Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Informations > sur la B.H. > Discours du Haut-Représentant Valentin Inzko à l’IFRI

Discours du Haut-Représentant Valentin Inzko à l’IFRI

2 mai 2011

mercredi 4 mai 2011


Le Haut-Représentant Valentin Inzko a présenté, le 2 mai à l’ IFRI (Institut français des relations internationales), un exposé sur la situation politique en Bosnie-Herzégovine. Il l’a fait à un moment où l’obstination des dirigeants de la RS à maintenir leur projet de référendum qui met en cause les institutions judiciaires centrales du pays devra le conduire à prendre des mesures appropriées pour contrecarrer cette violation des accords de Dayton dont il est le gardien. Le texte de son intervention se trouve, en anglais, sur le site du bureau du Haut-Représentant : www.ohr.int.

Si ce discours n’apporte aucun élément proprement nouveau sur le constat et les causes du blocage du système institutionnel et politique bosnien qui sont maintenant établis, il retient toutefois l’attention de par la personnalité de son auteur, représentant de la Communauté internationale et de l’UE en BH et par la franchise de ses propos. C’est par exemple, dans une phrase, l’affirmation que dans la confrontation des conceptions de la démocratie en BH entre "principe ethnique" et "principe civique", il serait souhaitable que l’UE prenne parti pour le second. C’est encore, quoique exprimée dans une forme allusive, la désapprobation de l’obstruction des deux partis HDZ à la formation des autorités de la Fédération que le Haut-Représentant a surmontée en suspendant une décision de la Commission électorale centrale de BH qui facilitait cette obstruction. Ces prises de position ne sont pas partagées par tous au sein de l’UE. La condamnation des décisions illégales des autorités de la RS sur le statut des biens publics et sur le référendum sur les institutions judiciaires centrales est par contre l’expression de l’opinion de toutes les autorités internationales compétentes, à l’exception de la Russie.

Mais plus encore qu’une récapitulation des maux dont souffre la politique bosnienne et des malfaisances dues tant aux hommes qu’aux institutions, le discours à l’IFRI résonne comme un appel à une action cohérente de la Communauté internationale et surtout de l’Union européenne, comme en quelque sorte un appel du mandataire à ses mandants, en lesquels il n’aurait pas trop confiance dans la poursuite de l’épreuve de force qu’il a engagée avec le président de la RS, Milorad Dodik. Supposition sans doute hasardeuse, il s’est peut-être entretenu à Paris de cet aspect de la question avec les autorités françaises, avares de déclarations sur la Bosnie-Herzégovine. Dans un passage de son discours, Valentin Inzko a fortement insisté sur l’urgence de se pencher sur la situation de ce pays et plus généralement du Sud-est européen, alors que l’Union européenne estime qu’il est de son devoir d’intervenir dans le pourtour méditerranéen et en Afrique. Il a aussi souligné le rôle que devrait jouer l’UE dans l’incitation aux réformes nécessaires à la BH, notamment celle de ses institutions. Il est manifeste que, résolu à appliquer ses "pouvoirs de Bonn" (annulations d’actes et révocation de personnes), il attend des mesures complémentaires de la part de l’UE, sanctions et prises de position, du ressort des instances européennes. Il ne s’est pas aventuré dans son discours sur ce terrain, mais on peut penser que son appel à un fort engagement de l’ensemble de la Communauté internationale pour favoriser une politique de réformes proeuropéennes en BH, concerne naturellement aussi les pays voisins.

On rejoint là la préoccupation manifestée dans une lettre adressée au ministre des affaires étrangères Alain Juppé par plusieurs personnalités et associations, au regard de la politique de la politique serbe dans la région, qui touche directement la BH en raison de l’influence que Belgrade exerce en RS. Le ministre des affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremic ne se trompait pas lorsqu’il remarquait que Belgrade détenait la clé de la situation en BH. On observera avec intérêt ce que sera l’attitude de la Serbie au vu de l’évolution des prochains événements en BH. et si elle saura choisir entre la solidarité affichée aux dirigeants de la RS et la sauvegarde de la souveraineté et de l’intégrité de la BH à laquelle elle se déclare attachée. Cette lettre, envoyée le 29 mars, n’ayant pas encore reçu de réponse, le bureau de l’Association Sarajevo, cosignataire, a décidé de la diffuser ce jour sur son site.

Association Sarajevo


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP