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Nouveau gouvernement à Banja Luka. Discussions à Sarajevo

vendredi 3 mars 2006


L’Assemblée de la RS a investi, le 28 février, le gouvernement formé par le leader du SNSD (sociaux-démocrates indépendants) Milorad Dodik. Il comprend huit autres ministres de ce parti, trois du PDP (deuxième parti de la RS, classé comme « modéré »), cinq de petites formations ou d’indépendants de la RS, un du SDA et deux du SBiH (parti pour la Bosnie-Herzégovine, fondé par Haris Silajdzic). Le SDP de Zlatko Lagumdzija a refusé de participer à ce cabinet en raison d’un désaccord avec le nouveau Premier ministre sur des attributions de portefeuilles. Le SDS, principal parti nationaliste de l’entité, se retrouve dans l’opposition. Milorad Dodik s’est donné comme priorités le redressement de la situation économique et la lutte contre la criminalité ; il s’est engagé à collaborer avec le TPI. Les partis issus de la Fédération attendent de lui une amélioration de la situation des citoyens bosniaques et croates de l’entité.

A Sarajevo, en dépit des fortes pressions exercées par les diplomates occidentaux, américains en tête, l’accord sur les changements à apporter à la constitution de Dayton n’a pas été conclu D’une part, l’un des huit partis signataires de la déclaration de Washington du mois de novembre 2005, le SBiH (Parti pour la BH), s’est retiré des discussions, refusant de cautionner ce qu’il considère comme une légitimation de la division ethnique du pays par le maintien de deux entités, d’autre part le HDZ rejette la clause de l’accord projeté concernant le mode de désignation des membres de la Présidence, défavorable, selon lui, à la partie croate. Le point litigieux a été renvoyé, pour consultation, à la Commission de Venise du Conseil de l’Europe, qui suit les questions constitutionnelles au niveau européen.

L’affaire de la révision constitutionnelle provoque de très vives polémiques en Bosnie-Herzégovine. Elle divise profondément les partis de la Fédération, ceux de la RS étant unis sur une position dont ils ne démordent pas, qui est l’existence de leur entité, dont ils acceptent une limitation des compétences, mais non son abolition dans le cadre d’une restructuration territoriale de la BH. Ils sont également attachés à la sauvegarde du pouvoir de blocage, au sein du Parlement, d’une fraction des représentants d’une entité.

Les Etats-Unis, comme les Européens, se refusant,dans la conjoncture balkanique actuelle, de revenir en profondeur sur les accords de Dayton, les formations politiques de la Fédération se trouvent devant un choix : ou bien elles tiennent compte de cette réalité et misant sur une solution à long terme, elles aménagent au mieux le système actuel pour permettre l’adhésion du pays aux structures euro-atlantiques qui l’obligeront à s’aligner aux normes de l’espace européen, ou bien elles résistent sur des positions de principe, au risque de maintenir le pays dans une paralysie permanente. L’approche des élections du mois d’octobre ne fait que renforcer les antagonismes, voire les invectives. A l’accusation de « trahison » des uns répondent les suspicions de « démagogie » des autres. Les représentants du SDA et du SDP, appuyés par une partie des médias, ne manquent pas de déceler derrière l’intransigeance du SBiH (parti pour la Bosnie-Herzégovine) les ambitions d’Haris Silajdzic, qui voudrait rentrer dans la politique active en adoptant une posture avantageuse dans la course aux présidentielles de l’automne.

Parallèlement à ces débats, ceux qui ont commencé devant la Cour International de Justice sur la plainte de la Bosnie-Herzégovine contre la Serbie, pour agression et génocide, ramènent aux racines des impasses actuelles, avec les exposés des juristes de la cause bosnienne, dont l’équipe compte parmi ses membres le professeur français de droit international Alain Pellet. Ils développeront leurs arguments jusqu’au 7 mars, après quoi ceux de la partie serbe plaideront, en premier lieu, l’incompétence de la Cour.

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