Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Informations > sur la B.H. > Srebrenica, Mladic, Lukic et Cie

Srebrenica, Mladic, Lukic et Cie

mardi 5 avril 2005


Le gouvernement de la Republika Srpska a déclaré, dans un communiqué du 31 mars, qu’il avait transmis aux procureurs de B.-H. et au bureau du Haut-Représentant une liste de 892 personnes suspectées d’avoir participé au massacre de Srebrenica et titulaires de fonctions à différents niveaux du gouvernement et de l’administration de l’entité serbe. Il a accompli cet acte en exécution d’une recommandation de la Commission d’enquête sur Srebrenica formée par le gouvernement de Banja Luka, qui avait reconnu que près de 8000 Bosniaques avaient trouvé la mort dans ce massacre.

Les autorités de la RS, qui considèrent qu’elles démontrent ainsi leur détermination à respecter leurs engagements, devraient maintenant, en bonne logique, prendre les mesures qui s’imposent à l’encontre des hommes politiques et des fonctionnaires qui figurent sur cette liste, qui n’a pas été rendu publique. On suppose que certains d’entre eux occupent encore des postes élevés. Le Président de la R.S. Dragan Cavic invoque en tout cas pour les suspects la présomption d’innocence et le droit de se défendre.

Smail Cekic, membre bosniaque de la Commission sur Srebrenica, a provoqué de forts remous en affirmant que 28.000 (vingt-huit mille) personnes avaient été identifiées dans le rapport, comme ayant été impliquées dans la préparation et la conduite du massacre, ce qui est vivement contesté du côté serbe et suscitera certainement d’autres réactions et mises au point.

Au même moment, c’est le ministre des affaires étrangères de Serbie-Monténégro, Vuk Draskovic, qui exprime sa conviction, dans un entretien publié le 5 avril par le « Financial Times » que les services secrets serbes « savent où se trouvent Ratko Mladic ». Accès de franchise ou (et) épisode de la lutte pour le pouvoir qui oppose entre eux les dirigeants serbes, cette révélation d’un secret de Polichinelle n’en constitue pas moins un embarras de plus pour le gouvernement de Belgrade, qui venait de donner un nouveau gage de sa « bonne volonté » en faisant partir à La Haye le général de police Sreten Lukic, tandis que l’un de ses co-inculpés pour crimes commis au Kosovo, le général Nebojsa Pavkovic, disparaissait sans laisser d’adresse, comme l’avait fait, avant lui, un autre membre de ce groupe, le général Vlastimir Djordjevic, peut-être à l’abri en Russie. Leur quatrième compagnon d’inculpation, le général Vladimir Lazarevic, qui s’était rendu volontairement dans un geste "patriotique", a été mis en liberté provisoire par le TPI et est retourné à Belgrade, dans l’attente de son procès.

Toutes ces péripéties se déroulent à l’approche des décisions que doivent prendre les instances de l’Union européenne et de l’OTAN concernant les processus d’adhésion de la Bosnie-Herzégovine et de la Serbie-Monténégro aux institutions euro-atlantiques.

Association Sarajevo


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP