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La onzième commémoration du massacre de Srebrenica

lundi 17 juillet 2006


Les organisateurs de la onzième commémoration du massacre de Srebrenica, qui s’est déroulée en présence d’environ 30.000 personnes, ont tenu ce à qu’elle se tienne, cette année, dans un cadre strictement religieux. 505 nouveaux corps identifiés ont été inhumés à Potocari, parmi lesquels 8 adolescents de 15 ans et 5 femmes.

Les déclarations de certaines des personnalités qui ont assisté aux cérémonies n’en ont pas moins revêtu une signification plus large. Carla del Ponte, qui n’était pas venue en 2005, pour protester contre la carence des autorités responsables à arrêter Mladic et Karadzic, a nommément mis en cause le Premier Ministre de Serbie, Vojislav Kostunica, qui pourrait selon elle, « extrader Mladic aujourd’hui, s’il le voulait. Cependant, il négocie avec lui pour qu’il se rende volontairement et nous savons qu’il ne le fera jamais ». Elle a une nouvelle fois critiqué les représentants de la « Communauté internationale » reprochant au Conseil de Sécurité des Nations-Unies d’avoir rejeté sa proposition de créer une force spéciale pour arrêter les inculpés par le TPIY qui demeurent en fuite. Elle considère que personne ne recherche plus Karadzic, cette accusation visant particulièrement la RS. Elle a rappelé que le TPI ne fermerait pas avant que les deux principaux inculpés lui soient remis. A l’occasion d’une conférence intitulée « La Communauté internationale et le génocide de Srebrenica » qui s’est tenue à Sarajevo en marge de ce onzième anniversaire, l’actuel conseiller du Secrétaire général de l’ONU, Diego Arria, qui s’était rendu dans l’enclave en 1993, a dénoncé l’attitude des grandes puissances qui ne pouvaient ignorer le sort qui attendait Srebrenica et ont caché la vérité au moment du massacre. Sylvie Matton, auteur du livre « Srebrenica, un génocide annoncé », est intervenue dans le même sens.

On a remarqué, au milieu de l’habituelle représentation internationale, la faiblesse de la participation officielle de la Serbie et de la RS, les principaux dirigeants de celle-ci, Président de l’entité, Premier ministre et membre serbe de la Présidence collégiale de BH, étant absents. L’entité serbe n’a d’ailleurs pas respecté la journée de deuil instaurée par le gouvernement central de Sarajevo. Une quarantaine de membre des « Femmes en noir », de Belgrade, ont fait le déplacement à Potocari. A Belgrade même, une cinquantaine de personnes ont participé à un rassemblement et le Parti libéral démocrate, récemment créé par l’ancien dirigeant d’ « Otpor », Cedomir Jovanovic, a rappelé le massacre de 8.000 personnes et exigé l’arrestation de Mladic et Karadzic. On a noté, à Sarajevo, que les médias internationaux se sont beaucoup moins intéressés à ce onzième anniversaire qu’au précédent.

Les dirigeants de la RS se sont concentrés sur leur commémoration, à Bratunac, de la mort de 69 Serbes tués au combat en 1992 et des 3262 victimes serbes qu’ils ont comptées dans la région centrale de Podrinje, qu’ils attribuent aux « bandes de Naser Oric », ce qui leur permet de crier à la partialité de la justice internationale et à l’indifférence générale à l’égard des victimes serbes. Le Premier ministre du gouvernement de Banja Luka, Milorad Dodik, a pu ainsi, une nouvelle fois, développer la thèse que le conflit bosnien fut exclusivement une guerre civile et que la RS n’est pas le fruit d’une guerre d’agression ou d’une purification ethnique mais le résultat d’un conflit, dont les Serbes furent des victimes, au même titre que les autres.

Au même moment s’est ouvert à La Haye le procès de sept officiers de l’Armée serbe de Bosnie accusés de crime de génocide et de crimes contre l’humanité perpétrés à Srebrenica et à Zepa. Le porte-parole de l’accusation, Anton Nikiforov, a déclaré que ce procès, appelé à durer au moins deux années, serait le plus important de ceux qui se sont déroulés devant le TPI. A Sarajevo, la Cour du Canton de Sarajevo a infligé une peine de 14 ans et demi de prison à Samir Bejtic, ancien membre de l’Armée de BH, jugé coupable de meurtres de Serbes à Kazani, prés de Sarajevo, en 1992 et 1993.

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