepté l'idée d'un Etat fédéral et la modernisation de l'espace yougoslave. Le fait que la deuxième Yougoslavie ait été reconstituée au cours d'une guerre antifasciste lui a attiré la bienveillance de l'Occident, malgré son idéologie communiste dominante. Bienveillance renforcée après le conflit de 1948. Malgré le monopole du parti et l'instauration d'un pouvoir personnel, objectivement, la Yougoslavie est devenue un Etat prospère. Les limites de ce modèle de pouvoir, mais aussi l'intensité du développement économique, ont imposé à la Yougoslavie des changements radicaux. La conjoncture internationale avait, elle aussi, changé : intégration européenne, fin de l'utopie communiste dont les hérauts étaient l'eurocommunisme et la crise du socialisme d'Etat. Différente des autres pays est-européens, mais avec les mêmes caractéristiques organiques, la Yougoslavie s'est retrouvée, au début des années 70, face à un véritable défi. Elle a réagi en adoptant une attitude conservatrice, opérant un véritable volte-face dogmatique, préparant ainsi, dans une large mesure, l'ère de l'après-titisme.

L'ensemble de ce processus était aussi marqué par certains événements en Croatie et Serbie, mais aussi dans toutes les autres républiques yougoslaves. Je me permettrais pourtant de dire qu'au cours de cette période, le rôle-clé est revenu à la Serbie. C'est en Serbie, et à ses propres dépens d'ailleurs, que furent anticipés de manière négative les futurs événements en Europe de l'Est. La révolution antibureaucratique a eu son importance et était soutenue de l'extérieur. C'est là une circonstance qui aurait mérité des recherches plus sérieuses et a été trop négligée dans les analyses des causes de la désintégration de l'Etat yougoslave. Cette révolution antibureaucratique a entraîné une symbiose entre le socialisme d'Etat et le nationalisme serbe, sous la forme d'un réel programme d'action. Ce programme a été explicitement élaboré dans le Mémorandum de l'Académie des sciences serbe. Néanmoins, et pour rétablir la vérité, il faut rappeler que ce programme a été longtemps préparé pour ensuite voir le jour au moment de la crise de l'Etat et du non-être social. La Serbie a alors pris position. Deux généraux ont en effet, l'un après l'autre, précédé Slobodan Milosevic à la tête de la Serbie. Le général Ljubicic, dans un de ses discours, a exprimé le sentiment général. Il a déclaré que la Yougoslavie serait défendue par les Serbes et par l'Armée populaire yougoslave (JNA). Défendue, naturellement, contre les peuples non-serbes. Cette prise de position, en pleine crise et face à de nombreux défis, a placé les autres peuples devant un véritable dilemme: que faire? Dès lors, la désagrégation de la Yougoslavie était inévitable.

Ainsi, la Yougoslavie a éclaté de l'intérieur, n'ayant su ni anticiper la future évolution du monde, ni élaborer un programme minimum exprimant une volonté et des intérêts communs. La révolution antibureaucratique et sa symbiose avec le modèle d'Etat socialiste, déjà sérieusement en crise dans l'ensemble de l'Europe, caractérisée par un nationalisme ayant retrouvé ses sources et son programme - la serbisation de la Yougoslavie, ou du moins la délimitation des frontières ethniques du peuple serbe - ne pouvait se faire que par la guerre. La principale responsabilité de cette guerre revient à celui dont les forces étaient les plus puissantes et qu'il pouvait utiliser pour mettre en œuvre son programme.

Le programme de la révolution antibureaucratique a été largement soutenu. Cet appui était dû au fait que la Yougoslavie était perçue comme l'Etat des Serbes, mais aussi à l'objectif, toujours bien ancré, de l'unification du peuple serbe. Slobodan Milosevic n'a été que l'expression individuelle de ces processus. Le fait que la communauté internationale et l'opinion publique serbe aient tout reporté sur le personnage de Slobodan Milosevic a empêché, d'une certaine manière, toute analyse et tentative réelles pour dévoiler la véritable essence de ce processus.

