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Le fardeau du crime n’est pas tellement lourd à porter

samedi 8 novembre 2003


Nous reproduisons ici l’éditorial d’Oslobodjenje présentant les toutes dernières positions du gouvernement de la RS sur les massacres de Srebrenica (5.10.2003)

Pour la première fois, le gouvernement de la République serbe a reconnu publiquement, dans un récent rapport, que son armée était responsable du massacre perpétré à Srebrenica en 1995. Bien que ni le nombre des victimes ni le nom des criminels n’aient été précisés dans ce rapport, celui-ci peut être considéré comme une véritable avancée. Ce qui n’est d’ailleurs pas difficile, les autres rapports n’ayant rien offert de concret, se contentant de contester le nombre de victimes. Néanmoins le réel problème, c’est que ceux qui dirigent (toujours) la RS semblent porter allégrement le fardeau des crimes de Karadzic et de sa clique, c’est-à-dire de ceux qui ont tracé les frontières de cette entité à l’aide de charniers, de camps et d’expulsions - ce qui empêche toute reprise d’une vie normale en Bosnie-Herzégovine. S’il en était autrement, ni la communauté internationale ni les survivantes de Srebrenica - qui ne savent toujours pas où se trouvent les corps de leurs proches - ne se seraient vues contraintes de réclamer l’élaboration de ces rapports. La reconnaissance par Banja Luka du massacre de Srebrenica est un geste destiné avant tout aux Serbes. Le journal Independent de Grande-Bretagne estime que cette initiative a pour but de préparer les Serbes de B-H à l’arrestation éventuelle de Ratko Mladic, le général qui a dirigé les opérations et les exécutions à Srebrenica. "Cet aveu public de leur gouvernement pourrait préparer les Serbes à regarder en face leur passé pendant la guerre", écrit l’Independent. Mais c’est cela, précisément, le plus difficile et c’est la raison pour laquelle le chef du gouvernement de la RS, Dragan Mikerevic, a beaucoup de mal à trouver dans cette entité des candidats prêts à siéger au sein de la Commission chargée de révéler de manière précise ce qui s’est passé à Srebrenica au mois de juillet 1995. S’il manque de candidats, Mikerevic pourrait faire appel à Lord Owen, choix tout indiqué si l’on rappelle qu’à La Haye, lorsque le procureur a évoqué le massacre des civils, ce Lord a froidement déclaré : "...à Srebrenica, tous étaient plus ou moins coupables".


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