Association Sarajevo http://www.association-sarajevo.org/ fr SPIP - www.spip.net Association Sarajevo http://www.association-sarajevo.org/IMG/siteon0.jpg http://www.association-sarajevo.org/ 253 581 Lettre à Martine Aubry, Première secrétaire du PS http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article804 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article804 2011-11-28T13:39:55Z text/html fr Maurice LAZAR Le vice-premier ministre et ministre de l'intérieur du gouvernement de Serbie, Ivica Dacic, déploie une activité débordante sur la scène politique de son pays et à l'extérieur au point d'éclipser la personnalité du chef du gouvernement en titre, Mirko Cvetkovic. Il a l'habitude des prises de position provocatrices, qui lui rapportent en points de popularité dans les sondages. Depuis la « Republika Srpska » où il se rend souvent, à Trebinje, il vient d'en ajouter une qui a fait du bruit, en (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Le vice-premier ministre et ministre de l'intérieur du gouvernement de Serbie, Ivica Dacic, déploie une activité débordante sur la scène politique de son pays et à l'extérieur au point d'éclipser la personnalité du chef du gouvernement en titre, Mirko Cvetkovic. Il a l'habitude des prises de position provocatrices, qui lui rapportent en points de popularité dans les sondages. Depuis la « Republika Srpska » où il se rend souvent, à Trebinje, il vient d'en ajouter une qui a fait du bruit, en déclarant : « L'attaque sur les Serbes au Kosovo-Métochie est une attaque sur la Serbie et elle doit riposter car si le gouvernement ne le veut pas, le peuple le veut » (site en français de « glassrbije », radio de Belgrade- 21-11-2011).</p> <p class="spip">Cette posture belliqueuse n'a pas empêché Ivica Dacic d'être reçu à Bruxelles par le Commissaire à l'élargissement Stefan Füle et plusieurs responsables de groupes politiques de l'Assemblée européenne, qui auraient manifesté leur compréhension de la position de Belgrade sur la question de la candidature de la Serbie à l'UE, à laquelle doit répondre le Conseil européen du 9 décembre. Ivica Dacic a particulièrement fait état de sa rencontre avec la direction du groupe socialiste et indiqué qu' il allait participer aux travaux de la Convention du Parti des socialistes européens qui s'est tenue les 26 et 27 novembre à Bruxelles.</p> <p class="spip">C'est sur ce dernier point que le bureau de l'Association Sarajevo a voulu intervenir auprès du Parti socialiste français, tant il lui semble malséant qu'une personne et un parti tels qu'Ivica Dacic et le SPS puissent entretenir des liens avec des organisations politiques démocratiques. On rappellera que le SNSD (Alliance des sociaux-démocrates indépendants) de Milorad Dodik a été suspendu de son appartenance à l'Internationale socialiste, après y avoir été admis on ne sait trop sur quels critères, la même interrogation pouvant d'ailleurs être exprimée concernant le Parti démocrate de Boris Tadic, qui est membre de cette Internationale.</p> <p class="spip">On lira ci-dessous la lettre à Martine Aubry.</p> <p class="spip">Association Sarajevo</p> <p class="spip">LETTRE A MARTINE AUBRY, PREMIERE SECRETAIRE DU PARTI SOCIALISTE</p> <p class="spip">Paris le 26 novembre 2011</p> <p class="spip">Madame Martine Aubry Première secrétaire du Parti socialiste 10, rue de Solférino Paris 75007</p> <p class="spip">Madame la Première secrétaire,</p> <p class="spip">Je me permets de porter à votre attention les informations ci-jointes provenant de sources serbes , celles des sites de la télévision de Belgrade B92 et de la radio officielle serbe « Glass Srbije » (la voix de la Serbie ).Elles concernent des déclarations faites par Monsieur Ivica Dacic, Vice-président et Ministre de l'intérieur du gouvernement de Serbie, mais aussi Président du SPS (Parti socialiste serbe), parti créé et dirigé par Slobodan Milosevic, dont Ivica Dacic a été le porte-parole pendant toutes les années des guerres yougoslaves.</p> <p class="spip">Je ne retiens pas la substance de ces déclarations qui ne font que reprendre les thèses quotidiennement développées par les dirigeants serbes, encore qu'Ivica Dacic aille plus loin en menaçant le Kosovo d'une nouvelle guerre, mais uniquement leurs allégations sur des relations qui auraient été nouées entre le Parti socialiste européen et le SPS. On n'ose croire que ce parti serait ainsi admis, même à titre consultatif, dans la famille des socialistes européens. Le SPS n'a jamais renié le fondement de la politique menée par Slobodan Milosevic, que votre parti a vigoureusement condamnée, et son dirigeant actuel s'est lui-même illustré, au lendemain de la proclamation de l'indépendance du Kosovo, par des prises de position inqualifiables à l'encontre de l'opposition anti-nationaliste serbe (voir la notice jointe).</p> <p class="spip">Sans entrer dans le détail des problèmes que pose la candidature de la Serbie à l'Union européenne au regard de la situation régionale et notamment des positions de Belgrade à l'égard du Kosovo et de la Bosnie-Herzégovine, je me permets de vous signaler qu'Ivica Dacic et le SPS se rangent dans la fraction la plus dure du nationalisme serbe dont les orientations sont d'évidence contraires aux valeurs européennes.</p> <p class="spip">En ce qui touche la Bosnie- Herzégovine, qui intéresse au premier chef l'Association Sarajevo, longtemps dirigée par Francis Jeanson, Ivica Dacic se trouve en pointe de l'appui apporté par la Serbie à Milorad Dodik, Président de la « Republika Srpska », entité serbe de la BH, et de son parti SNSD (Alliance des sociaux-démocrates indépendants ) qui a été, à juste titre, suspendu de l'Internationale socialiste ( Le SNSD a rapidement compensé ce rejet en s'alliant au parti « Russie unie » de Poutine). Ce soutien de la Serbie aux dirigeants de la « Republika Srpska » n'est pas le moindre des facteurs de déstabilisation de la région dans la mesure où il rend insoluble la crise de la Bosnie-Herzégovine, maintenue dans l'incapacité de se doter d'un Etat à même de remplir ses fonctions.