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Nouvel échec d’une réunion des 6 partis dirigeants de la BH

dimanche 31 août 2008


La réunion des six partis politiques censés former les majorités au pouvoir en BH et dans ses deux entités, qui s’est tenue le 23 août à Sarajevo en présence du Haut-Représentant Miroslav Lajcak, s’est achevée sur un résultat nul. L’accord n’a pu être trouvé sur aucun des cinq points à l’ordre du jour : la mise en œuvre des réformes nécessaires à l’application de l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’UE, le recensement de la population, la réalisation des objectifs fixés par le dernier Conseil de mise en œuvre des accords de Dayton, la réforme constitutionnelle, le projet de loi d’interdiction du déni de génocide.

Le Haut-Représentant s’est néanmoins félicité de ce que les participants à la réunion aient eu l’occasion de se parler, approuvé en cela par le président du SDA Sulejman Tihic, parti hôte, qui a estimé que des échanges directs étaient préférables à des communications par l’intermédiaire des médias. Une nouvelle réunion est programmée pour le mois d’octobre.

Outre les désaccords fondamentaux qui séparent les soi-disant partenaires sur l’existence ou les compétences des entités et rendent impossible toute révision constitutionnelle, des sujets tels que le statut juridique des biens de l’Etat (propriété de l’Etat ou des entités), les questions à poser à l’occasion du recensement ou le déni du génocide, soulèvent chacun des oppositions insurmontables. Les dirigeants de la RS exigent par exemple, malgré l’avis contraire du Haut-Représentant, que le recensement, prévu pour 2011, fasse état de l’appartenance ethnique, de la religion et de la langue, ce que ceux de la Fédération interprètent comme l’entérinement de la purification ethnique et la justification d’une future sécession de la RS. Milorad Dodik pose, par ailleurs, comme condition à une loi sur l’interdiction du déni de génocide, la reconnaissance préalable de celui commis par les Oustachis pendant la dernière guerre mondiale, ce dont les autres ne se considèrent pas comptables.

L’adhésion à l’UE demeure l’objectif commun de tous les dirigeants bosniens, mais pour le moment, seules 9 des conditions, sur les 30 imposées par la Commission pour que son rapport de novembre soit positif, ont été remplies. A plus long terme, la nécessaire révision constitutionnelle se présente comme irréalisable.

Seule pourrait changer la donne une intervention internationale, celle même qui, avec les accords de Dayton, est à l’origine de l’incohérence et de l’impuissance des institutions bosniennes. C’est ce que demande, avec et après bien d’autres, le leader du parti HDZ 1990, Bozo Ljubic, qui invoque l’exemple du Kosovo où il a bien fallu tenir compte de l’impossibilité de trouver un accord entre Serbes et Albanais.

Devant le constat de l’inertie de l’Union européenne, illustrée par l’actualité, certains en Bosnie, s’en prennent à espérer de nouvelles initiatives américaines, se fondant notamment sur le rôle que pourrait jouer le possible nouveau vice-président Joe Biden, qui a démontré dans le passé sa connaissance des Balkans et sa volonté d’engagement pour résoudre les problèmes de la région. On est là.

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