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L’Union européenne et la réforme de la police de BH

vendredi 23 mars 2007


L’orientation des autorités européennes vers un appui aux gouvernants de Belgrade et de Banja Luka vient de se confirmer par le soutien que leurs représentants en Bosnie-Herzégovine ont apporté à la dernière proposition de Milorad Dodik pour régler le problème de la réforme de la police. Le Premier ministre de la RS propose de maintenir la police de la RS, avec son nom, son organisation territoriale, ses compétences et son attachement au gouvernement de Banja Luka, en l’intégrant comme telle dans le système de sécurité de l’Etat central de BH. Ce qu’il appelle "compromis" revient en fait à reconnaître l’existence de deux polices dans la police comme les accords de Dayton ont établi deux Etats (au moins) dans l’Etat, avec les conséquences que l’on connaît.

Les dirigeants des principaux partis de la Fédération, SDA, SBiH et SDP, se refusent pour le moment à accepter ce qu’ils estiment contrevenir aux principes de la réforme qu’avait édictés Bruxelles , d’autant plus qu’il leur paraît intolérable que la police de la RS se voie légitimée au lendemain de l’arrêt de la CIJ qui a authentifié le crime de génocide commis par les forces armées de la RS à Srebrenica. On relèvera à ce sujet une récente déclaration du Président de l’entité serbe, Milan Jelic, qui se contente, à propos de Karadzic et de Mladic de répéter :" Nous ferons tout, dans la prochaine période, pour amener les inculpés par le TPIY à se rendre eux-mêmes dans un geste de bonne volonté et pour aider leur propre peuple". Il y a, dans cette disposition d’esprit, beaucoup à attendre de l’efficacité d’une police sous contrôle de la RS.

Le principal souci de la diplomatie européenne dans les Balkans ne semble pas être celui d’instaurer les conditions d’un Etat viable en Bosnie-Herzégovine. Il s’agirait plutôt de concéder le plus possible aux Serbes pour les calmer de la "perte" du Kosovo, au prix des pires reculades au détriment des principales victimes des guerres de Milosevic, dans l’oubli que la politique d’apaisement à l’égard du nationalisme serbe a fait amplement ses preuves. Comme la reprise des négociations entre l’UE et la Serbie pour la signature d’un Accord de stabilisation et d’association paraît proche et qu’il serait honteusement paradoxal que la Serbie se rapproche de l’UE plus vite que la BH, on comprend que Bruxelles tente d’imposer à la hâte et à tout prix n’importe quelle réforme de la police, pourvu qu’elle permette la conclusion rapide de cet accord avec la BH. Peu importerait qu’un faux compromis sur la police se révèle aussi désastreux que le faux compromis de Dayton, pourvu que les apparences soient sauves.

Dans la Fédération, la lenteur et les difficultés de la formation d’un gouvernement, qui semble maintenant en vue, prouvent par ailleurs que l’accord de Washington, qui avait mis fin en mars 1994 aux combats entre Croates et Bosniaques, est un autre facteur de paralysie de la machine politique bosnienne.

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