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A propos de la Serbie et du TPIY

Nous n’acceptons pas la cohabitation avec des crimes

Déclaration d’un groupe d’organisations de défense des droits de l’homme ,de Belgrade

lundi 1er novembre 2004


La récente décision du gouvernement serbe de ne pas livrer les généraux inculpés de crimes de guerre au Tribunal de La Haye et la promotion de livres de Radovan Karadzic et de Mirjana Markovic [épouse Milosevic] à la Foire internationale du livre de Belgrade sont les derniers en date d’une série d’exemples qui constituent :
1 une offense à l’égard des victimes des dernières guerres en ex-Yougoslavie,
2 une manipulation de l’opinion public en Serbie,
3 une atteinte à l’image internationale de l’Etat de Serbie-Monténégro.

Les activités affichées du Comité de défense des personnes suspectées de crimes de guerre, dont un membre associé de Paris, l’écrivain Milovan Danojlic, a ouvert la 29° Foire internationale du Livre, troublent l’opinion publique intérieure et internationale. Enfreignent-elles les engagements internationaux de l’Etat de Serbie-Monténégro et sont-elles autorisées par la loi. ? Engagent-elles la politique officielle de cet Etat dans la mesure où un membre de ce Comité a eu l’honneur et le privilège d’inaugurer cette Foire internationale ? Nous demandons au nom de qui il l’a fait. Au nom des victimes ou à celui des individus suspectés de crimes de guerre, qui sont recherchés par la justice internationale ?

Rappelons que des livres écrits par Mirjana Markovic et Radovan Karadzic ont fait l’objet de promotions à cette Foire et que l’on prépare des éditions complètes de leurs œuvres. Cela signifie t’il qu’il n’y a pas eu de crimes de guerre, que l’Etat de Serbie-Monténégro peut, en toute impunité, ne pas appliquer les décisions des Nations Unies et des institutions internationales ? Cela signifie t’il qu’il n’y a qu’une « vérité », celle édictée par ce fameux Comité et son représentant à Paris ? Qui est responsable et qui endossera la responsabilité de tels dérapages politiques ?

S’il est vrai que les guerres ont d’abord été engendrées dans nos têtes et que la coopération avec le TPIY est la question des questions posées à notre société, de même que le problème de la confrontation avec le passé récent conditionne notre entrée dans l’avenir, il est clair que la dernière décision du gouvernement serbe de na pas livrer les généraux est une gifle, non seulement à la communauté internationale, mais aussi et avant tout à cette partie de l’opinion publique nationale, qui exige, depuis le début, que soient assumées les responsabilités en matière de crimes contre l’humanité.

Comité Helsinki des droits de l’homme, de Serbie (Helsinski odbor za ljudska prava u Srbiji)
Centre pour une politique moderne (Centar za modernu politiku)
Cercle de Belgrade (Beogradski krug)
Comité des juristes pour les droits de l’homme (Komitet pravnika za ljudska prava)
Centre pour la décontamination culturelle (Centar za kulturnu dekontaminaciju)

Trad. Association Sarajevo


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