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Nouveaux charniers, nouvelles injonctions

vendredi 5 novembre 2004


De nouveaux charniers ne cessent d’être mis à jour en Bosnie-Herzégovine. Le dernier qui vient d’être découvert a déjà « rendu » les restes de 400 victimes de la purification ethnique opérée dans la région de Prijedor au début de la guerre. Il s’agit de personnes qui avaient été emprisonnées dans le camp de concentration d’Omarska, pour la plupart membres de l’intelligentsia croate et musulmane de Prijedor, Sanski Most et de leurs alentours. Les documents personnels qui ont été retrouvés permettront de faciliter l’identification de ces victimes.

Ces exhumations interviennent alors que le rapport bosno-serbe sur le massacre de Srebrenica, qui constitue un aveu complet du crime accompli, est en cours d’examen par la Commission des droits de l’homme de la Cour constitutionnelle de B.-H., avant son renvoi, pour adoption, à l’Assemblée de la Republika Srpska.

C’est devant cette Assemblée que le Haut-Représentant Paddy Ashdown a prononcé, le 2 novembre, un discours qui s’apparente à une mise garde aux députés de l’entité, quant aux conséquences que pourraient avoir le refus persistant des autorités de Banja Luka de se conformer effectivement à leur obligation de collaborer avec le Tribunal de La Haye, en arrêtant et livrant les criminels inculpés par le TPI, en premier lieu Karadzic et Mladic. Aux représentants de la Republika Srpska, qui se réclament de l’accord de Dayton pour maintenir le statu quo constitutionnel en B.-H., il a opposé que ce même accord les obligeait à appliquer la clause qui leur impose de coopérer pleinement avec le TPI. Soulignant la nécessité de réformer le fonctionnement des institutions pour rendre le pays viable et en état d’adhérer aux organisations euro-atlantiques, il a rappelé que toute modification constitutionnelle requérait l’accord de ses 3 peuples constituants, sous-entendant pourtant que cette assurance impliquait le respect de l’ensemble de l’accord de Dayton. Le Haut-Représentant a clairement placé les autorités de la R.S. devant leurs responsabilités en déclarant qu’elles étaient les seules, en ex-Yougoslavie, à n’avoir procédé à aucune arrestation de criminel de guerre poursuivi par le TPI. Il leur a donné jusqu’à la fin de l’année pour s’exécuter.

Carla del Ponte vient, une fois de plus, de tenir ce même discours de fermeté dans une adresse au Conseil de l’OTAN réuni à Bruxelles, en visant nommément Karadzic, Mladic et Gotovina, c’est-à-dire les gouvernements de Banja-Luka, Belgrade et Zagreb.

Ces injonctions et objurgations répétées, auxquelles on pourrait ajouter, pour compléter l’actualité, de récentes déclarations de Doris Pack, à la tête d’une délégation d’euro-députés en visite en Bosnie-Herzégovine ou du général britannique David Leakey, commandant d’Althéa, la force militaire européenne qui prendra le 2 décembre la succession de la SFOR, rappellent la litanie des vaines recommandations internationales qui ont jalonné les guerres yougoslaves des années 90. Elles sont restées vaines jusqu’aux jours où il a bien fallu prendre des décisions, toujours trop tardives. En sera-t-il de même cette fois encore ?

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