Lettre
d'information de l'association Sarajevo, Fondatrice
Mirjana Dizdarevic mensuel 10F - n° 81 décembre 1999![]() |
NOS MEILLEURS VŒUX POUR L'AN 2000 |
La communauté internationale toute entière doit reconnaître sa part de responsabilité dans les tragiques événements qui ont résulté de son refus prolongé de recourir à la force durant les premières phases de la guerre. Cette responsabilité est partagée par le Conseil de sécurité, le Groupe de contact et les Etats qui ont contribué à retarder le recours à la force ...". Ces lignes sont extraites du paragraphe 501 du rapport intitulé "La chute de Srebrenica " présenté par le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan. Elles justifient amplement, à elles seules, le dépôt par Pierre Brana, Président du groupe d'amitié parlementaire France- Bosnie Herzégovine, d'une proposition de résolution de création d'une commission d'enquête sur "le rôle et l'engagement de la France en Bosnie-Herzégovine en 1995 et sur les événements qui ont conduit à la tragédie de Srebrenica". Qui peut nier, en effet, le refus persistant et éclatant de ce recours à la force de la part de la France, résumé par le fameux "ne pas ajouter la guerre à la guerre" de François Mitterrand ? Que le député de la Gironde ait été amené à retirer sa proposition sous les amicales pressions que l'on devine, n'enlève rien à la valeur de son initiative, d'autant plus méritoire qu'elle est solitaire. La vérité, pour ne pas être parlementaire, est déjà établie et le sera de plus en plus par les témoins et les historiens. Quant aux politiques, s'ils se complaisent à jouer l'amnésie, ils ne peuvent se dérober pour le présent à l'injonction que leur adresse Kofi Annan dans ce même paragraphe 501:" Ceci étant, la responsabilité première et directe revient aux architectes et aux artisans de la tentative de génocide commise en Bosnie. Radovan Karadzic, Ratko Mladic et leurs principaux collaborateurs ont été inculpés par le Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie. A ce jour, ils sont encore en liberté. Ils doivent être mis en position de répondre des actes de barbarie pour lesquels ils ont été inculpés". Rien ne redorerait mieux le blason de l'armée française, impliquée dans de glauques connivences avec des militaires ou paramilitaires criminels serbes, que d'envoyer Karadzic, toujours en Bosnie, à La Haye. Ce ne serait pas seulement faire oeuvre de justice, ce serait aussi accomplir un pas important vers la défaite définitive des ultra nationalistes en Bosnie. Joints à la mise en oeuvre résolue de la déclaration de New York, au changement d'orientation qu'on peut, avec prudence, envisager à Zagreb, des gestes forts, comme cette arrestation, marqueraient la volonté réelle, et non seulement verbale, des protecteurs de la Bosnie d'y inverser le cours des choses, ce qui influerait certainement sur la situation à Belgrade où Milosevic demeure le principal obstacle à l'instauration de la démocratie et de la paix dans la région. |
TPIY :
JELISIC
COMDAMNE A 40 ANS DE PRISON
Accusé de génocide, violations graves des conventions de Genève,
violations des lois ou coutumes de la guerre et crimes contre
l'humanité, Goran Jelisic est condamné, le 14 décembre 1999,
à 40 ans d'emprisonnement. C'est la peine la plus lourde prononcé
par le TPIY à ce jour. C'est aussi la première fois que le
tribunal a dû se prononcer sur une inculpation pour génocide.
Selon le Procureur, Goran Jelisic avait été "envoyé à Brcko
pour apporter sa contribution à la campagne de nettoyage
ethnique." Pendant deux semaines en mai 1992, il a "agi
en tant que principal bourreau du camp de Luka" ou "il
tuait systématiquement des détenus musulmans ainsi que quelques
Croates". L'accusé avait reçu "l'instruction de tuer le
plus grand nombre de Musulmans possible. Pour les victimes de
Brcko, le visage du génocide est celui de Goran Jelisic".
Le génocide
Pour déclarer un accusé coupable de génocide, les juges doivent non seulement vérifier la matérialité des faits mais aussi apprécier la réalité de la volonté criminelle de ... l'auteur supposé. Il faut s'assurer que l'accusé a eu l'intention de détruire tout ou partie d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux en tant que tel, ou au moins la conscience claire de participer à la commission d'un génocide. Les Juges ont conclu que les éléments de preuve présentés par l'accusation ne suffisaient pas à justifier une condamnation pour le crime de génocide, car bien que l'élément matériel était prouvé, l'élément intentionnel n'a pas pu être établi au-delà de tout doute raisonnable.
Les crimes de guerre
Jelisic avait reconnu avoir tué au moins 14 personnes,
principalement au camp de Luka, avoir commis de graves violences
à l'encontre d'au moins 4 personnes et avoir volé de l'argent
à plusieurs détenus. Le tribunal l'a déclaré coupable de
crimes contre l'humanité (meurtres et actes inhumains) et de
violations de lois ou coutumes de la guerre (meurtres,
traitements cruels et pillage).
Le texte du jugement contre Jelisic souligne "le caractère
révoltant, bestial et sadique" de son comportement ainsi
que "l'inhumanité de ses crimes" et rappelle que, bien
que le jugement des hauts responsables des atrocités doit être
une priorité pour le TPIY, ces personnes n'auraient pas pu
réaliser leurs objectifs sans la participation zélée des
individus tels que Jelisic.
Sources: http://www.un.org/icty/
"Le Général Stanislav Galic, inculpé par le TPIY pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour avoir commandé des "bombardements visant à tuer, mutiler, blesser et terroriser les habitants civils" de Sarajevo, a été arrêté le 20-12-99 à Banja Luka.
LE TPIY :PEINES ET REUSSITES
Créé par le Conseil de sécurité en mai 1993, le Tribunal
Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a pour mission
de juger les crimes de guerre commis sur le territoire de
l'ancienne Yougoslavie depuis 1991.
Président : Claude Jorda (France)
Vtce-Président: Florence Mumba (Zambie)
Procureur général : Carla Del Ponte (Suisse)
Personnel : 803 (de 60 pays) Juges : 14
Budget 1999: $ 94 millions
Actions à ce jour : 91 inculpés publics, dont
- 2 condamnés ayant épuisé leurs possibilités d'appel,
- 33 en attente de procès,
- 32 en liberté - y compris Karadzic, Mladic et Milosevic,
- 18 innocentés ou relâchés,
- 6 morts.
Un nombre inconnu d'inculpés secrets.
13 des inculpés ont été arrêtés par la SFOR, 13 se sont
rendus de leur propre volonté.
Dans les années qui ont suivi la 2e Guerre Mondiale, un cadre de
droit international fut construit - la charte de Nuremberg, la
Convention sur le génocide (1948), les Conventions de Genève
(1949) - pour assurer que le monde ne connaîtrait jamais plus
une telle barbarie. Mais la guerre froide a empêché sa mise en
oeuvre, car seul le Conseil de sécurité, où les grandes
puissances détiennent le droit de veto, a le pouvoir de faire
appliquer le droit international.
La publicité engendrée par les crimes commis dans
l'ex-Yougoslavie, dont l'horreur a évoqué les crimes nazis, a
incité le Conseil de sécurité a voter la création du TPIY Il
a encore fallu un an pour trouver un accord sur les juges. Le
budget 1994 couvrait à peine les locaux et les salaires. Bien
que les premiers actes d'accusation datent de 1994, le premier
procès a dû attendre encore 2 ans.
Les procès sont lents, car le TPIY doit souvent interpréter
pour la première fois la loi qu'il applique. Il a déjà
modifié la définition de crime de guerre en jugeant qu'un
conflit interne peut être aussi un "conflit armé", et que
le viol est bien un crime de guerre. Les problèmes
d'interprétation sont difficiles. Un crime contre l'humanité
doit être "général et systématique", mais que
signifient ces mots au juste? Combien de morts faut-il pour
établir un génocide? Il doit en plus être intentionnel :
comment le prouver?
Gabrielle Kirk McDonald, la présidente sortante, a décidé que,
les ressources du TPIY étant limitées, il faut juger en
priorité les dirigeants accusés d'avoir provoqué la guerre et
empêchant la restauration de la paix. Le TPIY n'a pas sa propre
police. Pour les arrestations, il dépend de la coopération de
la communauté internationale. Or la RFY, la Croatie et la RS ont
refusé cette coopération. Mme McDonald estime que le Conseil
de sécurité doit instaurer des mesures efficaces pour contraindre les Etats à coopérer et que la liberté de
Karadzic, Mladic et Milosevic "tourne en dérision notre
promesse aux tyrans qu'ils seront inculpés, arrêtés et jugés
pour leurs actes criminels et leurs violations des droits
humains".
L'utilité du Tribunal? Louise Arbour, l'ancienne procureur l'a
expliquée : "Il y a un effet normatif : la justice est un foruquand [le nouveau Tribunal Pénal International]
fonctionnera, on pourra dire "'plus jamais ça". Ce
sera la fin de l'impunité."
Sources:
1)TPIY- http.//www.un.org/icty/
2) Adresse par Gabrielle Kirk McDonald à l'Assemblée Générale
de l'ONU le 8-11-99
3) Entretien de Louise Arbour avec Médecins du Monde
RÉSEAU TRANSEUROPÉENNES
Pour la première fois depuis la Guerre du Kosovo, des
militantes féministes de tous les pays de l'ex-Yougoslavie et de
l'Albanie se sont rencontrées à l'initiative du Réseau
Transeuropéennes. Réunies à la Fondation Royaumont (France) du
3 au 6 décembre 1999, sur le thème "Militantes féministes
au cœur des conflits : une perspective démocratique pour les
Balkans", elles ont animé un dialogue qui fut difficile,
douloureux mais qui s'est révélé très important et dont l'un
des apports est une déclaration réclamant notamment l'arrêt
des cycles de violence, le développement d'une action visant à
la participation à tous les niveaux des prises de décision,
l'action politique contre (tous les ...) coupables d'incitation
à la haine et l'intolérance, et l'accès aux structures de
pouvoir des media, ...
Cette déclaration constitue une base de coopération pour le
Réseau Transeuropéennes qui se réunira à nouveau au printemps
2000 en Macédoine. Elle souligne l'importance croissante des
militantes féministes pour l'équilibre de la région et la
nécessité de leur implication dans la constitution d'un
processus démocratique en Europe du Sud-Est.
Le Monténégro : nouvelle proie de Milosevic ?
Trois dates marquent la rupture politique du Monténégro avec
le Gouvernement de Belgrade. Les élections parlementaires de la
fin 1997 qui ont amené au pouvoir le Parti démocratique des
socialistes, DPS, de Milo Djukanovic constituent la première
étape. Les élections présidentielles de la fin mai 1998
confirmèrent cette alternance par la victoire de M. Djukanovic,
résultat non reconnu par Milosevic. La campagne électorale
avait permis à Djukanovic d'afficher son opposition à la
guerre menée contre les civils au Kosovo depuis le mois de mars
1998. Et c'est depuis cet automne que la rupture politique a pris
la forme d'un affrontement direct entre Belgrade et Podgorica. Le
Monténégro est alors devenu la priorité Politique de
Milosevic.
Il existe deux types de pressions menées par le régime de S.
Milosevic depuis le début de la guerre en ex-Yougoslavie et
réutilisées aujourd'hui :
Des pressions économiques comme moyens de déstabilisation :
Belgrade reproduit sa politique de dévaluation menée avant
même le début de la guerre, 1989-1990. Ce type de politique
vise par l'émission monétaire et le contrôle du marché des
devises à déstabiliser volontairement le dinar pour se procurer
des ressources afin de financer la guerre à venir (dévaluation
du Dinar au début 1998, avant la campagne de guerre au Kosovo ou
bien en 1992-93 au moment de la guerre en Bosnie). Le scénario
est bien connu maintenant la banque centrale yougoslave
obéissant à Milosevic décide d'une large émission de dinars
pour payer l'armée et les milices. Elle achète massivement des
marks (DM) grâce à la masse monétaire imprimée et des
revenus qu'elle procure (seigneuriage). Puis le gouvernement
décide de sur-dévaluer la monnaie et de racheter à bon prix
les Dinars pour financer ses campagnes militaires. Par cette
dévaluation le pouvoir s'assure de nouveaux revenus venant des
marges de revente des dinars. L'opération peut être répétée
plusieurs fois, le gouvernement de Milosevic dispose toujours de
l'effet de surprise car il contrôle entièrement le système de
vente et de revente de devises. Depuis septembre, le régime de
Belgrade a ré-enclenché cette mécanique en dévaluant le dinar
de 12 à 25 Dinars pour un DM.
Le Monténégro qui subit cette nouvelle attaque monétaire a décidé de s'en protéger en
introduisant le DM comme monnaie officielle. La réponse de
Belgrade ne s'est pas fait attendre la Banque centrale de
Belgrade a suspendu tous les paiements en Dinars avec le
Monténégro, le 5 novembre.
L'objectif de Belgrade est en réalité double : par la
dévaluation il s'assure des revenus non négligeables pour
préparer la guerre et par l'inflation qui en résulte, il
contrôle la société serbe. Cette inflation "politique"
exproprie instantanément les maigres revenus dont dispose la
population, tous les salariés, retraités et bénéficiaires
d'aides sociales sont touchés. Cette inflation lui permet
simultanément de contrôler les contestations de rue par une
répression économique et de réduire ses dépenses publiques en
termes réels. Qui peut en Serbie se permettre de s'occuper de
politique quand il n'a même pas assez pour vivre.? L'inflation
agit comme une violence de l'Etat sur les citoyens au moyen de la
dépréciation massive des revenus de la population.
Cette attaque monétaire et financière de Belgrade se place
déjà dans le cadre d'un affrontement politique ouvert avec
Podgorica. Les pressions monétaires se sont accompagnées d'une
pression commerciale. La Serbie a quasiment fermé sa frontière
avec le Monténégro pour les importations et les exportations de
biens. Le Monténégro étant très dépendant des produits
agricoles de première nécessité venant de Serbie, le pays a
dû diversifier ses importations et augmenter ses prix.
L'inflation a été de plus de 25 % depuis septembre 1999. Comme
si ce blocus économique ne suffisait pas, le Gouvernement de
Belgrade l'a accompagné de l'interruption du paiement des
retraites des vétérans de la deuxième guerre mondiale se
trouvant au Monténégro. Ce qui représente 23 000 personnes
privées de retraite et cela depuis juin 1998. Belgrade avait
besoin de cet argent pour mener sa répression au Kosovo, et
Milosevic n'a que faire des partisans d'une Yougoslavie qu'il a
détruite.
Des pressions militaires comme moyen de soumission politique
La présence de l'armée yougoslave (12000 hommes) et surtout des
unités spéciales de la police secrète militaire est un signal
permanent envoyé au gouvernement de Philippe Vujanovic. La
récente occupation par l'armée "fédérale" de l'aéroport
de Podgorica (8 décembre) a été un des moments de tension les
plus vif depuis cet été. La mise sur pied de milices
paramilitaires proches de Milosevic et de son allié Momir
Bulatovic, fortes de 2000 hommes a été un pas très important
dans l'escalade militaire. Ces milices ont été renforcées pour
déclencher un certains nombres d'accrochages avec la police
monténégrine. Elles doivent également contraindre l'armée à
passer à l'action le moment venu contre le gouvernement
monténégrin. Milosevic a une certaine méfiance vis à vis des
cadres intermédiaires de l'armée.
Les milices sont logées dans les casernes de l'année
"fédérale", la caserne de Podgorica se situe à 300
mètres du bâtiment de la Présidence monténégrine. Momir
Bulatovic a déjà utilisé ces forces armées dans les
manifestations contre le gouvernement de Djukanovic après les
élections de mai 98 et durant les déportations massives du
Kosovo de cet été.
Le régime de Belgrade prépare-t-il une nouvelle guerre ?
Au vu des dernières déclarations de Vojislav Sesej (le 15
décembre) qui a annoncé que le gouvernement yougoslave
déclarerait l'état d'urgence si le gouvernement monténégrin
ne participait pas aux élections fédérales, il faut maintenant
s'attendre à une montée des attaques venues de Belgrade. Nombre
de personnes font remarquer que Milosevic tient plus au
Monténégro qu'au Kosovo, pour une raison simple c'est que son
poste de Président de la fédération dépend de la survie de
cette troisième Yougoslavie.
Une analyse de la portée des résistances intérieures contre le
régime de Belgrade permet de dire que Podgorica touche là où
l'opposition de Belgrade ne fait que dénoncer. L'introduction du
DM fut sans doute la pire des nouvelles pour Milosevic, car elle
signifie la remise en cause d'un de ses moyens privilégiés de
financement et de déstabilisation : l'émission monétaire. Un
refus des transactions en Dinars en Serbie même déstabiliserait
le régime. Alors même si le pouvoir à Belgrade se passerait
bien du Monténégro, il lui faut par la répression et la
guerre, arrêter s'il est encore temps le changement qui
s'annonce. Le Monténégro est devenu le problème politique,
militaire et économique prioritaire pour Milosevic.
L'éventualité d'une guerre contre les civils du Monténégro
dépend des degrés de liberté que la communauté internationale
laissera à Belgrade.
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«Nous exterminerons les terroristes jusque dans les chiottes»
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Jürgen Stroop Cherchez la différence |
L'assemblée générale de l'AIBH décide de suspendre la parution de Convergences
Devant les délégués venus de toute la France Bernard Vrignon a présenté un rapport d'activité de l'Association pour l'Information sur la Bosnie-Herzégovine et constatant le tassement des abonnés au mensuel Convergences, a proposé de suspendre sa parution et d'entreprendre des consultations avec d'autres publications oeuvrant dans le même sens: AEC, Diagonale Est-Ouest, Le courrier des Balkans... La proposition de suspendre la parution pendant un an a été adoptée par 85% contre 15% d'abstentions. Les comités régionaux et locaux sont invités à se joindre à l'Association Sarajevo.
Réunion des Collectifs:
Après une discussion des représentants des régions,
l'assistance a entendu un long rapport de Imer Jaka dirigeant de
la Ligue des droits de l'homme au Kosovo sur la situation
politique et sociale dans son pays ainsi qu'un compte rendu de
Xavier Rousselin sur Mitrovica et un rapport de Boris Najmann
de retour du Montenegro.
Enfin Faik Dizdarevic a fait une analyse
du pacte de Stabilité adopté le 10 juin dernier et de la réunion du 15 juillet où tout
e monde était représenté sauf la Serbie.
" Le Collectif Bosnie Aquitaine vous informe de sa dissolution. Bien sûr la situation dans les Balkans est toujours préoccupante mais l'action de chacun pourra se poursuivre au sein d'autres structures. Nous vous remercions très chaleureusement de l'aide que vous nous avez apportée au cours de ces dernières années et vous assurons de notre sympathie".
Salut à Nikola Kovac
M. Nikola Kovac, premier ambassadeur de B-H en France,
quittera bientôt Paris. Nikola Kovac aura représenté l'Etat
bosniaque en France pendant plus de cinq années. Nommé à ce
poste avant les accords de Dayton et le "partage
ethnique" des ambassades bosniaques, l'ambassadeur Kovac était
devenu une figure familière des associations citoyennes et des
personnalités intellectuelles qui agissaient pour la défense de
la Bosnie.
Il avait acquis un grand respect de la part du monde des médias
et des milieux politiques auxquels il s'efforçait avec talent
d'expliquer la spécificité de la situation de son pays. La
force de ses convictions démocratiques l'aidait beaucoup à
faire passer son message.
Pendant son séjour en France et peu avant les accords de Dayton
Nikola Kovac a publié un livre intitulé "Bosnie, le prix
de la paix" (éditions Michalon, 1995, préfacé par François Fejtö). L'Association Sarajevo a toujours entretenu d'excellents
rapports avec M. Kovac en tant qu'ambassadeur, citoyen, homme. Il
va retourner à l'université de Sarajevo, où il enseignait la
littérature française. Nous formulons, pour lui et son épouse,
nos meilleurs voeux pour la reprise paisible de leur vie en
Bosnie-Herzégovine.
Nous apprenons que le gouvernement français a donné son agrément
à M. Slobodan SOJA comme nouvel ambassadeur de B-H en France. A
la différence de M. Kovac, M. Soja est un inconnu dans les
milieux politiques et diplomatiques. Nous savons simplement qu'il
a fait des études d'histoire et qu'il fut l'élève, le disciple
et l'admirateur de Milorad Ekmecic, historien et grand idéologue
du nationalisme grand-serbe, et l'un des auteurs du fameux Mémorandum
de l'Acadéinie des Science de Belgrade...
Michel Roux, qui a l'avantage sur bien d'autres commentateurs, de
savoir de quoi il parle, réalise pleinement le programme annoncé
par le titre de son livre. Il explique avec concision et clarté
les origines proches et lointaines de la guerre, son contexte
dans la décomposition de la Yougoslavie, le comportement des
acteurs locaux et internationaux et les solutions d' avenir
possibles. Exposer tout cela en un si petit volume relève du
tour de force.
Michel ROUX.-La guerre du Kosovo: dix clés pour comprendre.-
Paris, Ed. de la
Découverte, 1999, 127 p.
APPEL A SOUSCRIPTION
Le Centre de protection des femmes et des enfants de Pristina
se trouve actuellement dépourvu de toutes ressources, les
financements ONG ayant été stoppés en attendant la
reconstruction. Fondé en 1993, il offre à la fois des services
de consultations gynécologiques, pédiatriques, psychologiques ;
( ... ) Une cinquantaine de femmes y passent chaque jour.
Aujourd'hui, il doit faire face à la détresse et au dénuement
des femmes qui ont traversé au moins un an et demi d'une
terrible purification ethnique incluant des violences sexuelles.
Le Comité Kosovo (c/ Revue Esprit, 212 rue Saint-Martin, 75003
Paris.) se propose de récolter des dons en argent à son
intention. Chèques à l'ordre du Comité Kosovo, mention :
Centre de protection des femmes et des enfants de Pristina.
Président:
Francis Jeanson |
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: 1000 Copies Beaubourg 5, passage des Ménestriers - Paris 3e Tél: 01 48 87 45 72 |
DÉCLARATION DE NEW YORK
A l'occasion du 4ème anniversaire des accords de Dayton, les
trois membres de la présidence collégiale bosniaque- Anto JELAVIC, Zivko RADISIC et
Alja IZETBEGOVIC ont adopté à
NewYork une déclaration commune, réaffirmant leur volonté de
créer "une Bosnie Herzégovine en tant qu'Etat souverain,
intégré et multiethnique, composé de deux entités et
respectueux des spécificités de ses trois peuples, constitutifs
et égaux". Ils ont convenu, aux termes de cette déclaration
:
- de former des unités communes de garde-frontière s,
- d'oeuvrer en vue de l'adoption d'une loi électorale
permanente,
- de créer des unités armées communes aux deux entités,
- de constituer un secrétariat permanent attaché à la Présidence,
- de doter les ministères communs d'un budget permanent devant
permettre le fonctionnement normal du Conseil de ministres,
- d'introduire un seul et unique passeport pour tous les citoyens
bosniaques, avec inscription en latin et en cyrillique-,
Ils affirment par ailleurs considérer le retour des réfugiés
et personnes déplacées comme la grande priorité de la B-H.
La Déclaration de New-York a provoqué un tollé dans les
milieux politiques de Republika srpska, où les hommes
politiques, le premier ministre Milorad DODIK y compris, se sont
élevés contre l'institution du service unifié de garde-frontières
et des unités armées communes, contre les passeports sans
mention d'entités. Une opposition attendue, obsédée par l'idée
de voir l'entité Republika srpska devenir un Etat et plus tard,
se joindre à la Serbie.
Cependant, quelques jours après, les quatre chefs de file de la
communauté internationale en Bosnie-Herzégovine (Wolfgang
PETRISCH - Haut représentant, Robert BERRY- représentant de l'OSCE, Ron ADAMS
- commandant de la SFOR et Jacques KLEIN - représentant
des Nations unies) ont eux aussi publié une déclaration commune
qui met au premier plan la nécessité de faire fonctionner la BH
comme un Etat souverain, condition préalable à l'instauration d'une paix durable dans ce pays. Et ils ont soutenu la Déclaration
de New York, comme l'avait fait un peu plus tard le Conseil pour
la mise en oeuvre des accords de Dayton. Mais la tempête en
Republika srpska a provoqué le désistement de RADISIC de la Déclaration
de New York, disant qu'elle était adoptée "mais pas signée".