</p> <p class="spip">Pour toutes ces raisons, ici très sommairement exposées, je veux croire que les informations selon lesquelles Ivica Dacic et son parti auraient l'oreille des partis socialistes européens sont, en définitive, fausses.</p> <p class="spip">Veuillez agréer, Madame la Première secrétaire, l'expression de mes sentiments respectueux.</p> <p class="spip">Boris Najman</p> <p class="spip">Président de l'Association Sarajevo</p></div> Lettre à Bernard Kouchner sur la Bosnie-Herzégovine http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article668 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article668 2009-04-04T09:02:34Z text/html fr Maurice LAZAR Paris, le 2 avril 2009 <br />Monsieur le Ministre, <br />A l'issue d'une rencontre d'une centaine d'acteurs des sociétés civiles française, suisse et bosnienne à Lyon les 28 et 29 mars derniers, et à l'occasion du voyage que vous prévoyez les 8 et 9 avril prochains, nous nous réjouissons que l'Union européenne s'apprête à donner un nouveau souffle à son engagement en Bosnie-Herzégovine et souhaitons soutenir cette initiative en partageant avec vous nos (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Paris, le 2 avril 2009</p> <p class="spip">Monsieur le Ministre,</p> <p class="spip">A l'issue d'une rencontre d'une centaine d'acteurs des sociétés civiles française, suisse et bosnienne à Lyon les 28 et 29 mars derniers, et à l'occasion du voyage que vous prévoyez les 8 et 9 avril prochains, nous nous réjouissons que l'Union européenne s'apprête à donner un nouveau souffle à son engagement en Bosnie-Herzégovine et souhaitons soutenir cette initiative en partageant avec vous nos préoccupations et vous adressant nos propositions.</p> <p class="spip">La situation ne cesse de se dégrader en Bosnie-Herzégovine. Si les accords de Dayton ont mis fin à la guerre, ils empêchent l'édification d'un Etat viable et démocratique et favorisent aujourd'hui une dynamique de morcellement du pays dans tous les domaines. La fragmentation ethno-nationale et la cléricalisation forcée de la société détruisent les fondements d'un Etat multi-ethnique. 90% des municipalités sont aujourd'hui quasiment mono-ethniques. Parmi les survivants de l'épuration ethnique revenus chez eux, moins d'1% trouvent du travail. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont soumis à une ségrégation scolaire qui empêche toute expérience partagée. L'absence de perspectives fait progressivement perdre à la jeunesse ses espoirs.</p> <p class="spip">La communauté internationale, et en particulier l'Union européenne, a des pouvoirs réels en Bosnie-Herzégovine. Elle a une obligation politique de dépasser les lignes de fractures tracées par les violences de la guerre entretenues depuis la fin du conflit et de contribuer à construire un Etat uni dans la diversité, à l'image même des aspirations de l'Union européenne. Nous comptons sur la Troïka européenne pour qu'elle élabore, à l'issue de son voyage, un plan permettant d'atteindre ces objectifs et comprenant les points suivants :</p> <p class="spip"><img src="http://www.association-sarajevo.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' class='' /> Renforcer la notion de citoyenneté dans le préambule de la Constitution de la Bosnie-Herzégovine ;</p> <p class="spip"><img src="http://www.association-sarajevo.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' class='' /> S'assurer auprès des Etats membres de l'Union européenne qu'ils accordent leur plein soutien au nouveau Haut Représentant ;</p> <p class="spip"><img src="http://www.association-sarajevo.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' class='' /> Etablir un dialogue permanent entre le Haut Représentant et les acteurs de la société civile bosnienne, afin que celle-ci soit considérée comme un interlocuteur incontournable de la communauté internationale ;</p> <p class="spip"><img src="http://www.association-sarajevo.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' class='' /> Elaborer un programme scolaire commun et fédérateur en Bosnie-Herzégovine qui fasse une large place aux thèmes citoyens et non communautaristes ;</p> <p class="spip"><img src="http://www.association-sarajevo.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' class='' /> Signer très rapidement un accord de libéralisation du régime des visas pour les citoyens bosniens (y compris pour les jeunes et les étudiants).</p> <p class="spip">Dans l'attente de votre réponse, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de notre très haute considération.