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12° commémoration du massacre de Srebrenica

vendredi 13 juillet 2007


Environ 30.000 personnes ont participé le 11 juillet, à Srebrenica, à la commémoration du massacre de 1995. Les cérémonies se sont déroulées en présence des plus hautes autorités de l’Etat et de la Fédération, avec une importante représentation internationale, en l’absence toutefois du membre serbe de la Présidence de BH. La RS n’avait délégué que des personnalités de second rang. Aucun officiel de Belgrade ne s’est déplacé, mais le Président de Serbie Boris Tadic a fait une déclaration rappelant que le 11 juillet devait être un jour de souvenir à la mémoire des victimes de Srebrenica, mais aussi de celle de toutes les autres victimes innocentes , prêchant le respect de toutes et réitérant l’engagement de la Serbie d’arrêter Mladic et Karadzic. On a pu noter qu’à l’exception de l’agence de presse "Beta" et du quotidien "Danas", les media de Serbie n’ont donné que peu d’écho à cette commémoration, dominée par le thème de la justice qui n’a toujours pas été rendue, certains intervenants, comme Haris Silajdzic, insistant plus particulièrement sur la nécessité de tirer les conséquences politiques de l’arrêt de la CIJ qui a qualifié le massacre de"génocide". Des délégations des "Femmes en noir",de Belgrade, et du Parti libéral-démocrate, représenté au Parlement serbe par 15 députés, témoignaient de la solidarité de la Serbie anti-nationaliste.

La Marche de la Paix qui a précédé la commémoration officielle et celle-ci, qui comprenait la cérémonie religieuse de l’enterrement de 465 victimes dernièrement identifiées, se sont déroulées sans incidents, sous le contrôle coordonnée de la police de RS, du SIPA (organe de sécurité de l’Etat) et de la Mission de police de l’UE. Le rencontre entre Carla Del Ponte et les associations des familles des victimes s’est passée par contre dans un climat très tendu, la Procureure en chef du TPIY ayant été vivement prise à partie par les associations de familles de victimes et notamment par Munira Subacic, Présidente des "Mères de Srebrenica. Accusée d’avoir manqué à ses promesses de faire arrêter Mladic et Karadzic et d’avoir autorisé la rétention par Belgrade de preuves qui auraient permis la condamnation de la Serbie par la CIJ. Carla Del Ponte a eu beaucoup de mal à répondre à ces attaques.

Absent de la commémoration du 11 juillet, Milorad Dodik a voulu marquer à Bratunac le 15° anniversaire de la mort, le 12 juillet 1992, dans les villages de la région,de 65 militaires et civils serbes. Il a évalué le nombre des victimes serbes de la région de Podrinje à 1.000, l’évêque de Tuzla le portant, quant à lui, à 5.000. Le Premier ministre du gouvernement de la RS a regretté que la Communauté internationale ne portait pas autant d’attention aux victimes serbes qu’aux victimes bosniaques et s’est de nouveau insurgé contre la présentation de la RS comme fruit d’un génocide. On remarquait, dans la foule des participants à la commémoration, des personnes revêtues de T-shirts ornés des portraits de Mladic, de Karadzic et du chef des tchetniks de la 2° guerre mondiale Draza Mihajlovic.

Association Sarajevo

1 Message

  • commémoration du massacre de Srebrenica

    4 août 2007 09:04, par Christophe ROUSSEL ;

    Bonjour.

    Avocat en Alsace,membre de la Ligue des Droits de l’Homme, je suis amené depuis quelques années à soutenir les dossiers de nombreux demandeurs d’asile dont la plupart sont des ressortissant de l’ex-yougoslavie, notamment de Bosnie Herzégovine.

    La commmémoration du génocide de Srébrénica est quasiment passée inaperçue dans les médias français (en tout état de cause aprés le Tour de France) comme si il convenait "d’oublier" qu’il s’agit du génocide européen le plus important depuis la seconde guerre mondiale. L’arrêt récent de la CIJ, éludant toute forme de responsabilité de la commmunauté internationale, à également participé à cet oubli, portant un atteinte supplémentaire à la souffrance et la dignité des milliers de familles de victimes.

    Que l’initiative de ma consoeur de Toulouse Agnés CASERO soit saluée, il ya des combats indispensables à mener, plus politiques que juridiques. Lorsque je reçois dans mon bureau tous ces demandeurs d’asile de Bosnie (venant aussi du Kosovo, de Serbie et d’ailleurs, fuyant les persécutions dont sont encore l’objet leurs communautés), je vois des visages d’hommes et de femmmes qui ne comprennnent plus. Ils ne comprennent plus que la Bosnie soit désormais considérée comme un "pays sûr" alors qu’il existe encore de sérieux problémes de discriminations et de violations des droits de l’homme au sein de l’entité serbe de Bosnie à l’égard des réfugiés qui souhaitent revivre dans leur région d’origine, sans compter le développement de l’extrémisme religieux en fédération croato-musulmane. Toutes ces informations nous sont fort heureusement transmises par des associations vigilantes telles qu’Amesty Internationale parce que rien ne filtre des médias français, comme si il fallait considérer aujourd’hui que l’Europe est une vitrine contenant un certains nombre d’hypocrisies qu’il est de bon ton de ne pas briser. Les bosniaques demandeurs d’asile ne comprennent enfin plus que, venant d’un pays désormais "sûr", leur demande, souvent, fasse l’obet d’une procédure dite "prioritaire" faisant obstacle à la préparation approfondie de leur dossier alors que les criminels de guerre qui doivent comparaître devant le Tribunal Pénal International ont tout le loisir de s’expliquer longuement avec les moyens qu’ils entendent. Certes, il s’agit de l’exercice normal des droits de la défense, mais que ce droit soit également reconnu à ces hommes et femmes, meurtris par les tortures, marqués à vie par des viols, humiliés par les discriminations. Le sentiment de fierté n’est pas toujourd celui qui prédomine chez moi lorsque l’on me rappelle que je suis citoyen européen.


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