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Le déroulement de la crise en RS

mardi 28 décembre 2004


Les six partis de l’éventail serbe de la RS, depuis le SNSD réputé « modéré » de Dodik jusqu’au SRS (parti de Seselj), en passant par le SDS ( fondé par Karadzic) ont signé un accord en vue de résoudre la crise qui secoue l’entité à la suite des sanctions édictées par le Haut-Représentant contre une dizaine de ses responsables politiques. Ils se sont engagés à défendre en commun les institutions de la RS contre ce qu’ils estiment être des menaces portées contre elles, en contravention aux accords de Dayton.

Cette façade d’unité ne peut dissimuler les divergences qui existent entre les diverses composantes de ce front serbe reconstitué. L’intransigeance affichée par les dirigeants des deux partis sanctionnés par P. Ashdown ( le SDS et le PDP), n’ a pas empêché le représentant serbe à la Présidence de la B.-H. Borislav Paravac, de conserver son poste, de même que les ministres de la défense et de la justice de la B.-H. n’ont pas encore présenté leur démission. En ce qui concerne la nomination d’un Premier ministre et la formation d’un nouveau gouvernement en RS, les discussions sont en cours. Milorad Dodik apparaît bien placé pour la fonction, comme la figure la plus « ouverte » de la classe politique de Banja-Luka. encore qu’il soit handicapé par une affaire de corruption récemment lancée. Son problème serait d’expliquer sa collaboration avec le SDS auquel il s’est, ces derniers temps, violemment opposé. Les autorités de Belgrade soutiennent entièrement la position des partis serbes de Bosnie, l’ambassadeur de Serbie-Monténégro à Sarajevo participant à la cellule de crise créée par le gouvernement de la RS. L’Eglise orthodoxe de B.-H. s’est jointe à ce concert de protestations en dénonçant l’action de Paddy Ashdown qui « détruit la démocratie et la paix »

Celui-ci, fort du soutien de l’Union européenne (France maintenant comprise au niveau ministériel) et des Etats-Unis, affirme que son seul objectif est d’amener la Republika Srpska à collaborer effectivement avec le TPI. On peut observer, à cet égard, que cette obligation est inscrite dans plusieurs articles des accords de Dayton, qu’elle a fait l’objet, par la suite, de plusieurs engagements signés par les autorités de B.-H. et qu’elle figure dans tous les accords qui concernent le processus d’intégration de la B.-H. à l’Union européenne. La réforme des systèmes de défense et de la police contre laquelle s’insurgent les dirigeants de Banja-Luka, qui y voient une violation des accords de Dayton, est une précondition de l’adhésion de la Bosnie à l’UE, comme au Partenariat pour la Paix qu’ils déclarent l’une et l’autre désirer.

La présence en Herzégovine de la candidate du HDZ, Jadranka Kosor, à l’élection présidentielle de Croatie du 2 janvier, rappelle l’interconnexion régionale de la crise de la B.-H. dont l’épisode actuel n’est qu’une péripétie. La victoire attendue à Zagreb de l’actuel Président Mesic laisse au moins espérer qu’une aggravation de la tension ne viendra pas de ce côté.

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