Archives de la Lettre d'information de l'Association Sarajevo - Fondatrice Mirjana Dizdarevic

Association Sarajevo

Accueil du site > Analyses et commentaires > sur la B.H. > Pas en avant sur fond de désaccords persistants.

Pas en avant sur fond de désaccords persistants.

jeudi 2 août 2007


Quelques évènements de la scène politique bosnienne du mois de juillet peuvent apparaître comme des progrès en direction de l’établissement des conditions d’un fonctionnement normal des institutions du pays et de son rapprochement de l’Union européenne.

Le Haut-Représentant récemment entré en fonction s’est ainsi réjoui de l’adoption par le Parlement de BH de la loi sur l’enseignement supérieur et de celle sur l’audiovisuel public par le gouvernement de la Fédération, l’une et l’autre figurant parmi les exigences de l’Union européenne comme conditions de la signature de l’Accord de stabilisation et d’association avec Bruxelles. Ces résultats,obtenus après de très longues péripéties, sont fortement contestés par les partis d’appellation croate qui ont manifesté leur intention de s’opposer à leur application par tous les moyens légaux à leur disposition.

Miroslav Lajcak s’est aussi félicité de la constitution du gouvernement du canton d’Herzégovine-Neretva, qui siège à Mostar, intervenue dix mois après les élections, après d’âpres tractations dominées par la rivalité entre les deux partis issus du HDZ., l’un d’eux, le HDZ-BIH se trouvant exclu de ce gouvernement au profit de son concurrent, le HDZ 1990.

Mais ces avancées obtenues sous la pression constante des autorités internationales ne doivent pas masquer la continuelle dégradation du climat politique qui empoisonne le pays et bloque son système de gouvernement, ce qui provoque à chaque occasion des conflits, imputables à l’un ou à l’autre des partis qui se sont distribué les postes ministériels sans partager un projet commun. C’est, entre autres exemples puisés dans la dernière actualité, le SDA qui empêche la ratification du CEFTA (Accord de libre échange de l’Europe central), la RS qui s’oppose à un projet de loi sur le réseau routier sous prétexte qu’il empièterait sur la compétence des entités, ou encore le Premier ministre du gouvernement central Nikola Spiric (du parti de Dodik), qui critique la gestion du ministre des affaires étrangères Sven Alkalaj (du parti de Silajdzic).

Dans plusieurs interviews , Miroslav Lajcak a réaffirmé sa volonté de trouver, en septembre, une solution au problème de la réforme de la police, en faisant preuve d’autorité si nécessaire. Mais les dirigeants de la RS ne démordent pas de leur attachement à une police propre à la RS et le SNSD, parti du Premier ministre de l’entité serbe, en appelle maintenant à une adoption de la réforme par référendum, cette obligation de référendum étant relancée par Milorad Dodik comme devant être incluse dans tout nouveau projet de réforme constitutionnelle. Le dirigeant de la RS se réfère à l’exemple de la constitution de Serbie-Monténégro qui avait prévu le référendum de séparation, qui a effectivement permis aux citoyens du Monténégro de choisir l’indépendance.

C’est dire les difficultés qui attendent le Haut-Représentant dans la tâche prioritaire qu’il s’est assignée de conduire la Bosnie-Herzégovine sur la voie de l’intégration à l’Union européenne, pour que ce pays ne devienne pas le seul des Balkans à rester au bord du chemin, derrière la Serbie qui porte pourtant la responsabilité la plus accablante dans l’effondrement de la région et la persistance de son instabilité, sans que cela soit porté à son débit.

Association Sarajevo


© Association Sarajevo - 17, rue de l'Avre 75015 Paris - http://www.association-sarajevo.org/

Nous contacter - Référence légales - Suivre la vie du site RSS 2.0 - Plan du site - Espace privé - SPIP