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LA CONFERENCE
DE MADRID
après la consolidation la démocratisation
Le retour des réfugiés et des
peronnes déplacées, des réformes économiques, administratives
et judiciaires, le renforcement des institutions communes, la
démocratisation et la promotion d'une société civile, ainsi
que l'intégration de la B-H en Europe, telles sont les grandes
orientations pour les deux années à venir, qui viennent d'être
adoptées par la Troisième conférence du Conseil pour la mise
en oeuvre des Accords de paix de Dayton, réunie à Madrid les 15
et 16 décembre derniers. Les participants, 43 pays et 15
organisations internationales, ont adopté à l'unanimité (hauts
fonctionnaires de la B-H compris) une Déclaration définissant
le programme de la Communauté internationale et les devoirs et
obligations des autorités locales au cours de la période
1999-2000. Cette Déclaration comporte également plusieurs
annexes. En voici le résumé :
" ... Certains résultats (de l'année passée) sont
encourageants, mais la structure de la B-H demeure fragile et
s'effondrerait sans le soutien de la communauté internationale.
Il est essentiel, pour pouvoir créer un Etat autosuffisant, de
promouvoir la tolérance interethnique et la réconciliation,
développer des institutions communes réelles et instaurer une
société ouverte et pluraliste. Après cette première
"période de consolidation", les deux prochaines
années seront vitales pour le renforcement du processus de paix,
l'établissement d'institutions démocratiques et l'introduction
rapide d'une économie de marché, ainsi que la prise en charge
graduelle par les autorités de B-H des fonctions actuellement
coordonnées et exercées par la communauté
internationale." Ainsi :
- les réfugiés et personnes déplacées devront tous pouvoir
retourner dans leurs foyers en 1999 et 2000. Leur retour sera
facilité et contrôlé, entre autres, par des unités spéciales
de la SFOR (Forces de reconstruction et de retour) ;
- les criminels de guerre devront être traduits devant le
Tribunal de la Haye, toutes les autorités en B-H et tous les
Etats concernés sont invités à coopérer dans ce sens avec le
TPI ,
- concernant l'instauration d'un Etat de droit : une réforme
judiciaire sera mise en oeuvre en 1999 en vue de constituer une
"justice indépendante, impartiale et multiethnique au
niveau de l'Etat", il faudra renforcer la Cour
constitutionnelle et les institutions chargées de la protection
des droits de l'homme, la police sera restructurée sur des bases
professionnelles et multiethniques;
nouvelle loi électorale
- la démocratisation sera parachevée par
l'adoption d'une nouvelle loi électorale favorisant
l'abaissement des barrières "ethniques", une
détermination claire des compétences et responsabilités
respectives des diverses autorités politiques et administratives
du pays, la poursuite de la réforme des médias en vue de
favoriser l'échange des idées et des opinions, l'adaptation des
constitutions des entités à celle de l'Etat de B-H;
- les institutions communes devront pleinement fonctionner
parallèlement à la disparition définitive des pouvoirs de la
République de B-H. et de la prétendue Herceg-Bosna, une police
des frontières sera formée au niveau de l'Etat et chargée de
contrôler les frontières de B-H et de lutter contre le trafic
de drogue, en partenariat avec Europol et Interpol ;
économie de marché
- il est urgent que l'économie de B-H puisse se suffire à
elle-même, afin d'être en mesure de survivre avec une
assistance extérieure réduite. L'aide internationale diminuera
inévitablement dans un avenir proche et la B-H doit se préparer
à vivre sans être entièrement dépendante d'autrui. Il faudra,
dans ce but, poursuivre la mise en oeuvre de la politique
macro-économique élaborée dans le "stand-by
arrangement" avec le FMI, accélérer la mise en oeuvre de
l'économie de marché, développer la B-H en tant qu'Etat
unifié et selon les standards de l'Union européenne, privatiser
les industries, les banques, les petites entreprises et les
services publics, créer des conditions propices au
développement des petites et moyennes entreprises et encourager
les investissements étrangers dans le pays
- la Croatie et la Serbie-Monténégro sont appelées à mettre
en oeuvre dans leur totalité les accords de paix et à respecter
l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale
de la Bosnie-Herzégovine, les trois Etats nouant entre eux des
relations diplomatiques normales après que les frontières
auront été clairement démarquées ,
- l'accent est mis sur le renforcement des liens avec l'Europe et
l'adhésion rapide au Conseil de l'Europe ;
- le Haut Représentant demeure l'autorité suprême dans
l'interprétation du volet civil de l'Accord de paix. Ses
compétences sont désormais élargies et l'autorisent à
destituer tout fonctionnaire bosniaque violant ou bloquant les
dits accords.
Notons que les représentants des trois parties au pouvoir en B-H
se sont opposés à ce que les compétences de Carlos Westendorp
soient renforcées, mais qu'ils ont néanmoins signé la
Déclaration et ses annexes.
ASSOCIATION SARAJEVO - Service
d'information
F.D. mercredi 16 décembre 1998 12:27
UN PATRIOTISME A CINQ MILLIONS DE DOLLARS
La Republika srpska (RS) serait un pays beaucoup plus
prospère si son ancien président, Radovan Karadzic, ainsi que
le général Ratko Mladic, consentaient à paraître devant le
Tribunal de la Haye pour s'y défendre contre les accusations de
crimes de guerre, a affirmé David Schaffer, envoyé spécial des
Etats-Unis auprès de ce Tribunal. Selon Schaffer, ces derniers
temps la coopération entre le Tribunal et les autorités de la
RS s'était développée, l'accès à l'information ayant été
facilité. Ce qui, a-t-il ajouté, est dû en grande partie aux
rencontres organisées à La Haye au cours des quatre derniers
mois avec des représentants de la RS.
Radislav Krstic arrêté
Au lendemain de la déclaration de Schaffer, le général
Radislav Krstic a été arrêté et emmené à La Haye, accusé
lui aussi de crimes de guerre, particulièrement à Srebrenica,
en 1995. Cela se passait au moment même où le parlement de la
RS était en session, et l'aile droite, nationaliste, a
immédiatement accusé le gouvernement de Milorad Dodik d'avoir
trop bien coopérer avec La Haye. Par ailleurs, le président de
la RS, Nikola Poplasen, a accusé la SFOR d'avoir outrepassé son
mandat, et ses droits.
criminels ou faucons?
Quelques jours plus tard, l'envoyé spécial américain dans les
Balkans, Robert Gelbard, en visite à Banja Luka, a fait la
leçon à Poplasen au point de lui faire monter le rouge au
front. En bref, Gelbard a déclaré à Poplasen que depuis sa
nomination au poste de président de la RS, il n'avait rien fait
de bon, qu'il empêchait le gouvernement de Dodik de travailler
et violait les Accords de Dayton. Gelbard a ainsi mis fin, pour
un certain temps du moins, à la terminologie radicale et épique
utilisée par le SDS et selon laquelle ceux qui sont envoyés à
la Haye comptent parmi les "Serbes les plus vaillants- les
faucons". Le problème des crimes de guerre commis par les
Serbes en Bosnie au cours de la récente guerre est encore
renforcé par le fait qu'il y a, en RS, un véritable blocus des
médias chaque fois qu'il s'agit d'informations portant sur des
crimes tels que ceux d'Omarska, Kozarac ou même Srebrenica. Les
nouvelles sur les crimes commis se réduisent en général à
constater les crimes "des autres". Il est donc inutile,
dans ces conditions, de s'attendre à ce que ces crimes soient
reconnus ou à une quelconque catharsis.
"Don't touch him!"
De même, la tactique poursuivie par le SDS au cours des
dernières années et consistant à identifier les criminels de
guerre à l'ensemble du peuple serbe, s'est révélée être un
excellent atout. On se souvient que lorsque Karadzic a été
contraint de se retirer de la vie publique, il y avait partout en
RS des affiches avec l'inscription : "Don't touch
him!". Mais les choses ont évolué et la photographie de
Karadzic pourrait de nouveau être placardée dans les rues de la
RS, mais cette-fois ci dans un tout autre but. En effet, le 30
octobre dernier, le Congrès américain a décidé de publier un
avis de recherche promettant une récompense à tous ceux qui
apporteraient des "informations susceptibles d'entraîner
l'arrestation ou la condamnation de toute personne coupable de
conspiration, terrorisme international, trafic de drogue ou
violation grave du droit humanitaire en ex-Yougoslavie..."
Se retrouvant ainsi aux côtés des trafiquants de drogue et des
terroristes, Karadzic représente maintenant une affaire
rentable. Et la RS, rappelons-le, est une entité extrêmement
pauvre. Ce qui est particulièrement intéressant et pourrait se
révéler fatal pour Karadzic, est le montant de la somme promise
à ceux qui "coopéreraient" à sa capture - cinq
millions de dollars. Par ailleurs, toujours selon l'acte adopté
par le Congrès américain, l'échange d'information et la remise
de la récompense se feraient dans le plus grand secret et par
l'intermédiaire d'un Secrétaire d'Etat américain. Comme il est
stipulé dans ce document, celui-ci serait habilité à remettre
cette somme à tout individu qui aurait offert des renseignements
ayant permis l'arrestation ou condamnation dans n'importe quel
pays, ou devant le Tribunal de la Haye, de toute personne
coupable d'avoir porté sérieusement atteinte au droit
humanitaire international...
nouvel avis de recherche
Il est hors de doute, qu'après la parution du nouvel avis de
recherche lancé contre Karadzic et Ratko Mladic, dont il a été
confirmé qu'il était en préparation à Washington, que le
"patriotisme", en RS, sera mis à l'épreuve. Celui-ci
ayant été pour beaucoup une source importante de revenus
pendant la guerre, il n'y a pas de
raisons qu'il n'en soit pas ainsi de nouveau.
Correspondance de Radmila Karlas,journaliste, Banja Luka (RS)
pour l'Association Sarajevo
Voici par ailleurs son commentaire sur la dernière
Conférence de Madrid :
"Nombreux sont ceux que la Bosnie gêne et seul le ciel
connaît toutes les combines autour d'elle. Il en va de même
pour Dayton - il peut signifier la survie, mais aussi la
disparition de la Bosnie. Il est vrai qu'on n'a pas accompli
grand'chose ces trois années post-Dayton. Nous avons toujours
des centres de pouvoir nationalistes très puissants, et si on y
ajoute l'influence de Belgrade et Zagreb et les intérèts
internationaux (blanchiment de l'argent, partage des zones
d'intérêt entre l'Amérique et l'Europe, etc.), tout n'est
qu'incertitude."
Visitez notre site internet http://perso.club-internet.fr/fudo
FORUM 2000 - B-H - UNION EUROPEENNE
Cinq partis politiques de l'opposition, des représentants
d'organisations non gouvernementales des deux entités de la
Bosnie-Herzégovine, ainsi que des intellectuels indépendants,
viennent de fonder à Sarajevo (le 8 décembre dernier) le FORUM
2000 - BOSNIE HERZEGOVINE - UNION EUROPEENNE, association qui
s'attachera à rapprocher les intérêts et positions des
individus et organisations partageant une même vision : celle
d'une Bosnie-Herzégovine nouvelle, d'une société civile basée
sur l'égalité des citoyens et des peuples, dans la perspective
d'une association au processus d'intégration européenne.
liens spéciaux avec l'UE
"Nos objectifs sont de changer le concept actuel du pouvoir,
découvrir non seulement contre quoi nous combattons, mais pour
quoi nous combattons, rétablir en B-H des conditions normales,
disposer d'une organisation et de personnes capables de réaliser
cette nouvelle vision de la B-H", a déclaré Zlatko
Lagumdzija, premier président de ce nouveau Forum. Il a
souligné que l'heure était venue de veiller à établir des
liens spéciaux avec l'UE, de garantir la stabilité politique
(institutionnelle), l'édification des institutions de l'Etat, un
système bancaire intérieur puissant, le développement du
secteur privé et des investissements étrangers, la mise en
oeuvre des programmes de sécurité sociale, l'introduction de
véritables mécanismes devant permettre de lutter contre la
corruption. Z. Lagumdzija a rappelé qu'il y a six mois, jour
pour jour, un document sur la B-H avait été adopté à
Luxembourg par le Conseil des ministres des affaires étrangères
de l'UE, déclarant "La B-H appartient à l'Europe".
Pourtant les autorités locales n'ont rien fait jusqu'à présent
pour aller dans le sens de cette déclaration. Aussi le but du
Forum 2000 - B-H - UE est-il d'oeuvrer non seulement en faveur
d'une consolidation de la B-H à l'intérieur et à l'extérieur,
mais aussi pour un rapprochement entre la B-H et l'Europe, et son
intégration plus rapide à la famille européenne des Etats,
ainsi qu'à ses institutions. "L'avenir de la B-H est au
sein de l'Europe", telle a été la conclusion du FORUM
2000, qui a défini différentes formes d'action pour assurer la
mise en oeuvre conséquente des Accords de Dayton, l'égalité de
tous les citoyens sur l'ensemble du territoire de la B-H, un Etat
de droit, le respect de la constitution et des lois, la liberté
de circulation, le retour des réfugiés, le développement de
l'économie, la justice sociale.
relance de l'économie
Le FORUM 2000 insiste tout particulièrement sur la relance de
l'économie, la transparence dans la gestion des biens publics,
la création de nouveaux emplois, la révision de la politique
sociale, la réforme de la sécurité sociale et du système des
retraites, la réglementation des droits des victimes civiles et
militaires de la guerre, la lutte contre la discrimination des
femmes, la gratuité de l'enseignement élémentaire et
secondaire et la liberté de la presse. "La B-H doit
impérativement créer les conditions pour être admise aussi
tôt que possible à l'UE, participer à tous les processus
d'intégration à caractère régional et global, s'inclure au
Partenariat pour la Paix et devenir membre de l'OTAN",
est-il stipulé dans la plate-forme du FORUM.
Le FORUM 2000-B-H-UE est doté d'un Conseil, composé des chefs
des partis parlementaires y ayant adhéré. Les dirigeants des
ONG et partis n'ayant pas de représentants aux parlements
participent également à ses réunions, en fonction de l'ordre
du jour. Il comprend en outre plusieurs équipes d'experts.
L'organisation logistique du FORUM a été confiée, jusqu'à
nouvel ordre, au SDP.
fondateurs du forum
Ses fondateurs sont : le SDP (Parti socialdémocrate), les
Sociaux-démocrates de 13H (ancien UBSD de Selim Beslagic), le
SLP (Parti social-libéral de Hidajet Repovac), le DSP (Parti
démocratique des retraités), le SPP (Parti pour la prospérité
économique), le Comité d'Helsinki pour les droits de l'homme en
B-H, le Cercle 99, le Forum des citoyens de Tuzla, le Comité
d'Helsinki pour les droits de l'homme en RS et l'HCA (Assemblée
européenne des citoyens). Le Forum reste ouvert à tous les
individus et organisations qui acceptent sa plate-forme.
Contact à Sarajevo : Emir IMAMOVIC, tél. 387 71 663 753, fax
387 71 213 675.
Dernière Minute - Dernière Minute - Dernière Minute |
JUSTICE
INTERNATIONALE SREBRENICA
L'association « Soutien aux
survivants de la vallée de la Drina » annonce que, le 22
novembre 98, sept associations de quatre pays européens et de
B-H, réunies aux Pays-Bas, ont créé une coordination
internationale nommée « Justice international e- Srebrenica »,
dont le but est de soutenir les survivants, rompre leur
isolement, leur apporter une aide d'urgence et les rendre
autonomes. De plus, elle soutient les demandes formulées au nom
des parents et amis des diparus, à savoir :
- établir toute la vérité sur les événements de Srebrenica
- faire appliquer les Accords de Dayton concernant le retour des
réfugiés et déplacés chez eux ;
- identifier les disparus, s'informer du sort d'éventuels
survivants et les faire libérer - exiger que tous les suspects
de crimes de guerre et contre l'humanité soient traduits au TPI
de La Haye et jugés.
La coordination, qui prépare une grande campagne en faveur de
l'arrestation des criminels, invite toute association ou tout
individu à la rejoindre sur la base de ces objectifs. Tél. 01
44 40 08 41 fax 01 45 74 22 84.
LES DROITS
DE L'HOMME RENCONTRES A PULA
A l'occasion du 50ème
anniversaire de la Déclaration universelle des droits de
l'homme, une importante rencontre entre intellectuels démocrates
s'est tenue à Pula (Istrie-Croatie) du 4 au 10 décembre
dernier. Plus de 120 personnalités venues de Croatie,
Bosnie-Herzégovine, Serbie, Macédoine et Slovénie ont évoqué
pendant une semaine les grands problèmes auxquels sont
confrontées ces régions : le nationalisme, les droits des
minorités, les réfugiés et personnes déplacées,
l'intelligentsia et ses prises de position, la culture et les
arts. Cette rencontre a été organisée par "Homo",
association de Pula qui lutte pour la protection des droits de
l'homme et la liberté es citoyens, et le Cercle 99 de Sarajevo.
Les organisateurs voulaient mettre en lumière "la
diversité des points de vue, sons, images et personnalités,
pour prouver aux régimes en place qu'il existe une volonté
sincère, une nécessité et un besoin réels de faire souffler
un vent nouveau dans les Balkans", ainsi que resserrer les
liens entre "ceux qui luttent contre les oligarchies
nationalistes au pouvoir".
RELATIONS
SPECIALES BOSNIE-SERBIE ?
A la suite de la récente
signature (cf. n'68) d'un accord sur l'établissement de
"relations spéciales" entre la Croatie et la
Fédération de B-H, l'éventualité d'un accord similaire entre
la Republika srpska et la Serbie (RFY) semble de nouveau à
l'ordre du jour. Selon l'hebdomadaire Svijet, qui cite des
"sources dignes de foi", des discussions à ce sujet
auraient déjà eu lieu à Zagreb (à l'occasion de la signature
des accords avec la Croatie) entre Tudjman, Izetbegovic et
Radisic (actuel président de la B-H). Les mêmes sources
affirment qu'Izetbegovic serait d'accord pour retirer la plainte
déposée par la Bosnie auprès de la Cour internationale de
justice, accusant la Serbie et le Monténégro d'agression et de
génocide contre la B-H et exigeant des réparations de guerre.
Rappelons qu'Izetbegovic se voit systématiquement accusé, par
divers médias et milieux politiques, de vouloir abandonner cette
plainte, négocier avec Milosevic et, finalement, accepter le
dépeçage de la B-H en trois parties. Cependant Mirza Hajric,
conseiller d'lzetbegovic, l'a démenti de manière catégorique
dans une déclaration à Svijet. Il a souligné qu'il ne saurait
être question de "relations spéciales" entre la
Republika srpska et la RFY avant l'établissement de relations
diplomatiques entre Belgrade et Sarajevo et la totale
normalisation des rapports entre les deux pays. Celle-ci a été
dictée par Dayton, mais Milosevic s'y refuse, exigeant que la
B-H retire au préalable sa plainte déposée à la Haye. Pour ce
qui est d'éventuels accords sur des "relations
spéciales" entre les entités bosniaques, la Croatie et la
Serbie, la plupart des observateurs estiment que leur signature
signifierait la mort légale de la B-H en tant qu'Etat uni.
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Président:
Francis Jeanson |
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VERS
L'UNIFICATION DU SDP ET DES SD DE B-H ?
D'après Slobodna Bosna du
14-11-98, les dirigeants des deux parfis sociaux-démocrates, SDP
et SD, auraient trouvé un compromis pour réaliser l'unification
de leurs formations lors dun congrès qui devrait prochainement
se tenir.
UN NOUVEAU
PARTI DE CENTRE ?
Le quotidien Dnevni avaz
annonce la formation d'une nouvelle "Coalition du centre
démocratique". Selon ce journal, Muhamed Filipovic,
président de l'Organisation libérale boshniaque, aurait
déclaré que celle-ci serait composée des parfis suivants : HSS
(Parti paysan croate), HDZ (Communauté démocratique croate),
BSS (Parti pour la prospérité économique), RS (Parti
républicain), SLS (Parti social-libéral), SS RS (Parti paysan
de RS) et LBO (Organisation libérale boshniaque). Ces partis ont
signé, le 6 décembre dernier à Sarajevo, un mémorandum sur la
formation de la nouvelle coalition. Filipovic a déclaré à
cette occasion qu'il ne s'agissait pas de sauver certains petits
partis, mais de créer une coalition du centre démocratique .tne
représentant ni la gauche social-démocrate ni la droite
nationaliste".
DECLARATION
SUR LES DROITS DES CITOYENS DE BOSNIIE-HERZEGOVINE
" ... Le pouvoir démocratique de
Bosnie-Herzégovine garantit : l'égalité des Serbes, Musulmans
et Croates de Bosnie-Herzégovine, qui est leur Etat commun et
indivisible, la liberté de religion et de conscience, ainsi que
l'égalité de toutes les confessions , la liberté de
rassemblement, dexpression, &association, et la liberté de
la presse; la sécurité des personnes et des biens des citoyens,
ainsi que leur droit cfinifiative dans le secteur économique ;
l'égalité des femmes et des hommes, tant dans la vie politique
du pays que dans tous les domaines de l'action sociale; en
Bosnie-Herzégovine démocratique, les électeurs exerceront leur
droit de vote par scrutin secret en toute égalité de droits ;
chaque citoyen a le droit de contester les décisions des organes
dirigeants, ainsi que de poursuivre les différents organes de
l'Etat ; nul ne peut être condamné avant davoir été jugé
selon la procédure judiciaire habituelle; le pouvoir garantira,
par voie législative, à tous les travailleurs, dans les villes
et les villages, une vie conforme aux normes modernes de
lajustice sociale et à la dignité de Momme ; dans le but de
défendre l'ordre démocratique et de renforcer la fraternité
entre les peuples de BosnieHerzégovine, toutes les organisations
fascistes et profascistes seront interdites, et tous les
individus exerçant une activité fasciste ou profasciste seront
poursuivis..."
Cette déclaration, datée du ler juillet 1944 à Sanska Most,
constitue le prerrrier acte législatif du ZAVNOBIH (Conseil
antifasciste de libération nationale de la B-H, parlement
bosniaque de l'époque).
LE RETOUR
Novka Agic, ministre pour les
réfugiés dans le gouvernement alternatif (AMV), a déclaré à
l'agence de presse Safoec que, depuis la signature des accords de
Dayton, 500.000 réfugiés étaient revenus en B-H, mais 50.000
seulement là où ils sont "minoritaires" (boshniaques
et croates en RS, Serbes dans la Fédération de B-H). Signe
inquiétant: il y a eu en 1998 beaucoup moins de retours que ne
l'avait prévu et planifié la communauté internationale. C'est
pourquoi l'AMV estime qu'il faudrait prendre des mesures plus
sévères contre ceux qui s'opposent à ce retour, les sanctions
économiques s'étant révélées insuffisantes. Ajoutons que le
Bureau du Haut représentant en B-H (l'OHR), estime lui aussi que
les résultats de la campagne " 1998 - l'année du
retour" ont été décevants. On préconise pour 1999 des
sanctions plus dures au niveau local contre ceux qui bloquent le
retour, ainsi que la professionnalisation de la police et la
dépolitisation des tribunaux.
CHOMAGE ET
MISÈRE
Selon l'Institut pour
l'emploi de Bosnie-Herzégovine, le chômage touche actuellement
65% de la population active (estimée à 2,2 millions), et
constitue le plus grand problème économique et social du pays.
Dans la Fédération de B-H, 361.000 habitants ont un emploi,
mais ce chifFre comprend aussi les 71.000 qui figurent sur les
listes crattente de leurs entreprises. En Republika sipska, le
taux de chômage est encore plus élevé (mais on ne dispose pas
de chiffres précis). Toute une armée de chômeurs est apparue
fin 1995 début 1996, au lendemain de la guerre et suite à la
démobilisation. La reprise économique est trop faible pour
parer à un chômage encore sans précédent. Le taux de
développement économique a tendance à régresser, ceci pour
des raisons &insécurité, absence de réformes et défaut
(fintérêt de la part des invesfisseurs étrangers. Dautre pam
les charges sociales étant très élevées, le travail au noir
prédomine. On estime que plus de 150.000 personnes travaillent
au noir à Sarajevo. Selon les experts de la Banque mondiale, le
problème de l'emploi pourrait être résolu à long terme si le
taux annuel de croissance atteignait les 25% ! Cela ne saurait se
faire sans un afflux de capitaux étrangers (il faut aussi
prendre en compte le fait que les dons ont tendance à diminuer).
Il faudrait pour cela plus de sécurité, des réformes
économiques - privatisations comprises -, une législation du
travail plus flexible et une baisse des charges grevant les
salaires et les entreprises. Selon le quotidien Araz, plus
&l.560.000 habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté,
42% en FB-H et 46% en RS, sans compter les chômeurs. Les plus
pauvres sont généralement les personnes déplacées.
LE SIÈGE
DE SARAJEVO MEMOIRE COLLECTIVE
Un exploit remarquable vient
dêtre réalisé à Sarajevo : le ler décembre, en effet, a eu
lieu la promotion d'un programme vidéo "Le siège",
l'histoire complète, en quelque sorte, de l'agression dont a
été victime la capitale, soit 30 heures d'enregistrement. Ce
projet a été conçu et réalisé par la compagnie bosniaque
FAMA International, dirigée par l'actrice Suada Kapic.
L'équipe, composée de 85 journalistes et 450 témoins du siège
de Sarajevo, a mis deux ans pour tourner 'CO épisodes de 55
minutes chacun. Cette série a utilisé des archives dune valeur
inestimable présentant tous les différents aspects du siège :
existentiel, humanitaire, médiatique, militaire, politique,
éducatif, sociologique, sanitaire... Le siège a été levé,
mais les conséquences, malheureusement sont toujours là.
Pour plus d'informations, contacter : FAMA International, tél
387 71 469 973, e-mail: fama@bih.net.ba.
LES
BOSNIAQUES TROIS ANS APRÈS DAYTON
" ... Les divisions
restent présentes. Néanmoins les factions nationalistes sont
moins accusées qu'il y a trois ans. Une guerre aussi sanglante
et ayant fait tant de victimes aurait pu susciter une haine
beaucoup plus profonde que celle dont nous retrouvons aujourd'hui
les traces. Les plus acharnés sont les profiteurs de guerre ;
leur haine s'étale au grandjour, mais elle ne sert quà
camoufler leur unique et éternel amour pour l'argent. La
division entre les cultures urbaine et rui-dle s~est approfondie.
La population urbaine reste persuadée que les racines du crime
sont à rechercher dans cette culture primitive et tribale, peu
importe si ses propagateurs vivent désormais dans des HLM ou
dans leurs foyers séculaires. Le chauvinisme urbain, devenu à
la mode, prend figure de légitime défense. Le fossé reste
profond entre la diaspora et la population restée ici pendant
toute la durée de la guerre; à risque de se creuser davantage
car le pain à partager est insuffisant. La population est
toujours convaincue que les exilés ont vécu dans de meilleures
conditions. Mais le véritable fossé se situe au plan individuel
: à la roulette de la guerre, les uns ont perdu relativement peu
et ont eu la vie sauve, &autres ont beaucoup, ou tout perdu.
La profondeur du fossé ne se reconnaît que dans la solitude de
ces nuits interrminables et glaciales... Comment, donc, vivent
les Bosniaques trois ans après les accords de paix ? Disons
avant tout qu'ils ne vivent pas longtemps. Les faire-part dans
les journaux démontrent que la mort fauche et,~ise bas - au
mieux la quarantaine ou la cinquantaine."
Hamza BAKSIC,journaliste, sur Radio Free Europe.
LES
CIMETIÈRES DE SARAJEVO
Sur demande de la Commission
pour la recherche des personnes disparues de la Republika srpska,
et après approbation du Bureau du Haut représentant de l'UE, 55
corps - des Serbes - ont été déterrés aux cimetières
"Lav" et "Stadion", en présence de nombreux
journalistes et équipes de télévision. Certains noms sont
connus, dautres non, les familles n'étant pas présentes. Cette
exhumation a eu heu parce qu'on soupçonnait qu'il s'agissait de
charniers où auraient été inhumés les civils serbes tués à
Sarajevo au cours de l'agression. On a retrouvé parmi ces corps
ceux d'un groupe de Serbes tués à Trebevic par des membres de
la 10 ème brigade commandés par le rebelle Musan Topamovic
Caco, qui ont ensuite tous été condamnés.
Il est évident vu la façon dont les corps ont été enterrés,
qu'il ne s'agit pas ici d'un charnier, mais de tombes distinctes
marquées par des croix en bois. Les experts ont déclaré
qu'elles ne pouvaient en aucun cas être comparées aux chamiers
découverts à proximité de Bihac et de Zvornik, où les civils
boshniaques avaient été jetés en masse, sans qu'il en reste la
moindre trace. Il est essentiel que tous les événements liés
à cette guerre soient mis à jour, et il faut reconnaître que
certains membres de l'Armée de B-H ont eux aussi violé le droit
humanitaire. Il s'agit là néanmoins de cas isolés, qui ne
peuvent être comparés à l'exécution massive et systématique
des non-Serbes en RS aux fins de purification ethnique.
Trois ans après le rétablissement de la paix en B-H il est
clair que l'on s'efforce de "prouver" qu'au cours de
cette guerre, tous se sont rendus coupables des mêmes crimes,
que tous se sont conduits de la même manière, et quen fait il
n'y a pas eu d'agresseur - et donc pas de victime. C'est sur
cette "logique" que repose le concept de Dayton. Il
faut regretter que certains représentants de la communauté
internationale se soient associés à cet effort. Ils s'imaginent
sans doute que, si l'on répartit les fautes, la réconciliation
entre les peuples de ces contrées se fera plus rapidement.
Quelle illusion...
Svijet, 6 décembre 98