Quels ont été les résultats de ce projet qui, fondamentalement, tendait à restaurer l'Etat serbe du moyen âge? Les conséquences ont été terribles pour la Serbie. Le tissu social a été détruit et la question de l'Etat reste irrésolu. Le refus de regarder la réalité en face, la détérioration des relations avec le Monténégro, le Kosovo, Sandjak et, de plus en plus, avec la Voïvodine, démontrent que l'abandon de la politique qui a entraîné la Yougoslavie dans la guerre, n'est pas encore à l'ordre du jour. Ce qui a son importance quant aux chances et possibilités qui s'offrent actuellement à la Serbie et, bien entendu, à toute la région. L'union entre les partis et élites militaires, intellectuelles, religieuses, conclue au cours de ces guerres, est toujours présente. Le projet a échoué, mais il n'y a eu aucun retournement sur le plan psychologique et intellectuel. La même politique continue, mais avec des moyens différents. En d'autres termes, si le nationalisme a découvert son vrai visage pendant la guerre, ce même nationalisme le dissimule en temps de paix. Mais pas pour longtemps.

L'acceptation générale du programme mis en oeuvre par Slobodan Milosevic a entraîné la destruction systématique de l'alternative. L'opposition serbe était surtout attachée à la lutte pour le pouvoir et non à la recherche d'autres solutions que celles proposées par le cercle dirigeant. Certaines personnalités et groupes politiques se sont opposés ouvertement à la guerre et à la décomposition sanglante de la Yougoslavie, prévoyant que la violence se retournerait contre la Serbie et sa société, mais ils sont restés isolés. C'est là précisément ce qui s'est passé. Il existe en Serbie deux blocs: un bloc traditionaliste et un bloc pragmatique, qui cherche à moderniser la Serbie. Deux blocs historiques, mais où le rapport de forces reste constamment en faveur du bloc traditionaliste. Aucun bilan des événements n'a été fait. La carte nationaliste est toujours gagnante. Aussi ces deux blocs, dans la lutte pour le pouvoir, peuvent-ils de nouveau se retrouver sur la base d'un même discours nationaliste, désormais dépassé..

La nouvelle conjoncture est l'omniprésence du monde. Cela donne un certain dynamisme aux événements en Serbie, mais il ne restera en fin de compte en Serbie que ce qu'elle aura été capable de faire elle-même, par ses propres forces, passablement émoussées C'est pourquoi la rupture avec son récent passé et ses conséquences est le facteur-clé du développement et des futures possibilités en Serbie.

Le problème du jugement des crimes constitue aujourd'hui le principal critère témoignant d'un désir de changement. Il s'agit aussi, évidemment, des rapports avec le Tribunal de La Haye. On considère à l'heure actuelle que cette question relève du pragmatisme politique, à savoir de l'aide financière internationale, sans laquelle la société risque l'asphyxie. Néanmoins le rapport vis-à-vis des crimes et des conséquences de la guerre a aussi une dimension morale et éthique incontournable, non seulement parce que les autres ne peuvent pas oublier, ou parce que seul un bilan très honnête du récent passé permettra de rétablir la confiance sans laquelle il ne peut y avoir de stabilité dans la région - mais aussi parce qu'il s'agit là d'une verticale sans laquelle aucun peuple ne peut subsister, la Serbie y compris.

La Serbie est en état d'effervescence, elle erre, elle se cherche. C'est précisément la raison pour laquelle il faut faire un bilan, établir un diagnostic précis sur ce qui s'est passé, sur la responsabilité de la Serbie et sa situation actuelle. Elle vient de traverser 15 années difficiles - isolement, guerres, inflation, crimes et criminalité - qui vont toujours de pair - et tout cela a laissé des traces profondes, non seulement dans la Serbie tout entière mais dans la vie de chaque individu. En dépit de toutes les difficultés, sans ce bilan, il ne sera pas possible de mettre un point final au récent passé, ni de s'attaquer à la nouvelle réalité. Ce qui devrait déterminer la politique pragmatique, mais aussi les valeurs - essentielles pour tous mais surtout pour les jeunes. Ils doivent savoir de quel capital ils disposent, pas le capital économique seulement, mais aussi politique et moral.


