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La BH et la Serbie face à l’Europe

mercredi 14 février 2007


Les ministres des Affaires étrangères des 27, réunis à Bruxelles le 12 février ont, comme il fallait s’y attendre, assoupli leur position vis à vis de la Serbie, en n’exigeant plus d’elle l’arrestation de Mladic comme condition de la reprise des négociations en vue de la conclusion d’un accord de stabilisation et d’association. Les dirigeants européens n’ attendent seulement du nouveau gouvernement, dont ils espèrent la rapide formation et qu’il entreprenne des réformes l’engageant à "construire un avenir européen", qu’il "démontre clairement sa détermination à coopérer pleinement avec le TPIY et prenne des mesures concrètes et efficaces à cet effet".Ce n’est en somme que demander le renouvellement de promesses maintes fois faites et jamais tenues.

Pour l’heure, la priorité de la grande majorité des dirigeants serbes est plutôt d’opposer un front commun de résistance au plan de Martti Ahtisaari sur le Kosovo, plan que le même Conseil européen a approuvé "sans réserve". Il est douteux que la simple liberté accordée à Mladic suffise à faire renoncer le bloc nationaliste qui domine le Parlement de Belgrade, à ses prétentions sur le Kosovo.

En Bosnie-Herzégovine, le principal obstacle à la signature d’un accord de stabilisation et d’association avec Bruxelles demeure la réforme de la police refusée par les autorités de Banja Luka dans la forme présentée par la Commission spéciale qui a établi son rapport. Milorad Dodik, appuyé par tous les dirigeants de la RS, reste opposé à ce que les pouvoirs centraux de l’Etat aient la maîtrise réelle de l’organisation policière du pays. Il vient de répéter, avec une belle constance, que sa police passait avant l’Europe, comme Kostunica ne cesse de le marteler à Belgrade à propos du Kosovo.

La Commission européenne, relayée par ses représentant en Bosnie-Herzégovine, a posé le 2 mars comme date limite d’adoption de cette réforme, pour que l’accord de stabilisation et d’association puisse être signé en juin ou juillet prochains. Le diplomate américain Raffi Gregorian , principal adjoint du Haut-Représentant et superviseur du district de Brcko, apparaît comme l’agent moteur de l’intervention internationale dans ce domaine. Il s’y emploie, fort de sa réussite dans l’accord obtenu sur la Défense. L’enjeu est toutefois ici différent car il s’agit, avec les questions de sécurité et de police, des instruments de l’existence de la RS en tant que disposant de pouvoirs quasi-étatiques, le rôle des armées en BH étant, dans les circonstances présentes, bien dévalué. Si les autorités internationales plient devant la volonté de Milorad Dodik, ce sera le signe qu’elles se sont, une fois de plus, rangées à une politique de conciliation à l’égard du nationalisme serbe, politique qui n’a abouti, dans le passé, qu’à des déboires et des malheurs.

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