Lettre
d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice
Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 80 novembre 1999![]() |
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| Il est vrai, s'agissant du Kosovo et de la Tchétchénie, de
Milosevic et d'Eltsine, de la Serbie et de la Russie, qu'il y a
bien "deux poids et deux mesures". Il n'est nul besoin
de sortir d'une grande école de politique internationale pour
comprendre pourquoi il en est ainsi. Mais il est deux manières
de réclamer la justice de la part de la "communauté
internationale" face aux agissements d'Etats qui s'arrogent
le droit, au nom d'une souveraineté territoriale théorique,
d'expulser ou d'anéantir des peuples qui refusent leur sujétion.
C'est de prêcher le laisser-faire pour les criminels ou au
contraire de demander le renforcement de l'ingérence pour les
arrêter. L'intervention militaire contre la Serbie, tardive et mal menée, a finalement été décidée, non pour préserver les droits de l'homme au Kosovo, mais pour prévenir un embrasement du Sud-est européen qui aurait menacé toute la construction européenne et le système de l'OTAN. En ce sens, elle a réussi. Au prix d'une présence internationale de très longue durée, la tentative de Milosevic de déstabiliser tous les Balkans a échoué. Il a pourtant réussi, en fermant toutes les portes d'une solution négociée, à compromettre durablement la cohabitation des différents peuples de la région et, bien entendu la présence de Serbes au Kosovo, dont il ne s'est jamais servi que pour assurer sa conquête du pouvoir à Belgrade. En ne prévoyant pas la suite de la défaite de Milosevic au Kosovo, les puissances occupantes portent une lourde responsabilité dans le chaos qui y règne. Dans un contexte à de nombreux égards très différent, les protecteurs internationaux doivent assumer cette même responsabilité en Bosnie-Herzégovine. Face aux clans au pouvoir, qui ont chacun intérêt au maintien ou même à l'aggravation du statu quo, le Haut Représentant et la SFOR doivent exercer toutes leurs prérogatives et avancer, notamment sur les deux points cruciaux du retour des réfugiés et expulsés et de l'arrestation des principaux inculpés par le TPI. Après le rapport qui vient d'être présenté par Kofi Annan sur le massacre de Srebrenica, qui constitue, venant de la plus haute autorité internationale informée des faits, le document le plus accablant sur la politique menée en ex-Yougoslavie par les grandes puissances, après les demandes réitérées du TPI, il serait totalement incompréhensible que rien ne soit tenté contre Karadzic, toujours présent en Bosnie contrôlée par la SFOR. Le récent rapport de l'I.C.G. sur l'état de la Bosnie quatre ans après les accords de Dayton (cf. p. 2) est éclairant sur les dilemmes et les options devant lesquels se trouvent les auteurs et les garants de ces accords. Les pays de la région précipités dans la catastrophe par le régime de Milosevic, ne pourront se rétablir qu'à la double condition d'être soutenus par une aide multiforme et considérable de l'Union européenne et de trouver en eux-mêmes les forces de rénovation indispensables à leur reconstruction. Ces deux conditions sont réciproquement liées entre elles. La constitution dans tous ces pays d'une société solide et ouverte, capable de répondre aux véritables défis du monde qui vient, est un des problèmes majeurs de l'Europe. |
Rapport de KOFI ANNAN SECRETAIRE-GENERAL DE L'ONU SUR SREBRENICA
Suite à la résolution 53/35 (1998) de l'Assemblée Générale, le "Rapport Srebrenica" voit enfin le jour.
Long de 155 pages, le rapport reprend l'histoire de la tragédie depuis l'éclatement de la SFRY et l'indépendance de la BiH jusqu'à la chute de Srebrenica et les massacres qui ont suivi, en passant par les résolutions du Conseil de sécurité, les efforts pris pour enlever l'embargo sur les armes, la politique des "zones de sécuruté", etc.
Sont sévèrement critiqués : le Conseil de sécurité et ses Etats membres qui ont poursuivi une politique vouée à l'échec; les troupes hollandaises de la SFOR qui n'ont pas répliqué aux tirs ni prévenu le danger; les Etats-Unis qui ont gardé pour eux leurs informations sur les mouvements serbes; mais surtout, Boutros-Ghali, Yasushi Akashi et Bernard Janvier qui s'étaient fermement opposés à l'utilisation de frappes aériennes nécessaires.
Parmi les grands erreurs commises par l'ONU et par la communauté intemationale, selon le rapport : "Notre philosophie de l'impartialité et de la non-violence ... philosophie totalement inadaptée au conflit bosniaque", et la décision de répondre à la guerre "non par l'action militaire décisive" mais par un embargo sur les armes qui a "privé les Bosniaques de leur droit de légitime défense".
