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Douze ans après l’inculpation de Mladic et de Karadzic

dimanche 29 juillet 2007


Carla Del Ponte a marqué le 25 juillet, date du douzième anniversaire de la première inculpation de Mladic et de Karadzic, par un nouvel appel à l’arrestation de ces deux individus. Elle s’est adressée à la Serbie, à la Bosnie-Herzégovine- spécialement à la RS- et au Monténégro, mais aussi à la "Communauté internationale" et aux Etats qui "croient à l’importance de la justice internationale et au règne de la loi". Elle a rappelé les principales accusations portées contre les chefs politiques et militaires des Serbes de Bosnie, génocide, crimes contre l’humanité, violations des lois et coutumes de la guerre, "pires crimes commis en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale", en nommant,entre autres lieux, Srebrenica, Sarajevo, Omarska,Keraterm, Manjaca, Trnopolje...

Le Premier ministre du gouvernement de Serbie a, en quelque sorte, répondu à cette énième sollicitation en annonçant qu’il allait demander au Secrétaire général de l’ONU que les citoyens serbes condamnés par le TPIY soient autorisés à purger leurs peines en Serbie. Ce geste, serait propre, dit-on à Belgrade, à faciliter la reddition volontaire de Mladic, Vojislav Kostunica répugnant toujours à recourir à d’autres moyens pour le livrer à La Haye, ce qui entre dans la posture générale de "résistance" aux pressions internationales qui prévaut avec succès dans la capitale serbe, forte du soutien russe et de la faiblesse européenne.

C’est ainsi que, nonobstant l’impunité dont bénéficie toujours Mladic et la contradiction flagrante entre la position de la Serbie et celle de la majorité des pays européens sur le Kosovo, les négociations sur l’Accord de stabilisation et d’association entre Bruxelles et Belgrade se déroulent normalement, comme si ces sujets n’avaient, contre l’évidence, rien à faire entre eux.

La "normalité" reconnue à la situation en Serbie contraste dès lors avec celle de la Bosnie-Herzégovine, en panne d’avenir, faute de pouvoir exister comme pays et comme Etat, avec ses deux entités, ses trois peuples constitutifs, son territoire à statut spécial de Brcko et les dix cantons de la Fédération, dont l’un n’a toujours pas de gouvernement dix mois après les élections. Il semble que le nouveau Haut-Représentant veuille tenter de sortir de l’impasse en s’assignant comme objectif prioritaire la réforme de la police, condition nécessaire et selon lui à portée de main, de la signature de l’Accord avec l’UE. Dans une interview à l’agence de presse de Sarajevo "Onasa" il a clairement réaffirmé qu’il ne s’interdirait pas d’utiliser les "pouvoirs de Bonn" qui sont à sa disposition . Ce pas franchi, il pense qu’il serait possible de trouver de nouvelles formules touchant la constitution de la BH , dans le respect de l’architecture des trois nations et des deux entités, qui paraît à ses yeux, intangible. De nombreux observateurs bosniens estiment qu’il faut faire crédit à sa compétence et à sa volonté, pour faire évoluer les choses.

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