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Un nouveau Haut-Représentant en Bosnie-Herzégovine

samedi 17 décembre 2005


Les directeurs politiques du PIC (Conseil de mise en œuvre des accords de Dayton), réunis en session extraordinaire le 14 décembre à Paris avec les représentants des dirigeants de la BH, à l’occasion du 10° anniversaire de la signatures des accords, ont dressé la longue liste des tâches prioritaires qui s’imposent, selon eux, à la Bosnie-Herzégovine, pour qu’elle devienne la maison de tous ses citoyens. De la « modernisation » de la constitution de Dayton, l’arrestation de Mladic et Karadzic et le maintien du processus de retour, cités en premier, à l’appropriation des responsabilités du pouvoir par les autorités locales, en passant par la pleine lumière qui reste à faire sur la période de la guerre et ses crimes, les réformes économiques, la réunification de Mostar, les questions de l’éducation,etc.. tous les problèmes de la BH s’y trouvent énumérés.

C’est dire l’ampleur de la mission qui attend le nouveau Haut-Représentant, nommé le 15 décembre par le même conseil, dans sa session ordinaire présidée par Paddy Ashdown dont le mandat expirera le 31 janvier. Il s’agit de Christian Schwarz-Schilling, ancien ministre du chancelier Kohl, qui a occupé plusieurs fonctions importantes en Bosnie-Herzégovine, dont celle de médiateur international, qui lui a valu d’être reconnu pour son impartialité. Sa nomination a été bien accueillie dans le pays, où l’on apprécie sa très bonne connaissance de la situation, comme aussi le geste qu’a été sa démission du gouvernement allemand, en 1992, pour protester contre la faillite de la politique européenne lors de l’agression serbe contre la Bosnie-Herzégovine. On se félicite également, après les critiques adressées à la politique jugée autoritariste du Haut-Représentant sortant, de sa conception de son rôle comme devant être plutôt celui d’un conseiller et d’un conciliateur, que d’un gouverneur.

Ses premières déclarations à la presse vont dans ce sens, bien qu’il ait averti qu’il n’entendait pas renoncer aux « pouvoirs de Bonn » au cas où il lui faudrait surmonter d’éventuelles résistances « obstructionnistes ». Certains commentateurs regrettent pourtant qu’il se montre prisonnier de la thèse du changement constitutionnel dans le cadre de Dayton et avec le consentement de toutes les parties, qui ne peut pas aboutir à un réel changement. Zija Dizdarevic, dans « Oslobodjenije » prédit à Christian Schwarz-Schilling des temps difficiles en BH. face à la RS et aux oligarchies nationales.

Les piétinements des discussions menées à Sarajevo sur la réforme constitutionnelle sous l’égide de Donald Hayes illustrent l’extrême difficulté de réaliser un consensus en la matière, fût-ce sur des points mineurs. Il semble que le seul progrès réalisé l’ait été sur un renforcement du Conseil des ministres central, alors que cette étape des entretiens est sur le point de s’achever.

La célébration du dixième anniversaire de la signature parisienne des accords de Dayton a permis aux dirigeants français de faire quelques déclarations à l’occasion de la réception de la délégation bosnienne composée des trois membres de la Présidence, Ivo Miro Jovic, Sulejman Tihic et Borislav Paravac, du Premier Ministre Adnan Terzic, du Ministre des Affaires étrangères, Mladen Ivanic, accompagnés de leurs collaborateurs.

S’il est surtout ressorti de l’allocution de bienvenue du Président de la République son autosatisfaction pour son rôle dans la phase finale de la guerre, on retiendra avec intérêt un propos du Ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy selon lequel « en aucun cas le futur statut du Kosovo n’influencera la Bosnie-Herzégovine ». Une affirmation analogue est venue de Gérald Knaus, directeur de l’ESI (Initiative européenne de stabilité), qui est un proche conseiller de Christian Schwarz-Schilling. L’insistance que mettent de nombreux responsables internationaux à rappeler cette détermination prouve que la question mérite d’être posée.

A New-York, devant le Conseil de Sécurité de Nations-Unies, Carla Del Ponte a dressé un réquisitoire contre toutes les autorités, nationales et internationales, responsables de l’impunité dont bénéficient Karadzic et Mladic. On ne sait encore si la Serbie, qui se trouve au premier rang des accusés, subira les conséquences de cette condamnation, dans la poursuite de ses négociations avec l’Union européenne. La Macédoine a en tout cas échappé à l’opposition française à son admission comme candidate à l’adhésion à l’Union grâce à l’accord finalement intervenu sur le budget européen. Elle a acquis le statut de pays candidat.

Au chapitre de la justice, est à signaler, à Sarajevo, l’inculpation par le procureur du Tribunal spécial pour les crimes de guerre de onze personnes impliquées dans le génocide de Srebrenica, pour des assassinats commis à Kravica. Dix d’entre eux sont en prison, un en fuite.

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