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Après les déclarations de Dodik (suite)

jeudi 1er juin 2006


Le Haut-Représentant Christian Schwarz-Schilling a fait publier le 29 mai un communiqué sous l’énoncé : « Du besoin d’un leadership politique responsable ». Faisant référence aux récentes déclarations du premier ministre de la RS, Milorad Dodik, qui ont provoqué de violentes réactions en BH, il y déclare notamment :

« ....La situation légale est claire. La RS, entité au sein de l’Etat de BH, n’a pas de compétence pour organiser un référendum de séparation. Ce serait en violation de la constitution de BH et de l’accord de Dayton. La Communauté internationale ne permettra pas que soient mises en danger la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine. Comme le Haut-Représentant l’a déclaré dans le passé, il n’hésiterait pas à utiliser ses « pouvoirs de Bonn » en cas de nécessité, pour assurer la paix et la stabilité.... »

Il a réaffirmé cette position à Belgrade devant les dirigeants serbes et au cours de la réunion qui s’y tenait sur le Pacte de stabilité pour le Sud-est européen. Le coordinateur de celui-ci, Erhard Busek, est allé dans le même sens, en soulignant la nécessité pour les dirigeants de la RS de se préoccuper d’abord des problèmes économiques et sociaux de leurs mandants, la même ligne étant observée par le commissaire à l’élargissement Olli Rehn présent à la conférence, qui a rappelé que les autorités européennes souhaitaient une solution « évolutive » et non « révolutionnaire », aux problèmes politiques et institutionnels bosniens, ce qui signifie en clair des réformes progressives dans le cadre des accords de Dayton.

Devant le tollé suscité par ses propos, Milorad Dodik a voulu les minimiser, ainsi que ses adjoints du SNSD (Alliance des sociaux-démocrates indépendants), pour qu’on les considère seulement comme des idées lancées dans le débat, dans le but de défendre le principe de l’égalité des droits de tous les peuples de BH. Il n’empêche que la polémique dure, que l’extrémisme nationaliste s’exprime de plus belle en RS et que Milorad Dodik donne des gages à celui-ci en continuant de s’opposer à la réforme de la police, test de la possibilité de réaliser les changements « évolutifs » préconisés par Bruxelles.

Toute cette affaire, provoquée par le succès du référendum d’indépendance au Monténégro, n’est probablement qu’un avant-goût de la tempête que tenteront de déchaîner les dirigeants serbes des deux côtés de la Drina lorsque sera proclamée, selon toute vraisemblance, l’indépendance du Kosovo. A Belgrade, le ministre en sursis des Affaires étrangères de la Serbie-Monténégro qui n’existe plus, Vuk Draskovic annonce déjà que ce serait « comme une dynamite pour la stabilité de la région...que cela poserait des questions sur l’avenir non seulement de la BH mais aussi bien pour celui d’autres pays ».

On veut croire que les autorités internationales sauront dénoncer ces faux parallélismes dressés à Belgrade et à Banja Luka, ne serait-ce que comme l’écrit justement un analyste du « Financial Times », de Londres, parce que « la république que dirige depuis Banja Luka Mr Dodik n’avait pas d’existence avant que les soldats et miliciens serbes ne se la taillent par les intimidations et crimes de masse commis sur les deux autres groupes ethniques pendant la guerre de 1992-1995 ».

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