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Aucun progrès dans le domaine des droits de l’Homme

vendredi 17 janvier 2003


Srdjan Dizdarevic, fondateur et membre du Comité Helsinki de Bosnie-Herzégovine, lequel vient de publier un rapport sur la situation des droits de l’homme en 2002 en B-H, a déclaré qu’aucun progrès n’avait été enregistré dans ce domaine au cours de l’année dernière. Il a informé les journalistes que ce rapport évoquait les problèmes cruciaux liés aux droits de l’homme, aux problèmes des criminels de guerre, des personnes disparues, du retour, de la violence, de la discrimination, des droits humanitaires et sociaux ; ainsi qu’au rôle de la Mission de paix de l’ONU dans ce domaine. Il a néanmoins relevé certaines évolutions positives au cours de l’année dernière, tels l’amendement des constitutions des entités garantissant l’égalité des citoyens dans l’ensemble de la B-H, l’admission de cette dernière au Conseil de l’Europe et la ratification de l’accord de Rome sur l’établissement d’une Cour internationale de justice à La Haye. Il a néanmoins conclu qu’aucun progrès n’avait été réalisé en B-H dans ce domaine au cours de l’année écoulée, les efforts des autorités bosniaques et de la communauté internationale s’étant révélés insuffisants et inappropriés. "Cette dernière année a été caractérisée par de nombreuses attaques contre ceux qui sont revenus et contre les ressortissants de groupes ethniques minoritaires", a-t-il souligné. Il a ainsi cité un exemple particulièrement odieux, l’assassinat de trois membres d’une famille croate à Kostajnica, près de Konjic. "Les nationalistes s’efforcent de maintenir l’actuelle division ethnique du pays. Après les élections d’octobre et la victoire des partis nationalistes, une pression de plus en plus forte est exercée sur ceux qui rentrent au pays, ainsi que sur les membres des différents groupes ethniques". Dizdarevic a par ailleurs déclaré que le Comité d’Helsinki était préoccupé par la façon dont le Haut représentant, Paddy Ashdown, abordait le problème des droits de l’homme, en raison, surtout, de son attitude critique vis-à-vis du problème du retour. "Le Haut Représentant ne considère pas ce problème comme étant une priorité". a-t-il ajouté. Il est souligné dans ce Rapport que la plus grande part de responsabilité pour la situation critique où se trouve le pays revient avant tout aux dirigeants bosniaques qui se sont montrés incapables de résoudre les problèmes les plus brûlants, et surtout les problèmes sociaux. Le représentant du Comité Helsinki a précisé que, sept ans après la guerre, 19.000 personnes étaient toujours portées disparues et qu’il n’y avait aucune véritable volonté politique pour tenter d’élucider ce problème. " Il y a eu, en 2002, 85.000 retours, mais il reste encore 1.300.000 Bosniaques à l’étranger" a-t-il déclaré, ajoutant que 72% des retraités vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Des critiques ont par ailleurs été adressées à la SFOR stationnée en B-H qui, elle aussi, enfreint parfois certains des droits de l’homme. "Il est inadmissible que des membres de la SFOR soient aussi souvent impliqués dans des violations des droits de l’homme, ce qui va à l’encontre du mandat qui leur a été imparti par les accords de Dayton", a-t-il déclaré ; citant le cas de Sabahudin Fijuljanin détenu par la SFOR dans l’une de ses bases depuis déjà trois mois. "Si Fijuljanin est soupçonné d’être lié au terrorisme, c’est au tribunal qu’il convient de prendre une décision, en se basant sur les preuves qui lui seront présentées".

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