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Srebrenica

mercredi 14 mars 2007


L’arrêt de la Cour Internationale de Justice, qui a confirmé, au plus haut niveau des institutions judiciaires internationales, le caractère incontestable du génocide de Srebrenica, a jeté une lumière accrue sur la situation intolérable de la ville et des rescapés du massacre.

A la suite de l’exigence formulée par un comité animé par les familles des victimes de prendre en compte les conséquences juridiques, politiques et matérielles du jugement, sous peine de provoquer une émigration massive de la population de la commune, son maire, Abdurahman Malkic a appelé les instances dirigeantes du pays et les représentants de la "communauté internationale" à se réunir sur place pour en délibérer.

Cette réunion s’est tenue le 12 mars, avec la participation de deux des trois membres de la Présidence collégiale, Haris Silajdzic et Zeljko Komsic, entourés notamment par les dirigeants des principaux partis de la Fédération, SDA, SBiH et SDP. Le Haut-Représentant était absent et les seuls ambassadeurs présents étaient ceux de pays musulmans, ce qui a été vivement critiqué par des participants qui ont regretté que les autorités internationales se soient inclinées devant les protestations de Milorad Dodik, totalement opposé à une initiative qu’il considère comme une atteinte aux compétences de la RS., en violation des accords de Dayton.

A l’issue de la réunion, le maire Abdurahman Malkic, a annoncé que les participants se sont prononcés pour l’octroi à la ville de Srebrenica d’un statut spécial, la détachant de la RS, et demandé que le gouvernement de BH s’adresse au Conseil de Sécurité de l’ONU pour qu’il enjoigne la Serbie de respecter l’arrêt de la CIJ, spécialement en arrêtant les criminels de guerre poursuivis. Le Comité d’initiative pour une émigration collective a décidé de reporter d’un mois l’ultimatum initialement fixé au 14 mars.

La réponse de la "Communauté internationale", en l’occurrence le Haut-Représentant Christian Schwarz-Schilling et,au-dessus de lui, le Bureau des ambassadeurs du Conseil de surveillance des accords de Dayton (PIC), a été celle que l’on pouvait attendre :

1- Il faut que toutes les institutions de BH et les dirigeants du pays se conforment au verdict de la CIJ, en reconnaissant qu’un génocide est intervenu à Srebrenica et en coopérant avec le TPIY.

2-Tout changement institutionnel en BH doit s’opérer dans le cadre des accords de Dayton et selon la procédure prévue par ceux-ci.

Le résultat le plus clair de cette proposition en deux points est que la RS, qui échappe à toute sanction lorsqu’elle ne respecte pas ses obligations a, par contre, le droit d’user à loisir du pouvoir de blocage qui lui a été accordé.

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