Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Informations > sur la B.H. > Ouverture des négociations BH-UE et réforme constitutionnelle.

Ouverture des négociations BH-UE et réforme constitutionnelle.

samedi 26 novembre 2005


Le commissaire européen à l’élargissement, Olli Rehn, a marqué, le 25 novembre,l’ouverture officielle des négociations de l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec la Bosnie-Herzégovine lors d’une cérémonie tenue au parlement bosnien. Il a notamment souligné qu’il était « de la plus haute importance que la BH puisse parler d’une seule voix par l’intermédiaire de son négociateur en chef [Igor Davidovic] et que celui-ci soit capable de construire un consensus interne sur les positions à prendre ». Il a rappelé les priorités représentées par la coopération avec le TPI, la mise en place de la réforme de la police et les progrès à réaliser dans le système de radiotélévision publique. Il a abondé dans le sens des exhortations lancées de toutes parts sur la nécessité de changements constitutionnels. Il a indiqué que ces négociations pourraient aboutir en 2006. Les experts avancent que l’adhésion de la BH à l’UE ne doit pas être attendue avant 2015.

Javier Solana a tenu le même jour à Bruxelles des propos similaires, se félicitant de ce que l’Union européenne ait pu mener dans les « Balkans occidentaux » ce qu’il considère être comme un « success story ».... Il a repris le discours général sur la nouvelle phase qui commence en Bosnie-Herzégovine, au-delà de Dayton, en développant aussi l’idée que c’était aux Bosniens de construire leur avenir, avec le soutien réaffirmé de l’Union européenne, la collaboration de celle-ci avec les Etats-Unis et l’OTAN n’excluant pas qu’elle joue un rôle propre et déterminant dans les affaires de la région.

En déclarant devant le Parlement : « A partir d’aujourd’hui, notre destin est entre nos mains », Adnan Terzic, Premier ministre de BH, a endossé cette problématique de la nouvelle ère qui s’annonce, mais la question posée est évidemment celle des différences qui apparaîtront entre l’avant et l’après, elle est de savoir si les réformes seront de l’ordre du « cosmétique » comme il est souvent dit en BH, ou du fondamental.

Pour Borislav Paravac, membre serbe de la Présidence tripartite, il s’agirait avant tout de mieux préciser les méthodes de travail de la Présidence et du Conseil des ministres, en restant dans le cadre des accords de Dayton, alors que pour son collègue bosniaque, Sulejman Tihic, ce sont les « solutions imposées par Dayton et critiquées actuellement par ceux qui les ont conçues et par les connaisseurs de la situation en BH », qui font problème. Derrière les divergences qui concernent le mode de désignation, la composition et le fonctionnement des organes communs de l’Etat, c’est la conception de la nature de l’Etat de BH qui est en cause. Pour les uns, les autorités centrales ne devraient être que l’émanation des entités qui incarnent les « ethnies » constitutives de la BH, pour les autres, elles devraient être la représentation collectivement élue par les citoyens, ceux-ci ayant le pouvoir de défendre leurs droits nationaux par des moyens autres que celui de l’identification à un territoire.

Le premier système, celui de la primauté des « entités », a été mis en place par les accords de Dayton tels qu’ils ont été appliqués. Il a amplement démontré son inefficacité et son injustice. Les représentants les plus éminents de la « Communauté internationale, y compris ceux qui l’ont imposé, viennent de le répudier, arguant qu’il n’avait été valable que pour sortir de la guerre. On pourrait leur faire remarquer qu’ils auraient pu tirer les conséquences de cette évidence bien avant le dixième anniversaire de la signature de Dayton, pourquoi pas dès le premier ou le deuxième.

En prenant position contre la création d’une troisième entité et en faveur d’une réunification assortie d’une régionalisation, l’Eglise catholique et semble-t-il la majorité des Croates de BH , ruinent encore plus la pertinence d’une division du pays sur une base « ethnique ». La « normalité » européenne exige bien que cette conception soit abandonnée. Qu’elle le soit sous une forme « révolutionnaire » ou « évolutive » importe peu, au regard du résultat attendu, celui d’une Bosnie-Herzégovine mise en état de marche.

Les doutes qui se font jour en Bosnie tiennent à ce que de nombreux observateurs s’interrogent sur la capacité des signataires du texte de Washington à combler en trois mois le fossé d’arrière-pensées, de désaccords et d’intérêts divergents qui les séparent. Beaucoup en appellent à l’intervention active de la société civile et des partis qui n’ont pas été parties prenantes de l’accord signé aux Etat-Unis, en espérant que la pression internationale ne se relâchera pas.

Association Sarajevo


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP