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Un nouveau Haut-Représentant en BH

samedi 14 mars 2009


Les ambassadeurs auprès du Conseil de mise en œuvre des accords de Dayton (PIC), réunis à Sarajevo le 13 mars ont donné leur accord à la nomination de Valentin Inzko, actuel ambassadeur d’Autriche en Slovénie, comme successeur de Miroslav Lajcak, Haut-Représentant de la Communauté internationale en Bosnie-Herzégovine devenu Ministre des Affaires étrangères de Slovaquie. Le diplomate autrichien avait été proposé à ce poste par l’Union européenne, dont il sera également le représentant spécial en BH. Il prendra ses fonctions à l’issue de la réunion des directeurs du PIC qui se tiendra à Sarajevo le 26 mars.

Ce choix avait d’abord été contesté par la diplomatie américaine, dont on disait qu’elle souhaitait, sans contester les qualités et les compétences du candidat de Bruxelles, que le poste soit occupé par une personnalité d’un poids politique fort, capable de se faire entendre des dirigeants des gouvernements européens. Il semble que la nouvelle administration américaine entende revenir à un rôle plus actif dans les Balkans, et particulièrement en Bosnie, ce qui rejoint des préoccupations souvent exprimées dans la presse et les milieux politiques de la Fédération. C’est le sens de récents articles de "Dnevni Avaz" et d’ "Oslobodjenje", qui appellent à un engagement coordonné et plus marqué de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis.

Il reviendra à la réunion du PIC du 26 mars de redéfinir les tâches du nouveau Haut-Représentant, notamment en ce qui concerne les pouvoirs dits "de Bonn" qui lui permettent de sanctionner- jusqu’à destituer- les dirigeants bosniens, et de se substituer à eux pour prendre éventuellement des décisions à leur place, dans le cadre des accords de Dayton. Les Américains ont subordonné leur accord à la nomination de Valentin Inzko à l’assurance que celui-ci exercerait ces pouvoirs, en cas de nécessité.

Se posera aussi le problème de la fin de la fonction de Haut-Représentant. Des conditions posées antérieurement par le PIC, ne reste en suspens que celle du règlement du régime de la propriété des biens publics. Les partis nationalistes majoritaires participant au "processus de Prud" ( SDA bosniaque, SNSD serbe, HDZ-BIH croate) qui étaient parvenus à un accord de principe, divergent maintenant sur son application en raison d’interprétations différentes. Le SNSD veut faire reconnaître la prééminence des entités, qui hériteraient directement des biens publics ; ses interlocuteurs insistent sur celle de l’Etat central, qui les transférerait lui-même aux collectivités intéressées.

Milorad Dodik et tous les dirigeants de la RS ne cessent de réclamer la fermeture du bureau du Haut-Représentant, considérant que toute forme de "protectorat" est incompatible avec le processus d’adhésion à l’UE. Le Premier ministre de la RS estime que les institutions de la BH fonctionnent fort bien et que les responsables politiques du pays n’ont nul besoin de tuteurs pour s’entendre.

A l’exemple des auteurs du récent rapport de l’International Crisis Group (voir le site www.crisisgroup.org) , de nombreux observateurs soutiennent, au contraire, que la fin de cette supervision internationale serait prématurée. Le "processus de Prud", invoqué comme la preuve de la capacité des dirigeants bosniens à régler eux-mêmes leurs différends a été interrompu par le départ brutal de Milorad Dodik de la dernière réunion de Mostar. Même s’il reprenait après la prochaine session du PIC et même s’il parvenait à un accord définitif sur le régime de la propriété publique, il est certain qu’il n’atteindrait pas l’objectif essentiel de la réforme constitutionnelle, à propos de laquelle les antagonismes restent entiers.

Le retrait de toute autorité internationale laisserait le champ libre à toutes les surenchères nationalistes et la menace de sécession dont joue Milorad Dodik , en alternant le chaud et le froid, risquerait de se traduire par des conflits qui deviendraient peut-être incontrôlables. Il serait temps que l’Union européenne, en accord avec ses partenaires internationaux, élabore une nouvelle ligne politique afin de doter la BH d’institutions viables, pour que le nouveau Haut-Représentant, clairement mandaté et fortement soutenu, puisse la mettre en œuvre avec efficacité.

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