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La Serbie, la Bosnie et l’Union européenne

mardi 26 avril 2005


On ne manquera de voir un lien entre le feu vert donné par Bruxelles à l’ouverture du processus d’intégration de la Serbie-Monténégro à l’Union européenne et la reddition « volontaire » au TPI du général Nebojsa Pavkovic, chef d’état-major de l’armée serbe pendant la guerre au Kosovo. Le seul des généraux de l’armée de Milosevic inculpés pour des crimes commis pendant cette période à n’avoir pas comparu devant le Tribunal de La Haye, Vlastimir Djordjevic, est supposé se cacher en Russie. D’ autres, tels que les généraux Dragoljub Ojdanic, Sreten Lukic et Vladimir Lazarevic, viennent de bénéficier de la liberté provisoire, ainsi que les hauts responsables politiques Milan Milutinovic et Nikola Sainovic.

Ces marques de compréhension prodiguées en retour d une bonne volonté soudainement prouvée, permettent aux autorité serbes d’arguer, auprès d’une opinion publique toujours sous la coupe d’un nationalisme ombrageux, de quelques succès sur la scène internationale. Elles en ont bien besoin pour permettre à la Serbie de s’engager sur la voie de la reconnaissance de ce qui s’est passé et de ce qui a changé dans la région, réalité toujours aussi dure à admettre comme le montre, par exemple, la violence des attaques dont est actuellement la cible l’ancien ministre des affaires étrangères Goran Svilanovic. Accusé de trahison par les ultra-nationalistes pour avoir participé à la Commission sur les Balkans présidée par Giuliano Amato, dont un rapport prévoit, à terme, l’indépendance du Kosovo, il a été exclu du groupe parlementaire du Parti démocratique du Président de Serbie Boris Tadic.

La Bosnie-Herzégovine a reçu, elle aussi, quelques encouragements de la Communauté internationale, en l’occurrence des ministres des affaires étrangères des pays membres de l’OTAN réunis à Vilnius, mais son admission au Partenariat pour la Paix a une nouvelle fois été reportée à des temps meilleurs. L’arrestation de Mladic et de Karadzic reste, aussi bien pour la Serbie que pour la Bosnie-Herzégovine, une condition sine qua non de leur intégration aux institutions euro-atlantiques.

Les négociations entre Sarajevo et Bruxelles en vue de la conclusion d’un Accord de stabilisation et d’association, préalable nécessaire à l’avancée vers l’adhésion, sont pour le moment suspendues à la résolution du problème de la réforme de la police en B.-H. Les onze principaux partis politiques du pays en débattent depuis le 24 avril à Vlasic, la principale difficulté venant de ce que le SDS, au pouvoir à Banja Luka, se refuse à envisager la suppression du Ministère de l’Intérieur de la RS et encore moins que les circonscriptions géographiques de la police soient indépendantes des limites administratives des entités, ce qui, selon les ultra-nationalistes serbes, mettrait en péril le découpage de Dayton et donc l’entité serbe elle-même.

Faut-il rappeler que toutes ces questions tournent autour de l’objectif commun à tous les pays de la région, qui est d’adhérer à l’Union européenne et que celle-ci risque bel et bien, sinon de sombrer, du moins d’être paralysée pour longtemps, en raison du mal être français et des manœuvres politiciennes qui l’exploitent ?

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