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Réunion du Conseil de mise en oeuvre des accords de Dayton

mercredi 20 juin 2007


Le Conseil de mise en oeuvre des accords de Dayton (PIC), réuni les 18 et 19 juin à Sarajevo en présence des membres de la Présidence collégiale bosnienne et du Premier ministre du gouvernement central a confirmé les positions de la Communauté internationale vis-à-vis de la Bosnie-Herzégovine, exprimées dernièrement dans le discours d’adieu du Haut-Représentant sortant Christian Schwarz-Schilling.

La déclaration adoptée peut se résumer ainsi :

- la grave crise que traverse la BH incombe à ses dirigeants et principalement, bien qu’ils ne soient pas nommés, à Milorad Dodik et à Haris Silajdzic, considérés comme symétriquement responsables de la montée de la "rhétorique agressive" qui mine la situation politique du pays et empêche tout progrès.

- la Communauté internationale ne tolèrera aucune atteinte aux accords de Dayton et ne restera pas passive à l’égard d’éventuels déclarations ou actes contraires, ce qui sous-entend l’autorisation donnée au nouveau Haut-Représentant Miroslav Lajcak d’user, le cas échéant, de ses "pouvoirs de Bonn" ( révocations ou prises de décision à la place des autorités bosniennes)

- l’arrêt de la CIJ du 26 février ne concerne que la plainte de la BH contre la Serbie. La responsabilité de celle-ci dans la perpétration du génocide de Srebrenica , de même que l’existence avérée de ce génocide, n’imposent aucune obligation d’amender la Constitution de la BH incluse dans les accords de Dayton.

- c’est dans cette optique que doit être trouvée une réponse aux demandes formulées par les habitants bosniaques de Srebrenica, qui doit consister en une amélioration morale et matérielle de leurs conditions de vie,mais non dans une séparation de la RS.

- les réformes posées comme préalables à la conclusion d’un Accord de stabilisation et d’association avec l’UE, et d’abord celle de la police, ne dépendent que des efforts des dirigeants bosniens, dont le Conseil regrette qu’ils manquent de l’esprit de compromis indispensable pour parvenir à des résultats. Il en va de même pour ce qui est de la reprise des discussions sur la réforme constitutionnelle embourbée depuis le rejet du projet initial en 2006, que le Conseil souhaiterait voir repris comme base de départ.

Sous l’apparence de l’équilibre des admonestations adressées à tous les dirigeants bosniens mais, entre les lignes, surtout aux deux antagonistes principaux, c’est en fait le côté serbe qui se trouve conforté. C’est clairement le cas pour les conséquences à tirer de l’arrêt du CIJ à propos duquel le Conseil ne tient aucun compte des arguments développés dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU par les membres croate et bosniaque de la Présidence, Zeljko Komsic et Haris Silajdzic, sur l’illégitimité de la RS comme fruit d’une épuration ethnique et d’un génocide. Les représentants de la Communauté internationale tiennent la division ethnique de la BH comme définitivement acquise.

Les dirigeants de la RS bénéficient dès lors d’un immense avantage par rapport à leurs homologues de la Fédération :

- arc-boutés à la lettre des accords de Dayton que la "Communauté internationale’ ne veut pas remettre en question, il leur suffit de défendre un statu quo qui leur convient parfaitement.

- Milorad Dodik n’a, par ailleurs, rien à craindre de ses rivaux dans l’entité, qu’il a réduit à la portion congrue, car aucun ne le conteste dans la défense des "intérêts nationaux" serbes, alors que la scène politique de la Fédération est fragmentée entre formations bosniaques, croates et antinationalistes, chacune d’elles étant, de surcroit,divisée entre tenants de lignes ’dures" et "modérées"

De plus, la conjoncture internationale, européenne et régionale favorise une politique d’apaisement à l’égard du nationalisme serbe, supposée de nature à calmer les remous que provoquera l’accession du Kosovo à son indépendance. C’est même Carla Del Ponte qui demande le report de cette indépendance dans l’attente de l’arrestation de Mladic et de Karadzic !

Ce climat n’est évidemment pas propice à un renversement de la politique des tuteurs de la Bosnie-Herzégovine, pour doter ce pays d’un Etat à même d’assurer sa survie .Il faudrait , à partir du 2 juillet, au nouveau Haut-Représentant Miroslav Lajcak, beaucoup d’habileté, de volonté et d’appui pour tenter d’opérer les redressements nécessaires.

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