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Après l’annulation des "conclusions" de l’Assemblée de la RS

vendredi 26 juin 2009


Après avoir annulé, comme contraires à la Constitution de Dayton, les "conclusions" de l’ Assemblée de la RS qui visaient à transférer à l’entité des compétences actuellement du ressort de l’Etat central de BH, le Haut-Représentant Valentin Inzko a tenté de renouer le fil des discussions engagées entre les trois partis majoritaires du pays, SDA bosniaque, SNSD serbe et HDZ-BiH croate, dans le cadre du "processus de Prud", mais Sulejman Tihic a refusé de participer à la réunion qui s’est tenue le 25 juin à Sarajevo.

Le président du SDA, qui avait ardemment soutenu ce processus dans la période précédente, s’est rallié à la position hostile de la grande majorité des dirigeants politiques de la Fédération. Il estime que le maintien des exigences serbes rend ces rencontres inutiles. Le Haut-Représentant Inzko, le Premier ministre de la RS Milorad Dodik et le président du HDZ-BiH Dragan Covic, n’en ont pas moins appelé à la reprise du processus en proposant son élargissement aux huit plus importants partis du pays, majorité et opposition incluses, si ces notions ont un sens dans le paysage politique bosnien.

Il est douteux que, dans le climat politique du pays, cet appel soit entendu. Le dernier épisode de la crise laisse en effet tout le monde mécontent.

En RS, Milorad Dodik ne cesse de marteler qu’il ne renoncera pas à réclamer l’extension des compétences de son entité et qu’il réalisera ses objectifs le moment venu.

Dans la Fédération, on dénonce la faiblesse de la réaction internationale. On dit que la violation des accords de Dayton, constatée par le Haut-Représentant, aurait dû entraîner une sanction et non le simple retour au statu quo. On proteste aussi contre la venue à Banja Luka du Président de Serbie Boris Tadic, ses entretiens avec les seuls dirigeants serbes et la teneur du communiqué par lequel il déclarait sa fidélité aux accords de Dayton, son attachement à l’intégrité de la BH, avec ses deux entités, mais s’opposait aux "solutions imposées" et à l’abolition des "décisions légitimes des citoyens".Considérée par la plupart des politiques et commentateurs comme une ingérence inadmissible dans les affaires intérieures de la BH, cette interprétation est contestée par certains analystes, tels Srdjan Dizdarevic, président du Comité Helsinki des droits de l’homme de BH, ou le journaliste Selimbegovic d’ "Oslobodjenje", qui y verraient plutôt une tentative de modérer Milorad Dodik. Alors que d’importants dirigeants serbes, comme le ministre de l’Intérieur et n° 2 du gouvernement Ivica Dacic ou le ministre des Affaires étrangères Vuk Jeremic multiplient les déclarations d’intransigeance sur le Kosovo, Boris Tadic, pour préserver ses bonnes relations avec Bruxelles, n’aurait pas intérêt à une accélération de l’ escalade en BH.

C’est dans cette conjoncture que va se réunir les 29 et 30 juin le Conseil de mise en œuvre des accords de Dayton (PIC), qui devra une nouvelle fois se pencher sur la question de la fermeture du bureau du Haut-Représentant et d’une éventuelle redéfinition du rôle du Représentant de l’UE, qui serait dépourvu de tout pouvoir décisionnaire. De nombreux responsables européens, parmi lesquels Javier Solana et le ministre des affaires étrangères de Suède Carl Bildt, dont le pays va assurer pour six mois la présidence de l’UE, demeurent favorables à cette transformation de la présence internationale en BH. Souhaitée par la Russie, elle ne semble pas encore l’être par les Etats-Unis.

Dépourvue d’institutions fiables et viables, particulièrement frappée par la crise mondiale -la Fédération, minée par ses contradictions politiques, étant l’entité la plus vulnérable-, on peut imaginer ce qu’il adviendrait d’une Bosnie-Herzégovine abandonnée à son sort d’un démembrement définitif, alors que son intégration à l’UE paraît bien lointaine.

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