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L’indécision de l’UE sur la Bosnie

jeudi 26 février 2009


Les ministres des Affaires étrangères des 27, réunis le 23 février à Bruxelles, n’ont pas été en mesure de proposer un candidat à la succession de Miroslav Lajcak, qui cumule pour l’instant les fonctions de Haut-Représentant en BH et de ministre des Affaires étrangères de Slovaquie en attendant que le Conseil de mise en œuvre des Accords de Dayton (PIC) nomme une nouvelle personnalité pour représenter à la fois l’UE et la "Communauté internationale". C’est l’adjoint du titulaire , l’Américain Raffi Gregorian, qui exerce la fonction , privé toutefois du droit d’user des pouvoirs spéciaux dits "de Bonn", qui lui permettraient de sanctionner des responsables bosniens ou de prendre des décisions à leur place.

La seule décision du Conseil européen a été de refuser de nommer le diplomate britannique Emyr Jones Perry, ancien ambassadeur de son pays auprès de l’OTAN et de l’ONU. La voie paraissait ainsi libre à celui qui apparaissait alors le mieux placé pour le poste, Valentin Inzko, ancien ambassadeur autrichien en Slovénie, mais, aux dernières nouvelles l’affaire se complique. Si la candidature de Perry, condamnée à l’avance par Milorad Dodik, était handicapée du fait de l’opposition russe qui se serait manifestée au sein du PIC, il semble que celle d’Inzko ne recueille pas l’assentiment des Etats-Unis, de même qu’elle ne suscitait pas l’enthousiasme de plusieurs gouvernements européens.

Tandis que l’UE réagit par l’indécision à l’aggravation de la crise en BH , les signes d’un réengagement, ou du moins d’une demande de réengagement, se multiplient aux Etats-Unis. On peut citer entre autres la préparation par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants d’une résolution sur la BH et la mise en garde contenue dans le rapport du nouveau directeur de la "National intelligence", Dennis Blair sur le danger que représente la situation du pays. De récents articles du New-York Times et du New Herald Tribune reprennent les thèmes de ces documents, avec la demande de nomination d’un émissaire spécial des Etat-Unis et la nécessité de procéder aux réformes constitutionnelles nécessaires pour doter la B-H d’un Etat viable. James Lyon, de l’ONG "Democratization Policy Council", se félicite de ce que la nouvelle administration Obama mentionne, parmi ses préoccupations, la question des Balkans et souhaite qu’elle agisse en coordination avec l’Union européenne. Il doute que les conditions de la fermeture du bureau du Haut-Représentant soient réunies, ce que confirment les événements de ces derniers jours, avec l’exaspération des esprits et des conflits, pour le moment, et heureusement, seulement verbaux.

L’Union européenne ne saurait en tout cas prolonger, sans conséquences, les incertitudes dont elle témoigne quant aux décisions à prendre. La vacuité de sa politique ne peut qu’encourager le redoublement des défis à l’existence de la BH que Milorad Dodik lance, chaque jour, en toute impunité. Considérés apparemment comme de simples jeux de la politique bosnienne, ils risquent pourtant de tourner au pire.

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