La leçon principale à tirer de la tragédie de Srebrenica : que des campagnes "délibérés et systématiques d'expulsions et de massacres de toute une population doivent impérativement être confrontées avec des moyens adéquats et une volonté politique". En Bosnie, comme au Kosovo, "la communauté internationale a tenté de mettre fin aux conflits en négociant avec un régime assassin et sans scrupule ... pour finalement être obligée d'avoir recours à la force pour y mettre fin".
Que cette leçon soit, enfin, comprise !
Pour consulter ce rapport :
www.un.org/News/ossg/srebrenica.htm
RAPPORT DE L'ICG : LES ACCORDS DE DAYTON SONT-ILS EN TRAIN D'ÉCHOUER ?
En prévision du 4ème anniversaire des accords de Dayton, l'ICG vient de publier une analyse très sévère des résultats de ces accords et de l'avenir du processus de paix. Nous présentons ici une adaptation traduite du résumé qu'il fait à la fois de l'analyse générale et de l'analyse annexe par annexe. Les objectifs de Dayton allaient bien au-delà des traditionnels accords de paix: outre le cessez-le-feu, la réduction des armes et le tracé des frontières, ces accords visaient à créer un nouvel Etat unifié comprenant deux entités multiethniques et à annuler les effets du nettoyage ethnique.
La Bosnie d'aujourd'hui est de facto composée de trois entités monoethniques, avec trois armées, trois polices, et un gouvernement national virtuel, à la merci des trois blocs. Les criminels de guerre sont libres et le pouvoir politique est largement détenu par des nationalistes purs et durs décidés à faire obstruction aux efforts internationaux de promotion du processus de paix. Dans de nombreux endroits, les autorités locales ont uni leurs forces à celles de la police et des extrémistes locaux pour empêcher le retour des réfugiés, renforçant ainsi les effets du nettoyage ethnique et maintenant ses acteurs au pouvoir dans des cadres politiques monoethniques. Les rares réalisations de Dayton - la Banque Centrale, la monnaie unique, les plaques d'immatriculation communes, les symboles de l'Etatet les réformes douanières - sont superficielles et ont été imposées par la communauté internationale. En fait le seul succès indiscutable de Dayton, c'est l'absence de conflit armé depuis 4 ans. L'examen attentif des accords, annexe par annexe, indique que les auteurs du nettoyage ethnique sont en train de gagner l'après-guerre. Des parties entières des accords ne sont pas mises en oeuvre. Malgré les actions récentes et énergiques du Haut Représentant en faveur du retour des réfugiés, il est trop tôt pour affirmer quelles seront survies d'effet Les autorités locales continuent à troquer aides financières contre une collaboration toute partielle et la baisse constatée des dons de la Communauté fragilise encore ces maigres réalisations, de même qu'elle diminue dramatiquement la bonne volonté des acteurs locaux. Si les donateurs ne tiennent pas leurs promesses, c'est tout le climat social qui risque de se dégrader: les retraites ne sont pas payées et le taux de chômage varie de 39% pour la Fédération à 50 % pour la RS. Les manifestations ont déjà commencé et l'on sait que par le passé ce mécontentement a été canalisé en mouvements nationalistes. Les politiques actuelles d'application des accords de Dayton sont imparfaites en raison notamment du refus de la SFOR de remplir le mandat pourtant clair qui lui avait été confirmé d'agir comme un acteur de leur mise en oeuvre. En outre, deux des trois entités s'opposent activement à leur application et attendent patiemment un retrait des forces de paix pour les mettre au rancart A moins que l'on ne trouve un moyen de briser cet écueil, le seul succès important et incontestable des accords - la paix - sera de plus en plus menacé. Même si la paix était un but admirable et appréciable, c'est surtout la promesse de mise en oeuvre des principes fondamentaux et la création d'un Etat unifié qui persuadèrent les Bosniaques de signer un traité en 1995. A la différence des Serbes et des Croates, ils exigent une mise en oeuvre bien plus effective des annexes de Dayton et ce au sein des trois entités. L'échec des politiques actuelles d'assurer la mise en oeuvre complète de ces annexes pourrait déclencher de nouveaux combats, en particulier au moment du retrait des forces internationales. Comme l'a remarqué le Conseil de Mise en Oeuvre de Madrid en 1998: "La structure de la Bosnie-Herzégovine demeure fragile. Sans l'échafaudage du soutien international, elle pourrait bien s'écrouler".
Après cette analyse, si sévère, on est presque déçu à la lecture des scénarios
dressés par l'ICG pour l'avenir. Le Groupe identifie 5 options:
1. le retrait immédiat
2. le maintien de l'approche actuelle
3. une nouvelle rédaction des accords de paix de Dayton
4. une mise en oeuvre plus sérieuse et plus robuste des accords actuels
5. la création d'un Protectorat international sur la Bosnie-Herzégovine.
Faisant le constat des forces isolationnistes qui se sont fait jour ici ou là,
et notamment aux Etats-Unis, l'ICG met en garde sur les risques d'une reprise
immédiate des combats et de leur propagation au sein des Balkans
qu'entraînerait le retrait immédiat. Passant en revue les autres options, l'ICG
manifeste une préférence pour les options 4 et 5 qui toutes deux impliquent un
engagement à long terme de la communauté internationale. Il faut remarquer
qu'il y actuellement un protectorat de fait en Bosnie, mais qu'on ne peut
l'expliciter. car cela obligerait les acteurs en présence à intervenir de façon
beaucoup plus vigoureuse. Même s'il est délicat d'en juger, il nous semble
donc que l'ICG se montre peu audacieux et surtout cantonne les Bosniaques dans
un rôle extrêmement passif, comme si la stabilité des Balkans exigeait que
rien ne bouge là-bas qui ne soit initié par les occidentaux et non par les
acteurs locaux.
pour la totalité du rapport ICG : http://www.crisisweb.org/projects/bosnia/reports/bh51pr.htm
DE LA RECONSTRUCTION AU DÉVELOPPEMENT : L'ÉCONOMIE BOSNIAQUE À UN CARREFOUR
Quatre années après la signature des accords de Dayton, l'économie bosniaque se remet doucement des destructions de la guerre. Avec un Produit National Brut (PNB) par tête parmi les plus faibles d'Europe et un taux de chômage qui avoisine les 40 % de la population active, la situation du pays n'est certes pas brillante. Mais les effets de la guerre s'estompent chaque jour. Les infrastructures ont pratiquement été reconstruites, les bâtiments publics rénovés et la croissance économique est forte. Il reste de nombreux efforts à faire autant dans le domaine de la reconstruction proprement dite que de l'aide d'urgence et de l'aide au développement. Ces efforts, la communauté internationale s'est engagée à les assumer pour au moins encore une année. En mai dernier, lors de la conférence des donateurs, de nouveaux fonds ont été récoltés afin de terminer les programmes de reconstruction en cours et d'engager une phase tournée vers le développement du pays. Pourtant malgré les succès des programmes entrepris, de nombreux obstacles subsistent.
LE SUCCÈS DE LA RECONSTRUCTION DES INFRASTRUCTURES...
L'aide internationale pilotée conjointement par la Banque Mondiale, le Fonds
Monétaire International, l'Union Européenne et le bureau du Haut Représentant
de la communauté internationale, connaît ses plus grands succès dans le
domaine de la reconstruction des infrastructures. Les routes, les ponts mais
aussi les écoles, les hôpitaux, les télécommunications ont été rétablies
dans la plupart des régions.
Cette reconstruction des infrastructures a mobilisé des montants d'aide
importants. Elle s'est faite dans un contexte politique local difficile avec
lequel les organisations internationales ont préféré composer. Pour assurer
la plus grande sécurité aux investissements, les agences internationales ont
été amenées à coopérer avec des responsables politiques locaux dont
certains ne cachent pas leur position ouvertement nationaliste. Cette recherche
de la sécurité à tout prix a ainsi contribué à soutenir des maires
nationalistes et à soutenir les positions nationalistes. L'aide s'est ainsi
trouvée dans la situation contradictoire qui consiste à soutenir indirectement
les fauteurs de guerre tout en finançant de lourds programmes de retour à la
paix et à une société multiculturelle.
La Bosnie aura encore besoin de l'aide internationale pour un bon moment. Son
budget et sa balance commerciale sont structurellement: déficitaires et sans
les fonds internationaux, la banqueroute du pays est inévitable. La paix n'est
pas en mesure d'offrir suffisamment d'emploi pour sa population et cela sans même
évoquer la situation des réfugiés. Or les obstacles à une meilleure
efficacité de l'aide subsistent.
... MALGRÉ DE SÉRIEUX OBSTACLES
Les obstacles rencontrés par l'aide internationales sont de deux types :
politiques et conceptuels. Le manque de coopération des dirigeants
nationalistes en place a été un facteur crucial de la lenteur des progrès de
l'aide. Manque de bonne volonté à établir une loi claire sur la propriété,
un cadre institutionnel stable et clair et une transparence des comptes publics.
Dans tous ces domaines, les organisations internationales ont été confrontées
à des difficultés presque insurmontables. Pour finir, elles ont favorisé l'émergence
d'un nouveau pouvoir en Bosnie: celui du Haut Représentant qui gère
aujourd'hui de fait le pays avec l'aide du gouverneur néo-zélandais de la
Banque Centrale de Bosnie. En contournant ainsi le problème, la communauté
internationale ne l'a pas pour autant résolu. En face, le repli défensif des
leaders nationalistes sur leurs pouvoirs est devenu ridicule. Il bloque le développement
et remet en cause l'avenir même du pays.
Le principal obstacle conceptuel rencontré par l'aide internationale a été
d'articuler un triple mouvement, de la guerre à la paix, d'une économie
presque dirigée à une économie de marché, et un mouvement vers l'intégration
à l'Union Européenne. Comment inscrire l'aide d'urgence dans les programmes de
reconstruction? Comment prendre en compte les besoins les plus imminents dans le
cadre de plans à plus long terme? Comment reconstruire et développer en ayant
le souci de converger vers les économies européennes? Autant de questions
auxquelles l'aide internationale s'est trouvée confrontée sans vraiment y être
préparée. Il y a eu des improvisations, un manque criant de coordination mais
avec le temps tout cela a fini par se mettre en place. L'aide est aujourd'hui
conduite dans la perspective d'une intégration à l'Union Européenne
explicitement inscrite dans le Pacte de Stabilité signé à Sarajevo au mois de
juillet. L'avenir est maintenant ouvert.
UN AVENIR À CONSTRUIRE
Au sein des organisations internationales, l'idée que les Bosniaques d'une part et l'Europe d'autre part doivent prendre leur responsabilités s'est imposée. Aux Bosniaques de prendre en main leur destin économique et de participer activement au développement du pays. Une main d'œuvre qualifiée, des ressources naturelles, une tradition de négoce et une activité productive assez développée sont autant d'atouts pour les populations de Bosnie. L'Union Européenne saura-t-elle prendre aussi ses responsabilités dans les Balkans? Difficile de répondre à cette question mais l'enjeu est de taille. Pour l'Europe il s'agit rien moins que d'offrir un calendrier d'intégration et de prendre en charge, dans ce cadre, les programmes de développement et de réforme des institutions économiques. C'est à ce prix et dans ce cadre que l'économie bosniaque pourra dans des délais raisonnables satisfaire aux besoins de sa population et assurer un emploi à tous les habitants et aux réfugiés qui souhaitent revenir. L'Europe en a conscience, mais s'est-elle donné les moyens d'agir?
LE CONGRÈS DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE À PARIS : ADMISSION DES SOCIAUX-DÉMOCRATES DE BOSNIE-HERZÉGOVINE ET DE CROATIE
Sur proposition du Conseil de l'Internationale Socialiste, les partis
sociaux-démocrates de Croatie et de Bosnie-Herzégovine sont devenus ces
jours-ci membres à part entière de cette organisation. Exprimant sa
satisfaction devant cette décision, Zlatko Lagumdzija, président des sociaux-démocrates
de B-H, a déclaré : "Ce n'est pas un hasard si ceci se passe le jour même
du dixième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, dont les pierres,
symboliquement parlant, se sont aussi abattues sur les citoyens de Sarajevo au
cours d'un siège qui a duré près de quatre ans. La Bosnie-Herzégovine ne
redeviendra un pays normal que lorsque les principes de la social-démocratie y
seront généralement adoptés, c'est à dire les principes de justice sociale,
de tolérance, d'une vie multiethnique dans un milieu démocratique, tout ce qui
doit devenir réalité pour les citoyens de ce pays".
Au cours de la deuxième journée du Congrès, consacrée au thème "La
voie vers la paix et la solidarité", la majorité des représentants des
partis sociaux-démocrates de l'Europe du Sud-Est ont pris la parole. Zarko
Korac, président de l'Union des sociaux-démocrates de Serbie, et Goran
Silanovie au nom de l'Alliance des citoyens, ont évoqué la situation
catastrophique où se trouve la Serbie tant sur le plan politique et économique
que moral, soulignant qu'il était essentiel de soutenir les partis à
orientation véritablement démocratique. Ils ont par ailleurs vivement regretté
q'aucune des formations politiques de Serbie n'ait encore été admise en tant
que membre, et de n'avoir pu participer à ce Congrès qu'à titre d'invité.
