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Manifestation en faveur des réfugiés de Srebrenica en Suisse

mercredi 8 septembre 2004


CONTRE LE RENVOI DES REFUGIES DE SREBRENICA !
MANIFESTATION SAMEDI 11 SEPTEMBRE, 14 h,
Place de la Palud, LAUSANNE

"Ils n’ont qu’à retourner à la maison" disent les politiciens comme Blocher qui veulent ignorer que leurs maisons ne sont plus que des tas de ruines, que Srebrenica appartient aujourd’hui à ceux qui ont massacrés 10.000 personnes en juillet 1995, soit un quart de la population qui s’était repliée dans la "zone protégée de Srebrenica" dans l’est de la Bosnie.

Trahissant son Accord de protection de mars 1993, conclu en échange du désarmement des résistants bosniaques, l’ONU a décidé en mai 1995 de ne pas défendre Srebrenica et de fait, lorsque les préparatifs de l’offensive serbe ont été visibles, début juillet, rien n’a été tenté pour l’empêcher. Pourquoi ?

La population de Srebrenica a été sacrifiée pour permettre l’acceptation par l’opinion publique occidentale des bombardements de l’OTAN contre des positions de l’armée serbe en Bosnie, la levée du siège de Sarajevo (octobre 1995) et la conclusion des Accords de Dayton (fin 1995) qui ont consacré la division de la Bosnie en deux.

Dans cette division, la région de Srebrenica a été scandaleusement attribuée à la "République serbe de Bosnie", alors même que ses promoteurs sont inculpés par le TPI de la Haye pour crimes de génocide. Les deux principaux criminels : Karadzic et Mladic jouissent toujours de scandaleuses protections qui retardent leur arrestation.

Malgré la reconnaissance par Kofi Annan, de graves erreurs de l’ONU (Rapport AG de l’ONU de novembre 1999), l’ONU n’a rien entrepris pour le dédommagement des victimes. C’est pourquoi notre Association appuie la requête en dommages & intérêts présentée par l’avocate de Toulouse Agnès Casero auprès de l’ONU à l’issue de notre 5ème. Marche commémorative du génocide de Srebrenica, en juillet 2004.

Une trahison de plus !

Les 151 réfugiés de Srebrenica ressentent l’ordre de partir comme une nouvelle trahison. En effet, les autorités fédérales ont, depuis la création de notre Association au début 2000, refusé toute entrée en matière sur la préparation en partenariat d’un retour volontaire.

Notre Association a par exemple organisé en avril 2002 à Genève une Rencontre entre une vingtaine d’Associations de Bosnie, de France et de Suisse, consacrée aux conditions du retour. En priorité : réhabilitation de la République de Bosnie-Herzégovine (dont l’indépendance a été reconnue en mai 1992 par l’ONU et l’UE) et donc suppression des Entités ("Fédération" et "République serbe").

Ayant pris note du refus de Berne de les aider à réunir les conditions de retour, les réfugiés se sont maintenant fait à l’idée de s’intégrer ici. L’ultimatum de Blocher et du Conseil d’Etat vaudois imposant subitement, en juillet 2004, des renvois arbitraires aux réfugiés, (la moitié acceptés, l’autre moitié renvoyés) ne pouvait donc qu’être malvenu.

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs :

La division du pays en deux n’est pas viable. Si les Accords de Dayton ont mis fin à la guerre de 1992-95, ce n’est pas encore un pays en paix : les institutions ne fonctionnent qu’au ralenti, l’économie est en panne, la misère est endémique,

La région de Srebrenica a été abandonnée à la "République serbe", dont les promoteurs ont ordonné le massacre de la population qui y était majoritaire, (dénommée "Musulmane" entre 1976 et 1993). Srebrenica, était en 1980-90 une des cinq régions les plus riches de Bosnie grâce aux ressources de son sous-sol. C’est aujourd’hui presque une ville-fantôme.

S’il existait une volonté internationale de réparer les erreurs commises et d’inviter ses anciens habitants d’y retourner, la première condition est la réhabilitation de la République de Bosnie-Herzégovine et la suppression des deux Entités, particulièrement la "République serbe", la deuxième condition, le dédommagement des victimes par la Serbie et l’ONU, la troisième condition est le lancement d’un véritable plan de développement économique axé sur la mise en valeur des ressources minières (bauxite, or, argent, plomb). Les projets actuels (cultures de petits fruits) ne peuvent pas inverser la paupérisation.


Association des survivant(e)s de la Drina-Srebrenica c/o
IAS-Maison des Associations
15, r. des Savoises, 1205 Genève.
Tél. 078/846.32.32 ou 078/675.04.77 ou fax 022/349.35.67


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