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Crise gouvernementale en RS

mardi 13 décembre 2005


Alors que l’arrestation de Gotovina accentue encore un peu plus la pression qui s’exerce sur les dirigeants serbes pour qu’ils mettent fin à la cavale de Karadzic et de Mladic et que les discussions sur la réforme constitutionnelle continuent de tourner en rond à Sarajevo, la RS subit une nouvelle crise gouvernementale avec la rupture du partenariat entre le SDS, parti nationaliste dominant, et le PDP du Ministre des Affaires étrangères de BH, Mladen Ivanic, réputé plus « modéré », sans que l’on sache exactement ce que cela veut dire.

Dragan Cavic, à la fois président du SDS et de RS, a fait appel à Milorad Dodik, dirigeant du SNSD (sociaux-démocrates indépendants), principal parti de l’opposition en RS, qui a le vent en poupe selon les sondages, pour constituer une nouvelle majorité parlementaire et gouvernementale dans l’entité. Milorad Dodik s’est déclaré disposé à assumer cette responsabilité à une triple condition : que soient révisées les privatisations en cours, qu’il puisse licencier 1000 à 1500 membres des services de police présumés corrompus et revoir toutes les nominations faites par l’actuel gouvernement dans l’administration et l’économie.

En attendant que le parlement de RS décide du sort du gouvernement de Pero Bukejlovic, Milorad Dodik, autre « modéré », se montre tout aussi intransigeant que ses rivaux dans la conception du rôle et des compétences respectifs de l’Etat et des entités, au centre des discussions sur la réforme constitutionnelle.

On devrait connaître le 15 décembre le résultat des consultations que mènent avec les huit partis bosniens signataires de la déclaration de Washington, le Président de l’Institut pour la Paix, Donald Hays, qui se prévaut de l’aval des Etats-Unis et de l’Union européenne. On sait d’ores et déjà qu’il est exclu qu’il en sorte un bouleversement de l’organisation institutionnelle et territoriale de Dayton, dont le vice essentiel est de faire émaner la souveraineté de l’Etat des entités et non des citoyens. Pour Safet Halilovic, président du Parti pour la BH (SBiH), un accord pour des changements mineurs ne serait acceptable que si les Etats-Unis et l’UE garantissaient qu’il ne représenterait que le début d’un processus de réformes, à poursuivre après les élections de 2006.

Les dirigeants européens, réunis à Bruxelles les 15 et les 16 décembre, pourraient avoir quelque chose à dire à ce sujet, mais on doute que l’initiative vienne de Paris, dont la dernière prise de position en faveur d’un blocage de la candidature de la Macédoine à l’UE témoigne de la largeur de vision de la diplomatie française à l’égard des Balkans. A moins que le trio présidentiel bosnien, présent à Paris pour le dixième anniversaire de la signature solennelle de l’accord conclu à Dayton, n’inspire aux dirigeants français l’audace d’affronter réellement les problèmes de la région.

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