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Le général Dragomir Milosevic condamné à 33 ans de prison.

jeudi 13 décembre 2007


Le général qui a dirigé les opérations pendant les 15 derniers mois du siège de Sarajevo a été condamné à 33 ans de prison par le Tribunal de La Haye.

Il a été reconnu coupable de terreur, de meurtres, d’actes inhumains, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le jugement relate les événements qui ont marqué le siège et décrit les procédés utilisés par le "Corps de Sarajevo-Romanija" de l’armée des Serbes de Bosnie pour terroriser la population de la ville. Il réfute en particulier la thèse de la défense de l’accusé, qui soutenait que l’attaque au mortier du marché de Markale du 28 août 1995 avait été une mise en scène de l’armée de BH, fable encore fort répandue en Serbie. Les avocats de Dragomir Milosevic (sans lien de parenté avec Slobodan Milosevic) avaient demandé son acquittement, plaidant que les activités du "Corps de Sarajevo-Romanija" constituaient une réaction "nécessaire et légitime" aux opérations de l’armée bosniaque.

Carla Del Ponte, satisfaite d’avoir pu prouver la culpabilité de l’accusé, a regretté qu’il n’ait pas été condamné, comme elle l’avait demandé, à la prison à vie.

En Bosnie-Herzégovine, les six partis de la coalition majoritaire censée diriger le pays se sont retrouvés à Laktasi, près de Banja Luka, pour engager la mise en oeuvre du plan d’action en vue de réaliser les réformes nécessaires à la signature de l’accord d’association et de stabilisation avec l’UE. Ils ont décidé de reconduire dans ses fonctions de Premier ministre Nikola Spiric qui avait démissionné, et de nommer un groupe de travail pour appliquer leur accord sur la réforme de la police. Le Conseil des ministres doit en désigner les membres dans les sept jours, pour que ses propositions puissent être examinées à la mi-septembre au plus tard. Les réformes centralisatrices concerneraient notamment la médecine légale, la coordination des services, la formation des policiers, mais ne toucheraient pas les limites des circonscriptions policières qui épouseraient celles des entités, des cantons et du district de Brcko, ce qui donne entière satisfaction aux dirigeants de la RS. On se trouve ainsi très loin du respect des trois principes fixés il y a deux ans par l’UE et acceptés par toutes les parties. Ils portaient sur la centralisation du financement et de la gestion de la police, la création d’unités fonctionnelles et la constitution d’une police professionnelle à l’abri des influences partisanes.

L’autre grande entreprise projetée, celle de la réforme constitutionnelle, sera son côté lancée à Bruxelles en janvier sous l’égide de la Commission européenne, avec des contradictions de départ telles qu’elle n’inclinent pas à l’optimisme sur les chances d’un accord. Le Président nouvellement élu de la RS, Rajko Kuzmanovic vient de confirmer que pour les autorités de la RS, il n’y avait pas d’avenir en dehors , non seulement du maintien mais du renforcement de l’entité serbe.

Face aux menaces que brandissent à propos du Kosovo les dirigeants serbes, le Premier ministre Vojislav Kostunica se montrant le plus agressif, l’Union européenne veut apparaître la plus apaisante possible. Pour tenter de renforcer, sans doute sans grand effet, la position de Boris Tadic dans l’élection présidentielle de janvier, faut-il pour autant effacer toutes les conditions à une avancée européenne de la Serbie et interdire à la Bosnie-Herzégovine de devenir un Etat digne de ce nom, ce qui résulte des concessions faites à Milorad Dodik ?

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