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La Serbie, la RS et le droit international

mardi 4 mars 2008


La défense du Droit est le cheval de bataille des autorités et de l’opinion serbes, de leurs alliés russes et, plus généralement, de tous les opposants à l’indépendance du Kosovo, qui se recrutent dans tous les pays et dans tout l’arc-en-ciel politique, en France comme ailleurs.

S’agissant de la protection des libertés des citoyens, ces farouches gardiens de l’ordre démocratique ne manqueront certainement pas de s’inquiéter des menaces qui pèsent sur tous ceux qui, en Serbie, osent tenir sur le Kosovo des propos contraires à la doxa régnante. Ce n’est rien moins qu’un ministre du gouvernement, Velimir Ilic, chef du parti "Nouvelle Serbie"et candidat à l’élection présidentielle soutenu par le Premier ministre Vojislav Kostunica, qui déclare que l’Etat ne saurait se porter garant de la sécurité des personnes et des organisations qui mettent en doute l’appartenance du Kosovo à la Serbie.

S’agissant de l’application des règles du droit international, c’est Mladic et Karadzic qui continuent leur cavale en toute quiétude, leur sort étant devenu, plus que jamais, le cadet des soucis de la "Communauté internationale". Le comble du cynisme est atteint lorsque le membre serbe de la Présidence collégiale de BH et l’Assemblée de la RS s’opposent à la demande adressée par les deux autres membre de cette Présidence au Conseil de Sécurité pour faire appliquer l’arrêt de la CIJ de février 2007 qui a établi la responsabilité de la Serbie dans le génocide de Srebrenica. Ce veto est exercé au nom de la défense des "intérêts nationaux du peuple serbe".

Pas intimidés malgré les dangers accrus qu’ils courent, les individus et les groupes qui luttent à contre-courant en Serbie ne renoncent pas à afficher leurs convictions. On trouvera par exemple leurs prises de position sur le site du Comité Helsinki des droits de l’Homme www.helsinki.org.yu ( en anglais) , ou encore sur celui du Bosnian Institute (également en anglais) www.bosnia.org.uk. Sur ce dernier, Andrej Nosov et Dragan Popovic expliquent succinctement mais clairement, sous le titre "Justice pour le Kosovo-Chance pour la Serbie", pourquoi l’indépendance du Kosovo est justifiée, comme destruction du régime colonial imposé par la Serbie à ce pays en 1912. Le cinéaste Lazar Stojanovic, dans une lettre ouverte adressée au chef du Parti socialiste serbe, parti de Milosevic, qui avait demandé l’interdiction des organisations acceptant l’indépendance du Kosovo, insiste également sur cet aspect de la question du Kosovo, absolument tabou en Serbie. Indiquant qu’il avait eu la révélation de la situation du Kosovo dans les année 70, lorsqu’il partageait la prison avec des Albanais condamnés pour leur résistance à l’occupation de leur pays, il relève aussi que le Kosovo était demeuré le seul exemple de colonie en Europe et que les pays européens qui reconnaissent aujourd’hui son indépendance ne font que corriger leur erreur de 1913 confirmée en 1919.

Il peut ainsi paraître étonnant que, parmi les contempteurs de tout bord de l’indépendance du Kosovo, se trouvent des organisations et des courants qui ont fait, jadis, de l’anti-colonialisme l’un de leurs combats principaux, à l’exemple, pour ne citer que celui-ci, du Parti communiste qui s’est prononcé, dans un communiqué du 15 février, contre cette indépendance.

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