Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

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Toujours Srebrenica

jeudi 16 juin 2005


Selon le journal « Oslobodjenje », le groupe de travail du gouvernement de RS chargé de mettre en application les conclusions du rapport sur Srebrenica, a dressé trois listes de personnes impliquées dans le massacre de juillet 1995 et encore en activité. La première contiendrait les noms de 4502 militaires, la deuxième ceux de 1280 membres du ministère de l’intérieur de RS et la troisième ceux de 231 fonctionnaires au statut indéterminé. On attend les conséquences que tireront de ces informations les autorités de Banja Luka.

L’Association des disparus de Visegrad a, par ailleurs, rappelé les crimes commis au début de l’agression contre la Bosnie-Herzégovine, en commémorant le massacre perpétré dans cette ville par les paramilitaires de RS et de Serbie. Il avait coûté la vie à 3000 Bosniaques, égorgés par des paramilitaires de RS et de Serbie, sur le fameux pont sur la Drina construit à l’époque ottomane sur l’ordre du pacha Mehmed Sokolovic. 3000 roses ont été jetées dans la rivière.

A Belgrade, les groupes politiques du Parlement de Serbie ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur le texte d’une résolution sur Srebrenica. Seuls les députés du parti démocrate (DS) et du SPO (parti de Draskovic) étaient prêts à en voter une consacrée uniquement à Srebrenica, les autres entendant condamner indistinctement tous les crimes commis pendant la guerre, avec éventuellement pour certains, une mention particulière à celui de juillet 1995.

L’actuel président du SRS (parti de Seselj), Tomislav Nikolic, qui jouit de la plus forte cote de popularité en Serbie, est pour sa part, accusé par Natasa Kandic, directrice du Fonds de droit humanitaire, d’avoir participé au massacre d’une cinquantaine de vieillards croates dans le village d’Antin, en Slavonie.

Dans ce climat, où sous la pression internationale et le choc de la publication d’images jusque là interdites, des tabous sont en train de tomber, on note une certaine évolution de l’opinion publique serbe. Pour la première fois, un sondage a fait état de plus de personnes en faveur de la coopération avec le TPI (37,6%) que contre (19%). L’Eglise orthodoxe a rompu le silence dans lequel elle s’était tenue après la diffusion de la vidéo sur l’exécution de jeunes Bosniaques de Srebrenica, par de laborieuses explications sur ses devoirs religieux en temps de guerre.

A l’approche de la 10° commémoration du massacre de Srebrenica, on entend aussi des voix qui tirent l’alarme, à l’échelle internationale, sur les dangers de l’abandon accru des Balkans que laisse présager l’intensification de la crise européenne. C’est l’avertissement que viennent de lancer aux dirigeants de l’Union européenne, plusieurs anciens chefs de gouvernement ou d’Etat : Giuliano Amato, Carl Bildt, Jean-Luc Dehaene et Richard von Weizsaecker, dans une lettre intitulée : « L’Europe peut survivre à la crise, sans constitution européenne. L’Europe ne survivrait pas à un nouveau Srebrenica ». Tout porte à croire que cet appel ne sera pas entendu à Bruxelles, où se réunit le Conseil européen.

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