| Lettre d'information de
l'Association Sarajevo n° 57 décembre 1997 "Toujours en réaction à la prise de position française à l'égard des convocations du TPI, il nous a paru important de publier quelques extraits des motions votées par différents collectifs et comités ." |
| Au Président de
la République au Premier Ministre au ministre des Affaires Etrangères |
| (...) Nous avons
unanimement salué les positions respectives du
président de la République, et du premier Ministre,
concernant les responsabilités passées du gouvernement
de Vichy et de la France dans la déportation des juifs.
Or, pour nous, ces positions peuvent être reliées à la
réflexion sur le processus de "purification
ethnique" en ex-Yougoslavie, et ailleurs dans le
monde. C'est pourquoi nous avons souhaités que notre pays s'engage très fermement et concrètement, pour le présent et pour le futur, en soutenant l'action et les recherches du Tribunal Pénal International, et en facilitant ses enquêtes. Nous demandons donc instamment que les propos du ministre de la défense à l'endroit du Tribunal soient retirés par ce ministre, et que les militaires français dont le témoignage est réclamé par le Tribunal soient autorisés à témoigner en personne à la Haye (...) |
| Coordination du Grand Sud-Ouest des collectifs "Citoyens-citoyennes, pour la Bosnie" |
| A l'attention de M. Jean-Marc Ayrault président du groupe socialiste de l'assemblée Nationale. |
| (...) Dans cette
affaire, par cette décision, le ministre est en
infraction avec les lois de la République et en
contradiction ouverte avec les engagements réaffirmés
par le premier Ministre et le ministre des Affaires
Etrangères. Dans ce cas, il doit être démenti, ou
alors nous devons considérer qu'il s'agit d'un double
langage à l'égard des citoyens. La gravité des crimes commis en Bosnie-Herzégovine, les responsabilités particulières exercées par un général français au moment de Srebrenica, commandent qu'on n'attende pas cinquante ans pour que s'exerce la justice et que s'exprime la vérité. Nous attendons que le groupe socialiste exerce son droit de contrôle sur une question aussi importante et nous souhaitons vous rencontrer dans les meilleurs délais pour connaître la position du groupe socialiste concernant la Bosnie Herzégovine et la justice internationale (...) |
A.E.C. de Nantes |
| Monsieur le Premier Ministre |
| (...) Nous étions en
droit de nous réjouir de la volonté de la France de
coopérer avec le TPI. Vous l'affirmiez le 10 septembre
1997 en assurant qu'il est donc prioritaire pour la
France d'apporter son concours aux arrestations des
criminels inculpés, volonté confirmée par la venue
d'Elisabeth Guigou le 17 novembre à La Haye. Il nous est
permis hélas aujourd'hui de douter de la réalité de
ces engagements. En effet, selon le Monde (10/12), M.
Alain Richard aurait déclaré qu'aucun officier
français ne sera autorisé à témoigner devant le TPI
autrement que par écrit en réponse à des questions
écrites, puis précisait que "nous sommes
défavorables à une justice spectacle et le TPI en
pratique une." Cette affirmation révèle un véritable mépris à l'égard des témoins, victimes des crimes contre l'humanité et des personnes disparues(...) En tant que citoyens français, nous demandons que la France respecte ses engagements et obligations au regard de sa propre législation et du droit international, quels que soient les comportements des Etats impliqués dans les accords de Dayton. En ce sens, nous interpellons avec force votre gouvernement. Nous espérons toujours en la France des droits de l'Homme et nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de notre haute considération. |
Forum pour la démocratie dans les Balkans |