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La crise en RS et en B.-H.

mercredi 22 décembre 2004


La démission du Premier ministre de la RS, Dragan Mikerevic a été suivie de celle du ministre des affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine Mladen Ivanic, président du PDP (Parti du progrès démocratique) puis de celle de la quasi-totalité des membres serbes du gouvernement central.

Dragan Cavic, président de la RS, a lancé un appel à l’union nationale de tous les partis serbes de l’entité. Il a menacé d’organiser un référendum sur l’indépendance de la RS si celle-ci voyait son existence mise en question par la « communauté internationale ». Les récentes mesures prises par le Haut-Représentant sont considérées comme allant dans ce sens par les deux partis de la coalition gouvernementale - SDS et PDP - sanctionnés, ainsi que par le SRS, parti radical de Seselj.

Pour le quotidien « Oslobodjenje », les hauts dirigeants de la RS « restent fidèles à leur philosophie, écartant toute idée de compromis... Par ces démissions ils portent le débat au niveau personnel, pour faire oublier les problèmes essentiels, à savoir le TPI et Dayton, ceci afin de retarder les changements institutionnels et structurels inévitables ». Le quotidien, qui estime que Paddy Ashdown fait face à un défi et qu’il n’a pas beaucoup de temps devant lui, ne croit pas que des élections anticipées seraient une solution.

Le Haut-Représentant bénéficie,dans cette épreuve de force, de l’appui de l’Union européenne, exprimé par la voix de Javier Solana. La France suit mais on notera, sans trop de surprise, les propos d’une tonalité nettement discordante tenus par un diplomate français à la journaliste Claire Tréan, rapportés dans « Le Monde » daté du 22 décembre. Selon ce fonctionnaire du Quai d’Orsay, il y a un risque que les Serbes, sous le coup des mesures jugées « musclées » du Britannique, ne « nous » fassent plus confiance, alors que « jusqu’à présent, nous avons pu (les) rassurer, leur garantir que la communauté internationale ne cherche pas à supprimer la RS, qu’elle exige simplement sa coopération avec le Tribunal de La Haye pour l’arrestation des criminels de guerre... » L’aimable diplomate n’a sans doute pas encore perçu le problème que pose la « simple » coopération des autorités de Banja Luka avec le TPI. Il a, par contre, suprême compliment, vite compris que le Haut-Représentant faisait la « politique des Anglo-Saxons ».

On annonçait à Sarajevo, en même temps que se déroulaient ces événements, la formation d’un contre-gouvernement, présidé par Dragoljub Stojanov, économiste réputé et professeur à l’Université de Sarajevo. Ce gouvernement parallèle, proposé par le Haut représentant "alternatif" Josip Pejakovic entre, selon ses promoteurs, dans le cadre de la loi sur les associations citoyennes. Il comptera 18 ministres et autant de conseillers, issus de toutes les nationalités et de diverses organisations civiques. Les affaires étrangères seraient confiées à Svetlana Broz, petite fille de Josip Broz Tito et les affaires intercommunautaires et religieuses au Frère Marko Orsolic, franciscain connu, membre du Cercle 99.

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