</p> <p class="spip">Antoine Malafosse</p> <p class="spip">Délégué général</p> <p class="spip">CCFD</p> <p class="spip">Associations signataires :</p> <p class="spip">Association Paris-Sarajevo-Europe</p> <p class="spip">Association Sarajevo</p> <p class="spip">Comité catholique contre la faim et pour le développement</p> <p class="spip">Dessine-moi un sourire</p> <p class="spip">Drugi Most</p> <p class="spip">Enfants Europe Bosnie</p> <p class="spip">Forum grenoblois pour la Démocratie dans les Balkans</p> <p class="spip">Les Pyrénées pour que vive Sarajevo</p> <p class="spip">Maison de l'Europe d'Albertville et de la Savoie</p> <p class="spip">Mir Sada</p> <p class="spip">Solidarité Bosnie</p></div> Lettre de l'Association Sarajevo au Parti socialiste,concernant le SPS (parti socialiste de Serbie) http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article635 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article635 2008-05-15T12:18:13Z text/html fr Maurice LAZAR Paris, le 15 mai 2008 <br />Monsieur Pierre MOSCOVICI <br />Secrétaire national du Parti socialiste chargé des relations internationales <br />10, rue de Solférino (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Paris, le 15 mai 2008</p> <p class="spip">Monsieur Pierre MOSCOVICI</p> <p class="spip">Secrétaire national du Parti socialiste chargé des relations internationales</p> <p class="spip">10, rue de Solférino</p> <p class="spip">PARIS 75007</p> <p class="spip">Monsieur le secrétaire national,</p> <p class="spip">Suivant de près les discussions actuellement en cours en Serbie pour former un nouveau gouvernement à la suite des élections qui s'y sont tenues le 11 mai, j'apprends que le Président Boris Tadic et d'autres dirigeants de son Parti démocratique invoquent, pour légitimer leur désir de s'allier au "Parti socialiste" de feu Milosevic, une unité de vues entre ces deux partis fondée notamment sur leur appartenance commune à l'Internationale socialiste.</p> <p class="spip">Autant que je le sache, cette allégation est fausse. Si le Parti démocratique du Président Tadic figure bien sur la liste des partis qui ont le statut de second rang, de "membre consultatif" de l'IS, rien de tel n'apparaît concernant le "Parti socialiste de Serbie".</p> <p class="spip">Je me garderai de discuter les titres qui permettraient l'affiliation du Parti démocratique à l'organisation internationale à laquelle appartient votre parti, car il s'agit de critères d'appréciation qui m'échappent. Je serais néanmoins surpris et indigné que les dirigeants de l'Internationale socialiste songent à une quelconque réhabilitation du "Parti socialiste de Serbie" qui, s'il a rajeuni sa direction, n'a d'aucune manière renié la personnalité et la politique criminelle de son fondateur et dirigeant, Slobodan Milosevic, dont le régime a mené les pays de l'ex-Yougoslavie à la situation ruineuse que vous connaissez.</p> <p class="spip">Je pense n'avoir pas besoin de vous rappeler que le PS avait, en son temps, clairement condamné cette politique et refusé d'entretenir la moindre relation avec le parti serbe qui y était intimement lié. Je ne connais pas l'état actuel des rapports entre votre parti et celui qui s'intitule votre homologue en Serbie. Quel qu'il soit, je n'imagine pas que vous puissiez considérer que celui-ci soit digne d'entrer dans l'organisation internationale au sein de laquelle votre parti joue un rôle éminent.</p> <p class="spip">Une confirmation de votre part soulagerait tous ceux qui refusent d'oublier le désastre européen qu'a été la guerre qui a détruit l'espace ex-yougoslave, désastre dont le parti de Milosevic porte la responsabilité principale, ce que ses successeurs continuent de nier, alors qu'ils maintiennent inchangée, sur le fond, la politique de leur inspirateur, notamment en ce qui concerne les visées nationalistes serbes sur la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo, sans compter leur refus de coopérer avec le TPIY et les liens de type mafieux qui les rattachent à certains milieux d'affaires.</p> <p class="spip">Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire national, l'expression de mes sentiments cordiaux.</p> <p class="spip">Pour le Président Francis JEANSON</p> <p class="spip">Le secrétaire général de l'Association Sarajevo</p> <p class="spip">Faik DIZDAREVIC</p></div> Décès http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article588 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article588 2007-09-30T06:10:53Z text/html fr Le bureau de l'Association Sarajevo a la tristesse de faire part du décès de Christiane Philip, épouse de Francis Jeanson, président de l'Association. <br />Christiane, issue d'une famille de grands résistants pendant la seconde guerre mondiale, son père André ayant joué le rôle politique éminent que l'on sait, a partagé pendant près de cinquante ans tous les combats de son compagnon, le dernier en date ayant été celui mené au service de la liberté de la Bosnie-Herzégovine. <br />Le bureau de (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Le bureau de l'Association Sarajevo a la tristesse de faire part du décès de Christiane Philip, épouse de Francis Jeanson, président de l'Association.</p> <p class="spip">Christiane, issue d'une famille de grands résistants pendant la seconde guerre mondiale, son père André ayant joué le rôle politique éminent que l'on sait, a partagé pendant près de cinquante ans tous les combats de son compagnon, le dernier en date ayant été celui mené au service de la liberté de la Bosnie-Herzégovine.</p> <p class="spip">Le bureau de l'Association s'associe au deuil de son président et de sa famille,notamment de Nicole et Faik Dizdarevic, soeur et beau-frère de la disparue.</p> <p class="spip">Le bureau de l'Association Sarajevo.</p></div> Décès de Nikola Kovac http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article587 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article587 2007-09-27T14:06:13Z text/html fr Nikola Kovac est mort à Sarajevo le 24 septembre d'une crise cardiaque. <br />Disparaît avec lui une personnalité qui a représenté en France, pendant les années de guerre, le meilleur de l'esprit de cette Bosnie-Herzégovine qui luttait pour maintenir son intégrité de pays démocratique et multinational, dont il était la parfaire référence. <br />Né en 1936, il est devenu professeur de langues romanes à l'Université de Sarajevo après y avoir fait ses études supérieures et passé une dizaine d'années en (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Nikola Kovac est mort à Sarajevo le 24 septembre d'une crise cardiaque.</p> <p class="spip">Disparaît avec lui une personnalité qui a représenté en France, pendant les années de guerre, le meilleur de l'esprit de cette Bosnie-Herzégovine qui luttait pour maintenir son intégrité de pays démocratique et multinational, dont il était la parfaire référence.</p> <p class="spip">Né en 1936, il est devenu professeur de langues romanes à l'Université de Sarajevo après y avoir fait ses études supérieures et passé une dizaine d'années en France, notamment comme lecteur de serbo-croate à l'INALCO. Il a ainsi formé, à Sarajevo, plusieurs générations d'étudiants en français et en littérature comparée, parallèlement aux nombreux travaux qu'il a publiés dans ces domaines, et aussi comme critique d'art et analyste politique.</p> <p class="spip">Ministre de l'Education du gouvernement de Bosnie-Herzégovine en 1992 et 1993, il a été ensuite envoyé à Paris, où il est resté ambassadeur de 1993 à 2000, expliquant sans relâche à ses divers interlocuteurs, souvent peu ou mal informés, les causes et les enjeux de la guerre qui détruisait son pays.</p> <p class="spip">Il a naturellement noué de nombreux liens d'amitié avec ceux qui, en France, ont défendu la Bosnie-Herzégovine contre ses agresseurs, laissant auprès d'eux le souvenir d'un homme intelligent, intègre, profondément attaché, malgré la modération de son ton, à des convictions intransigeantes sur les principes.</p> <p class="spip">Retourné à Sarajevo à la fin de son mandat, il est revenu à ses travaux d'enseignement, d'écriture et de traduction, notamment d'auteurs français. Il portait, ces dernières années, un regard très désabusé sur le cours des événements en Bosnie-Herzégovine.</p> <p class="spip">Le bureau de l'Association Sarajevo présente, avec une très grande tristesse, ses condoléances à son épouse Bubana et à ses enfants.</p> <p class="spip">Le bureau de l' Association Sarajevo</p> <hr class="spip" /> <p class="spip">Témoignage :</p> <p class="spip">La première fois que je l'ai vu, c'était à l'automne 1993, le lendemain de sa prise de fonctions en tant que premier ambassadeur de Bosnie-Herzégovine en France. C'était au siège parisien de la campagne d'opinion « Sarajevo Capitale Culturelle de l'Europe », un vaste mouvement international d'intellectuels, d'écrivains et d'artistes qui ne supportaient plus d'assister passivement à la partition ethnique de la Bosnie-Herzégovine exécutée au couteau et au canon sous les yeux ébahis des citoyens du monde, et qui s'emparaient de la culture comme du seul levier encore à leur disposition pour mobiliser les opinions publiques et faire pression sur la diplomatie.</p> <p class="spip">Ma première impression de Nikola Kovac, je m'en souviens parfaitement : un homme las, accablé même – mais comment ne pas l'être, après avoir passé 17 mois sous les bombardements et les tirs de snipers à Sarajevo, qui était alors « un immense camp de concentration à ciel ouvert », selon les mots de son maire de l'époque, Muhamed Kresevljakovic. Mais c'était aussi et surtout, un homme d'une intégrité sans faille, d'une grande courtoisie, qui écoutait beaucoup et parlait peu, d'une voix mesurée, en termes choisis.</p> <p class="spip">Professeur de littérature française à la Faculté des Lettres de Sarajevo, traducteur de Michel Foucault, ancien ministre de la culture, Nikola Kovac se référait volontiers à Albert Camus pour exprimer sa vérité sur son pays : « Je ne puis admettre une Bosnie divisée en plusieurs Etats ethniquement purs ; ma révolte me dicte de ne pas céder sur ce point, disait-il. On ne peut accepter de renier ses valeurs sans se trahir ; je pense, à l'instar de Camus, que les valeurs ne se construisent pas d'elles-mêmes et qu'il faut savoir conserver celles que l'on possède si l'on veut en créer d'autres... » Serbe de Bosnie originaire de l'Herzégovine, avocat d'une démocratie multinationale, il synthétisait par sa personne et ses positions la complexité de ceux qui refusent de se laisser définir par un seul mot, rabattre à une identité unique. Et ce sont ces principes-là qu'il a défendus inlassablement chez nous, en France, dénonçant le silence honteux et humiliant de la Communauté Internationale vis-à-vis de son pays martyrisé.</p> <p class="spip">Je n'ai cessé de le croiser à Paris tout au long des années 1990. J'ai lu tous ses ouvrages en traduction française, souvent avant leur publication. Mais il aura fallu la fin de la guerre et les difficiles années de l'après-guerre pour que j'aie l'occasion de découvrir un autre Nikola Kovac, immergé dans son « milieu naturel » qui était l'Université et la littérature. Et de m'apercevoir que « Monsieur l'Ambassadeur » était avant tout un être humain drôle et spirituel, chaleureux et généreux. A tous ceux qui se souviennent de lui en France - et ils sont nombreux -, Nikola Kovac va beaucoup manquer désormais.</p> <p class="spip">Sophie KEPES, écrivain</p> <p class="spip">Texte pour le journal "Dani"</p></div> Hommage à Ibrahim Rugova http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article420 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article420 2006-01-23T16:48:48Z text/html fr Un rassemblement à la mémoire du Président Ibrahim Rugova se tiendra jeudi 26 janvier à 18 h30, place de la Sorbonne, à Paris. Le bureau de l'Association Sarajevo s'associe à cet hommage. <br />Association Sarajevo - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Un rassemblement à la mémoire du Président Ibrahim Rugova se tiendra jeudi 26 janvier à 18 h30, place de la Sorbonne, à Paris. Le bureau de l'Association Sarajevo s'associe à cet hommage.