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SOMMET TRIPARTITE A SARAJEVO


  1. En juillet dernier, les chefs des Etats de B-H (la présidence tricéphale: Belkic, Krizanovic et Radisic), de Croatie ( Mesic) et de la RFY( Serbie/Monténégro (Kostunica) se sont réunis à Sarajevo au cours du premier sommet tenu après les guerres déclenchées par la RFY contre la Croatie, puis contre la BH (pendant un certain temps la Croatie de Tudjman a, elle aussi, fait la guerre à la Bosnie). Au cours de ce sommet, auquel la communauté internationale n'a envoyé aucun représentant, mais en était l'initiatrice, les chefs d'Etat des trois pays ont adopté une déclaration commune, dont voici les points essentiels:

    - soutien à l'Etat bosniaque, intangibilité des frontières;

    - règlement des problèmes mutuels par des contacts directs et sans aucun arbitrage;

    - soutien à Dayton (ce qui a particulièrement plu à Kostunica, parce que c'est là un soutien direct à la RS, et donc au partage de la Bosnie sur des bases ethniques),

    - retour des réfugiés.

    Il s'agit en fait d'un accord sur certains dénominateurs communs, les plus élémentaires.

  2. Les trois chefs d'Etat ont évoqué l'ensemble des problèmes et la coopération, mais ont évité les problèmes les plus brûlants. Ils s'en sont tenus aux généralités pour faire bonne figure devant l'Europe et l'Occident en général, confirmant ainsi leur désir d'être admis au sein de l'Union européenne (Paddy Ashdown n'a-t-il pas déclaré que la voie vers l'Europe, pour la RFY, la Croatie et la B-H passait par Sarajevo!?).

    Ils n'ont pas évoqué les conséquences de ces guerres. Kostunica ne s'est pas excusé pour ce que la RFY a fait subir à la B-H. Il avait d'ailleurs affirmé qu'il ne viendrait pas à Sarajevo s'il était tenu d'y présenter des excuses. Il n'a pas non plus été question de résoudre définitivement à cette occasion le problème du port de Ploce en Croatie avec le président Mesic, port extrêmement important pour le commerce extérieur de la B-H. Il ne faut pas oublier non plus que ces trois présidents ne disposent pas d'un pouvoir réel et concret leur permettant de résoudre les problèmes en suspens. A Zagreb et Belgrade, ce pouvoir est détenu par les gouvernements, alors qu'en B-H il est exercé par les entités et, dans le cas de la FB-H, par les cantons. Comme l'a souligné la presse de Sarajevo, l'importance de ce sommet réside dans le simple fait qu'il ait eu lieu, l'ambiance étant celle "d'une gentille et pacifique petite partie de poker".

  3. Les commentaires sur le sommet diffèrent. La communauté internationale, représentée par le HR Ashdown, parle d'une "réunion historique", de l'événement le plus important depuis Dayton"; tout cela pour pouvoir se vanter de sa réussite. Par contre, les réactions à Sarajevo, Zagreb et Belgrade ont été bien plus modérées. Le quotidien "Oslobodjenje" a procédé à une enquête auprès de ses lecteurs. La majorité estime que le sommet aurait dû se réunir beaucoup plus tôt et qu'il ne fallait pas s'attendre à des résultats extraordinaires. Les personnes enquêtées considèrent par ailleurs que Kostunica aurait dû présenter des excuses pour la guerre infligée à la B-H, même s'il n'en est pas personnellement responsable. La presse de Sarajevo estime que l'accord des trois chefs d'Etat sur l'intangibilité des frontières est un élément très important.

    Les milieux politiques de Zagreb semblent assez réservés, tout en estimant eux aussi que l'accord sur l'intangibilité des frontières est important. Le quotidien "Vecernji list" souligne que les participants n'avaient pas le pouvoir de traiter, et éventuellement résoudre, des problèmes pratiques. Plusieurs hommes politiques, tels le président de la commission pour les affaires étrangères du parlement M.Tomac, et Mato Granic, ancien ministre des affaires étrangères, ont déclaré que la révision des accords de Dayton s'imposait "pour renforcer l'Etat de B-H, assurer l'égalité des trois peuples et garantir les droits de l'homme". Enfin le quotidien " Politika" de Belgrade a publié un article selon lequel le sommet de Sarajevo "a démontré la volonté des dirigeants des trois pays d'améliorer progressivement leurs relations afin d'être acceptés par la partie du monde à laquelle ils aspirent à appartenir - à l'Union européenne…Objectif qui paraît encore lointain".

    Le prochain sommet tripartite devrait se tenir à Belgrade en septembre prochain.