Le geste de Radisic a été violemment critiqué même par
Washington qui considère la Déclaration de New York comme un
accord parfaitement valable.
DESTITUTIONS EN SÉRIE
Le Haut Représentant est allé encore plus loin: il a destitué
22 fonctionnaires "locaux" dans les deux entités,
tous des membres influents des partis nationalistes au pouvoir,
les accusant d'avoir systématiquement agi contre les accords de
Dayton. Parmi les destitués on trouve des nom aussi
"illustres" que celui de UMICEVIC, le maire extrémiste
de Banja Luka, VELAGIC( SDA),gouverneur du canton Sana-Una..et
autres. Les destitués sont interdits de se présenter aux élections
municipales en avril prochain. Il en va de même pour deux partis
nationalistes extrémistes de Republika srpska: SRS (parti de Seselj) et SSRS (Parti serbe de
RS). L'opinion publique et les
partis d'opposition ont applaudi ces décisions, tandis que les
partis politiques touchés ont exprimé leur mécontentement.
Ainsi, lzetbegovic a déploré la destitution de Velagic tandis
que le parti HDZ (pro Tudjman) a condamné la décision de
Petrisch la qualifiant de "surprenante et
inacceptable".
Le Haut Représentant Wolfgang PETRISCH a déclaré lui-même que
les "extrémistes" en Bosnie auront les temps
durs". Le problème qui se pose est de savoir si la
communauté internationale a vraiment décidé d'appliquer entièrement
les accords de Dayton ou bien si les destitutions de
fonctionnaires nationalistes resteront un acte isolé. A en juger
par les dernières déclarations de Jacques KLEIN avenir reste très
sombre". Parlant aux journalistes américains( selon
l'agence SENSE), KLEIN s'est dit préoccupé parce que "la
communauté internationale concentre son attention sur Kosovo
exclusivement", tandis que le Monténégro est "une
poudrière en puissance", et que "il était possible
que la violence reprenne en Bosnie" parce que les dirigeants
des partis au pouvoir ? "cherchent à consolider et élargir
leurs gains de guerre et orientent leurs adhérents vers la
violence".
Par ailleurs, notons que le dinar "yougoslave", a été
remplacé, en Republika srpska, par le Mark convertible (KM),
monnaie officielle bosniaque; ce qui constitue un nouveau pas
vers l'intégration de la Bosnie.
APRES LA MORT DE TUDJMAN
Après la mort du président Franjo Tudjman, les rapports entre
la Croatie et la Bosnie-Herzégone devraient entrer dans une
nouvelle phase et les Bosniaques croates faire face à une
nouvelle situation politique. Tudjman aimait se proclamer le président
"de tous les Croates" et était l'incontestable leader
du parti de la Communauté croate démocratique - le HDZ. En B-H,
le parti qui porte le même nom n'a jamais été que le
prolongement de celui de Zagreb. Le départ d'un tel personnage
modifiera inévitablement la constellation nationale et
politique, tant sur le plan intérieur qu'international, et
quelque soit l'issue des élections post-Tudjman. Ce dernier déniait
à La Bosnie Herzégovine tout droit de constituer un Etat, niait
aussi le droit des Boshniaques à constituer un peuple, les désignant
exclusivement comme 'musulman' du nom de leur religion. Il avait
d'ailleurs conclu, en 1991, un accord avec le président de la République
Fédérale de Yougoslavie (Milosevic) - c'est-à-dire au moment même
où cette république attaquait la Croatie - sur le partage de la
Bosnie entre ces deux Etats. Le plus grand obstacle étaient les
Boshniaques et c'est pourquoi, au moment de l'agression des ultra
nationalistes serbes et monténégrins contre la Bosnie et du génocide
qui a suivi, les Croates sont eux aussi passés à l'attaque et
s'étaient heurtés à l'Armée de B H et aux Boshniaques.
Tudjman a continué à promouvoir politique du partage, même après
la signature de l'Accord de paix (Dayton Paris), mais préconisait
désormais un partage en trois. La politique internationale
jouera un rôle déterminant dans la définition des relations de
la Croatie avec la B-H, qui représente pour elle une réalité géopolitique
essentielle. Par ailleurs, les problèmes socio-économiques que
connaît la Croatie et les pressions exercées de l'extérieur
inciteront le nouveau gouvernement à se joindre le plus
rapidement possible aux processus d'intégration européens et
transatlantiques. Mais il lui faudra pour cela réviser ses
rapports avec ses voisins et respecter dans sa totalité l'Accord
de paix. Il faut donc s'attendre à voir s'ouvrir de nouveaux
horizons, positifs, dans les rapports entre la Croatie et la B-H.
Selon toutes probabilités, le HDZ restera le principal acteur
politique pour les Croates bosniaques. Mais nous entamons une
phase où ce parti devra jouer un rôle de plus en plus indépendant.
D'ailleurs l'argent n'affluera plus aussi facilement de Croatie.
En effet, Zagreb dépensait jusqu'à trois millions et demi de
marks chaque jour pour financer le HDZ et promouvoir les intérêts
des Croates. On note depuis peu, à l'intérieur du corps croate
en B-H. un bloc qui base sa stratégie politique sur le fait que
la B-H est leur patrie et leur Etat séculaires, contrairement à
ce qu'a toujours proclamé la Croatie. Cette prise de conscience de l'existence
de la B-H et de leur existence propre se renforce avec le temps.
Il est pourtant évident que tant en Croatie qu'en B-H, les hégémonistes
croates extrémistes, aux ambitions séparatistes, resteront sur
le devant de la scène,. Un facteur important et positif devrait
être le retour des Croates chez eux et sur leurs terres dans
l'ensemble de la B-H. Ils ont toujours été minoritaires par
rapport aux Boshniaques et aux Serbes, et la politique de Tudjman
visant au partage de la B-H a encore réduit leur nombre de moitié.
Notons aussi qu'au cours de 'l'après-Tudjman", l'Eglise
catholique, principale autorité morale pour les Croates, jouera
un rôle prépondérant.
Zija D., journaliste à Sarajevo.
UNE DÉCLARATION DES "SIX" PARTIS DE L'OPPOSITION
En Croatie, les membres de la coalition des six partis d'opposition ont adopté une déclaration sur leur coopération après les prochaines élections, dans laquelle ils s'engagent - après la victoire électorale - à s'attaquer à la révision des lois sur la privatisation, à mettre fin au système présidentiel en amendant la Constitution et à renforcer le rôle du parlement (Sabor), organe suprême devant lequel le Gouvernement sera pleinement responsable. Selon ce document, présenté par Ivica Racan, chef du SDP, les "Six" se sont également engagés à ne pas faire coalition avec le HDZ après les élections, mais à nommer ensemble, en fonction des résultats obtenus, les dirigeants du Parlement et le futur Gouvernement. Racan a ajouté que si sa coalition arrivait au pouvoir, l'armée et la police seraient dépolitisées, les services de sécurité et d'information soumis au contrôle du parlement, la radiotélévision croate ne serait plus au service d'un unique parti, mais se transformerait en un véritable service public. La Croatie post-électorale sera "un pays décentralisé, avec une administration locale dynamique, un pays où les droits de l'homme et droits des minorités ethniques seront garantis". La coalition des "Six" partis, a souligné Racan, "oeuvrera en faveur de l'intégrité de la Bosnie-Herzégovine et de l'égalité en droits du peuple croate bosniaque, entretiendra avec elle des rapports de bon voisinage et veillera à accélérer l'insertion de la Croatie aux processus intégratifs européens". Il n'y aura plus, en Croatie, de président aussi puissant que l'est l'actuel président Tudjman, l'organe suprême du pays sera le parlement (Sabor). Ce qui est particulièrement intéressant, étant donné que tous s'attendent à ce que l'opposition l'emporte aux prochaines élections parlementaires, fixées au 3 janvier de l'an 2000.