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La commémoration de Srebrenica

dimanche 13 juillet 2003


Une foule imposante - de 10.000 à 20.000 personnes selon les évaluations des agences de presse internationale - est venue se recueillir à Srebrenica en commémoration du massacre commis par les forces serbes en juillet 1995. A cette occasion, 300 corps de victimes identifiées, âgées de 14 à 75 ans, ont été mis en terre au cimetière de Potocari, auprès des dépouilles de 600 autres inhumés en mars. On peut rappeler que sur les 8.000 massacrés, 5.000 ont été exhumés et seulement 1.600 identifiés.

Pour la première fois, un Premier Ministre de la R.S. a assisté à la cérémonie. Dragan Mikerevic a notamment déclaré que « le temps était venu de parler de tout ce qui était arrivé dans cet espace », qu’il « était là pour rendre hommage aux victimes » et qu’il « souhaitait un meilleur avenir, dans la réconciliation ».

Ce geste et ces bonnes paroles, dont il faut prendre acte, n’empêchent que, pour reprendre les termes de la dépêche du correspondant de l’AFP, « la plupart des membre de la communauté serbe de Bosnie refuse toujours de reconnaître qu’un massacre a eu lieu alors que les autorités serbes de Bosnie minimisent le nombre de victimes ». Le lendemain de la cérémonie de Srebrenica, tous les dirigeants de la R.S. et les dignitaires de l’Eglise orthodoxe célébraient la mémoire des victimes serbes de la guerre, et particulièrement celle des villageois des environs de Srebrenica, tués selon leurs dires, par les « bandes » de Naser Oric. Le Tribunal de La Haye dira ce qu’il en est des faits reprochés à celui-ci, mais le trait d’équivalence tiré entre les responsabilités et les crimes des uns et des autres,aboutit en fait à laver de toute culpabilité particulière les auteurs principaux du crime majeur qu’a été le déclenchement des guerres yougoslaves, dont l’horreur à atteint un paroxysme à Srebrenica. Malgré toutes les critiques portées à la forme et aux procédures de la justice du TPI, les débats de La Haye confirment, jour après jour, l’évidence du caractère criminel de la politique des dirigeants de Belgrade et de leurs complices de Bosnie, comme aussi de la tolérance dont ils ont bénéficié de la part de certains cercles étrangers.

La mise en cause de la France, renouvelée par Milosevic à La Haye au travers de l’affaire des pilotes français libérés en échange d’une promesse présumée d’impunité à Mladic, est un aspect de la question. Et si la parole de Milosevic ne peut être que douteuse, les démentis de l’Elysée ne suffiront pas à lever des soupçons justifiés par la politique que la France a menée avec constance dans la région, avec quelques inflexions selon la période et l’autorité en fonction.

L’impunité de Karadzic et de Mladic demeure un des principaux obstacles à l’ enclenchement du processus de réconciliation évoqué par le Premier Ministre de la R.S. En sont responsables, à égalité, les dirigeants serbes, de Serbie et de Bosnie, et les puissances étrangères, de l’Europe et des Etats-Unis, qui disposent, toutes et réunies, des moyens de faire exécuter les demandes réitérées de la procureure du TPI.

Pour ce qui concerne la scène intérieure bosnienne, on comprend l’exaspération que provoque le double langage des dirigeants de la RS. L’article de Gojko Beric, publié sur ce site,en est un exemple.

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