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PREMIER CONGRES DE LA DIASPORA BOSNIAQUE


Le premier congrès de la diaspora bosniaque s'est tenu à Sarajevo, au mois de mai dernier. C'est l'association des réfugiés bosniaques en Grande Bretagne qui a lancé cette initiative. Un réunion préparatoire avait eu lieu à Londres, en 2001.

Ce premier congrès a réuni des représentants de diverses associations de Bosniaques en Europe, Amérique et Australie. Il s'agit essentiellement de la diaspora issue de la guerre 1992-95. Le congrès a été soutenu par le gouvernement de la Fédération de B-H, par la ville de Sarajevo et l'Amicale de l'émigration bosniaque - fondée il y a déjà plusieurs décennies. Le congrès a adopté une déclaration sur la constitution d'une Fédération mondiale de la diaspora bosniaque, soulignant qu'elle sera multinationale et multiethnique, ouverte à tous les citoyens bosniaques vivant à l'étranger et qui considérent toujours la B-H comme leur patrie.

La coordination a été confiée à l'Association Bosnia and Herzegovina Refugee UK Network, dont voici les coordonnées: adresse- CROSSOVER, 619 Bordesley Green, Birmingham, B9 5XZ; tel: 0044 121 772 3052 et 0044 121 773 3861;fax: 0044 121 766 5401.
E-mail: bosnia@uknetwork.freeserve.co.uk


Web: http://www.uknetwork.freeserve.co.uk


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D'étonnants résultats

L'hebdomadaire belgradois BlIC NEWS a procédé à une enquête auprès des étudiants de l'université de Belgrade, pour savoir qui parmi la liste d'une cinquantaine d'intellectuels de Serbie étaient les mieux - ou les plus mal aimés. La liste proposée comprenait les noms des 5o intellectuels les plus souvent cités sur Internet. Les résultats de l'enquête sont frappants. Ainsi, 90% d'enquêtés ignoraient qui étaient Bora Cosic (écrivain connu, expatrié à Berlin depuis les guerres), Vojin Dimitrijevic, professeur de droit international à Belgrade, Filip David, journaliste, écrivain de Belgrade réputé pour son opposition au régime nationaliste. .

A la tête de la liste des personnages les plus populaires se trouve Emir Kusturica, réalisateur connu, serbe autoproclamé (ses père et mère sont Musulmans), très lié à Slobodan Milosevic et chouchou de l'actuel président Kostunica. Dans le premier groupe de dix, on trouve aussi Dobrica Cosic (considéré comme le père du nationalisme serbe), mais également Natasa Kandic et Sonja Biserko, antinationalistes et défenseurs farouches des droits de l'homme. On retrouve, à la tête de la liste des "plus détestés," Sonja Biserko, présidente du comité d'Helsinki pour les droits de l'homme en Serbie, Natasa Kandic, présidente du Fonds pour les droits de l'homme, Petar Lukovic, journaliste de "Feral Tribune" réputé pour son mordant et ses attaques contre les nationalistes, Borka Pavicevic, théâtrologue et essayiste, Bogdan Bogdanovic, célèbre architecte et opposant à Milosevic. Il se trouve également que figurent aussi sur cette liste Emir Kusturica, Dobrica Cosic et Momo Kapor; mais bien après les antinationalistes…

Si tels sont les sentiments des étudiants à Belgrade, on voit mal l'avenir de la Serbie. Rappellons que l'université de Belgrade était autrefois réputée pour son esprit révolutionnaire et progressiste.


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Bosnie, été 2002

Quelques impressions

Mauricette Bastide


Normalisation est probablement le terme qui s'impose pour résumer ces quelques impressions de Bosnie, sept ans après la fin de la guerre.

Quasi-normalité du parcours Kladanj-Potocari, où le trafic n'est plus interrompu ce jeudi 11 juillet au matin, tandis que les cars se dirigent vers la cérémonie où sera (enfin) posée la première pierre d'un mémorial aux victimes de Srebrenica.

À Kladanj, la police bosniaque, en s'excusant gentiment, a fouillé le car et distribué à chacun de nous un badge, sur lequel est inscrit :


SREBRENICA

11.07.1995 - 11.07.2002

POTOCARI

NEVER FORGET

NE ZABORAVIMO

" GOST " ("invité")


Dans le coin gauche du rectangle de plastique blanc estampillé du nouveau drapeau bosniaque jaune et bleu, on reconnaît l'image des deux enfants en prière qui figurait sur l'affiche dès 1999. Celle-là même qu'il nous était alors interdit d'apposer en vue sur la vitre du car… "pour ne pas provoquer les Serbes".


Les véhicules de la SFOR sont peu nombreux, il n'y a plus de poste frontière marquant l'entrée en RS, mais une kyrielle de voitures de police flambant neuves, des VW Golf blanches, sont alignées à l'arrêt avant de sillonner les routes dans les deux sens. L'aide européenne, évidemment. Mais on ne peut éviter de se demander si la police de l'entité croato-musulmane a été aussi bien équipée. Tout au long du parcours, l'impression de quasi-normalité se confirme  : tandis qu'une activité quotidienne semble avoir repris dans les hameaux que nous traversons, personne ne paraît se soucier de notre passage, les policiers sont moins nombreux que les années précédentes, manifestement plus détendus. Ils viennent de recevoir leur casse-croûte dans un sac plastique où l'on peut identifier une bouteille d'eau, un morceau de pain, un petit paté. Ce n'est qu'au retour, à Bratunac, qu'ils seront postés tous les cinquante mètres, debout le dos à la route.


L'ampleur de la reconstruction est frappante : partout les briques rouges, le crépi neuf et le linge flottant au soleil indiquent que la vie se réinstalle dans ces maisons qui étaient en ruines les années précédentes, éventrées, incendiées, écroulées. Les seuls rares tags à la gloire d'Arkan que nous verrons sont en dehors du parcours Kladanj-Srebrenica, sur la route de Zvornik. Tandis que sur les murs de brique des maisons fraîchement reconstruites et encore inhabitées, on peut lire, tracé à la peinture blanche, "ROMI NEMA" : "interdit aux Roms".


La veille, ceux d'entre nous qui découvraient Sarajevo pour la première fois étaient surpris d'y voir si peu de traces apparentes du siège de quarante quatre mois qu'a subi la ville. Impossible, par contre, de ne pas remarquer la mendicité, comme l'avant-veille à Gorazde. La gêne de nos amis bosniaques à cet égard est d'autant plus aiguë que, tout le monde le confirme, même aux pires moments de la guerre, il n'y avait pas de mendicité. Tout aussi impossible de ne pas noter les barbus et les femmes voilées, certaines de la tête au pied, mitaines de laine aux mains malgré la canicule. Et à Tinja, le village de réfugiés de Srebrenica que nous visitons régulièrement depuis quatre ans, la petite M. porte le foulard islamique. C'était jusqu'à l'an dernier une gamine charmante et pleine de vivacité, habillée en jeans et T-shirt et parlant anglais comme une héroïne de série télé. Elle nous est apparue cette fois maquillée et en costume sombre, toute intimidée sous son voile de dentelle noire piqué d'épingles roses, ne trouvant plus ses mots parce qu'elle apprend maintenant, outre l'anglais, le turc, l'arabe et l'espagnol. Nous sommes empêtrés dans des débats agaçants : il paraît que les parents sont payés pour envoyer leurs enfants en medresa. Mais ont-ils le choix, s'ils veulent que leurs enfants fassent de bonnes études ? Et si encore c'était le foulard et l'ample jupe chamarrés des paysannes bosniaques ! mais il y a dans cette tenue apprêtée un style Arabie Saoudite qui rappelle les mosquées hyper-modernes et clinquantes, tellement incongrues dans le paysage et les villes bosniaques. À la différence de celle qui fut inaugurée la semaine dernière à Srebrenica, la seule reconstruite sur les cinq détruites pendant la guerre, heureusement plus intégrée à l'architecture traditionnelle des Balkans, simple crépi blanc et fenêtres en bois brut.


La cuisinière du camp Emmaüs proche de Deboj où nous logeons a décidé de retourner à Srebrenica la semaine prochaine. Tout excitée, débordant de reconnaissance parce que nous l'y avons accompagnée deux jours auparavant pique-niquer sur la terrasse de sa maison, dont le rez-de-chaussée est maintenant occupé, elle nous a annoncé sa décision de s'installer dans le grenier de l'étage avec sa famille, en tout sept personnes. Ils recevront un pécule de mille KM, ces marks dits convertibles alors qu'ils ne le sont pas, et que d'ailleurs ne sont même pas de vrais marks.


