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Mladic sur les écrans

vendredi 12 juin 2009


Les images de Mladic diffusées par la télévision bosnienne FTV dans la nuit du 10 au 11 juin, qui le montrent libre de ses mouvements en diverses occasions, souvent festives, ont fait le tour du monde. Si pour la plupart des gens abreuvés de nouvelles en tout genre, il ne s’est agi que d’un rappel de souvenirs dérangeants mais destinés à être vite oubliés, ces vidéos ont fortement impressionné le public en Bosnie, d’autant plus que le producteur de l’émission dit avoir la preuve que certaines d’entre elles avaient été réalisées fin 2007 ou 2008.

Cette dernière assertion est vigoureusement réfutée en Serbie, car si elle s’avérait vraie, elle signifierait que la protection dont bénéficiait Mladic sous Milosevic et Kostunica a perduré après la victoire des forces dites "démocratiques et proeuropéennes" conduites par le Président Boris Tadic. Le ministre responsable de la coopération avec le TPIY, Rasim Ljajic, a assuré que "Mladic se trouvait pour la dernière fois dans les locaux militaires serbes le 1° juin 2002, dans la caserne de Krcmari, près de Valjevo". Le commissaire européen à l’élargissement Olli Rehn ne met pas en doute la sincérité des dirigeants serbes. On dénonce en Serbie une manipulation pour que les Pays-Bas ne lèvent pas leur veto à la libéralisation du régime des visas pour les citoyens serbes et à l’entrée en vigueur de l’Accord de stabilisation et d’association avec l’Union européenne. La meilleure preuve de la bonne foi des autorités de Belgrade serait évidemment qu’elles arrêtent Mladic, comme leur a demandé une nouvelle fois le Procureur du TPI Serge Brammertz dans son rapport au Conseil de Sécurité du 4 juin.

En Bosnie-Herzégovine, le bras de fer engagé entre le Haut-Représentant et les dirigeants de la RS, n’a pas encore pris fin. A l’expiration, le 11 juin, du délai fixé par Valentin Inzko, Milorad Dodik et l’Assemblée de la RS n’ont pas voulu renoncer à leurs conclusions tendant au transfert vers l’entité serbe de certaines compétences actuellement détenues par l’Etat. Ces conclusions n’ont néanmoins pas été publiées au Journal officiel de la RS, ce qui les rend, pour le moment, inopérantes. Il est question que l’Assemblée transforme ces "conclusions", réputées contraignantes, en "déclaration" qui ne représenterait alors qu’une opinion ou proposition en vue de la réforme constitutionnelle à discuter, autrement dit un refus d’opérer cette réforme, ce qui est la position arrêtée et continuellement réaffirmée par Milorad Dodik.

En destituant le 8 juin deux hauts fonctionnaires de police, un Bosniaque et un Serbe, pour divers abus, le Haut-Représentant a voulu montrer qu’il n’hésitait pas à user de ses "pouvoirs de Bonn". Le Serbe Radislav Jovicic, en poste au SIPA (Agence étatique d’investigation et de protection) est accusé de s’être servi de sa position pour surveiller des représentants internationaux et notamment le Haut-Représentant et son équipe. On peut rappeler que Milorad Dodik, soupçonné de malversations, est sous le coup d’investigations de la part du SIPA et qu’il refuse de se soumettre à ses enquêtes.

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