</p> <p class="spip">Association Sarajevo</p></div> Conférence "SREBRENICA : 10 ANS APRES, FAIRE FACE AU PASSE" http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article375 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article375 2005-09-21T19:24:44Z text/html fr Enregistrement vidéo du colloque organisé le 18 juin 2005 par Amnesty International, Association Sarajevo, le Comité catholique contre la faim et pour le développement, Esprit, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme, l'IEHJ, la Ligue des Droits de l'Homme avec le soutien de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et Srebrenica 2005. <br />En juillet 1995, les forces serbes s'emparaient de Srebrenica, enclave « sous protection onusienne » où étaient amassés 42 000 (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Enregistrement vidéo du colloque organisé le 18 juin 2005 par Amnesty International, Association Sarajevo, le Comité catholique contre la faim et pour le développement, Esprit, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme, l'IEHJ, la Ligue des Droits de l'Homme avec le soutien de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et Srebrenica 2005.</p> <p class="spip">En juillet 1995, les forces serbes s'emparaient de Srebrenica, enclave « sous protection onusienne » où étaient amassés 42 000 Bosniaques (Musulmans), provoquant le plus grand massacre de civils perpétré en Europe depuis la seconde guerre mondiale : l'exécution sommaire en six jours de 8 000 personnes et la déportation du reste de la communauté hors de la zone conquise. Les casques bleus n'opposeront aucune résistance. En novembre 1999, un rapport présenté par Kofi Annan reconnaissait la responsabilité de l'ONU dans « la faillite de la politique des zones de sécurité ». Le 19 avril 2004, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie confirmait le caractère génocidaire des opérations organisées sous le commandement du général Ratko Mladic et du « président » Radovan Karadzic. Sept ans après les premiers aveux, en 1996, de Drazen Erdemovic, un soldat réquisitionné dans les pelotons d'exécution, trois hauts gradés ont à leur tour reconnu les faits et plusieurs autres officiers et responsables sont actuellement en cours de procès.</p> <p class="spip">L'année dernière, les autorités de la « République serbe de Bosnie » ont, non sans réticence, admis l'ampleur du massacre et révélé l'emplacement de dizaines de nouveaux charniers. Peu à peu émerge la vérité accablante sur ces jours de terreur et de cette guerre. Mais le négationnisme résiste encore ; les principaux responsables, Mladic et Karadzic, sont toujours en fuite, les survivants vivent dans des camps de misère ou à l'étranger et pleurent leurs disparus non retrouvés, la lumière sur les responsabilités internationales, notamment celles des Français, n'est pas complète.</p> <p class="spip">Cette journée a permis d'étendre notre réflexion : la bascule dans le crime génocidaire est-elle prévisible ? Comment les survivants peuvent-ils témoigner et sont-ils écoutés ? Que signifie la lutte contre l'impunité et la reconnaissance des responsabilités ? Quel bilan peut-on tirer des procédures engagées devant la justice internationale ? Rendre des comptes, réparer : relations internationales et morale sont-elles incompatibles ? Le questionnement du passé ne masquant pas mais devant, au contraire, nous permettre de mieux appréhender la situation actuelle et l'avenir de la Bosnie et Herzégovine 10 ans après l'accord de Dayton-Paris. Faire face au passé c'est aussi faire face aux défis de l'avenir.</p> <p class="spip"><strong class="spip">Les interventions lors de la conférence sont sur le site de l'IHEJ à l'adresse suivante :</strong></p> <p class="spip"><a href="http://www.ihej.org/index.php?rub=ressources&id_publi=134" class="spip_out">http://www.ihej.org/index.php ?rub=ressources&id_publi=134</a></p></div> Le rejet de la constitution européenne et les Balkans http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article337 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article337 2005-05-30T11:14:51Z text/html fr Quelles que soient les motivations, les unes « respectables », les autres pas du tout, de la majorité des électeurs qui ont rejeté le projet de constitution européenne, leur vote signifie, dans une large mesure, un refus de l'élargissement de l'Union aux pays de l'Europe centrale et orientale, coupable de porter tort à l'emploi et aux conditions de vie des Français. <br />La conséquence directe de ce rejet, outre qu'il ruine les chances d'un renforcement de l'autorité des institutions (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Quelles que soient les motivations, les unes « respectables », les autres pas du tout, de la majorité des électeurs qui ont rejeté le projet de constitution européenne, leur vote signifie, dans une large mesure, un refus de l'élargissement de l'Union aux pays de l'Europe centrale et orientale, coupable de porter tort à l'emploi et aux conditions de vie des Français.</p> <p class="spip">La conséquence directe de ce rejet, outre qu'il ruine les chances d'un renforcement de l'autorité des institutions européennes, est que les promesses d'intégrer les Balkans au processus de l'unification du continent deviennent plus illusoires que jamais.</p> <p class="spip">On pouvait, à juste titre, douter de l'intérêt porté par les pays de l'Europe constituée à une région qu'ils ont abandonnée à la destruction et à la dérive, et considérer que l'adhésion des Balkans à l'Union européenne n'était pas une panacée. Cette perspective permettait au moins de fixer aux uns et aux autres, des buts à atteindre et des raisons d'agir, dans un cadre déterminé. Si le ressort de l'engagement européen est brisé, si le rêve d'une Europe élargie à tout son espace géographique et historique s'évanouit, quels peuvent être les leviers, les moyens et les espoirs susceptibles de mettre en mouvement les sociétés des pays de la région ?</p> <p class="spip">C'est désormais avec dérision, du fait de la démission française, une nouvelle après bien d'autres en ce qui concerne l'ex-Yougoslavie, qu'il faudra commenter les proclamations de foi européenne que continueront d'égrener intervenants internationaux et politiques locaux, de Sarajevo à Skopje, de Zagreb à Belgrade, en passant par Pristina et Podgorica.</p> <p class="spip">Le bureau de l'Association Sarajevo</p></div> Le référendum et la question oubliée des Balkans http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article333 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article333 2005-05-20T07:17:59Z text/html fr Nous publions ci-dessous deux textes, adressés depuis plusieurs semaines, respectivement au « Monde » et à « Libération », relatifs aux incidences éventuelles des résultats du référendum constitutionnel européen sur l'avenir des « Balkans occidentaux ». <br />Les deux sont signés par Francis Jeanson, Président de l'Association Sarajevo et cosignés, le premier par Michel Rocard, Philippe Herzog et Véronique Nahoum-Grappe, le second par les autres membres du bureau de l'Association. <br />Les (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">Nous publions ci-dessous deux textes, adressés depuis plusieurs semaines, respectivement au « Monde » et à « Libération », relatifs aux incidences éventuelles des résultats du référendum constitutionnel européen sur l'avenir des « Balkans occidentaux ».</p> <p class="spip">Les deux sont signés par Francis Jeanson, Président de l'Association Sarajevo et cosignés, le premier par Michel Rocard, Philippe Herzog et Véronique Nahoum-Grappe, le second par les autres membres du bureau de l'Association.</p> <p class="spip">Les responsables des deux quotidiens n'ont pas cru devoir les retenir, à ce jour, parmi les contributions au débat qu'ils offrent à la réflexion de leurs lecteurs. Sans contester leur liberté de choix, du ressort de l'exercice de leur profession, on peut s'étonner que le sujet proposé, qui n'apparaît jamais dans le torrent des arguments répétitifs qui s'échangent dans les médias, n'ait pas suscité leur intérêt, d'autant plus qu'il était traité par des signataires de poids intellectuel et politique tels que Francis Jeanson et Michel Rocard. Sans porter de jugement de valeur sur la teneure de certaines des tribunes qui ont trouvé grâce à leurs yeux et qui relèvent plus des états d'âme et des fantasmes de leurs auteurs qu'ils ne concernent les problèmes réels de l'Europe, on remarquera que cette élimination de la question des Balkans, trou noir du continent, correspond à une constante de la politique française, dans toutes ses composantes.</p> <p class="spip">Le refus d'admettre les pays de l' « autre Europe » dans le cercle de famille déjà constitué, déjà trop large pour certains, apparaît en tout cas, au-delà des étiquettes partisanes affichées, comme le meilleur ciment de la coalition, à première vue disparate, du « non ».</p> <p class="spip">La Lettre « Sarajevo »</p> <p class="spip">20 mai 2005</p> <p class="spip">L'Union européenne et les « Balkans occidentaux ».</p> <p class="spip">Texte adressé au « Monde » :</p> <p class="spip">Le 11 juillet, la Bosnie-Herzégovine, à laquelle s'associeront les représentants de nombreuses délégations étrangères, commémorera pour la dixième fois le massacre de Srebrenica de 1995, au cours duquel, selon l'aveu même des autorités de l'entité serbe de Bosnie (Republika Srpska), près de 8.000 hommes désarmés ont été tués par des soldats de l'armée du général Mladic, toujours en fuite dix ans après son inculpation par le TPIY.</p> <p class="spip">Ce crime de masse, comme le siège de Sarajevo avec ses 10.000 victimes, est emblématique des dévastations et des horreurs d'une guerre qui, de 1992 à 1995, a anéanti la Bosnie-Herzégovine, entraînant, selon des évaluations diverses, de 150.000 à plus de 200.000 morts et disparus, le déplacement de la moitié des 4.400.000 habitants du pays, des destructions matérielles à la hauteur de ces chiffres et le déchirement de la société bosnienne, qui ne se remettra jamais de cette tragédie. Ces événements se sont produits en Europe, devant une opinion publique émue mais très peu mobilisée, des politiques restés, dans l'ensemble, passifs et des gouvernements trouvant un alibi à leur inaction dans la perte de 167 « casques bleus » -français pour environ la moitié-, morts dans une mission en grande partie impossible.</p> <p class="spip">Alors qu'il est devenu courant pour les hommes d'Etat de présenter leurs excuses pour des fautes et des crimes commis par des prédécesseurs souvent lointains, les responsabilités portées par les dirigeants européens dans le désastre des guerres yougoslaves ne sont guère évoquées. Les récits des témoins, les études des historiens et le déroulement des procès devant le Tribunal de La Haye, montrent pourtant qu'un engagement résolu des puissances européennes aurait pu étouffer dans l'œuf ou, plus tardivement, stopper la politique agressive du régime de Milosevic qui a enclenché le processus de la catastrophe. La France a joué un rôle de premier plan dans cette abdication de l'Europe, dissimulée derrière le rideau de fumée des décisions jamais appliquées du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Dans son rapport du 15-11-1999 sur la chute de Srebrenica, Kofi Annan a dressé le constat sans fard de la faillite de l'action de la Communauté internationale en Bosnie-Herzégovine, mais ce sont bien les pays de l'Union européenne qui se trouvaient en première ligne.</p> <p class="spip">Les guerres en Croatie, puis en Bosnie-Herzégovine, enfin au Kosovo avec ses répercussions en Serbie, ont d'abord été payées au prix fort par les peuples de la région. Elles ont aussi singulièrement terni l'image de l'Union européenne, incapable de garantir la paix et le respect des droits de l'homme sur le sol de l'Europe, contrainte, en fin de compte, d'en appeler aux Etats-Unis pour imposer des semblants de règlements à des conflits qui risquent d'exploser de nouveau, faute de solution durable, comme c'est le cas de la Bosnie-Herzégovine, du Kosovo et de la Serbie-Monténégro. Le seul point réellement positif à mettre à l'actif de l'U.E., est qu'elle ait, pour l'heure, réussi à stabiliser la situation en Macédoine.</p> <p class="spip">Cette leçon de l'histoire devrait être intégrée à l'actuel débat sur l'Europe. La question de ce que Bruxelles appelle les « Balkans occidentaux » (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Serbie-Monténégro) constitue un enjeu de première importance pour l'avenir de l'Europe. Les partisans de la poursuite de l'unification européenne par le renforcement des institutions et du rôle de l'Union, en l'occurrence les défenseurs du « oui » au référendum sur le traité de constitution européenne, devraient en saisir l'importance et la portée.</p> <p class="spip">Pour les pays du Sud-est européen, dont personne ne peut contester l'appartenance à l'Europe, un coup d'arrêt à la construction politique de l'Union européenne signifierait la dissipation de leurs chances de redresser leurs sociétés, leurs économies et leurs systèmes politiques. L'adhésion à l'Union signifie en effet pour eux tout à la fois la garantie du soutien dont ils ont besoin, la contrainte d'opérer les réformes nécessaires à leur ouverture sur le monde et l'espoir d'accéder au statut de membres à dignité égale d'une communauté régie selon les principes définis par la Charte des droits fondamentaux. Celle-ci représente pour les citoyens de ces pays un atout d'une importance vitale, notamment par toutes ses dispositions qui concernent l'établissement d'Etats de droit, l'interdiction des discriminations ethniques et la protection des minorités nationales.</p> <p class="spip">Quant aux pays actuellement membres de l'Union, s'ils s'estiment en droit d'ignorer leur dette envers une région qu'ils ont abandonnée à la destruction, ils devraient au moins penser à se prémunir contre les risques d'un nouvel embrasement ou même d'un simple pourrissement, qui ne manqueraient pas d'affecter, dans tous les cas, leur tranquillité. Imagine-t-on une Europe en paix, claquemurée dans ses frontières actuelles, à l'abri de la gangrène de la misère ou de l'explosion de la fameuse « poudrière », oubliées à sa porte ? Le solide arrimage de ces « Balkans occidentaux » à la zone de paix et de respect des droits de l'homme qu'entend raffermir la Constitution soumise au référendum, n'est-il pas le meilleur moyen de conjurer ces dangers ?</p> <p class="spip">Philippe Herzog, Président de Confrontations Europe Francis Jeanson, philosophe, écrivain, Président de l'Association Sarajevo Véronique Nahoum-Grappe, chercheure en sciences sociales Michel Rocard,député européen,ancien premier ministre</p> <p class="spip">Texte adressé à « Libération » :</p> <p class="spip">Que les souverainistes, qui composent une part importante de la coalition du « non », se désintéressent des répercussions, hors de l'hexagone, d'un rejet du traité constitutionnel est dans l'ordre des choses. Que les bataillons du « non » de gauche et d'extrême-gauche, internationalistes par définition, fassent litière, eux aussi, des conséquences de leur engagement militant sur l'avenir de pays européens, comme par exemple ceux des Balkans, paraît par contre étonnant, encore que les récentes guerres yougoslaves provoquées par le régime de Milosevic n'aient guère mobilisé ces milieux, comme d'ailleurs les autres secteurs de l'opinion et de la politique françaises.</p> <p class="spip">Personne ne peut cependant ignorer que si la paix, au sens d'absence de conflits armés, n'est pas immédiatement menacée dans cette région, l'accumulation des problèmes économiques, sociaux, nationaux, politiques, institutionnels, etc...ne saurait y durer sans amener, sinon une explosion, du moins des convulsions qui ne manqueraient pas de toucher une Europe s'imaginant, « libérale » ou « sociale », à l'abri dans ses frontières actuelles.</p> <p class="spip">Tous les observateurs s'accordent pour considérer que ce n'est que dans le cadre de l'intégration européenne que les pays des « Balkans occidentaux » ( Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Serbie-Monténégro) pourront trouver une réponse aux multiples difficultés qui les assaillent, aussi bien par l'aide que leur procurera l'U.E., par les obligations liées à leur adhésion, qui les pousseront à se réformer, que par les garanties que le droit européen offrira à leurs citoyens en matière d'exercice des libertés et de protection des minorités. L' « européisation » des Balkans figure bien au programme des dirigeants européens, mais les progrès pour la réaliser se mesurent au compte-gouttes et en catimini.</p> <p class="spip">Pour dépasser ce stade, le « oui » et le « non » ne sont pas équivalents. Si la nouvelle constitution est ratifiée, la construction européenne se poursuit, les autorités communautaires, dont le Parlement européen, sont renforcées, la politique d'élargissement est confirmée, la charte des droits fondamentaux acquiert valeur constitutionnelle, ce qui est essentiel pour l'instauration d'Etats de droit dans les Balkans. Il n'est certes pas assuré que les instances européennes, dotées d'une plus grande capacité d'intervention, s'en serviraient pour engager l'audacieuse politique nécessaire à la reconstruction démocratique de la région, elle-même déterminante pour la sécurité de l' Europe, mais cette possibilité, du moins, existerait.</p> <p class="spip">Si le « non » l'emporte, l' Union européenne continuera d'exister dans son impotence codifiée par le traité de Nice, ce qui ne présage pas un grand dynamisme pour s'attaquer au chantier des Balkans, dans le contexte d'un scepticisme accru sur les chances de dégager une volonté commune d'agir. En attendant que la machine reparte, des années décisives seront perdues, d'autant plus, il ne faut pas s'y tromper, que c'est l'idée même de l'élargissement qui est mise en cause par la majorité des partisans du « non », de gauche ou de droite, qui prêchent, chacun selon ses canons, le culte d'un idéal modèle français, fermé à la réalité et aux aspirations des autres peuples d'Europe, tenus à distance.</p> <p class="spip">C'est là un aspect quelque peu négligé du choix qui nous est offert, mais qui n'est pas anodin si on se rappelle le poids des Balkans dans l'histoire de l'Europe.</p> <p class="spip">Francis Jeanson, Président de l'Association Sarajevo Faïk Dizdarevic, Maurice Lazar, Boris Najman, membres du bureau de l'Association.</p></div> A propos d'Emir Kusturica, président du jury de Cannes http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article329 http://www.association-sarajevo.org/spip.php?article329 2005-05-13T07:35:11Z text/html fr On aura peut-être remarqué que, communément appelé bosniaque lorsqu'il a emporté la palme d'or du Festival de Cannes en 1995, alors que Sarajevo était toujours assiégé, Emir Kusturica est maintenant devenu, par choix délibéré, serbe et selon ses dires, aussi orthodoxe. Cette substitution ne suscite apparemment pas de commentaires de la part des nombreux journalistes qui l'interviewent ou suivent le déroulement du Festival de cette année 2005. <br />Changer de nationalité n'est en rien (...) - <a href="http://www.association-sarajevo.org/spip.php?rubrique22" rel="directory">Points de vue de l'Association</a> <div class='rss_texte'><p class="spip">On aura peut-être remarqué que, communément appelé bosniaque lorsqu'il a emporté la palme d'or du Festival de Cannes en 1995, alors que Sarajevo était toujours assiégé, Emir Kusturica est maintenant devenu, par choix délibéré, serbe et selon ses dires, aussi orthodoxe. Cette substitution ne suscite apparemment pas de commentaires de la part des nombreux journalistes qui l'interviewent ou suivent le déroulement du Festival de cette année 2005.</p> <p class="spip">Changer de nationalité n'est en rien déshonorant. Ce geste peut, dans certaines circonstances, mériter plus que le respect, l'admiration, comme, pour n'en citer qu'un, celui de Willy Brandt, troquant pendant la guerre sa citoyenneté allemande contre la norvégienne. Cela avait un sens.</p> <p class="spip">Il est vrai que Kusturica revendique aussi ce sens dans la mesure où il justifie son engagement politique par fidélité à sa patrie « yougoslave » détruite, perpétuée pour lui, de droit héréditaire, par la Serbie. Ce qui pose problème est que, s'il s'est effectivement toujours élevé contre la destruction de la Yougoslavie, il n'a jamais voulu identifier ses destructeurs. C'est ainsi qu'au moment où les obus commençaient de tomber sur Sarajevo, il écrivait : « Sur ma ville tombent les grenades envoyées des montagnes environnantes par les bandes sauvages » (« Le Monde » du 24-4-1992). Ces « bandes sauvages » n'étaient autres que les unités régulières de l'Armée fédérale yougoslave, sous le contrôle de Belgrade. Le 21 octobre 1991, dans « Libération », il avait déjà minimisé les responsabilités de Milosevic dans le déclenchement de la guerre, qui n'avait pas encore atteint la Bosnie, estimant que les attaques portées contre lui « n'étaient pas loyales » et qu' « il était inexact et de mauvais goût de le comparer à Mussolini ». La suite des événements, la ruine de son pays natal, les massacres qui l'ont ensanglanté, ne l'ont pas fait changer d'avis, bien au contraire.</p> <p class="spip">La thèse qu'il soutient, de l'explication de la guerre par la défense de l'intégrité de la Yougoslavie est celle même défendue par Milosevic devant le TPI. Elle ignore aussi bien les origines du conflit, le processus qui a conduit au déchaînement de la violence que les crimes qui en ont été la substance. Sur tout cela, la lumière est maintenant faite, à laquelle ne résiste que le nationalisme serbe dont, quoi qu'il dise, Emir Kusturica a rejoint le camp, avec armes, bagages et caméras. Invoquer à l'appui de sa position les opinions de Noam Chomski et d'Henry Kissinger (« Le Monde » du 12-5-2005) ne suffit pas, loin s'en faut, à en prouver la justesse.</p> <p class="spip">Ces considérations ne tendent pas à discréditer les qualités cinématographiques d'Emir Kusturica, qu'elles tiennent du savoir-faire, du talent ou du génie, qui lui valent tant de supporters et expliquent certainement sa désignation comme président du jury de Cannes. Elles portent sur la légèreté avec laquelle les médias traitent des « polémiques » et des « controverses » que suscite le personnage, comme s'il s'agissait là de questions tout à fait secondaires au regard de son œuvre artistique et de l'événement que constitue le Festival. A ce compte, Leni Riefenstahl aurait pu, en son temps, être appelée au jury de Cannes sans que cela soulève le moindre émoi. Mais qui sait ?</p> <p class="spip">Faïk Dizdarevic, Maurice Lazar, Boris Najman</p></div>