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Avant les élections du 1° octobre

samedi 30 septembre 2006


Il a été abondamment signalé que les conditions dans lesquelles s’est déroulée la campagne pour les élections du 1° octobre, qui doivent désigner l’ensemble des dirigeants politiques de la Bosnie-Herzégovine, ne permettront pas de sortir le pays de l’impasse où il se trouve, bien au contraire.

Les commentateurs internationaux, comme en Bosnie les personnalités et les groupes qui s’efforcent d’analyser lucidement la situation, ont observé que les thèmes liés aux affirmations nationalistes ont submergé les questions économiques et sociales qu’ont tenté de poser des ONG indépendantes des partis politiques.

L’offensive « serbiste » du Premier Ministre de RS Milorad Dodik semble avoir porté ses fruits. Les sondages lui promettent un triomphe dans l’entité serbe, mais la tonalité qu’il a donnée à la campagne a entraîné la radicalisation des esprits et des revendications dans l’ensemble de la Bosnie-Herzégovine. Le journal « Dani », de Sarajevo n’hésite pas à parler de « fascisme » à propos des rhétoriques employées aussi bien par le SNSD (parti de Dodik), qu’en Fédération par le Parti pour la Bosnie (SBiH) d’Haris Silajdzic ou le HDZ 1990, (parti issu d’une scission avec le HDZ-BiH), accusé de faire revivre la ligne de division de Franjo Tudjman.

Les menaces de Dodik d’organiser un référendum de séparation de la RS de la BH, au cas où ne serait pas reconnue sa conception de la souveraineté de l’entité serbe doivent être replacées dans l’ensemble de la politique serbe, de Belgrade et de Banja Luka. L’indépendance inéluctable du Kosovo, reconnue au fond par la grande majorité des Serbes, comme en témoigne un sondage récent réalisé en Serbie qui indique que seulement 12% des personnes interrogées croient sur le Kosovo restera une province serbe, donne un prétexte à cette prétention que le Haut-Représentant Christian Schwarz-Schilling a qualifiée de totalement infondée parce qu’établissant un parallèle historiquement faux. Les dirigeants de l’entité serbe nient en effet que la RS a été créée artificiellement, par la force, ce qui ôte tout crédit à leur demande de légitimation du fait accompli, qualifié de criminel par le TPI. On a été soulagé, en RS, que le Tribunal de la Haye n’ait pas retenu le génocide dans son jugement contre Momcilo Krajisnik, condamné à 27 ans de prison pour « seulement » crimes contre l’humanité, mais cela ne change rien au fond.

La signature, à Banja Luka, quelques jours avant les élections, par les plus hauts dirigeants serbes, d’un nouvel accord de relations spéciales entre la RS et la Serbie, ressort du même mouvement d’affirmation pan-serbe. Si ce nouvel accord n’est qu’une remise en forme d’un accord de 2001, le moment a bien été choisi

Dans tout ce tohu-bohu, la promesse de perspectives nouvelles que pouvait représenter l’idée d’intégration à l’Union européenne, s’estompe de plus en plus avec le refus, maintenant clairement exprimé par Bruxelles et les capitales européennes, d’accueillir de nouvelles adhésions après celles de la Bulgarie et de la Roumanie, la Croatie préservant peut-être ses chances.

L’annonce de la fermeture en 2007 du Bureau du Haut-Représentant n’a pas peu contribué à la désagrégation accélérée de la situation, mais qui sait ce qui se produira d’ici là ?

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