SARAJEVO SE MOBILISE POUR GROZNY
De la Bosnie à la Tchétchénie, d'un siège à l'autre. Plus de 10 000 habitants de Sarajevo ont déjà signé une pétition intitulée "Arrêtons le siège de Grozny « pour protester contre l'offensive russe dans la république indépendantiste. Cette pétition lancée par la chaîne de télévision indépendante Studio 99, devait être remise à l'ambassadeur de Moscou en Bosnie, et d'autres copies seront envoyées à d'autres ambassades étrangères ainsi qu'à la mission des Nations Unies."Le bombardement de Grozny a fait hurler les Sarajéviens jusqu'au ciel", écrit en Une Oslobodenje, le quotidien-symbole de la résistance de Sarajevo pendant le siège, accusant la Russie de "génocide": "les destinées des deux villes sont similaires, la technologie du meurtre la même, tout comme les victimes civiles, le contexte politique, la passivité de la communauté internationale, mais aussi les erreurs des dirigeants de Bosnie et de Tchétchénie"."La pétition de Sarajevo n'aidera pas beaucoup les Tchétchènes. Mais un cri pour Grozny venu de Sarajevo doit être entendu comme un acte moral de défense des principes universels des droits de l'homme", ajoute le journal. SARJEVO
UN OUVRAGE FONDAMENTAL
Florence Hartmann vient de publier le livre qui manquait dans la bibliographie des ouvrages en français sur l'origine et le déroulement des guerres yougoslaves. Appuyée sur une connaissance, sans pareille en France, du milieu, des faits et des témoignages relatifs aux événements écoulés en ex-Yougoslavie et en particulier en Serbie depuis une douzaine d'années, l'auteur apporte une masse d'informations décisives pour la pleine compréhension de cette période. Pour ne retenir que ce qui est encore mal perçu par nombre de commentateurs, elle montre notamment que Milosevic avait inclus le démantèlement de la Yougoslavie dans son programme à partir du moment où sa tentative de prise de contrôle de toute la fédération s'était avérée impossible. La persistance de sa complicité avec Tudjman pour le partage de la Bosnie-Herzégovine, au plus fort de l'affrontement avec la Croatie, est aussi bien établie que dévoilés son cynisme à l'égard des Serbes hors de Serbie et sa capacité de manœuvre à l'égard des dirigeants internationaux et d'une opposition intérieure incapable d'offrir une alternative autre que le nationalisme serbe. Le livre de Florence Hartmann se termine sur la défaite de Milosevic au Kosovo. Il reste à écrire la fin définitive d'un homme et d'un régime qui auront plongé la région dans le désastre irrémédiable qui aurait à l'évidence, pu être conjuré. Florence HARTMANN : "Milosevic, la diagonale du fou", Denoël, 443 p.
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CALENDRIER CULTUREL DU MOIS DE NOVEMBRE |
Parutions
- « La Guerre au bord du fleuve », de Jean Hatzfeld, éd. de l'Olivier, 272
p., 120 F : Après « L'Air de la guerre », le journaliste raconte dans ce
roman l'errance d'un garçon, Nico, aux environs de Vukovar pendant la guerre de
Bosnie, et sa rencontre avec une fille, Siena.
- « Une guerre en Europe, des nouvelles de Sarajevo », collectif, avec une
couverture de Enki Bilal, Hachette Jeunesse, 39 F : Ce recueil est issu
d'ateliers d'écriture menés en 98 et 99 au Centre André Malraux de F. Bueb
par l'association PostScriptum, dirigés par Marianne Costa, assistée de Maria
Meria, Sylvia Abdel-Minem et Boba Lizdek. Les auteurs sont de jeunes Bosniaques
qui avaient entre 16 et 25 ans pendant la guerre. Le thème de ces textes a été
choisi par les participants, qui l'ont abordé sous des formes diverses, de la métaphore
au témoignage brut.
- « Les Masques de guerre », de Cédric Allmang éd. Stock, 89 F :
L'auteur, géographe, tente de démasquer les protagonistes du conflit au Kosovo
et de sa résolution, pour en dégager les enjeux. Les médias sont épinglés
au passage.
- « Vestiges d'empires, la décomposition de l'Europe centrale et balkanique
», de Pierre Béhar, coll. Le bon sens, éd. Desjonquères, 176 p., 98 F : Sous
la pression des nations, les empires européens se sont effondrés en marquant
les Etats naissants de leurs décombres au point que certains telles la Tchécoslovaquie
ou la Yougoslavie - s'effondreront à leur tour. L'auteur propose un fil
d'Ariane pour éclairer la crise que traverse actuellement l'Europe centrale et
balkanique.
- « Fièvre », pièce de Anton Pashku, traduite de l'albanais (Kosovo) par Eqrem Basha et Christiane Montécot à l'initiative de la Maison Antoine Vitez (Montpellier), va paraître dans la collection « Théâtres de l'Europe orientale » aux éd. du Petit Véhicule.
Brève :
A l'occasion du 50e anniversaire de la signature des 4 conventions
humanitaires de Genève, le CICR (Comité international de la Croix Rouge) a
lancé un vaste sondage de 50 questions, « les Voix de la guerre », auprès de
plus de 20.000 personnes dans 17 pays, dont 12 zones de conflit. Voici les résultats
pour la Bosnie-Herzégovine, présentés au Palais des Nations à Genève le 31
octobre dernier, à la 27e conférence internationale de la Croix Rouge: la
moitié de la population a été déplacée de force pendant la guerre. 29% des
habitants ont porté les armes. 73% pensent que les soldats ne doivent pas
accomplir « certaines choses » dans leur combat contre l'ennemi et 82%
estiment que les criminels de guerre doivent être punis, mais 32% pensent «
qu'il n'est pas mal » en soi de priver la population civile de nourriture, médicaments,
eau, électricité... 40% justifient l'usage de mines antipersonnel malgré les
risques pour les civils. Sur le rôle tenu par les forces internationales dans
la guerre, 42% des Bosniaques pensent qu'elles ont amélioré leur sort, 40%
qu'elles n'ont eu aucun effet, et 13% que la situation a empiré à cause
d'elles.
Source: « Le Monde » du 5.11.99.
Exposition :
A la galerie Le Lys, 12-14 rue St Louis en l'Isle, Paris 4e, Edo Murtic expose
ses oeuvres récentes sur papier jusqu'au 11 décembre. Tél. 01 46 33 22 79.
Président:
Francis Jeanson |
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: 1000 Copies Beaubourg 5, passage des Ménestriers - Paris 3e Tél: 01 48 87 45 72 |
RÉACTIONS DE KLEIN, ZIVANOVIC ET WOLFGANG PETRISCH
La situation en B-H reste préoccupante. Qu'en pensent le général Klein,
représentant de l'ONU et Miodrag Zivanovic président de l'AMV (gouvernement
alternatif)? Au cours d'une conférence de presse tenue à New York fin octobre,
Klein a décrit la Bosnie-Herzégovine comme "un patient essayant de récupérer
après une grave maladie" et "maintenu en vie de manière
artificielle". D'après Klein, la faute en revient à Slobodan Milosevic et
Frandjo Tudjman, tous deux signataires des accords de Dayton. "Tant qu'il
n'y aura pas de gouvernements véritablement démocratiques a Belgrade et
Zagreb, tout ce qui a été accompli en B-H sera remis en question" Klein
estime que l'ONU, la SFOR et la communauté internationale ne sont tout
simplement pas en mesure de contrôler la situation, tout en critiquant les
"autorités compétentes" qui hésitent a arrêter Karadzic, Mladic et
les autres. Klein s'est néanmoins déclaré optimiste quant à l'application
des accords de Dayton, car à la différence des leaders nationalistes qui ne
parlent que du passé et des divisions, 85% de la population voudrait oublier ce
passé et se tourner vers l'avenir, le progrès économique et l'intégration à
l'Europe".
Modrag Zivanovic, dirigeant du Parti social-libéral de Republika Srpska, est
moins optimiste. Interrogé par le Courrier des Balkans sur l'avenir de la B-H
Zivanovic a répondu : "La Bosnie-Herzégovine n'existe pas en tant qu'Etat.
Nous avons trois territoires ethniquement purs et trois entités séparées
partant de l'économie jusqu'à l'écologie. L'avenir de la B-H ne sera possible
que si nous jetons les bases d'un système politique démocratique, avec une
participation réelle de tous les citoyens. Tant que le collectivisme restera à
la base des relations sociales nous n'aurons aucune chance. C'est là un
objectif lointain et il est très difficile de prévoir quand il pourra être réalisé."
Zivanovic a rappelé que l'AMV avait été créé en 1997 par dix partis
politiques de la RS et de la Fédération, plusieurs ONG (Cercle 99, Forums des
citoyens de Tuzla, de Banja Luka, etc.). Le but des fondateurs était d'établir
une forme de gouvernement proposant des projets alternatifs - politiques, économiques,
ou autres. Ce "gouvernement fantôme" a une structure similaire à
celle du Conseil des ministres en place. Zivanovic a annoncé l'élaboration par
l'AMV d'un ambitieux projet - "L'avenir de la BosnieHerzégovine" -
chargé de définir les diverses possibilités d'organisation de l'économie, du
système politique, de la culture, l'éducation, l'écologie. J'espère que nous
parviendrons à boucler ce projet à la fin de cette annéè", a-t-il
conclu.
Notons aussi l'étude de l'International Crisis Group intitulée "Is Dayton
failing? Bosnia Four Years After the Peace Agreement", dont nous présentons
un bref résumé et que l'on peut trouver sur internet
http://www.crisisweb.org/projects/bosnia/reports/bh51repa.htm
UNE PHASE DÉCISIVE
Le nouveau Haut Représentant de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine, Wolfgang Petrisch, a pris fin octobre, plusieurs décisions touchant directement aux lois de propriété et droit au logement dans les deux entités. Des centaines de milliers de réfugiés et personnes déplacées sont en effet toujours privées de leurs appartements, maisons, et autres biens, ceux-ci ayant été usurpés par les autorités locales. Les décisions prises par Petrisch permettront qu'ils soient restitués dans un bref délai. Le respect de ces décisions est essentiel pour encourager le retour des réfugiés et personnes déplacées, car il s'agit là d'un problème fondamental dans la réalisation de l'Accord de paix conclu à Dayton.et paraphé à Paris. Petrisch a menacé de poursuivre impitoyablement tous ceux qui essayeraient d'entraver cette action et a exigé sa réalisation à tous les niveaux de l'organisation de l'Etat. La principale caractéristique des pouvoirs actuels en B-H est l'obstruction systématique opposée par tous les organes en place - particulièrement au niveau du Parlement et du Gouvernement. Par ailleurs certaines décisions sont prises de manière illégale à l'intérieur même des partis au pouvoir, ceci dans le but de sauvegarder une Bosnie divisée en trois parties selon le principe ethnique. Le problème de la restitution de leurs appartements et de leurs biens aux réfugiés et personnes déplacées reste à la base de ce type de gestion illégale. Aussi les décisions prises par Pétrisch constituent-t-elle un coup direct porté aux fondements mêmes de l'arbitraire politique en B-H. Ce pourrait avoir une incidence décisive sur l'instauration d'un nouveau climat politique et permettre un nouveau tournant dans le processus de paix.. Les réfugiés et personnes déplacées auront la possibilité de vendre ou échanger leurs biens, afin que soit respecté le droit de chacun à choisir son lieu de résidence.
Vu les conditions politiques et économiques et les problèmes de sécurité, on peut s'attendre à ce que nombre d'entre eux choisissent précisément la solution de la vente ou de l'échange. On a vu se renforcer ces derniers temps la volonté de voir traduits en justice les pnncipaux responsables des crimes de guerre, ce qui influerait positivement sur le climat de sécurité et l'ensemble de l'atmosphère et encouragerait le retour des réfugiés sur leurs terres. D'une manière générale, nous entrons dans une phase déterminante du processus de paix en B-H, nécessitant une action coordonnée et décisive des autorités internationales, et pas seulement dans le cadre de leur mission de paix en B-H. (pour la "Lettre de Sarajevo", Zija D.)
DISCOURS DU HAUT REPRÉSENTANT DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ
Le Haut Représentant en B-H, Wolfgang Petrisch, a déclaré devant le
Conseil de Sécurité des Nations-unies que seul le plein respect de la loi sur
la propriété permettrait le retour en B-H des réfugiés et personnes déplacées.
D'après lui, la mise en oeuvre de son ensemble de réformes des lois sur la
propriété engagé le 27 octobre dernier est importante non seulement pour accélérer
le processus du retour mais aussi pour assurer la réalisation de la totalité
des accords de Dayton.
Le processus de restitution des biens se déroule trop lentement et des
centaines de milliers de réfugiés et personnes déplacées n'ont toujours pas
accès a leurs appartements, biens ou maisons. Le principale obstacle est le
manque d'harmonisation entre les lois de la Fédération de la B-H et les
lois similaires en RS, ce qui permet aux autorités des deux entités de s'en
rejeter la responsabilité. Pendant ce temps, les réfugiés et personnes déplacées
attendent - et souffrent. Désormais la responsabilité de la mise en oeuvre des
lois sur la propriété revient uniiquement aux dirigeants de la B-H, a précisé
le Haut Représentant.
DES MILLIERS DE MANIFESTANTS CONTRE LE GOUVERNEMENT
Fin octobre des milliers de manifestants chantant des slogans
antigouvemementaux ont envahi les rues de Sarajevo, réclamant la protection de
l'emploi et une action décisive contre la corruption. Environ 30.000
travailleurs, retraités et soldats démobilisés sont arrivés dans la
capitale, de toutes les régions du pays, clamant "A bas le
gouvernement!" et brandissant des panneaux avec l'inscription . "Nous
nous sommes battus pour notre pays et non pour les profiteurs de guerre . Nous
ne voulons plus de cette vie - où survivre est devenu un art" a déclaré
Fatima Fazlic,
une employée au chômage. La Bosnie s'efforce, depuis la fin de la guerre en
1995, de redresser son économie. 70% environ de la population est sans travail.
La corruption est partout présente, même au plus haut niveau gouvernemental,
et la population, démoralisée, est épuisée. Les projets de privatisation des
industries appartenant à l'Etat sont à l'origine de cette récente
manifestation. Les rares personnes qui travaillent craignent d'être limogées
une fois le processus de privatisation enclenché.
Malheureusement, après quatre années de paix, même ceux qui ont un emploi ne
sont pas régulièrement rémunérés", déclare Sulejman Hrle, président
du Syndicat bosno-croate. Les manifestants réclament la protection de l'emploi,
des salaires.plus élevés et des garanties sociales pour ceux qui ont perdu
leur travail. Ils demandent aussi que les politiciens cessent de différer le rétablissement
des chemins de fer dans la région, estimant que cela relancerait le potentiel
économique dans l'ensemble du pays. Ils ont brandi des écriteaux où l'on
pouvait lire "Messieurs ' pourquoi les trains ne marchent-ils pas?",
insistant bruyamment pour que les responsables internationaux chargés de contrôler
la mise en oeuvre du plan de paix révoquent les dirigeants locaux qui font
obstruction au rétablissement du trafic ferroviaire.
La Confédération européenne des syndicats, et même les travailleurs de
l'entité serbe, se sont montrés solidaires. Hrle a déclaré que si cette
manifestation ne donnait pas de résultats, il y en aurait d'autres, plus
nombreuses. "En fin de compte nous exigerons de nouvelles élections et le
remplacement des dirigeants actuels", a-t-il déclaré. Le premier ministre
de la Fédération bosno-croate, Edhem Bicakcic, a rejeté l'invitation qui lui
avait été faite de s'adresser aux travailleurs. "Exprimer son mécontentement
sous cette forme, sans définition concrète des responsabilités, n'est pas à
mon avis la bonne façon de résoudre ces problèmes", a-t-il souligné. Le
gouvernement n'a pas essayé d'interdire la manifestation, pourtant ceux qui
venaient des autres régions de Bosnie affirment avoir été contrôlés par la
police: dans les autobus qui les amenaient en ville.
LA SFOR RÉDUIT SES EFFECTIFS D'UN TIERS
Le nouveau commandant en chef des Forces de stabilisation en Bosnie-Herzégovine, le général Ron Adams, a confirmé qu'il comptait procéder, dès le mois prochain, à une réorganisation de la SFOR et à la réduction de ses effectifs, précisant que ces forces compteraient à l'avenir 20.000 soldats au lieu des 32 000 actuels. Chacun des 40 pays ayant des garnisons en B-H décidera lui-même du nombre de contingents qu'il gardera sur place. D'après le plan approuvé par la direction de l'OTAN, les forces de la SFOR resteront réparties en trois secteurs, contrôlés par des divisions stationnées à Banja Luka, Tuzla et Mostar. Le général Adams a souligné que son mandat demeurait le même, y compris le soutien à la mise en oeuvre du volet civil de Dayton. Néanmoins l'association "International Crisis group" estime que l'OTAN n'a jamais exigé, jusqu'à présent, que la SFOR remplisse ses obligations telles qu'elles ont été définies dans l'Annexe 1 A, article VI : 2,3 des accords de Dayton, et qui l'engagent à veiller à la stricte application du volet civil.
LES PROCHAINES ÉLECTIONS MUNICIPALES AURONT LIEU EN AVRIL 2000
Sept coalitions ont déposé des demandes d'inscription auprès de la commission électorale provisoire en vue des prochaines élections municipales : L'Union populaire croate de B-H ( Parti paysan croate et Union populaire croate), l'Alliance pour une B-H unifiée et démocratique (SDA et Parti pour la B-H), le Centre libéral démocratique de B-H (Union populaire croate, Parti paysan croate, Organisation libérale de B-H et Parti social-libéral de B-H), la Coalition libérale citoyenne (Parti libéral de B-H et Parti démocratique des citoyens de B-H)., l'Alliance démocratique pour une nouvelle politique (Parti paysan de Gordan Vidovic et Parti pour la renaissance économique), la Coalition pour le roi et la patrie (Parti radical populaire et Parti serbe de la jeunesse « Les Nouvelles générations »), la Coalition « Mouvement pour Rudo ».
LE PALMARES DU 35EME FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉATRE (MESS'99)
Laurier d'or pour la meilleure représentation : Métamorphoses, metteur en
scène Wlodzimierz Staniewski, Pologne.
Laurier d'or pour le meilleur metteur en scène Eduard Mller (Baal), Slovénie.
Laurier d'or pour les meilleurs acteurs : Jernej Sugman (Ball), .Slovénie;
Bedija.Begovska (Ibrahim le fou), Macédoine; Dragan Jovicic (Ay Carmela), B-H.
Laurier d'or pour sa contribution à l'art théâtral Susan Sontag.
Prix de la critique "Masque d'or d'Oslobodjenje" : S'il n'y avait
qu'une représentation, metteur en scène Ales Kurt, B-H.
Grand prix de la critique pour le meilleur rôle : Tito Werner (L'homme est
homme), Allemagne.
Prix Junste Korrigan pour le meilleur jeune metteur en scène : Thomas
Ostermeier (L'homme est homme) Allemagne.
Prix Rejhan Demirdzic pour le meilleur jeune acteur: Selma Alispahic (Ay Carmela),
B-H.
Prix spécial pour la dramaturgie : Zanina Mircevska (Baal) Slovénie.
Prix du public : Thomas Le Douarec, France.