Que dire de la cérémonie de Potocari ? Bien sûr, ce n'est plus la bouleversante charge émotionnelle d'il y a quatre ans. Outre la prière et les psalmodies des imams, c'est devenu aussi un lieu de retrouvailles pour les rescapés, il y a maintenant une tribune pour les VIP et toute une organisation sanitaire, camions-citernes pour les ablutions et toilettes, que l'on ne peut qu'apprécier. Mais, comme nous l'a fait remarquer Hajra Catic, présidente de l'Association citoyenne des Femmes de Srebrenica, il y a de moins en moins de rescapés qui s'y rendent chaque année, après le pic de l'année 2000  : ils sont de plus en plus nombreux à quitter la Bosnie pour s'exiler, qui au Canada, qui en Australie, qui en Suède… Et, une fois de plus, les Femmes en Noir de Belgrade n'ont pu parvenir à Potocari et sont restées bloquées à la frontière bosno-serbe, où les féministes monténégrines les rejoindront après la cérémonie. Parallèlement, et ce n'est pas le moins grave, la presse internationale se fait plus rare. Heureusement, restent les militants. Un groupe de Hollandais, notamment, assure une permanence civile à Srebrenica auprès des réfugiés de retour, organisant des activités pour les enfants, partageant le quotidien des adultes. Mais, au camp Emmaüs où sont encore hébergés quelques dizaines de réfugiés de Srebrenica et d'ailleurs, il suffit de demander s'il a été prévu de les véhiculer à Potocari le 11 juillet, pour comprendre que la cérémonie reste un privilège auquel tous ne peuvent prétendre. C'est déjà bien si un transport a été organisé à Srebrenica le mois dernier, afin qu'ils puissent revoir leur maison pour la première fois depuis sept ans. Et l'infirmière du camp, qui n'est pas une réfugiée, a beau énumérer le "stress" parmi les divers maux chroniques dont ils souffrent, il ne lui est manifestement pas venu à l'idée de les accompagner ce jour-là sur les lieux dont ils ont été sauvagement chassés après y avoir enduré l'enfer pendant des mois.


Et ce refoulement de la souffrance psychique, aussi, relève certainement de la normalisation que connaît la Bosnie. De même que la formalité désormais obligatoire, comme aux bons vieux temps d'avant-guerre, de l'inscription en préfecture de tout étranger séjournant dans ce pays. En poireautant deux bonnes heures dans la préfecture flambant neuve, nous aurons tout loisir d'observer quelques scènes courtelinesques - dialogues en moins pour ceux qui ne comprennent pas la langue. Tel cet employé qui savoure avec gourmandise la moindre nuance orthographique de nos noms, prénoms et lieux de naissance, alors que nous trépignons de rage et d'impatience à devoir lui épeler ce qu'il pourrait parfaitement recopier sans nous puisqu'il détient la photocopie de nos passeports. Sauf le nom du père, bien sûr, qu'il nous impose aussi de décliner. Là encore, nous nous empêtrons en dilemmes exaspérants : est-ce mieux ou pire que s'il nous demandait notre religion ? Une normalisation plus soviétique que vraiment européenne, en tout cas.


Mais qui s'est jamais soucié des aspirations européennes de ce pays ? De toute façon, il y a belle lurette que la Bosnie ne fait plus la une de l'actualité internationale. Pourtant, nous y sommes arrivés précisément au moment où les Américains l'avaient prise en otage, menaçant d'en retirer leurs forces militaires si la CPI entrait en fonction, telle que le traité de Rome l'a instaurée. Hajra Catic, à qui l'on demandait ce qu'elle pensait de ce chantage, a répondu dédaigneusement que cela ne concernait nullement les Bosniaques, et que cela ne changerait strictement rien à la situation des réfugiés de Srebrenica et d'ailleurs. Ajoutant cependant in fine qu'elle pensait que les Américains ne se retireraient pas. Mais son dédain semblait montrer combien elle considérait la question saugrenue, comme s'il pouvait y avoir un quelconque changement dans l'attitude des décideurs planétaires. Une autre façon de signaler cet abandon constant que le Bulletin de son Association ne cesse de dénoncer, à travers le fait que les rescapés n'aient jamais le moins du monde été consultés sur l'allocation des crédits de reconstruction de Srebrenica, par exemple.


Mais, quel que soit le niveau de réalité considéré, on ne peut manquer de constater que cette normalisation de façade ne constitue que la consolidation têtue du déni de l'agression. Avec la complicité active de la communauté internationale qui persiste à parler de "torts partagés", entretenant la fiction que ce qui s'est passé là ne concernerait qu'une poignée de fanatiques maintenant calmés.


Pourtant il reste bien des lieux en Bosnie où toute normalité digne d'une Europe du vingt-et-unième siècle est loin d'être rétablie, même en apparence. Grab Potoc, par exemple. Ce camp de réfugié à l'écart des routes fréquentées, où la situation n'a pratiquement pas changé depuis la fin de la guerre. Une malnutrition manifeste et une misère hallucinante continuent d'y sévir, sans qu'aucun French Doctor n'y intervienne, puisque la guerre est finie et que l'urgence humanitaire n'est, paraît-il, plus à l'ordre du jour…

Alors, de retour en France, en faisant une revue de presse de la semaine passée, on sent le découragement gagner. Certes, deux éminents juristes ont interpellé via Le Monde les autorités françaises sur leurs responsabilités dans le désastre de Srebrenica et la façon dont la mission d'information parlementaire a continué à les maquiller. Certes. Mais on peut regretter que ces mêmes juristes, qui avaient organisé un colloque sur Srebrenica en décembre dernier, n'aient pas pensé à mentionner aussi la situation inadmissible où se trouvent encore la plupart des rescapés. Et, en attendant que les politiciens des grandes puissances admettent leurs erreurs, on peut s'alarmer face à la puissance de cette version fallacieuse des "torts partagés" que la visite des présidents serbe et croate à Sarajevo le 16 juillet va encore entériner. Une version que même le TPI, faut-il le rappeler, risque de ne pas démentir puisqu'il n'est statutairement pas habilité à juger du crime d'agression, pourtant le premier des crimes contre l'humanité. Alors, comment aider les Bosniaques à sortir de l'abandon ou, au mieux, du statut de victimes-témoins auxquels ils sont relégués, comment leur restituer tant soit peu la maîtrise de leur propre histoire, ces questions restent lancinantes. Car, normalisation ou pas, la Bosnie reste un pays magnifique et l'extraordinaire gentillesse de ses habitants ne cesse de conquérir tous ceux qui font le voyage.

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Bibliographie minimale


Le Seuil. Le témoignage, en chapitres brefs, de l'envoyé spécial de Libération, qui a été gravement blessé à Sarajevo durant les derniers jours du siège.


Journal de guerre, Zlatko Dizdarevic, éd. Spengler



Portraits de Sarajevo, Zlatko Dizdarevic, éd. Spengler. Plus de mille et une nuits de siège, en chapitres brefs, par le rédacteur en chef du journal Oslobodjene. Ces deux ouvrages sont épuisés, mais très présents dans les bibliothèques.


Justice et vérité pour la Bosnie-Herzégovine, Andrée Michel, éd. L'Harmattan. Pour comprendre la position de la France et des autres grandes puissances dans le déroulement de la guerre.


Journal de voyage en Bosnie-Herzégovine – octobre 1994


Paul Garde, La Nuée bleue. Le témoignage d'un grand connaisseur de l'ex-Yougoslavie, un des rares étrangers à avoir franchi le fameux tunnel qui resta pendant des mois la seule voie pour échapper à l'enfer de Sarajevo.


Srebrenica, 1995, l'été d'une agonie, des femmes témoignent, coéd. Arte, France-Info, L'esprit des péninsules


Quelques sites web (en anglais)


http://www.srebrenica.balkanica.org/index.en.php

site de l'Association citoyenne des Femmes de Srebrenica


http://www.xs4all.nl/~rysdyk/gallery1.html

site d'une mission hollandaise durant la semaine du 11 juillet 2000, affichant de nombreuses photos de la cérémonie à Potocari et de Srebrenica cinq ans après


http://dspace.dial.pipex.com/srebrenica.justice

site de l'association Srebrenica International Justice Campaign, où visionner entre autres les photos de la première cérémonie à Potocari, en 1999


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