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La BH en régression

mardi 24 avril 2007


La Bosnie-Herzégovine, ligotée par le système des accords de Dayton qui lui a été imposé par la "Communauté internationale", se retrouve dans la situation de tension qui avait précédé l’éclatement de la guerre provoqué par le régime de Milosevic et ses alliés locaux. La différence est que la présence internationale et l’affaiblissement de la Serbie empêchent un nouveau recours aux armes et que seules des joutes verbales mettent aux prises les tenants de conceptions politiques opposées, contraints de cohabiter dans les coquilles vides nommées "présidence", "gouvernement" ou "parlement" communs.

Pour l’heure, l’actualité est dominée par les conséquences que continue de produire l’arrêt de la Cour Internationale de Justice du 26 février, du fait de la reconnaissance confirmée du génocide de Srebrenica et des responsabilités mises au compte, à des titres divers, de la Serbie et de la RS.

C’est ainsi que le membre serbe de la Présidence collégiale, Nebojsa Radmanovic a mis son veto à une résolution adoptée par ses collègues Zeljko Komsic et Haris Silajdzic demandant au gouvernement de Belgrade de se plier à l’arrêt de la Cour en arrêtant Ratko Mladic, toujours en cavale en Serbie. L’Assemblée nationale de RS a apporté son appui à ce veto, en invoquant la défense d’un "intérêt national vital" de l’entité.

En ce qui concerne la question du statut de Srebrenica, posée à la lumière du même arrêt, les autorités de Banja Luka, aussi bien que les instances internationales représentée par le Haut-Représentant, ont refusé d’en discuter , au motif que cela violerait la constitution de Dayton. Le gouvernement de Milorad Dodik n’accepte d’envisager que des mesures spéciales d’aide économique en faveur de la commune. Les associations de famille des victimes, qui menaçaient de déclencher une émigration massive de la ville, ont finalement opter pour des manifestations limitées, d’occupation de tentes à Sarajevo, par quelques dizaines de personnes. Les autorités officielles s’étaient montrées hostiles à des démonstrations plus radicales.

Encore à propos de Srebrenica, des habitants bosniaques de la ville demandent que le service d’ordre de la prochaine commémoration du massacre ne soit pas assuré par la police de RS, dont le ministère de l’intérieur compterait, aux dires du vice-président de l’entité, Adil Osmanovic, 504 fonctionnaires qui ont participé au génocide. Le chef de la police criminelle de la RS a rejeté cette demande. Un autre différend oppose les autorités locales serbes de Bratunac, aux familles de 100 victimes bosniaques, qui veulent inhumer leurs proches près la mosquée de la ville. La municipalité, soutenue par le gouvernement de Banja Luka, y voit une provocation suscitée par le Reis Mutafa Effendi Ceric, accusé de vouloir entretenir les conflits politico-religieux. Elle propose que les corps soient enterrés à Potocari.

Dans un climat empoisonné par ce genre d’affaires qui apparaissent à tout bout de champ, les problèmes des réformes nécessaires qui ne se réalisent pas, comme celles de la police et de la constitution, pour ne citer qu’elles, demeurent en l’état et le rêve d’Europe s’estompe .Devant cette carence, les autorités internationales en place à Sarajevo, ou depuis leurs bureaux de Bruxelles et de Washington, répètent à satiété qu’il revient aux Bosniens eux-mêmes de s’entendre pour sortir des impasses, comme si ce n’était pas ces autorités internationales qui les avaient condamnés à la paralysie.

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