Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Analyses et commentaires > Europe du Sud-Est > Mise en garde de Lajcak à Dodik

Mise en garde de Lajcak à Dodik

jeudi 23 août 2007


Le Haut-Représentant Miroslav Lajack vient d’adresser une vigoureuse mise en garde au Premier ministre de la RS, Milorad Dodik, à la suite des récentes déclarations de celui-ci, qu’il a qualifiées d’"incendiaires", concernant le statut de l’entité serbe au sein de l’Etat de BH. Il a notamment visé une interview du 20 août de Milorad Dodik à la Télévision de Banja Luka, dans laquelle il opposait le caractère permanent de la RS à celui, sous-entendu provisoire, de la BH. Le dirigeant de la RS ne faisait d’ailleurs que reprendre maintes autres affirmations de ce type,égrenées depuis des mois ou des années , pour s’opposer aux réformes qui renforceraient les autorités centrales de l’Etat bosnien. Il s’agissait une nouvelle fois de défendre le caractère propre de la police de RS et, aussi, de répondre à de récents propos des ambassadeurs d’Allemagne et des Etats-Unis, qui préconisaient des modifications constitutionnelles en ce sens, avec des termes de "nation" commune pour le premier et d’Etat "unitaire" pour le second, assez détonants dans le contexte bosnien.

Milorad Dodik n’a jamais caché son désintérêt à l’égard de la Bosnie-Herzégovine et son attachement prioritaire à la Serbie, mais ses derniers propos marquent un degré supplémentaire dans l’escalade à l’extrême que le nouveau Haut-Représentant a voulu relever, pour condamner des déclarations qui "mettent en question la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine au détriment des efforts engagés par le pays pour continuer les réformes et intégrer les institutions euro-atlantiques". Il a indiqué que la "Communauté internationale ne restera pas passive face à des déclarations et actes provocateurs".

Cette réaction intervient alors qu’on s’attend à ce que Miroslav Lajcak prenne des initiatives en septembre pour tenter de débloquer la réforme de la police et relancer celle de la constitution, ces questions ayant fait l’objet de nombreux entretiens, débats et prises de position au cours de l’été, dans des formulations qui ne varient guère et avec des propositions toujours aussi contradictoires. On annonce depuis des semaines la publication prochaine d’une déclaration commune des partis d’appellation croate, dont on sait juste qu’ils se prononceront contre le maintien du système des deux entités, qu’ils jugent préjudiciable aux droits de la composante croate de la Bosnie-Herzégovine, Etat dont ils ne contestent pas la légitimité et qu’ils reconnaissent dans son intégralité.

Sans préjuger de l’accueil et des suites qui seront donnés aux propositions du Haut-Représentant, il est sûr qu’on ne pourra abstraire la Bosnie-Herzégovine de la situation générale de la région telle qu’elle se présentera dans le contexte du règlement du problème du Kosovo. De ce point de vue, et faute d’un accord aux Nations-Unies du fait de l’opposition de la Russie au plan Ahtisaari, on ne peut être que très pessimiste quant aux répercussions des événements qui affecteront le Kosovo et la Serbie, avec leurs inévitables répercussions en Bosnie, préfigurées par les déclarations "incendiaires" de Milorad Dodik. Le rapport de l’ICG du 21 août lance à ce sujet un cri d’alarme (Voir : www.crisisgroup.org) De nouvelles épreuves guettent la région et l’on doit, une nouvelle fois, regretter la faiblesse de l’Union européenne face aux positions d’une Serbie aveugle, incapable de tirer les leçons du passé .Il faudrait, pour le moins, clairement exposer aux dirigeants de Belgrade, et accessoirement de Banja Luka, qu’il ne saurait être question, pour eux, d’intégration européenne s’ils n’acceptent pas de prendre acte, une fois pour toutes, de la défaite de la politique de guerre de Milosevic menée au nom du nationalisme serbe, politique qui a conduit à la désintégration de la Yougoslavie et à la réduction de la Serbie a son territoire actuel, qui ne comprend ni le Kosovo, ni la RS.

Association Sarajevo


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP