Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Analyses et commentaires > sur le TPI > L’arrestation de Zdravko Tolimir

L’arrestation de Zdravko Tolimir

samedi 2 juin 2007


Avec l’arrestation du général Zdravko Tolimir et son transfert immédiat à La Haye, c’est le n° 3 de la liste des criminels de guerre serbes recherchés par le TPIY, qui se trouve livré aux bons soins du tribunal international. Tolimir a été appréhendé le 31 mai,sur le territoire de la RS, par la police de celle-ci en coordination avec les organes de sécurité de Serbie, alors qu’il avait franchi la frontière bosnienne, près de Bratunac.

L’événement et ses circonstances interviennent à point nommé pour les autorités de Banja Luka et de Belgrade qui y trouvent la preuve de leur bonne volonté à s’acquitter de leurs obligations parmi lesquelles figure en première place la pleine coopération avec le TPIY., nécessité rappelée à chaque occasion par les divers représentants de la "Communauté internationale". Les responsables politiques serbes se plaisent à affirmer que l’arrestation s’est faite de leur chef, sur des informations fournies par leurs services de renseignements, et non venues d’ailleurs, par exemple du TPI. On doit néanmoins remarquer que l’OTAN a publié un communiqué faisant état d’"une opération conjointe impliquant l’OTAN et l’EUROFOR" et aussi que, selon le journal "Politika" de Belgrade, le général, gravement malade, aurait envisagé de mettre un terme à sa cavale et de se constituer prisonnier.

Pour Belgrade, le premier effet de cette arrestation a été la délivrance d’un satisfecit appuyé de Bruxelles sous forme de promesse du Commissaire à l’élargissement de reprendre très bientôt , il est question de ce mois même, les négociations avec la Serbie pour la conclusion d’un Accord de stabilisation et d’association. Olli Rehn ne veut pas voir dans cet empressement un signe susceptible d’influencer la position serbe sur le Kosovo mais seulement un message qui " aidera à changer les termes du débat politique en Serbie...en faveur d’un avenir européen".

Pour Milorad Dodik, c’est le témoignage que la RS est engagée sur la voie de la collaboration avec la justice internationale, alors qu’il est vivement critiqué pour son refus de permettre la moindre modification réelle de la situation actuelle de quasi-indépendance de l’entité serbe. Sa volonté obstinée de maintien d’une police propre à la RS, à un moment où la très facile évasion, à Foca, de Radovan Stankovic, criminel de guerre condamné à 20 de prison, justifie tous les doutes qu’on peut nourrir à l’égard de ces forces de sécurité, doutes que ne dissipent pas les sanctions prises contre le directeur de la prison et les gardiens responsables. L’échec des entretiens que le Premier ministre de RS a menés aux Etats-Unis avec Haris Silajdzic, a suscité une vive irritation de la diplomatie américaine qui a vu, une fois de plus,échouer sa tentative de trouver une solution de compromis à la réforme constitutionnelle. Les familles des victimes de Srebrenica maintiennent leur revendication d’un statut spécial de la ville au sein de la BH. L’arrestation de Tolimir par la police de RS, la première du genre,ne suffira pas à renverser l’opinion qu’on peut avoir de la position des dirigeants de l’entité serbe quant à l’avenir de la Bosnie-Herzégovine, y compris son avenir européen, qui demeurent bloqués.

Cette arrestation n’en reste pas moins importante et réjouissante. Elle a été saluée comme telle par la porte-parole de Carla del Ponte et par Natasa Kandic, directrice du Fonds pour les droits humanitaires de Belgrade, qui y voit le "résultat des fortes pressions exercées de l’extérieur". L’une et l’autre en tirent l’espoir de nouvelles arrestations. Zdravko Tolimir a été en son temps le principal collaborateur de Ratko Mladic et il passe pour avoir été la pièce maîtresse de son dispositif de protection. Ce qui est arrivé à Tolimir pourrait très bien arriver à Mladic si les autorités serbes le voulaient. C’est là qu’on attend la démonstration de la volonté du gouvernement de Belgrade de se conformer à ses obligations. C’est là que ne devrait pas se relâcher la pression internationale, notamment celle de l’Union européenne.

Association Sarajevo.


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP